‹ Considérations d'Hygiène MilitaireChapitre 39 sur 41 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le Péril vénérien

C’est l’un des plus graves de la guerre. Par sa longue durée, elle a amené un desserrement des liens moraux. Les hommes, les combattants, par les dangers continuels avec lesquels ils vivent, ont peu à peu été amenés

à vivre «par delà le bien et-le mal». Les femmes, ex-

posées à des sollicitations de plus en plus hardies, ont cédé de plus en plus facilement. Peu à peu, le soldatcitoyen s’est mué en une sorte de reître, toujours en pays conquis. Une mentalité spéciale s’est établie, qui nous ferait presque penser aux guerres anciennes, aux temps pittoresques des soldats de métier et des ribaudes. ;

C’est très sensible dans la zone des armées surtout. Que l’on ajoute à cette transformation les permissions, les mouvements de troupes dans l’intérieur, l’arrivée de contingents exotiques, l'indépendance des femmes par suite de leurs salaires rémunérateurs et de l'absence des maris, une foule de facteurs de tout ordre, et l’on arrivera à se faire une idée du danger actuel des maladies vénériennes.

Elles se sont répandues avec une rapidité prodigieuse par la fréquence des contaminations nouvelles et les déplacements incessants des malades antérieurement infectés. Elles ont envahi la population civile, surtout dans les villes où existent des dépôts de troupes particulièrement infectées. Il va de soi-que la syphilis est de beaucoup la plus redoutable. Bien que toutes les statistiques soient insuffisantes, on peut, paraît-il, estimer à 200,000 le nombre des contaminations nou-

AR nm ea nd de cd) Eee PTE " Th LD, vd ae CA

Page 1