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La prophylaxie de la peste est assez compliquée. Sa naissance dans les pays exotiques, son transport par les rats des navires, les routes terrestres où maritimes assez bien déterminées qu’elle suit lui donnent un caractère international. La prophylaxie sera par suite générale et internationale ; en fait, on essaie de la régler par des accords entre les grandes puissances. Tout cela Re le cadre de notre. travail, consacré à des questions d hygiène militaire. Nous nous bornerons à indiquer quelques procédés de chasse aux rats.
Dès que les rats eurent envahi les tranchées et furent devenus par leurs puces un danger éventuel et par leurs cadavres un danger immédiat, on songea à la dératisation. Elle comprend plusieurs procédés employés concurremment. On donne 0 fr. 05 à ‘tout homme apportant une queue de rat ; au Maroc, une caisse de réserve est prévue dans les AN en pour couvrir ces dépenses ; quelques circulaires réglementent ce mode de dératisation assez illusoire et essaient d’éviter les supercheries. Certaines unités ont été pourvues de chiens ratiers, de fox-terriers le plus souvent ; c’est aussi bien aléatoire et la lutte entre le chien et certains énormes rats est presque aussi dangereuse pour l’un que pour l’autre.
C'est à peu près comme si l’on voulait Fr les cales d’un grand navire avec des chats. Ce procédé de dératisation’ est très coûteux, immobilise des soldats pour l'entretien des chiens et comme résultat il est insuffisant ; le plus souvent, il n’est qu’un amusement. pour les Rome
On a voulu empoisonner les rats en masses. Nous trouvons ici des méthodes beaucoup plus efficaces. On emploie : PEUT
10 Le sulfure de carbone : - 20 L’extrait de Scille ;
3° Le virus de Danysz ;
40 Le soufre.
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OR
Les vapeurs de sulfure de carbone sont très toxiques
* pour le rat. On imbibe un tampon de coton de quelques
centimètres cubes de ce produit, on l’introduit dans un terrier et, en quelques minutes, les habitants sont tués. Il est, en revanche, très inflammable et doit être manié avec précaution.
L’extrait de Scille est retiré de la Scille, plante de la famille des Liliacées. Il est mortel pour les rats et dangereux, seulement à très hautes doses, pour l’homme. La scille a des usages thérapeutiques. Pour l’employer contre les rats, on mélange une des bouteilles d’extrait envoyées par l’Institut Pasteur à environ deux litres de lait sucré et les appâts, du pain le plus souvent, sont trempés dans le mélange. È
L'emploi de microbes dangereux pour les rats et inoffensifs pour l’homme a été souvent préconisé. Des organismes de ce genre ont été isolés par Danysz et Lœffler. Le virus de Danysz est une culture de typhi murium, bacille de la septicémie des souris. Il appartient au groupe des Salmonelloses, intermédiaire entre le paratyphique À et le bacille de Gaertner. Ce virus est théoriquement inoffensif pour l’homme, sauf exaltation de virulence toujours possible et toujours à
craindre, surtout après passage dans le corps de plu-
sieurs rongeurs ; en revanche, la virulence pour le rat ne semble jamais s’atténuer. II doit donc être manié avec prudence. L'Institut Pasteur ne peut en fournir que de petites quantités. Les cultures mères sont repiquées dans du bouillon et la nouvelle culture est diluée dans dix fois son poids d’eau. Le tout doit se faire
24 heures avant usage. Le virus de Danysz, à cause de
ces inconvénients, est maintenant moins employé que le sulfure de carbone ou l'extrait de Scille.
