‹ Considérations générales sur l'état de la médecine (volume 2)Chapitre 13 sur 13 · G CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

G CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

naux qui font craindre une altération de la partie inférieure de la moelle ? On ne peut répondre à cette question par aucune théorie; tout ici est dans le vague des suppositions , et nous manquons même de faits qui prouvent les bons effets de l'électricité dans les maladies. Ainsi, dans l'état de la science, rien en théorie ne démontre que l'électricité puisse être utile dans le traitement des maladies; et aucun fait non plus n'autorise l'emploi de cet agent. Parlerat-on des observations que rapportent les partisans de l'électricité? nous ne nions pas que des malades aient guéri quoiqu'ayant été électrisés; nous sommes persuadé que ces observations sont recueillies et présentées avec toute la bonne foi et la sincérité possibles; mais enfin les choses ne sont point encore assez évidentes pour nous convaincre, et nous sommes autorisé à penser que les partisans de l'électricité s'abusent et attribuent à cet agent des guérisons qui sont dues aux ressources de la nature.

Il résulte de tout ce que nous avons dit que ni la méthode antiphlogistique, ni les autres méthodes employées jusqu'à ce jour, ne fournissent des moyens suffisans pour combattre les mala-

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dies et satisfaire à l'indication générale qu'elles présentent, c'est-à-dire qu'aucune ne donne les moyens d'épurer les humeurs en détruisant ou neutralisant les principes morbides qui les altèrent. Il nous reste à rechercher si, par quelque autre mode de traitement, cette indication curative peut être remplie, en chassant hors de l'économie la cause des troubles fonctionnels.

Ayant reconnu que toutes les maladies sont des altérations d'humeurs, on est conduit nécessairement à cette indication que le traitement doit avoir pour objet de purifier ces mêmes humeurs, et la purgation se présente en première ligne pour satisfaire à cette indication. En effet, les purgatifs, tous les évacuans, sont les véritatables moyens à l'aide desquels on peut espérer rétablir la pureté des humeurs, en expulsant les vices morbifiques, les venins qui menacent la vie. Cette médication est la seule que la raison indique et que l'expérience démontre efficace; car si l'on observe bien ce qui se passe dans les maladies, on verra que toutes les fois que la santé s'améliore sous l'influence d'un traitement, c'est

que les moyens mis en usage agissent comme purgatifs.

Ainsi, ne pouvant ni saisir ni modifier par aucun moyen les mauvais principes qui vicient les humeurs, il faut les expulser à l'aide des évacuans. Mais, dira-t-on, par cette médication on n'expulsera pas seulement les principes morbides qui ont porté le trouble et la perturbation dans l'économie. Il est certain que dans les matières évacuées il y aura autre chose que les élémens morbifiques qui ne peuvent être expulsés qu'avec les fluides qu'ils ont altérés; car il est probable que la santé générale ne peut être troublée, sans que tous les fluides de l'économie ne participent de l'état d'altération qui constitue la maladie. Nos connaissances physiologiques ne permettent pas de penser que les choses puissent se passer autrement; ce n'est donc que par le renouvellement des fluides viciés que la santé peut se rétablir. En répétant les évacuans, on expulse chaque fois une nouvelle quantité d'humeurs altérées, qui est remplacée par des fluides de moins en moins impurs, de telle sorte qu'à chaque purgalion la masse humorale se trouve améliorée, et en continuant le traitement,on ramène les fluides à l'état de pureté qui constitue la santé.

Le rétablissement de la santé est d'autant plus

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prompt et plus assuré, que les purgations sont plus rapprochées; en laissant entre elles de trop longs intervalles, l'épuration des humeurs est plus lente, plus difficile et la guérison plus incertaine; c'est surtout au début du traitement qu'il faut, autant que possible, purger plusieurs jours de suite, afin d'expulser dans un temps donné plus de fluides corrompus qu'il peut s'en former dans le même temps. Voilà ce qu'indique le raisonnement théorique ; et nous allons voir des faits nombreux appuyer notre théorie, et prouver l'efficacité des purgatifs pour le traitement des maladies. Nous voulons parler des résultats obtenus par la méthode évacuante; et ici nous croyons nécessaire de remonter à l'origine de cette méthode et d'en faire l'histoire, afin que le lecteur puisse bien la juger.

Il y a une soixantaine d'années qu'un modeste praticien de l'Anjou pensa, contre les opinions reçues jusqu'alors, que la cause des maladies agissait d'abord sur les fluides, les altérait, et amenait par cette altération tous les troubles fonctionnels que nous appelons maladies. Et il ajouta, comme déduction nécessaire de cette manière de concevoir les dérangemens de la santé,

que le Uaitement devait avoir pour but de chasser, d'expulser la cause morbide et les fluides altérés, c'est-à-dire qu'il fallait purger.

