‹ Considérations d'Hygiène MilitaireChapitre 17 sur 41 · A EU · texte numérisé non relu

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terre ne remplit pas ces conditions, aération et alcalinité, les corps restent pendant des années parfois à l'état de «gras de cadavre» et leur désintégration est arrêtée. Pour aérer le sol, on peut le draïner ; c’est peu pratique sur le front et la contamination des nappes d'eaux est presque inévitable.

Pour activer la nitrification, en faire une combustion

souterraine, il faut recouvrir le corps d’une couche de …

chlorure de chaux qui ne joue pas le rôle d’un antiseptique ; il modifie le sol, l’alcalinise et facilite beaucoup la nitrification. L'emploi du chlorure de chaux est général durant cette guerre et nous avons vu qu’il avait été déjà employé en 1870. —

La fosse commune sera creusée loin des cours d’eau et des sources, de préférence dans un terrain sec et perméable. Au fond, on dispose des branchages, puis les corps sont déposés en couches régulières, placés chacun

-en sens inverse de l’autre ; les couches de cadavres seront séparés par des lits de chlorure de chaux ; la couche supérieure doit être au moins à 1 m. 50 de la surface du sol ; la partie supérieure de la fosse est comblée avec de la chaux, du charbon de bois et des cendres ; on achève de combler avec de la terre et on forme un tertre élevé de 50 centimètres ; il est bon de semer sur la fosse des plantes grasses. Il faut éviter de multiplier les fosses communes dans un espace restreint ; la terre, pour si bien alcalinisée qu’elle soit, subit une sorte de saturation, les corps se saponifient et leur décomposition est beaucoup plus lente.

En résumé, nous pensons qu'il faut être éclectique et chercher des solutions d'espèces plutôt que des solutions d'ensemble. Dans les cantonnements, on fera des sépultures isolées toutes les fois que ce sera possible, aussi bien pour les soldats morts récemment que pour les cadavres anciens dont l'identification aura pu être faite. Les sentiments en jeu sont trop émouvants pour ne pas être respectés. Les cimetières seront méthodiquement étudiés. Lorsque l’inhumation individuelle

sera impossible, il faudra avoir recours à la fosse commune, établie comme nous l’avons dit plus haut ; on utilisera également ce procédé pour les cadavres anéiens non identifiés. Il serait bon d’entourer ces fosses communes de signes de vénération ; les transformer en ossuaires est facile ; le mot est moins triste. Dans les questions de sentiment, les mots ont leur éloquence, comme les chiffres dans les raisonnements. :

Pour les animaux, l’incinération peut être employée aussi souvent que possible. Il suffit de creuser dans la terre une fosse en forme.de pyramide quadrangulaire tronquée et renversée. Quelques traverses fixées à distance du fond forment un foyer, auquel on accédera par un tunnel, d'autant plus facile à creuser que la fosse aura été faite sur une éminence plus élevée. On allume du bois dans le foyer et sur les traverses ; l’animal, un cheval le plus souvent, désartieulé, est basculé ; on entretient le feu avec des troncs d'arbres. Il est préférable de brûler plusieurs cadavres successivement, la graisse en fusion de l’un entretient la combustion du ‘ successeur. R

Les cadavres des animaux seront enfouis, si on ne peut pas les incinérer. Les fosses seront profondes de .1 m. 50. Au fond, on dispose du fumier ; au-dessus du cadavre, une nouvelle couche de fumier et du chlorure de chaux. La décomposition d’un cheval, par cette méthode, est complète en 30 jours ; le fumier active beaucoup la nitrification.

IT. Dans les lignes et surtout entre les lignes enne- mies, le problème se pose autrement. Là, il faut agir vite et débarrasser les hommes du voisinage des cada- vres, voisinage démoralisant, désagréable et dangereux.

Il est parfois impossible d’enterrer tous les cadavres parce qu’ils sont trop nombreux, comme parfois ils sont mis à découvert par la pioche des soldats ou les gros obus qui bouleversent la terre.

L'’ensevelissement des cadavres entre les lignes est confié à des soldats dont on ne saurait trop admirer la

bravoure, Ils vont les saupoudrer de chaux, les arroser de crésyl et les enfouir dans la terre, contenue dans des

sacs ; creuser une fosse serait trop long. Dans les en-

droits trop dangereux, on se contente de projeter, au moyen d'appareils spéciaux, des liquides antiseptiques et désodorisants sur les cadavres situés à 15 ou 20 mètres des lignes. Le luséol à 20 0/0 (mélange de chlorure

de zinc et de formol) a été vivement apprécié pour és rs

propriétés sclérosantes et antiseptiques.

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