‹ Considérations étiologiques et thérapeutiques sur l'asthme infantileChapitre 12 sur 24 · MODE D’ACTION DE L’HÉMOTHÉRAPIE · texte numérisé non relu

MODE D’ACTION DE L’HÉMOTHÉRAPIE

Si, jusqu'ici, on n’a pas encore établi d’une façon précise les indications de l’autohémo et de l’'homohémothérapie, il est cependant certain que ces deux méthodes trouvent leur emploi justifié dans plusieurs troubles pathologiques. C’est ainsi que différents auteurs ont obtenu des résultats intéressants, parfois

même remarquables, soit dans des affections cutanées: urticaire, psoriasis, strophulus, œdème de Quincke, furonculose, soit dans des troubles d’ordre anaphylactique : asthme, coryza spasmodique, etc...

Comment peut-on expliquer que des maladies en apparence aussi différentes puissent être améliorées et même guéries par une même thérapeutique : nous abordons ici le mode d’action de l’hémothérapie.

En raison de son étroite parenté avec lautohémo, il est logique d'admettre que la pathogénie est la même dans les deux méthodes.

Il ne saurait, évidemment, s’agir ici du principe de la sérothérapie curative qui introduit chez un individu malade le sérum d’un autre sujet guéri ou convalescent de la maladie, contenant les antitoxines que l'organisme malade ne peut fabriquer lui-même.

D'ailleurs, dans ce cas, la méthode est spécifique et applicable seulement vis-à-vis d’une maladie déterminée. Ce n’est pas davantage le principe de la transfusion sanguine qui apporte à un individu, affaibli par une hémorragie, les globules rouges qui lui ont été soustraits.

L'hypothèse la plus logique et la plus vraisemblable, et à laquelle se rallient la majorité des auteurs, est celle qu’explique la pathogénie de la méthode par le choc. Lumière, de Lyon, a fait des expériences qui sembleraient confirmer cette théorie.

Par ponctions cardiaques, on prélève chez trois cobayes 2 ec. de sang qu’on additionne de 2 cc. d’une solution de citrate de soude à 10 %. Après centrifugation, on lave la masse globulaire au sérum physiologique pour éliminer le plasma et le citrate. Après ‘ la dernière centrifugation, on ajoute 200 cc. d’eau dis-

tillée.

Après hémolyse, on ramène à l’isotonie par addition de NaCI, on filtre à la bougie : on a ainsi un extrait globulaire limpide.

On prépare, d’autre part, du sérum de cobaye, par centrifugation énergique de façon à ne renfermer aucun élément en suspension et à être d’une très grande limpidité; puis on mélange 2 cc. de ce sérum avec 1/2 cc. d’extrait globulaire.

Suivant les sujets fournisseurs de sérum, on observe, au bout d’un temps variant de quelques secondes à quelques heures, la formation dans le mélange d’un précipité floconneux très facilement visible à l’œil nu.

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Cette expérience montre que les colloïdes sériques et globulaires sont susceptibles de réagir les uns sur les autres. À l’état normal, ces colloïdes dans le sang ne peuvent se mélanger, le protoplasma globulaire ne diffuse pas dans le milieu, il demeure à l’intérieur des ceilules retenu par la membrane qui limite lhématie.

Mais quand le sang, retiré des vaisseaux, est introduit dans les muscles, sous la peau, qu’il s’agisse de sang étranger ou de sang de l'individu lui-même, la lyse globulaire se produit, réalisant le mélange colloïdal de floculation observée in vitro.

Lumière a même répété son expérience en faisant varier les conditions de préparation de l'extrait globulaire, en opérant par exemple sur du sang défibriné, non citraté, afin d'éviter l’action perturbatrice possible d’un produit chimique étranger.

Il a également fait réagir l’extrait d’hématies sur le plasma total rendu incoagulable par divers moyens et, dans tous les cas, on constate que les liquides humoraux, sériques ou plasmatiques donnent une flocu-

lation quand on les mélange avec une petite quantité

de globules rouges.

« On peut maintenant mieux comprendre laction « de l’injection de sang, qu’il s’agisse de l’auto ou de « l’hétérohémothérapie. Il est logique, en effet, d’ad- « mettre que les maladies influencées par le traite- | « ment sont dans un état humoral instable. L’injec- « tion de sang donnerait une désensibilisation non « spécifique, un genre de skeptophylaxie. Elle consti- « tuerait un véritable hématome thérapeutique. Les

« globules rouges et les globules blancs sont détruits « lors de leur résorption. Ceci permet la mise en « liberté par la cytolyse des polynucléaires, de leurs « granulations, de leurs oxydases, de leurs protéines « constituant autant de débris actifs repris par la cir-

« culation. »

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Pour Ravaut, dans la fibrine ou les globules rouges, peuvent se trouver des susbtances ou des corps microbiens dont la résorption par l’organisme provoquerait des réactions utiles.

Dhers a retrouvé, au cours de l’autosérothérapie, deux signes fondamentaux du choc : l’hypotension et la leucopénie.

Moutier et Rachet ont observé 11 fois sur 15 le syndrome hémoclasique de Widal : hypotension, leucopeinie transitoire puis leucocytose avec retour à la normale après 24 heures.

Nous terminerons donc en citant les conclusions de Paillard sur l’autohémothérapie. « Il ne me paraît pas « nécessaire, pour expliquer l’action souvent puis- « sante de l’autohémothérapie, d'admettre qu’il se < produit une modification dans la composition du < sang, durant le temps très court où celui-ci séjourne < en dehors de l’organisme. Je crois qu’il faut surtout « considérer que le sang prélevé dans une veine et « réinjecté y subit une résorption lente se produisant < surtout par voie lymphatique. Il y a entre la com-

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position du sang et celle du liquide lymphatique des différences qui ne portent pas seulement sur les éléments figurés, mais très vraisemblablement sur les substances dissoutes, sur ces substances qui jouent un rôle dans les phénomènes d’immunité, de colloïdo-clasie et d’anaphylaxie. »

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