L'observation pratique vint confirmer le jugement de ce praticien. Il obtint, à l'aide de la purgation, des résultats si satisfaisans, qu'il crut pouvoir proclamer comme vérité, que les maladies sont dues à l'altération des fluides, et que le traitement le plus rationnel consiste à purger, afin de purifier les humeurs du principe qui les a viciées, altérées.

La théorie de Pelgas, c'est le nom de ce praticien, ne fut point adoptée par ses confrères; elle fut au contraire généralement repoussée; et l'on peut dire que jamais système médical ne fut l'objet d'une opposition aussi vive, aussi unanime que le système ou la méthode de Pelgas. M. liC Roy, son élève, fut le seul qui se déclara ouvertement son partisan et son défenseur. Plein des idées de son maître, et convaincu de plus en plus par l'observation pratique de chaque jour, que la purgalion était le meilleur moyen de combattre les maladies, il se voua avec l'ardeur cl l'enthousiasme d'une âme fortement pénétrée, à la propagation d'une méthode qu'il regardait

SUn I.'ÉTAT nE l.A MÉDECINli;. 261

comme la plus parfaite de toutes celles imaginées jusqu'alors. Sans lui elle serait morte avec son auteur.

Nous ne parlerons point de l'opposition en quelque sorte systématique qu'a éprouvée la méthode évacuante, mieux connue aujourd'hui sous le nom de médecine curative ou de Le Roy; nous n'entretiendrons pas non plus nos lecteurs des tracasseries sans nombre dont ce praticien a été Tobjet; nous dirons seulement que pour continuer son œuvre de propagation, il a eu besoin de tout le courage et de toute la persévérance que donnent la conviction, l'amour de la vérité et le désir d'être utile à ses semblables. Nous ajouterons encore, pour faire mieux comprendre combien ce courageux praticien a eu d'obstacles à vaincre, et combien était grande l'opposition contre laquelle il luttait, que les pharmaciens, dans la crainte d'encourir la disgiâce de tous les médecins ligués contre la nouvelle doctrine, refusaient de préparer les médicamens qu'il ordonnait, et qu'il fui obligé, pour traiter ses malades selon ses idées et sa conscience, de prépareilui-même les médicamens qu'il prescrivait ; il fut forcé par là de faire tout à la fois la médecine

et la pharmacie. Eh bien ! M. Le Roy a triomphé de tous les obstacles suscités par la prévention et l'esprit de système ; et, grâce à sa tenace persévérance, la méthode évacuante s'est propagée avec un tel succès, que tandis qu'en France on demandait l'interdiction de son auteur, les planteurs du Nouveau-Monde lui décernaient des couronnes.

Ce résultat est d'autant plus digne d'attention, qu'il est inouï qu'une méthode se soit jamais établie sans le concours des médecins ; il était réservé à la méthode évacuante de présenter cette exception remarquable , qu'elle s'est propagée dans les quatre parties du monde malgré les gens de l'art; et cette circonstance offre, selon nous, un grave sujet de méditation. N'est-ce pas en effet une chose bien surprenante, que les progrès et le succès d'une méthode que repoussent tous les homuies les plus compétens pour la juger? 11 semble que la destinée de l'art médical soit de prêter au ridicule et à la déconsidération , par les contradictions les plus choquantes et les controverses les plus malheureuses. A-insi, le corps médical tout entier repousse avec la plus grande opiniâtreté la méthode de Pelgas;

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el l'expérience démon lie cliaque jour son efficacité ; d'un autre côté, une approbation qui lient de l'enthousiasme accueille la doctrine physiologique; presque tous les gens de l'art s'efforcent de la faire adopter; el les résultats pratiques prouvent que cette doctrine est une erreur. Que penser de telles contradictions ? Que penser d'une science qui repose sur des principes si peu fixes? Malgré celte opposition, de tous les systèmes qui se sont succédé en médecine, aucun n'a vécu aussi longtemps que celui de Pelgas; tous ceux qui ont paru jusqu'à ce jour, après la vogue que donne la nouveauté, sont tombés dans l'oubli plus ou moins vile, pour faire place à des idées nouvelles qui éprouvaient bientôt le même sort, il en a été autrement de la méthode évacuante. Cependant on put croire un moment que la doctrine physiologique était supérieure à cette méthode; l'enthousiasme vraiment général et presque sans opposition, avec lequel les idées de Broussais furent accueillies par tout le corps médical, devait faire penser que l'art de guérir avait fait une conquête précieuse, importante, et tout le monde s'en réjouissait; car, dans une question de celle nature, qui chercherait à faire

