‹ Considérations Cliniques sur Les Pneumonies des DiabétiquesChapitre 4 sur 20 · PE PE · texte numérisé non relu

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D ie vi de MES MAITRES DES. HOPITAUX < | VERSAILLES ET DE LA

La fréquence des complications pulmonaires chez les "diabétiques avait, de tout temps, frappé les observateurs. Ils avaient remarqué que plus de la moitié de ces malades mouraient de phthisie pulmonaire. Mais ce fut Bouchardat qui dans son mémoire de 1851 attira l'attention sur la gravité extrême de la pneumonie ordinaire, de la pneumonie fibrineuse, dans le diabète. Il la considérait comme toujours mortelle. « Si une pneumonie, dit-il, se déclare chez un glycosurique dont les urines contiennent actuellement du sucre, cette maladie, quoique avec un début peu grave, en apparence, entraine toujours la mort et souvent dans les vingt-quatre heures. » Durand-Fardel, Marchal de Calvi, protestèrent contre ce pronostic trop sévère.

« Ilest probable dit le premier de ces auteurs, que les conditions dans lesquelles nous pouvons supposer les humeurs et les tissus des diabétiques, doivent imprimer une gravité toute particulière aux accidents pathologiques qui surviennent chez eux, et, en particulier, à des aceidents de cette nature. Cependant, on ne saurait accepter dans toute sa rigueur le pronostic porté par M. Bouchar-

Labbé

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dat. Il faudrait de nouvelles observations pour apprécier plus sûrement le degré de fréquence de la pneumonie chez les diabétiques et surtout son degré absolu de gravité. Mais ces observations doivent être prises en dehors des hôpitaux où les diabétiques que lon y rencontre $6 présentent dans des conditions tout particulièrement défavorables, à cause de l'impuissance où la plupart se sont trouvés de suivre le traitement nécessaire. » |

Marchal de Calvi opposa aux cas fanestes de Bouchardat un exemple de pneumonie diabétique qui se termina bien. Constantin James en observa un autre. Aussi Bouchardat dans son Traité du diabète, 1875, devint-il moins pessimiste : « Lors de mes prémières études, dit-il, observant dans les hôpitaux des malades épuisés, et ne suivant pas le traitement convenable, ces morts subites étaient la règle. Elles sont aujourd'hui très rares pour moi et le pronostic de ces complications est moins grave. J’ai vu plusieurs de ces malades se rétablir après avoir été atteints

de pneumonies qui me donnaient les plus vives inquiétu-

des au début. Depuis trois ans, j'ai eu l’occasion de suivre

une femme glycosurique très obèse et toujours en sueur,

lorsqu'elle se livre au moindre effort corporel ; dans ces conditions, les refroidissements sont fort à redouter : plu-

sieurs fois, ces refroidissements ont étésuivis de bronchite

et même de pneumonie avec crachats rouillés, dyspnée intense ; les applications de sangsues, la diète, conjuraient ces accidents. Je, dois observer que cette malade observait le traitement avec-une scrupuleuse exactitude. »

En 1877, Lécorché écrivait dans son Traité du diabèle : « La pneumonie fibrineuse est aiguë ou chronique. Aioué, elle peut, parcourir son évolution sans encombre. »

Au mois de mai 1891, M. Merklen, médecin de l’hôpital

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‘ aint-Antoine, prenait pour sujet d'une de ses L cons du mardi, un cas de guérison de pneumonie diabétique observé dans son service. 11 résumait ainsi son exposé. « La pneumonie emporte les diabétiques débilités, à cause de sa tendance suppurative et gangréneuse. Eile peut tuer les diabétiques albuminuriques par urémie ; elle peut enle. ver les diabétiques de la forme bénigne ou lente à cause

de l'intensité des phénomènes congestifs et de la malignité

propre à certaines épidémies. Mais la mort n’est pas fatale et le pronostic tout en restant grave ne doit pas être désespéré.» ; |

Notre affectionné maître a bien voulu nous confier sa remarquable observation. Nous en ferons le point de départ de notre étude clinique sur les pneumonies diabéti-

ques dont nous passerons rapidement en revue les formes diverses, avec leurs particularités symptomatologiques et. leurs modes de terminaison. Maïs pressés par le temps et

pour nous limiter, nous laisserons de côté les pneumonies de nature tuberculeuse, ou du moins nous n’en parlerons qu’incidemment dans le cours de ce travail. ; M. le professeur Dieulafoy à bien voulu accepter la présidence de notre thèse inaugurale. Nous le remercions bien vivement de l'honneur qu’il nous fait.

Nous adressons aussi nos remerciements à M.le D' Net-

ter pour la note bactériologique qu’il nous à communi-

quée, et à M. le D' Charrier pour ses utiles conseils.

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