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III. — LES MOUSTIQUES

La lutte contre les moustiques présentait peu d’intérêt au début des hostilités. On savait qu'il existait quelques foyers de paludisme en France, dans les

Dombes, en Sologne, le long du littoral méditerranéen. Mais des eas isolés et rares ne pouvaient pas affecter la

santé de l’armée et nécessiter des mesures d'ensemble.

Les risques de contagion par les troupes algériennes et coloniales étaient des plus minimes. Il n’en a plus été de même avec l’expédition des Dardanelles et, plus tard, la campagne de Macédoine. Le nombre de travaux sur le paludisme augmente tous les jours, car la maladie était peu connue des médecins métropolitains.

La question du moustique et par suite de l4-prophylaxie du paludisme est capitale au point de vue militaire ; les expéditions lointaines, l’extension du domaine colonial la mettent au premier plan ; leurs résultats sont tout autant, dirions-nous presque, du domaine médical que du domaine politique ou militaire. Hors de France, le médecin est l’arbitre souverain des destinées de ses compatriotes.et de la colonie. On a appelé la campagne marocaine «guerre des tringlots » ; avec au moins autant d’exactitude, on aurait pu la nommer «guerre des médecins». Nulle affection ne décime plus rapidement, n’affaiblit, ne déprime plus profondément les troupes coloniales que le paludisme.

La piqûre du moustique étant seule capable d’inoculer l’hématozoaire du paludisme, il importe de se protéger contre cette piqûre. On a essayé d’abord d’éloigner les moustiques des habitations, ou celles-ci des lieux recherchés par les moustiques. On s’est vite aperçu que c'était insuffisant et qu’il valait mieux chercher à détruire les moustiques et surtout leurs larves. Ces méthodes de destruction. (pétrolage, drainage, repopulation des étangs) ont certes leur utilité ; mais elles sont lentes comme résultat et ne sauraient avoir

les caractères de la prophylaxie énergique, rapide, col-

lective que demande impérieusement l’état de santé d’une armée.

R. Koch et ses successeurs ont systématisé la pro-

phylaxie du paludisme : les procédés de lutte contre

l'affection sont classés en deux groupes :

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