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prévaloir un système pour satisfaire uu amourpropre ? Une seule pensée doit animer celui qui se consacre au traitement des maladies, le désir de faire plus de bien, de soulager plus de souffrances. Ce sentiment que nous supposons profondément gravé dans l'âme de tous ceux qui exercent l'art difficile de guérir, doit faire accueillir tout ce qui est annoncé comme un progrès ; aucune idée nouvelle ne doit être repoussée sans avoir subi un examen sévère.

Ce n'est pas toutefois, et nous le disons à regret, avec cette prudence et cette impartialité, que l'on s'est conduit à l'égard des deux méthodes dont nous parlons; tandis que l'une est repoussée sans être soumise à aucune épreuve pratique, l'autre est admise avec un enthousiasme incompatible avec un examen réfléchi. Mais ce qui nous étonne surtout, et ce que nous ne pouvons comprendre, c'est qu'après des épreuves aussi longues et aussi décisives que celles que viennent de subir ces deux méthodes; c'est qu'après des résultats si favorables à la théorie de Pelgas, et si défavorables à la doctrine de l'irritation, il se trouve encore des médecins qui vantent cette doctrine et s'opposent à l'usage des pur^^atifs ; et

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cependant les faits sont ici d'autant plus concluans, que les conditions dans lesquelles ces deux méthodes étaient employées étaient bien différentes; en effet, tandis que le corps médical tout entier embrassait partout avec chaleur la défense de la doctrine physiologique, qu'il cherchait à faire triompher etadoptercomme méthode générale, il repoussait par tous les moyens en son pouvoir la méthode évacuante, dont l'application se trouvait ainsi le plus souvent abandonnée, à des personnes sans expérience, et qui quelquefois ne pouvaient pas même lire les courtes instructions écrites qui leur étaient données; car jusqu'à présent la généralité des médecins ayant refusé de conseiller cette méthode, beaucoup de ceux qui l'ont employée n'ont pu recevoir de conseils que par correspondance.

Eh bien ! malgré tous ces obstacles, la méthode de Pelgas et Le Roy, comme nous l'avons déjà dit, s'est propagée de plus en plus chaque joui-; tandis que la théorie de l'irritation a été de j)lus en plus délaissée; et quelques efforts que fassent encore pour la soutenir (juelques uns de ses partisans les plus zélés, on peut prédite que cette méthode tombera bieiilôldans l'oubli.

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Nous sommes surpris qu'au moment où l'on abandonne comme fausse, erronée, une théorie dont toute la thérapeutique consisie dans les saignées, nous sommes surpris, disons-nous, qu'on veuille faire revivre de vieilles idées qui ne sont autre chose que l'application exagérée du moyen le plus dangereux de la méthode de Broussais. Nous voulons parler des saignées coup sur coup. De semblables idées trouveront heureusement peu de partisans aujourd'hui; les débats qu'elles ont soulevés dans le sein de l'Académie, et notamment à l'occasion du traitement de la fièvre typhoïde, ont fait voir que le savant professeur qui préconise les saignées abondantes et rapprochées était seul ou presque seul de son avis. Cela, il est vrai, neprouveraitrien;cardans de pareilles matières le nombre n'est pas toujours une garantie de la solidité, de la justesse des opinions. Mais ici une cn-constance donne une très grande valeur au nombre, c'est que tous ceux qui se sont élevés avec le plus de chaleur contre les doctrines que l'on voudrait remettre en faveur, ont été à d'autres époques partisans de ces doctrines, et que tous les ont abandonnées plus ou moins complètement, les ayant reconnues fausses et

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n'ayant eu que des mécomptes dans leur application. Dans ces discussions remarquables, tant à cause des personnes qui y ont pris part, qu'à cause de l'importance de la question, un membre de l'Académie s'est exprimé ainsi : « Il est une » époque de ma \ie médicale où je saignais aussi » fort abondamment : il y a de cela dix à douze » ans, lorsque la doctrine de M. Broussais jouis- » sait de toute sa valeur. Je ne faisais pas moins » de trois, quatre, cinq saignées fort abondantes, » fort rapprochées, et il est tel individu à qui j'ai » fait appliquer jusqu'à 200 sangsues; car j'é- » tais convaincu qu'il fallait poursuivre les con- » gestions partout où j'en voyais des signes. Cela » a duré trois ans. Par circonstance, je pratiquais » alors parmi les étudians en médecine et parmi » les étudians en droit. Ne me demandez pas les » résultats de cette pratique : j'ai vu, et j'ai re- » culé effrayé. Habituellement on voyait, après les » fortes saignées, les symptômes nerveux s'aug- » menler, les soubresauts plus marquées, le délire » plus continu et les hémorrliagies plus fréquen- » tes. Etsi une chose m'étonne, c'est que M. Bouil- » laud n'ait pas fait la même observation.