Le soufre est aussi une bonne substance dératisatrice. On l’emploie sous forme de vapeurs d’anhydride sulfureux. Il est évident qu'il sera surtout efficace en l’employant dans un espace clos, une cale de navire par exemple. Il est plus difficile à employer dans les tran-
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chées ; il reste encore utilisable pour les cantonnements. MM. Galaine et Houlbert ont présenté à l’ Académie des Sciences (séance du 6 mars 1916) un petit appareil auquel ils donnent le nom de « self-diffuseur» ; il comprend :1° Un récipient pour l’anhydride sulfureux liquide ; 2° Un réchauffeur à eau bouillante ; 3° Une turbine avec aiïlettes en aluminium entraînant une hélice à quatre branches formant ventilateur. Les vapeurs d’anhydride sulfureux se répandent rapidement et tuent les rats. Les appareils Clayton, pour la désinfection des cales de navires, utilisent aussi l’anhydride sulfureux. |
Par ces différents procédés, on n peut détruire en peu de temps jusqu’à 90 0/0 des rats. Malheureusement, les survivants se reproduisent très vite. Pour être efficace, la dératisation doit s'étendre à toute une région et aussitôt terminée dans cette région, continuer dans les secteurs limitrophes, sous peine de voir se repeupler les régions traitées.
Si l’on a quelque raison de redouter la naissance d’une épidémie, la chasse aux rats devient tout à fait insuffisante. Il faut faire alors intervenir la sérothérapie ou la vaccinothérapie préventive. A titre prophylactique comme à titre curatif, le vacein de Haffkine et le sérum de Yersin peuvent être utilisés. Le sérum de Yersin est antitoxique et antimicrobien ; il provient de chevaux immunisés au moyen de cultures d’abord filtrées, puis vivantes. A titre préventif, le sérum doit être employé à la dose de 15 centimètres cubes ; l’immunité conférée dure 25 jours au maximum, 15 jours en pratique :la réaction générale est insignifiante. L'immunité donnée par le sérum de Yersin commence très tôt (Calmette et Salimbeni). Le sérum est donc à utiliser si l’on veut protéger un petit nombre d’individus très rapidement, par exemple lors de la découverte inopinée d’un cas de peste. Le vaccin de Haffkine a des propriétés différentes ; c’est une culture en bouillon de bacilles pesteux chauffée à 70°, Durant les épi-
ee Er, A * ie à
démies, la peste est de cinq à dix fois moins fréquente chez les vaccinés que chez les non-vaccinés : elle est plus bénigne chez les premiers. En revanche, la réaction est beaucoup plus forte avec le vaccin de Haffkiné qu'avec le sérum de Yersin. La quantité à injecter est
de 3 à 31/2 centimètres cubes chez l’homme et 2 à
2 1/2 chez la femme, Répéter l’injection tous les trois
mois si l’on craint une longue durée de l’épidémie.
L’immunité s’installe plus lentement qu'avec le sérum, mais elle est beaucoup plus durable ; le vaccin est plus facile à préparer et à fournir en quantités suffisantes ;
ES
d’ailleurs, les doses à employer sont beaucoup moins
fortes.
Chacun d’eux, vaccin et sérum, a ses indications. Mais il semble donc que le vaccin ait une action préventive plus énergique que le sérum.
II. — LES MOUCHES Les mouches appartiennent à la famille des Muscidées. On en compte près de 20.000 familles. La mouche domestique en est le type. Nous ne donnerons pas sa
description, bien inutile. Disons seulement que- sa
trompe est infléchie et entourée de soies antennales ; elle pond ses œufs par amas de 60 à 70, de préférence sur les excréments, le pain, la viande, ete. La mouche peut transporter les micro-organismes de deux façons. En premier lieu, elle peut être un simple véhicule ; elle peut, par exemple, se poser sur des matières fécales et de là se rendre sur des aliments, amenant avec elle, attachés à ses pattes, à ses antennes, à ses soies, à sa trompe, une grande quantité de micro-organismes. Par un autre mécanisme, la mouche est dangereuse ;
elle sécrète un liquide capable de ramollir les matières
solides ; supposons qu’elle arrive à absorber par sa trompe des matières fécales infectées grâce à ce liquide ; tous les objets sur lesquels elle se posera successive
ment, pourront être infectés par l'issue de ce liquide de la trompe (Chantemesse et Borrel).
La mouche n’est pas un moyen de locomotion électif des microbes. Elle n’est pas, comme le pou, le véhicule d'un agent pathogène déterminé. Il semble que, soit par transport extérieur, soit par absorption, elle est surtout dangereuse dans les épidémies où les matières fécales contiennent le microbe provocateur, typhoïde, paratyphoïdes, dysenteries, etc., ete. Chantemesse et Borrel accordent à la mouche un rôle important dans la transmission du choléra, presque aussi important que elui de l’eau.
