RÉSULTATS DU TRAITEMENT
Avant d’exposer les résultats obtenus avec les injections de sang maternel, nous dirons un mot des autres méthodes, se rapprochant plus ou moins de cette thérapeutique, employées dans l’asthme.
Joltrain et Diard ont essayé, dans le rhume des foins, comme méthode de désensibilisation générale l’autosérothérapie intraveineuse. Ils ont appliqué leur traitement à de nombreux malades atteints de la maladie du pollen. Sur 48 cas qu’ils ont relevés, ils n’ont trouvé que 12 améliorations et 2 guérisons, c’est-à-dire 27 %, de résultats favorables. Les auteurs font remarquer qu’ils ont essayé la même thérapeutique dans un cas d'asthme essentiel avec grand succès. Ils ont obtenu 72 % de guérisons ou d’améliorations.
Quant à l’autohémothérapie elle a paru à ces au- | teurs complètement inefficace dans le rhume des foins. Par contre, le docteur Thuet, de Strasbourg, a appliqué lautohémothérapie dans des cas d’asthme
essentiel chez l’adulte. Il rapporte dans sa thèse 68 cas de malades traités par des injections de leur propre sang.
PES y BR.
Sur ces 68 cas, il trouve 32 récidives apparues plus de 6 mois après la fin du traitement. Parmi les autres malades, 16 n’ont plus eu de crises et 12 ont présenté des crises très légères qui ont cédé à l’ingestion de théobromine. Quant aux récidives, elles ont toujours complètement cédé à une nouvelle série d’injections de sang.
Quant à nous, nous avons traité, par des injections de sang maternel, une dizaine de petits asthmatiques qui, pour la plupart, avaient été déjà soumis à des traitements antérieurs sans aucune amélioration. Chez 8 d’entre eux, nous avons noté une disparition des crises dès les premières injections. Dans l’observation I notamment où les crises étaient très fréquentes, se reproduisant tous les 15 jours et durant parfois 2 ou 3 jours, le traitement a eu d’excellents résultats. Notre petit malade a même fait une grippe au mois d'août dernier sans déclancher de nouvelle crise. Cependant au mois d'octobre, il a présenté un petit accès, c’est-à-dire 6 mois après la fin du traitement. La crise a été relativement plus courte et moins intense que les précédentes. Depuis cette époque il va bien.
Chez nos malades des observations III et V qui depuis le traitement avaient vu leurs crises disparaître complètement, nous avons constaté également une récidive, mais beaucoup moins forte que les crises habituelles.
Dans plusieurs autres cas, après la suppression absolue des crises, il persiste de temps en temps un léger picotement laryngé, avec toux quinteuse, puis tout
En AUS symptôme alarment cesse, sans que se reproduise la dyspnée caractéristique de la crise d’asthme.
De plus, chez tous nos petits malades, nous avons complété le traitement par une cure minérale à la Bourboule d’une durée de trois semaines. Cependant nous insistons sur le fait que nous considérons cette dernière comme un traitement adjuvant, car nous avions constaté la disparition de tout symptôme rap- pelant la crise d’asthme, avant toute influence thermale.
. I] nous manque encore aujourd’hui lépreuve du temps pour pouvoir affirmer si les guérisons ou les améliorations obtenues vont persister.
D'ailleurs, ainsi que nous l’avons constaté après d’autres auteurs et le docteur Thuet en particulier, nous devons reconnaître que des récidives sont possibles à une date plus ou moins rapprochée, mais comme fait remarquer le docteur Thuet elles ont ceci de caractéristique, « que les phénomènes objectifs et « subjectifs sont moins accusés et disparaissent com- « plètement après un traitement plus court ». Dès maintenant nous croyons pouvoir affirmer d’après nos observations personnelles que les injections de sang maternel ont eu une heureuse influence sur la désensibilisation de nos petits malades.
Nous n'avons eu qu’un cas : l'observation IT, où notre thérapeutique a échoué complètement sans avoir diminué ni l'intensité ni la fréquence des crises d'asthme.
Il s'agissait d’un cas intriqué d’asthme et de
FU ue myxœdème, dans lequel l’association des injections de sang et de l’opothérapie thyroïdienne n’a pas réussi à modifier l’évolution des crises. Nous pensons qu’il s’agit ici d’un terrain particulièrement résistant où les troubles glandulaires ont fait le lit de l’asthme et chez lequel les différentes méthodes de désensibilisation sont à peu près impuissantes à modifier le substratum anatomique d’où dépend le trouble endocrinien.