‹ Considérations Cliniques: Sur La Période Prééruptive De La VaricelleChapitre 12 sur 28 · EU EM · texte numérisé non relu

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régulièrement arrondie : elles offrent des bords déchiquetés. Même traitement local. Purgation.

* Le 10. Les ulcérations labiales ont disparu. On ne découvre plus que les deux ulcérations symétriques des piliers antérieurs, de forme ovalaire, entourées d’une zone rouge. Ces lésions sont indo-

lentes. Plus de salivation en excès. Apyrexie.

Le 12. Les taches sont pâles. L’angine et la stomatite sont guéries. L'état général est satisfaisant. Quelques jours plus tard le malade, complètement guéri, quitte la chambre.

#5 Il y a donc d’abord un état maculaire puis un état vésiculaire. Ce dernier persiste peu de temps, et rapidement en raison des mouvements incessants de la langue ou des mâchoires, Pulcération se constitue. Son apparition est très rapide.

La présence des vésicules n’est annoncée par aucun symptôme douloureux, ni aucune réaction inflammatoire. C’est un point à remarquer. La douleur qu’on rattache à cette éruption ne dépend pas de la vésicule, elle est causée par l’ulcération qui survient fort rapidement. On a donc pu

- croire la douleur contemporaine de l’éruption elle-même.

Cette rapidité de transformations successives est la cause de la non-constatation de la vésicule.

M. Comby (1) dit qu’il n'avait jamais pu saisir l’état vésiculeux. Sion n’y songe pas, le malade n’attirant pas Pattention de ce côté, 1l est donc fort possible que les cliniciens n’en aient pas parlé. Dans notre observation VI nous avons un exemple de cette rapidité. Au commencement de la visite, il n’y avait pas une vésicule, et à 11 heures il yen avait un certain nombre d’apparues.

(1) Progrès medical, 1884.

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L’éruption consiste dans son élément le plus simple, en une vésicule claire, transparente, ne différant en rien de la vésicule cutanée.

pes points buccaux où l’on rencontre les vésicules avec le plus de fréquence sont la langue, le voile du palais, la luette, les amygdales, la face interne des joues et la lèvre inférieure.

Nous avons déjà parlé de létat de la température au moment de cette éruption.

L’ulcération survient fort rapidement. Elle se présente sous la forme d’un point blanchâtre, un peu déprimé, rappelant certaines ulcérations aphtheuses ou herpétiques, c’est la comparaison que fait M. Comby dans ses observations (1).

Sur les lèvres, l’ulcération peut perdre un peu sa physionomie circulaire. Il n’est pas rare de la voir allongée verticalement.

La muqueuse autour de ces ulcérations est saine et nullement le siège d’inflammation.

Lorsque les ulcérations.sont nombreuses, elles peuvent se trouver rapprochées les unes des autres au point de former une plaque unique d’ulcération. Les bords sont alors légèrement arrondis presque polycycliques.

L’ulcération peut passer inaperçue, plus souvent il y a

une légère douleur, qui s’exagère par le frottement sur les arcades dentaires ou les mouvements de mastication.

On a donné à cette éruption le nom de stomatite varicelleuse, créant ainsi par cette dénomination une confusion regrettable.

(1) Progrès médical, 1884 ; Revue des Mal. de l'Enfance, 1887.

Dans certain cas il se produit une inflammation intense de la muqueuse buccale, c’est la stomatite soit érythémateuse, soit ulcéreuse. Or une similitude de nom semble entraîner une similitude de cause. Au contraire, il y a une différence très marquée entre une poussée de vésicules et une inflammation secondaire qui est une complication totalement étrangère à l’affection causale.

L’éruption muqueuse peut être confluente, les ulcérations tellement nombreuses qu’elles semblent n’en former qu’une. Dans ces cas, les symptômes douloureux sont très marqués, mais même avec une éruption minime sur la langue, s’il y a un manque complet de soins, il peut survenir une stomatite intense. Le premier cas n’était pas une stomatite au sens propre du mot. |

Avant de parler de ces cas compliqués, faisons remarquer que l’éruption linguo-buccale peut être la seule manifestation vésiculeuse. Partout ailleurs sur le tégument externe on ne trouve que des macules n’arrivant pas à la vésiculation. C’est ce qui existe dans l'observation de Galliard (1).

L’énanthème peut se compliquer d’une vive inflammation de voisinage. L'enfant a la bouche absolument rouge et, par place, on voit quelques points blancs qui sont les stigmates de l'affection première. La mastication devient difficile sinon impossible. Il s’écoule continuellement de la salive. Si l’enfant est à la mamelle, il refuse le sein.

Dans ces cas la température est extrèmement élevée.

Dans la Revue des maladies de l'enfance, 1887, on trouve une belle observation de ce cas : |

(1) Zoco citato.

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C'était une fillette de 6 ans qui avait présenté de nombreuses vésicules dans la bouche et à la face interne des lèvres. Il y avait | des vésicules déjà ulcérées au niveau de la langue, de la face interne des joues, sur les gencives, sur le voile du palais et peutêtre encore sur le pharynx.

Toutes ces taches étaient rouges et enflammées ; il y avait une salivation abondante et l'irritation de la gorge se traduisait par une toux sèche et quinteuse. La lèvre supérieure, dont les faces cutanée et muqueuse étaient couvertes de vésicules, présentait un gonflement considérable et douloureux.

Lorsqu'il y a confluence des ulcérations ou si l'infection secondaire est plus profonde on a de la stomatite ulcéreuse. On voit du gonflement de la langue, une douleur très intense, l’haleine fétide. L’ulcération varicelleuse est méconnaissable, il y a là une nouvelle affection, la stomatite ulcéro-membraneuse. Les gencives sont saignantes et la dysphagie intense. | |

Ces cas dépendent évidemment d'infection secondaire. Nous n’avons jamais eu à observer des symptômes aussi alarmants, et nous nous l’expliquons par l’antisepsie buccale très sévère qu’on fait aux malades du service.

Le régime lacté s’impose, alors même que la température est tombée et que les symptômes généraux ont disparu.

Les lavages au chlorate de potasse réussissent admirablement, ce qui prouve une fois de plus que les stomatites n’ont rien de commun avec la varicelle.

Terminons en citant Pavis de Galliard sur ces complications : CLorsqu'il n’y a pas seulement dans la gorge et sur « le palais ces vésicules discrètes qui passent inaperçues,

€ lorsqu'il y a en réalité angine et stomatite, on peut dire, «€ à mon avis, que la varicelle est sévère ».

b) VARICELLE DU PHARYNX ET DES AMYGDALES

Sur le pharynx les vésicules sont rarement constatées. Elles sont plus souvent observées sur les amygdales et ont ceci de particulier qu’elles simulent une éruption d’herpès. C’est ainsi que, dans une de nos observations, le diagnostic a été faux jusqu’à la sortie des vésicules.

Nous n’avons pour notre part nullement observé de vésicules sur le pharynx, mais simplement la présence d’une plaque blanchâtre composée de petites ulcérations réunies en groupe.

Divers auteurs regardent ce siège comme produisant une dysphagie intense. ;

L'aspect des vésicules et des ulcérations ne présente aucune particularité dans cette localisation.

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