‹ Considérations d'Hygiène MilitaireChapitre 11 sur 41 · LD OS UT · texte numérisé non relu

LD OS UT

On empêche le moustique de piquer le paludéen par l'isolement ou bien on protège l’homme par la quinothérapie préventive et sa piqûre par les moustiques cesse d’être dangereuse. Ces deux méthodes et même toutes les méthodes ne s’excluent nullement ; il faut les employer toutes si l’on veut voir disparaître l’endémie palustre d’une région et lui permettre de se déve-

Jlopper et de se civiliser.

Empêcher la piqûre du soldat et, d’une manière générale, du paludéen (on peut dire que c’est synonyme aux colonies) s'obtient en plaçant des moustiquaires bien installées et fréquemment vérifiées. Comme les moustiques peuvent piquer le soir en dehors du séjour au lit, il est bon de doubler les portes et les fenêtres de tambours en toile métallique, ce qui permettra de laisser celles-ci ouvertes, avantage appréciable dans les pays chauds. Enfin, il faudrait essayer d'interdire de sortir avant le lever et après le coucher du soleil, mais c’est bien difficile ; en tout cas, coucher dehors doit

être absolument défendu. Nous ne parlerons pas des.

moustiquaires portatives, incommodes, peu pratiques,

mais très efficaces.

De semblables mesures sont peu coûteuses et Iütteraient avec succès contre le paludisme des armées coloniales. Nous souhaitons qu’elles se répandent ; il n’y a pas lieu d’être trop pessimiste ; la plupart, à l’exception des toiles métalliques pas assez employées, sont réglementaires et bien connues dans toutes les colonies.

La méthode précédente a surtout une valeur indivi-

duelle ou tout au moins ne s’applique-t-elle qu’à des :

collectivités restreintes. Elle est done applicable dans le milieu militaire. Empêcher le moustique de piquer est difficile, mais utile.

Le détruire est tout aussi difficile ; rendre sa piqûre inoffensive est mieux. C’est en poursuivant ces deux buts que la prophylaxie du paludisme prend toute son ampleur et devient vraiment collective. On peut supprimer les marécages en les desséchant, en les colma-

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tant, en les comblant, on peut planter sur leurs bords

des plantes robustes et épuisantes, eucalyptus, filaos, pins maritimes, hélianthes, ete. On peut aussi pétroler

les mares à raison de 15 centimètres cubes d’huile de

pétrole par mètre carré ; on peut le recommencer tous les jours sans compromettre la vie des poissons. La

meilleure prophylaxie, la plus efficace, est la quinothé-

rapie préventive. Nous avons vue faire merveille au Maroe tant sur les troupes françaises ou indigènes que sur les prisonniers allemands. Elle consiste à administrer aux hommes une certaine dose de quinine, en général de 0 gr. 25 à O0 gr. 50 par jour de chlorhydrate, moins irritant que le sulfate. L'usage continu de ces doses de quinine, trop faibles cependant pour couper

. un accès, crée dans le sang un milieu défavorable au

développement de l’hématozoaire. Laveran dit à ce propos :

«Il est bien établi aujourd’hui que la quinine con- «serve toute son efficacité contre les manifestations du «paludisme qui viennent à se produire chez les sujets : «soumis à la médication préventive ; on peut même «dire que le paludisme est plus léger, plus facilement «eurable chez les individus soumis à l'usage préventif «de la quinine que chez les autres. »

La quinothérapie préventive est la méthode de choix pour les troupes en campagne ; elle est d’une application facile dans le milieu militaire, Elle doit, pour devenir de plus en plus efficace, s'étendre à la population indigène et c’est ici le rôle, la tâche souvent ingrate des médecins des Infirmeries indigènes ; il est, en effet, impossible de vérifier si les quantités de quinine délivrées sont absorbées. Le but essentiel est de protéger les soldats. La quinothérapie préventive ne saurait être partout identique ; au Maroc, une carte a été dressée indi-

quant conventionnellement le degré d’intensité du pa-

ludisme dans chaque poste. La quantité de quinine à

faire prendre préventivement dépend de ce degré ; il

est déterminé pour chaque localité par les rapports des

médecins et les fiches de paludisme. Tout nn at-

teint de la maladie est inscrit sur une fiche qui le suit, portant les caractéristiques de la maladie : première

invasion ou récidive, forme des accès, début de la maladie, traitement, usage de la quinothérapie préventive, lieu de la première invasion, etc., ete. Ce travail, qui peut paraître d'essence bureaucratique, est en réalité fort utile ; il permet de fixer ce que l’on appelle l’indice endémique de la population, il donne les éléments d’une vaste enquête dont les résultats seront inappréciables. Elle permettra de fixer les méthodes à employer qui diffèrent avec chaque région ; alors que là, les marais peuvent être supprimés sans inconv énient, ICI, ils font vivre la population ; le sol peut parfois être desséché, mais à d’autres endroits (rizières) il a besoin de toute son humidité. Elle permettra notamment de déterminer l’emplacement des centres dé colonisation ét de protéger efficacement les futurs colons. Bien connaître le paludisme et ses chances de disparition dans une colonie donnée, c’est connaître son avenir.

RÉSUMÉ Nous exposons brièvement ci-dessous les princi- paux procédés de destruction des animaux étudiés plus haut : |

I. Les rats seront tués en masse par l’emploi du virus de Danysz, ou mieux de l'extrait de scille et du sulfure dé carbone.

D’autres moyens moins efficaces pourront être employés simultanément.

IT. Les mouches sont dangereuses par le transport des microbes, habitant habituellement le tube digestif. A. Eviter l’éclosion des œufs.

Employer l'huile lourde au résinate de soude, en asperger les tas d’ordures, en jeter une certaine quan-

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