Les agglomérations militaires sont particulièrement favorables au développement de la mouche, grâce aux amas de fumier. Il faut s’efforcer de les détruire. Une circulaire ministérielle, n° 121 Ci/7 du 1® juin 1916, donne les renseignements suivants que nous résumons.
Il faut : 1° empêcher l’éclosion ; 2° si l’éclosion a eu lieu, empêcher les mouches de nuire. Dans nos régions, les variétés de mouches sont assez nombreuses, mais les précautions à appliquer aux mouches domestiques s'appliquent à toutes les autres. Les mouches pondent leurs œufs sur les matières organiques et notamment sur le fumier frais de cheval ; 90 0/0 des mouches en viennent.
Les œufs, constitués par des fuseaux blanc nacré, sont réunis en plaques, en comprenant chacune plusieurs milliers. Dans la journée même de la ponte, les œufs éclosent et donnent les larves ou asticots. Les larves se développent dans les couches superficielles du tas de fumier, au sommet et sur les côtés, car la température y est moins élevée qu'au centre. Vers le sixième jour, elles émigrent vers la base du fumier et se transforment en pupes, de couleur noirâtre et de forme cylindrique. Au bout de dix à quinze jours, les mouches
adultes sortent des pupes et se rapprochent des habita-
tions ; sans ces lieux de refuge, elles sont condamnées à périr,
I. Pour éviter l’éclosion des œufs, il faut maintenir l'habitation ou le cantonnement dans un état de propreté minutieuse. C’est là déjà la première mesure à prendre. por
Les ordures doivent être incinérées. Si c’est impossible, il faudra les enfouir et auparavant les arroser largement de la solution de crésyl à 5 0/0 ou d’émulsions d’huiles lourdes. Il faut environ 15 litres de la solution de crésyl à 5 0/0 par mètre carré. Le sulfate ferrique à 10 0/0 empêche également la ponte des mouches. Les huiles lourdes (de houille et de schiste) ont été préconisées d’abord par d’Arsonval et Bordas. Les huiles de houille ont l'inconvénient d’être plus lourdes que l’eau ; les huiles de schiste sont plus légères, forment un voile à la surface des milieux liquides et asphyxient les larves tout en écartant les mouches pon- . deuses. Les huiles lourdes de houille ont été délaissées à cause de l'inconvénient signalé plus haut. Bordas et Poittevin conseillent de leur substituer des huiles résiduelles de goudron, c’est-à-dire des huiles de houille débarrassées de la naphtaline et de la fonction phénol et additionnées de résinate de Soude :
Mile lontdess ie Lou .. 80 parties Résinate de soude............. 20 parties
Le résinate de soude est composé comme suit:
Soude caustique...... MER SCREUS 1 partie RÉ nn) dan stat mes 5 parties
Il faut mélanger cette huile résinée à vingt-cinq fois son poids d’eau pour l'utiliser. ;
L'huile lourde, le crésyl, le sulfate ferrique pourront être employés, toujours en vue de la destruction des œufs et des larves, à la désinfection des puisards, caniveaux, feuillées, centres d’abat, latrines, etc. Pour les latrines il sera bon de les désinfecter, une fois par semaine ou mieux plus souvent, au moyen de la solution suivante ;
Re
Sulfate ferrique. 2.500 gr. ÿ Huile lourde.... 500 centimètres cubes.
HAUTE TRE 10 Hs,
IT. Une fois l'œuf éclos, il reste à lutter contre l'insecte ailé.
Il faut protéger contre fe mouches les locaux où sont conservés les vivres et la viande, y laisser peu de lumière. Pour détruire les mouches, on dispose de nombreux procédés, On obtient de bons résultats avec les méthodes suivantes :
JO Solutions de formol :
a) Formol 2, eau pure ou sucrée 100.
b) Formol 15, lait 25, eau sucrée 60.