‹ Considérations cliniques sur la thoracentèseChapitre 2 sur 10 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

LA THORACENTÈSE.

La précision avec laquelle l’étude de la percussion et de l’auscultation nous fait arriver au diagnostic des épanchements de la poitrine , les perfections apportées depuis peu dans les procédés opératoires de la thoracentèse, ont fait de cette opération une question à l’ordre du jour, envisagée de diverses manières par les médecins, et sur laquelle la science semble n’avoir pas encore dit son dernier mot.

En effet, les discussions académiques de 1836, celles qui ont eu lieu en 1850 à la Société de chirurgie et à la Société des médecins des hôpitaux de Paris , ont laissé à la clinique le soin de résoudre une foule de questions qui ne pourront être résolues que par la discussion et l’étude attentive des faits qu’il sera permis à chacun d’apporter pour faire jaillir quelque lumière sur ce point de la science, l’un des plus pratiques et des plus controversés. Les faits que j’ai pu observer, cette année, à l’hôpital de la Pitié, dans le service de M. Nonat, où j’ai été attaché comme interne, m’ont démontré, jusqu’à l’évidence, l’innocuité de cette opération et son heureuse influence sur la disparition de certains épanchements de la poitrine. En moins de six mois , j’ai vu pratiquer sept opérations de thoracentèse, dont les suites ont été aussi simples que celles de la para-

centèse abdominale ou de la ponction de l’hydrocèle , et qui , pour la plupart, ont été couronnées du succès le plus complet.

La pratique de M. INonat, depuis plusieurs années, a été conforme à ces résultats, et sur une trentaine d’opérations déjà pratiquées par lui, il n’a eu à déplorer aucun accident qui pût être attribué à ce mode de traitement.

Cependant il est des cas où l’évacuation pure et simple de la poitrine ne suffit pas, on voit des épanchements d’une certaine nature se reproduire après plusieurs ponctions successives; dans ce cas, il était naturel de se demander s’il n’était pas possible d’appliquer à la plèvre les injections médicamenteuses , qui avaient déjà été faites avec avantage, dans ces derniers temps, pour d’autres cavités séreuses, le péritoine, les synoviales articulaires, etc., et nous avons injecté de la solution iodée dans la plèvre de deux de nos malades, dont j’aurai occasion plus loin de rapporter les observations.

Je chercherai donc, dans le cours de ce travail , à établir, surtout par des faits, la valeur thérapeutique et les indications de la thoracentèse, et à déterminer jusqu’à quel point les injections iodées sont susceptibles, dans certains cas, de servir de complément à cette opération.

Les épanchements qui font le sujet des sept observations que je vais rapporter ne sont pas tous de même nature ; pour faire une exposition plus méthodique de tous les faits qui concernent chacun d’eux , je les ai rangés en deux groupes : dans un premier, j’ai placé les épanchements formés par un liquide séreux; dans un second, ceux qui étaient formés par un liquide sanguin ou purulent. L’importance que la nature du liquide épanché a sur la marche , la durée et la terminaison des épanchements pleurétiques, comporte pour chacun de ces groupes des considérations spéciales qui légitimeront, je l’espère, cette division.

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