» J'en dis autant de la péripneumonie; j'ai vu

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» des malades qui, après une ou deux saignées, » tombaient dans la prostration; la poitrine de- » venait stertoreuse; l'expectoration se suppri- » mait, et la mort arrivait.

» Enfin, j'en dis autant de l'érysipèle. A. la vérité, » les saignées abondantes faisaient tomber la rou- » geur, mais le tissu cellulaire sous-culané restait » infiltré, et après la mort on trouvait les mé- » ninges pâles et décolorées. »

Et c'est M. Andral, un des professeurs les plus distingués de la faculté de Paris, qui a prononcé ces paroles solennelles, dans la discussion sur la fièvre typhoïde (i). Après un tel aveu, nous le demandons, peut on espérer que les saignées coup sur coup puissent fairejamais école? On peut bien, par son éloquence, et au grand préjudice de l'humanité, entraîner quelques élèves et quel(jues jeunes médecins encore sans expérience, et assurément personne n'est plus capable d'opérer cet entraînement que l'éloquent professeur dont nous voulons parler; mais il arrivera ici, ce qui est arrivé à Broussais, la pratique venant démentir les préceptes du maître, les disciples abandonneront ses conseils.

(1) Séance du 28 mais 1837.

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C'est donc vainement que l'on essaierait de relever la méthode dite physiologique, ou de lui en substituer une autre fondée sur des principes dont la fausseté est si bien démontrée pour la généralité des médecins. Il n'en est pas un aujourd'hui qui fasse la médecine comme il y a vingt ans, il n'en est pas un qui prescrive les saignées et l'abstinence absolue comme cela se pratiquait au début de la théorie de l'irritation; tous les praticiens ont reculé, effrayés des funestes effets de l'application de cette théorie.

Le contraire, comme nous l'avons déjà dit, est arrivé à la méthode évacuante qui, bien loin d'avoir été abandonnée , se propage de plus en plus chaque jour. Beaucoup de praticiens qui, il y a peu d'années encore, s'effrayaient à la seule idée d'un purgatif actif, sont beaucoup moins craintifs aujourd'hui, comme le prouvent les observations publiées depuis quelques années.

Voilà des faits, des faits qui n'ont pas besoin de commentaires, et dont le lecteur saura tirer les conclusions qui en découlent naturellement; i! comprendra sans peine que la différence dans la destinée des deux méthodes ne peut venir

(jue de la différence de leur mérite réel; et que, puisque la doctrine dite physiologique n'a pu, malgré ses nombreux sectateurs, se soutenir en présence de la méthode évacuante placée dans des conditions si défavorables , il faut bien que celle-ci soit supérieure à celle là. Cette conclusion nous semble forcée.

Ainsi, c'est l'expérience qui a prononcé sur l'efficacité des deux méthodes que nous comparons; nous ne faisons qu'exprimer ici son résultat; c'est l'observation de plus de trente années qui proclame aujourd'hui les bons effets des évacuans, et qui démontre dans quelle erreui' on était tombé en conseillant, comme méthode générale, les émissions sanguines répétées et l'abstinence absolue.

Il résulte de tout ce que nous venons de dire, que les partisans de la méthode antiphlogistique sont en bien petit nombre aujourd'hui, et que ceux de la méthode évacuante, au contraire, sont plus nombreux que jamais. 11 s'est opéré, à cet égard, une véritable révolution dans les idées; et si quelqu'un pouvait en douter, nous le renverrions aux mémoires publiés depuis quelques an-

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nées sur l'eaiploi des évacuans, mémoires qui ont été accueillis avec faveur par l'académie de médecine.

