‹ Considérations cliniques sur la thoracentèseChapitre 3 sur 10 · ÉPANCHEMENTS SÉREUX · texte numérisé non relu

ÉPANCHEMENTS SÉREUX

Les épanchements pleurétiques séreux sont, comme tout le monde le sait, des affections facilement curables, et leur durée moyenne varie entre trois et quatre septénaires; mais ils ne se comportent pas toujours aussi simplement, et une infinité de causes peuvent contribuer à retarder leur guérison. En première ligne , nous devons placer l’abondance excessive du liquide épanché, qui par son abondance même devient une des principales causes du défaut de résorption. Dans ces, cas l’épanchement , ainsi abandonné à luimême, passe à l’état chronique ; quelquefois les sujets succombent lentement , minés par les troubles de la respiration et de la circution , et par une diarrhée colliquative ; ou bien subitement , par suite des complications qui peuvent survenir du côté de l’organe pulmonaire ; MM. Andral, Bouillaud , Cruveilhier, ont cité des exemples de ce genre. D’autres fois , sans causer la mort , ces épanchements deviennent une cause de fièvre qui met le médecin dans l’impossibilité d’alimenter le malade, qui se trouve alors soumis à des conditions diathésiques fâcheuses, conditions qui peuvent favoriser le développement des tubercules , le retrait, la carnification du poumon , l’organisation toujours, grave des fausses membranes, enfin l’altération de la sérosité, qui est susceptible de devenir purulente. D’autres fois, lorsque ce liquide finit par se résorber, les plèvres restent couvertes de fausses membranes variables par leur siège et leur disposition ; le malade conserve souvent, sa vie durant, de la toux, de l’oppression, des douleurs passagères, qui se font surtout sentir pendant les grandes inspirations; le son reste plus ou moins mat du côté affecté , les bruits normaux de la respiration sont Eiffaiblis , et la poitrine prés:nte des déformations con-

nues de tous les médecins. La thoracentèse , qui dans ces cas débarrasse en tout ou en partie la plèvre du malade du liquide quelle contenait, et qui place celui qui y reste dans des conditions plus favorables à sa résorption , est évidemment utile au malade. C’est, du reste, ce que tendent à prouver les cinq observations que je vais citer.

Nous avons pratiqué avec succès la thoracentèse chez quatre malades atteints de pleurésie aiguë simple , qui ne présentaient d’autres complications que l’extrême abondance de l’épanchement, produisant une gêne considérable de la respiration, sans cependant donner lieu à une fièvre intense ; chez ces quatre malades , avant de nous décider à l’opération, nous avons préalablement employé, et sans succès , tous les traitements d’usage , et ce n’est qu’après avoir constaté leur insuffisance que la ponction a été faite. Cependant, avant de plonger le trois-quarts dans la poitrine, nous avons pu constater, parmi tous les autres signes propres aux épanchements, l’absence des vibrations thoraciques. C’est, suivant M. Nonat, un signe d’une importance telle , qu’il ne faut jamais manquer de l’interroger avant de pratiquer l’opération.

En effet, les vibrations des parois thoraciques ne manquent jamais à l’état normal , lorsqu’on fait tousser ou élever fortement la voix de l’individu sur lequel on observe ; aussi leur absence , lorsqu’on se place dans les conditions les meilleures pour leur production, estelle véritablement pathognomonique d’un épanchement pleurétique ; les indurations du parenchyme pulmonaire , produites par la présence de tubercules, par la pneumonie, etc. , donnent, comme dans les cas d’épanchement de la plèvre, de la matité ; mais, dans tous ces cas, les vibrations sont conservées’, quelquefois même augmentées ; de plus, entre un épanchement actuellement existant et une ancienne collection résorbée, ne laissant à la surface du poumon qu’une couche de fausses membranes plus ou moins épaisses, la percussion ne fait voir aucune différence ; la palpation seul , au moyen du phénomène des vibrations thoraciques, nous permet

de dévoiler leur existence. C’est ainsi que M. Nonat, sans avoir égard à la palpation des parois du thorax , fit un jour, à l’hôpital Cochin, la thoracentèse chez un homme qui, du reste, présentait tous les autres signes d’un épanchement pleurétique : le trois-quarts arriva au milieu de fausses membranes , et il sortit un peu de sang par la canule ; l’instrument retiré aussitôt, il procéda de nouveau à l’exploration de la poitrine, et constata facilement la présence des vibrations thoraciques.

Ce que nous avons dit de la percussion peut tout aussi bien s’appliquer à l’auscultation ; car l’absence complète ou la faiblesse du murmure vésiculaire, le souffle bronchique, ne sont pas des signes qui appartiennent en propre à la pleurésie , et l’égophonie , qui est regardée par tous les auteurs comme un signe certain , manque encore quelquefois : elle a manqué deux fois sur les cinq observations que nous nous proposons de mettre sous les yeux du lecteur.

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