‹ Considérations Générales Cliniques et ThérapeutiquesChapitre 13 sur 52 · SA TT, PA · texte numérisé non relu

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multiplient jusqu'à devenir de la clinique courante, ces dernières années. En Amérique, le fait est plus frappant encore. Il nous faut bien reconnaître qu’en matière de traitement opératoire, nous avons été nettement devancés. C’est avant tout l’œuvre considérable de Sauerbruch et de son école et de la pléiade des chirurgiens américains.

En France, la thèse de Girard 1923, un mémoire de Lemierre et Léon Kindberg, 1924, le rapport de F. Bezançon et de I. de Jong au congrès de 1925 ont insisté déjà et sur la multiplication des cas de sphacèle du poumon et sur les modifications de leur aspect clinique.

Depuis, les observations sont devenues de plus en plus nombreuses, et si l’on ne peut dire que l’abcès du poumon soit une affection vraiment fréquente, tout au moins, ne se passe-t-il guère de mois dans un service médical où l’on ne soit amené à discuter le diagnostic d’abcès du poumon.

Le professeur E. Sergent et ses élèves, le professeur F. Bezançon, d’autres encore, ont tour à tour approfondi l’'étiologie, la clinique, les indications thérapeuliques.

En 1927, la remarquable thèse de R. Kourilsky fut le premier exposé d'ensemble. En 1928, L. Kindberg en précisait les diverses aspects.

Le docteur A. Baumgartner publiait, dans le bulletin de la Société Nationale de Chirurgie de Paris du 21 novembre 1928, deux cas d’abcès gangréneux du poumon opérés et guéris, et à l’Académie de Mé-

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decine le 24 décembre 1929, un article sur la preumotomie dans les abcès du poumon.

Quelques mois auparavant, MM. Sergent, Baumgartner et Kourilsky avaient publié les principes directeurs du traitement des suppurations pulmonaires, dans une communication à l’Académie de Médecine du 26 février 1929.

Le 28 mars 1930, Baumgartner et Et. Bernard, publiaient un cas dans le bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris « sur un abcès gangréneux du poumon traité par pneumotomie et guéri depuis 10 mois ».

En 1931, Sergent, Baumgartner et Kourilsky firent paraître : « Quelques considérations sur les indications respectives de la pneumotomie et de la pneumectomie partielle, dans le traitement des abcès du poumon ».

En 1932, le rapport du docteur Baumgartner, chirurgien de l'Hôpital de la Charité, avec le concours du professeur Sergent, médecin de l'Hôpital de la Charité et Kourilsky, Iselin, fut présenté au IX° Congrès international de Chirurgie, tenu à Madrid en mars 1932 « sur le traitement chirurgical des suppurations pulmonaires non tuberculeuses ».

Un autre rapport présenté par les mêmes, au Congrès de Médecine, tenu à Paris en octobre 1932, en est le complément médical. Ces deux rapports doivent former un tout, ils sont inséparables.

M. Baumgartner fit une communication à l’Acadé-

mie de Médecine dans la séance du 3 janvier 1933

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ÉTIOLOGIE

Depuis la guerre, la fréquence des abcès du poumon est de 10, 20 fois plus grande qu'avant.

Ce plus grand nombre de suppurations pulmonaires peut être expliqué : par les progrès même de la médecine, et aussi par nos moyens d'investigation qui sont plus perfectionnés. « Par nos méthodes radiologiques, par nos examens au Lipiodol et par la bronchoscopie ».

Où nous disons abcès, nos prédécesseurs disaient broncho-pneumonie, dilatation des bronches, pleurésie interlobaire, ou ne faisaient aucun diagnostic précis. De plus, la hardiesse plus grande et plus sûre d'elle-même des chirurgiens, lFemploi de nouvelles techniques histologiques ou bactériologiques, diminuent dans des proportions considérables le nombre des Cas méconnus.

Nous ‘devons aussi chercher des causes objectives. On a tout d’abord pensé à la grippe, à la grande épidémie de 1918. Et depuis, n’avons-nous pas connu des. retours offensifs de l’influenza, que paraissent incriminer certaines observations.

Mais il faut se méfier et se rappeler : « qu’en réalité,

on appelle souvent grippe, le début même de la ma-

ladie, la période qui précède l'apparition des signes évidents de foyer pulmonaire » (Bezançon et I. de Jong).

Cependant, les suites de la grippe, la susceptibilité broncho-pulmonaire qui lui succède ont pu préparer le terrain.

Nous avons ces dernières années, vu réapparaître de véritables épidémies de grippe, comme dans l’hiver 1930-1931, où le nombre des abcès pulmonaires semblait fonction de celui des « affections pulmonaires mal déterminées ».

Nous trouverons plus loin dans le traitement médical des abcès du poumon « à l’observation II » le cas d’une malade qui, à la suite d’une grippe sérieuse et d’une congestion pulmonaire, eut un abcès du poumon.

On a voulu aussi incriminer les gaz toxiques employés pendant la guerre : on ne songe pas aux lésions immédiates et graves des intoxications massives. Mais l’avenir des gazés s'avère plus sombre qu’il n’était apparu tout d’abord. Le contingent de tuberculeux pulmonaires, n’en a peut-être pas été nettement aceru, mais il n’est pas rare de constater chez les gazés, une fragilité particulière de tout l’appareil respiratoire. Cependant, le nombre des abcès pulmonaires, observé chez des jeunes gens ou des femmes, qui n’eurent jamais à subir l'agression des gaz, montre à l'évidence qu’une telle explication n’est valable que pour des cas individuels. « A l'observation IX »

nous avons le cas d’un malade gazé à la guerre, qui

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eut aussi ultérieurement un abcès du poumon.

D'autres causes sont parfois plus précises, Aux Etats-Unis, par exemple, l’étiologie chirurgicale a paru dominer la question. Il s’agit tout d’abord des opérations portant sur l'étage supérieur de l’abdomen, la chirurgie des syndromes duodéno-pyloriques, les opérations dentaires, amygdaliennes, rhinopharyngées. Toute une école en Amérique, recherche dans les voies respiratoires et digestives supérieures, l’origine des infections chroniques les plus variées. Cette doctrine, quelle que soit la part de vérité qu’elle contienne est assez discutable et a provoqué des débats passionnés au dernier Congrès français d’otorhino-laryngologie (Paris, 1930).

A côté, nous rencontrons les opérations abdominales, Deux ordres d’intervention sont surtout à considérer : 1° celles qui portent sur l’utérus et ses annexes, soit en raison de l’ouverture et de l’infection immédiate des plexus veineux, soit en raison du développement ultérieur d’une phlébite ; 2° celies qui intéressent l’étage supérieur sous-ombilical de l'abdomen et surtout les opérations gastro-duodénales : pour ces dernières on a invoqué la mobilisation excessive de la région opérée par le jeu incessant du diaphragme. Nous pouvons citer : 1° le cas de ce soldat de notre observation VI, qui eut un abcès du poumon à la suite d’une intervention pour appendicite ; 2° le cas du malade de notre observation VII qui eut également un abcès du poumon à la suite

d'une opération de hernie stomacale ; 3° le cas de

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