‹ Considérations Générales Cliniques et ThérapeutiquesChapitre 28 sur 52 · MOD · texte numérisé non relu

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Le traitement émétinien est assurément très efficace dans les abcès amibiens. Mais en cas de doute, si l’on n’a pas de raisons majeures de faire un diagnostic positif, si nous n’avons pu mettre l'amibe en évidence, si l'examen des selles est négatif, si lhistoire clinique est muette, la dysenterie doit toujours être soupconnée et nous devons faire un traitement émétinien d’épreuve. L'efficacité est relative, mais nous avons cependant vu de véritables triomphes en moins d’une semaine. Le chlorhydrate d’émétine employé à dose journalière de 0 gr. 04, prolongée pendant 10 jours, détermine à n’en pas douter, dans les abcès non amibiens, une amélioration lente, progressive et régulière. Nous l’employons toujours conjointement avec la vaccinothérapie sans autres inconvénients que la douleur locale au lieu d'injection, et une certaine tendance à l’hypotension artérielle. Si nous n’obtenons aucun résultat, il est prudent de ne pas insister à cause des risques de névrite.

Nous croyons utile de rapporter la publication du professeur Marcel Labbé, à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, le 7 mars 1930, d’un cas d’abcès fétide du poumon guéri rapidement et complètement par l’émétine.

Un deuxième cas publié par le professeur Lemierre et Kourilsky à la Soc. Méd. des Hôpitaux de Paris, le 20 janvier 1928, d’abcès amibien du poumon, confondu avec une pleurésie interlobaire et guéri par l'émétine. Un troisième cas, publié par Lœderich et Poumeau-Delille à la Soc, Méd. des Hôp. de Paris, le

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15 février 1929, d’abcès du poumon guéri par l’émétine. Une quatrième publication de Théohari et Parissidi, à la Soc. Méd. des Hôp. de Paris, le 11 juillet 1930, sur un cas d’hémoptysie coïncidant avec un foyer pulmonaire à fusospirilles. Guérison par le traitement à l’émétine.

Un cinquième cas de Trabaud à la Société de Médecine et d'Hygiène Tropicale, le 2 février 1928, d’un abcès du poumon, d’origine indéterminée, guéri par l’'émétine. Un sixième cas de Mattei, Desanti (Marseille-Médical, 25 juillet 1926) d’un abcès amibien ou- | vert dans les bronches et guéri par l’émétine au cours d’une amibiase dite « autochtone ».

Un septième cas de Weil P. E. et Lamy (Bull. et Mém. Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 1924) d’abcès amibiasique du poumon, guéri par l’émétine.

L’émétine dans les abcès non amibiens.

Nous croyons utile d'ajouter aux précédentes publications, deux observations apportées par MM. Brulé, Laporte et Ragu, à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris (31 mai 1929), qui prouvent que les abcès pulmonaires peuvent, dans certains cas, être amélio-

rés par l’émétine, même si l’amibiase n’est pas en

question.

OBSERVATION IV L'émétine dans les abcès pulmonaires non amibiens.

(MM. Brulé, Laporte et Ragu).

Le malade était dans un état grave lors de son entrée

à l’HôpitaL Malgré l'absence presque constante de fiè-,

— 62 — | vré, il existait une toux pénible et une expectoration abondante et fétide.

L'examen physique du thorax était à peu près négatif, mais la radiographie montsait un abcès, du volume . d’une orange, avec un gros niveau de liquide.

Les injections sous-cutanées de chlorhydrate d’émétine, firent disparaître la fétidité des crachats, qui avait résisté à l’hyposulfite de soude et à deux injections intraveineuses de novarsénobenzol. Après six jours d’interruption, cinq nouvelles injections d’émétine sont pratiquées. L’'expectoration disparaît, le malade se déclare guéri.

Une radiographie pratiquée quatorze jours après le début du traitement émétinien, montre une diminution considérable de l’abcès pulmonaire qui, du volume d’une orange, était passé à celui d’une amande.

Le malade engraisse rapidement de 8 kilogrammes. Il sort de l’Hôpital, mais y rentre, quelques jours après, avec une légère reprise des accidents pulmonaires. Rechute qui cède d’ailleurs vite à des nouvelles injections, d’abord intraveineuses, puis sous-cutanées d’émétine. Depuis lors, il reste en bon état et la radiographie mon-

tre la disparition presque totale du foyer pulmonaire.

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