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OBSERVATION V

L'émetine dans les abcès pulmonaires non amibiens. (MM. Brulé, Laporte et Ragu).

Cette observation est celle d’une jeune femme qui, après une courte période fébrile, au début de février,

présente à la partie supérieure du poumon droit, un ab-

CO dant

cès du volume d’une pièce de 1 franc, avec fièvre à 40° et expectoration abondante, mais non fétide.

Pendant six jours de suite, la malade reçoit quotidiennement 0 gr. 06 centigr. de chlorhydrate d’émétine et 0,50 de stovarsol. En trois jours la fièvre tombe, les crachats diminuent beaucoup d’abondance et l’état général se transforme.

Cependant, la poche pulmonaire persiste à la radiographie, sans grande modification. L'état reste stationnaire pendant un mois, puis une rechute apparaît avec ascension de la fièvre à 39°5, réapparition d’un point de côté droit et, fait exceptionnel, apparition d’une grosse adénopathie sous-claviculaire, correspondant au siège juxtaapical de l’abcès pulmonaire. Celui-ci s'étend à la radiographie et un foyer de condensation pulmonaire qu’on notait au-dessous de l’abcès, commence à s’excaver:

Une nouvelle série d’injections d’émétine arrête cette reprise des accidents et, actuellement, la malade peut

être considérée comme guérie.

Rien dans l’histoire de ces deux malades ne permettait d'affirmer l’amibiase. Le premier malade avait séjourné en Algérie de 1891 à 1895, mais n'avait ni alors, ni depuis, présenté des troubles intestinaux.

La seconde malade n’avait jamais quitté la France et n’avait pas été en contact avec des dysentériques. Des examens répétés n’ont décelé la présence d’amibes ni dans les selles, ni dans les crachats.

Devant le succès rapide de l’émétine, faut-il néan-

moins conclure que ces deux abcès étaient d’origine

ZONE amibienne ? Les auteurs de cette communication ne le croient pas et pensent que cette interprétation

fausserait la signification des faits observés.

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