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DE LA PNEUMONIE LOBAIRE CHEZ LES __ DIABÉTIQUES

La pneumonie lobaire des diabétiques a surtout frappé

les observateurs par sa gravité, mais on est encore peu fixé sur son degré de fréquence.

Comme la pneumonie ordinaire, elle frappe tous les

âges et se montre surtout chez des malades, éliminant de

60 à 80 grammes de sucre par litre d'urine. Elle apparaît |

parfois sans cause connue, mais le plus souvent elle semble provoquée par un refroidissement ou par la fatigue. D'après Seegen, il est de règle pour certains médecins, dans le but d'éviter cette complication, d'empêcher les malades d'affronter les fatigues d’une longue route pour se rendre à certaines eaux minérales. |

La pneumonie primitive, c'est-à-dire non liée à la

tuberculose, la seule que nous étudions ici, ne diffère én Es

rien quant à son siège et à sa tendance aux récidives de la pneumonie qu’on observe chez des sujets non diabétiques. Elle n’en diffère pas non plus par la nature de ses lésions. Dans certains cas, on a observé nettement dans l’exsudat la présence de la glycose. | Le poumon des diabétiques est un excellent terrain de culture pour les microbes et en particulier pour le pneumocoque. M. le D: Netter, professeur agrégé, à eu l’occasion d'examiner, au point de vue bactériologique, l’exsu-

dat pneumonique d’un diabétique mort dans le service de |

HV

M. le professeur Proust; il a bien voulu nous en donner le résultat succinct:

« Un des poumons était atteint d’hépatisation lobaire grise, et dans l’exsudat on trouva une quantité considérable de pneumocoques.

« Ces pneumocoques, cultivés sur gélose, fournirent de nombreuses colonies. Elles avaient un aspect plus riche et. plus exubérant que d'ordinaire. G

“« Des inoculations furent pratiquées sur la souris et on put sure leurs résultats positifs pendant six générations.»

La présence de la glycose dans le milieu nourricier n’est donc point un obstacle au développement du microbe de Talamon-Fraenkel ; elle semble même en augmenter la vitalité. C’est ce qui nous explique pourquoi la pneumonie évolue si rapidement chez les diabétiques, abrégeant de beaucoup le temps qui lui est nécessaire pour produire ses lésions habituelles. Il n’est pas rare en effet de la voir aboutir, au bout de trois ou quatre jours seulement, à l’hé-. patisation grise.

Pneumonie insidieuse. — La pneumonie peut se manifester, soit dans le cours du diabète, alors que l’état général est encore relativement satisfaisant, soit à la période ultime de cette maladie, et dans ce dernier cas, elle est souvent méconnue. On n’y observe ni le frisson ni lepoint de côté habituels ; la dyspnée manque ou, est peu accentuée. Rien en somme n'attire l'attention sur l’existence possible d’une pneumonie donton constate ensuite les désordres sur la table d’amphithéätre.

(le

OBservarTion I (résumée).

Chantemesse, thèse d'Inglessis, 1885.

Il s'agit dans cette observation d’une malade âgée de 51 ans

et exerçant la profession de couturière.

Elle était soignée déjà depuis deux ans pour le diabète, lors- :

qu’elle entra dans le service de M. Cornil à la Pitié, dans un état

de cachexie avancée. La quantité d'urine rendue dans les 24 heures, n’était que d’un litre environ, contenant 63 grammes de

sucre, La malade était, en outre, albuminurique et présentait de l'ædème des jambes avec de l’ascite.

Il y avait environ un mois qu’elle était dans le service, soignée sans aucun succès, lorsqu'elle succomba le 16 avril 1884. Elle avait trois jours avant sa mort expectoré quelques crachats sanguinolents, puis était tombée dans une somnolence voisine du coma. Fr

A l’autopsie à |

« Le poumon gauche était adhérent par de fausses membranes dans la plus grande partie de son étendue. A la surface de la plèvre, au niveau des 2/3 supérieurs du lobe inférieur gauche, il \ avait une infiltration fibrineuse des fausses membranes préexistantes, en même temps que des fausses membranes constituées par de la fibrine. Au-dessous des fausses membranes, le poumon est lisse et augmenté de volume. Il y a une hépatisation rouge

facile à voir sur une surface de section de l'organe ; l’hépatisation -

occupe tout le lobe inférieur. Les granulations sont rouges avant d’être lavées ; après le lavage, grises sur un fond rosé.

Le poumon droit présente un épaississement notable de la plèvre viscérale unie à la pariétale par des membranes ligamenteuses susceplibles d'être rompues assez facilement. Après décor-

CR us: à

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