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I. — GÉNÉRALITÉS

L'eau est un élément indispensable à la vie ; l’alimentation en eau pure de toute agglomération militaire est et doit être au premier plan des préoccupations de lhygiéniste. L'eau est, en effet, le véhicule de nombreux agents pathogènes, de ceux de la fièvre typhoïde, dés paratyphoiïdes, des colibacilloses, de la plupart des intoxications à point de départ gastro-intestinal, enfin du choléra.

Lorsque se pose le problème de l'alimentation en eau d’un groupement militaire, plusieurs questions doivent être méthodiquement étudiées et résolues. Il faut d’abord se livrer à l’étude hydro-géologique du terrain ; ce dernier joue un grand rôle, que l’on se pro pose d'utiliser les eaux de surface ou de rechercher les eaux des nappes souterraines, en creusant des puits ou en captant des sources. Le terrain dûment reconnu et étudié, il faudra encore se préoccuper du débit et de la quantité d’eau nécessaire à l'effectif envisagé. Il faudra déterminer le meilleur mode de captage ou de dérivation, la meilleure protection. Il sera nécessaire enfin d'analyser chimiquement et bactériologiquement l’eau à fournir à la troupe.

Nous suivrons l’hygiéniste militaire dans les différentes étapes que nous venons d’énumérer. À dire vrai, c’est avant de songer à capter ou à dériver l’eau qu'il convient de s’assurer de sa composition chimique et de . sa valeur bactériologique ; mais, ces derniers temps, la

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chimie et la bactériologie de l’eau d’alimentation ont pris une telle importance, ont suscité tant de travaux que nous réserverons à cette question un paragraphe spécial qui comprendra les procédés d'épuration, le dernier de notre étude de l’eau potable. Nous exposerons donc ce que nous avons vu faire et ce qui doit être fait.

A. — CONSIDÉRATIONS HYDROGÉOLOGIQUES

Il est nécessaire de connaître la géologie de la région «ù l’on veut installer des puits ou des forages, où l’on va utiliser une rivière ou un étang.

Les eaux de ruissellement ont été utilisées le moins possible sur le front français.

Au contraire, les nappes souterraines l'ont été fréquemment. Après avoir traversé les couches perméables, l’eau qui pénètre dans le sol s’arrête sur la première couche imperméable et forme là une nappe aquifère dite «nappe des puits». Si la nappe rencontre une cassure dans la couche imperméable, elle descend et forme une seconde nappe, dite «nappe souterraine inférieure». La plupart des puits s'arrêtent à la première nappe ; ils sont appelés «puits superficiels ou plats» ;les puits profonds descendent jusqu’à la seconde ou à la troisième nappe. |

Les sources sont les points d'émission des nappes. aquifères ; elles se rencontrent dans le fond des vallons et suivent une topographie spéciale pour un même bassin alimentaire ; elles émergent suivant des lignes de sources. ar

L'étude géologique du front français a été faite d’une façon détaillée, il s’agissait en effet d'alimenter une énorme réunion d'hommes, d'éviter à tout prix les épidémies qui auraient fait de grands ravages parmi ces agglomérations. De plus, les études géologiques ont permis d’agir à coup sûr et ont évité bien des dépenses inutiles à l'Etat ou aux municipalités. Nous parlerons

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plus spécialement des régions que nous connaissons et sur lesquelles nous avons des renseignements. En Chame pagne, le terrain est calcaire, non fissuré ; c’est unsorte d’éponge et la région est réputée pour la sécheresse ; les puits ont un faible débit et l’alimentation des troupes serait des plus précaires si la Champagne

n’était arrosée par de nombreux ruisseaux et rivières ;

certaines, la Vesle, la Suippe, la Tourbe, sont devenues

célèbres à cause des combats qui ont eu lieu près d’elles.

Les rives de ces cours d’eaux sont tapissées d’alluvions

dans lesquels on a foré des puits de 4 à 5 mètres de profondeur, à 40 ou 50 mètres du lit de la rivière. Ces puits

- donnent en général 50 mètres cubes par heure. L’ana-

lyse comparée des eaux des rivières et des eaux des puits creusés dans le voisinage est nettement en faveur des puits ; le lit de la rivière et les alluvions servent de filtre.

En Lorraine, nous nous trouvons encore en terrain calcaire, mais fissuré. Les Hauts-de-Meuse ont des sommets calcaires, des pentes en terrain marneux, mais le tout repose sur des terrains argileux imperméables. L'eau se collecte sur les couches imperméables et sort de terre en grande quantité et suffisamment saine. Nous n’avons pas de renseignements géologiques sur

les régions du Maroc que nous avons parcourues. Par-

tout l’eau était abondante ; cela tient sans doute au grand.nombre de cours d’eaux qui ne tarissent pas l'été, et aussi à l'humidité du climat et à la fréquence des pluies. L'alimentation des villes en eau y soulève les mêmes problèmes qu’en France. Quant aux postes lointains, perdus dans le bled, on a utilisé les travaux exécutés par les Arabes avant notre occupation.! En géné-

ral, l’eau est amenée de sa source à de grandes distances

au moyen de «seguias» ; contrairement à l'Algérie, au Maroc, les seguias sont des conduits souterrains, creusés parfois à de grandes profondeurs dans la couche imperméable ; de distance en distance, des puits aboutissent à ces tunnels, en permettent le nettoyage et la répara-

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