INTRODUCTION
En faisant l’examen bactérologique de très nombreuses sécrétions urétrales, nous avons été frappés de leurs difficultés d'interprétation. Nos recherches dans les classiques et les travaux originaux nous ont éclairés dans une certaine mesure: Elles nous ont montré aussi combien la chinique et le laboratoire, partant de principes différents, employant des méthodes de travail très diverses, paraissent souvent s’'ignorer mutuellement. L'intérêt du malade mérite sans doute une liaison plus constante ét plus intimè entre la science urologique en pleine évolution et la science bactériologique sans cesse plus précise. Le but de ce travail est d'essayer de rendre cette liaison plus réelle ét plus efficace.”
Comment se présente la question en clinique ? Un malade vient consulter le spécialiste pour une affection de l’urètre. Dans:la ‘très grande majorité dés cas, un examen bactériologique s'impose. Qui le fera ? À notre avis, l’ürologue doit. avoir l’éducation nécessaire pour.faire lui-même un examen extemporané. Envoyer au laboratoire voisin une demi-
goutte de sécrétion urétrale, c'est une grosse perte de temps, ce n'est pas toujours possible ; cela empêche de répéter l'examen aussi souvent que le réclame un traitement bien conduit. Mais surtout, malgré les résultats les mieux interprétés inscrits sur les fiches les plus ingénieuses, cela prive le clinicien d’un élément toujours utile : l'impression personnelle sur la lame du malade.
L'examen bactériologique élémentaire est facile. Sa lecture et son interprétation peuvent causer un certain embarras. On cherche alors à se documenter dans les ouvrages de bactériologie. Mais qu’y trouve-t-on ? La description d’une foule d'espèces microbiennes voisines, se différenciant seulement par des réactions biologiques ou chimiques qui paraissent compliquées et parfois sujettes à caution. « Il n’est pas douteux, dit Lavenant (39), qu'une même espèce microbienne peut offrir des aspects un peu dissemblables, selon les auteurs qui l’étudient et la manière dont elle est étudiée ». Le clinicien se perd au milieu de ces descriptions. Son esprit critique s'étonne de ces différenciations basées sur des caractères qui lui paraissent minimes. Il voudrait plus de vues d'ensemble, des identifications infaillibles et rapides. Mais il ne faut pas oublier qu’une différenciation microbienne impeccable est difficile et longue. Elle demande un bactériologue averti, minutieux, et rompu à une technique par'aite.
Il y a vingt-huit ans, dans sa thèse inaugurale (7), Bosc avait rêvé de vérifier toutes les recherches antérieures sur le Gonocoque. Aux études préliminaires, il s’aperçut qu'il s'était fourvoyé, et qu’un travail sérieux lui demanderait plusieurs années. Il « garda le sujet et changea de plan ». Semblable mésaventure nous est arrivée. Nous voulions faire une thèse de bactériologie pure. C’est une entreprise
PTE
au-dessus du temps dont nous disposons. Nous essaierons seulement d'établir comment, à notre avis, le clinicien doit concevoir et interpréter la vaste question microbienne, en essayant de faire cadrer la clinique et le laboratoire.
DIVISION DU SUJET. — L'urologue commence par poser son diagnostic. Nous chercherons tout d’abord à établir les règles de l'identification des
Microbes des Urétrites.
La deuxième partie de notre travail tentera de résumer, dans ses grandes lignes schématiques, les directives de la
Lutte contre les Microbes de l’Urètre.
L'approche de la guérison pose bien des problèmes au elinicièen. Comment se prouve la guérison, et que peut-on appeler un urètre sain ? Les travaux des auteurs nous montrent ici une grosse question pleine d’embûches. Nous essaierons d’en faire le résumé critique dans un troisième chapitre :
Flore de l'Urètre sain.
Nous terminerons en donnant, dans un but statistique,
les résultats globaux d’examens pratiqués par nous-mêmes, sur 255 urètres malades ou guéris.