Ces travaux, dont le résultat est toutà l'avantage de la méthode évacuante, prouvent combien les idées se sont modifiées à l'égard des purgatifs ; assurément, on n'eût point osé, il y a dix ans, faire avec ces médicamens ce qu'on a fait depuis et qu'on le remarque bien , c'est pour les maladies qui, d'après la théorie de l'irritation, permettent moins l'usage des purgatifs, qu'on a osé les employer, ce sont les fièvres typhoïdes (gastroentérites graves de Broussais) que l'on a traitées avec succès au moyen des évacuans. N'est-ce pas là une véritable révolution médicale? Comment des moyens signalés, il y a peu d'années encore, comme dangereux, sont-ils devenus tout à coup de très bons moyens thérapeutiques? Que s'est-il donc passé? Nous l'avons dit : la méthode évacuante ayant toujours de nouveaux succès, et la méthode antiphlogistique toujours de nouveaux revers, il a bien fallu reconnaître que l'on s'était trompé à l'égard de ces deux méthodes ; que la première était préférable à la seconde, et devait enfin être admise comme méthode générale.

H est vrai que clans les comptes-rendus dont nous avons parlé ci-dessus, il n'est point question de la méthode purgative de Le Roy-Pelgas. Mais malgré le silence affecté que nous signalons, et dont nous sommes surpris, il n'en reste pas moins démontré parce que nous avons dit, que c'est aux bons effets de cette méthode qu'il faut rapporter les changemens qui se sont opérés dans les idées médicales, et en supposant même, ce qui est impossible, d'après tout ce qui précède, en supposant, disons-nous, que les nouveaux partisans de la purgation n'aient point entendu parler de la méthode purgative, que jamais dans leur pratique on ne leur ait demandé leur avis sur cette méthode, en supposant, enfin, cette parfaite ignorance d'un mode de traitement employé depuis plus d'un demi-siècle, et qui a fait quelque bruit, h cause du bien et du mal qu'on en a dit, en admettant toutes ces suppositions, et que ce soit spontanément et par suite de leurs propres inspirations, que ces honorables praticiens aient été conduits à employer les purgatifs, les résultats si salisfaisans qu'ils ont obtenus ne prouvent pas moins que Pelgas et Le Roy étaient dans le vrai, et qu'on a été injuste à leur égard ;

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et d'autant plus injuste, qu'on s'est toujours efforcé de faire croire qu'il s'agissait seulement d'un remède conseillé d'une manière empirique; tandis qu'on savait très bien, ou du moins on devait savoir, qu'il s'agissait d'une théorie, d'un système, ce qui est bien différent; et s'il était resté quelques doutes à cet égard, ils doivent être dissipés aujourd'hui.

Quelques personnes semblent vouloir contester à Pelgas et Le Roy le mérite d'avoir créé la méthode évacuante, en disant que la purgation n'est point un moyen nouveau, et que de tous les temps elle a été employée et contre toutes les maladies. Nous n'entendons point présenter ici les purgatifs comme une découverte moderne; nous savons qu'ils sont connus depuis longtemps; mais au moment oia Pelgas lésa préconisés, ils étaient presque généralement abandonnés; Brown les employait peu, et plus lard ils furent tout-à-fait proscrits par l'auteur de la doctrine physiologique qui les représentait comme les moyens thérapeutiques les plus dangereux. Pelgas est donc le premier qui les ait réintroduits dans la pratique; il est le premier surtout qui les ait conseillés à doses actives et souvent répétées.

On peut donc, avec raison, attribuer le retour des idées vers la purgation aux bons effets de la méthode de Pelgas.

Comme preuve de ce que nous disons, nous citerons la question mise au concours de 1826, par la Société médicale et naturelle de Bruxelles.

» 1° Exposer les effets produits sur l'organisme, » par les médicamens connus sous les noms de » purgatifs et émétiques;

» 2" Etablir dans quelles circonstances de l'état » de maladie on peut les administrer avec un » succès réel, tant à faible qu'à forte dose; y>3° Déterminer quelle est leur manière d'agir.» La Société avait pour objet de constater les effets de la méthode évacuante de Pelgas et Le Roy; en voici la preuve irrécusable : « Si nous avons tant insisté, dit le rapporteur de la Société, pour que cette question fût mise au concours, c'est surtout à cause des effets étonnans de la purgation continue; c'est afin d'acquérir de nouvelles lumières sur un point de doctrine qui, depuis plusieurs années, a fixé toute notre attention.» Et plus loin, il cite ces paroles du rapporteur de la première commission :

« Qu'on se rappelle dans quelle? circonstances

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la Société a fait choix de la question proposée ; que l'on veuille bien se ressouvenir qu'à cette époque le purgatif de Le Roy avait une vogue inouïe... »

Ainsi la Société médicale et naturelle de Bruxelles avait bien évidemment en vue les effets de la méthode évacuante ; elle voulait être éclairée sur des résultats qui l'étonnaient , et pour cela elle faisait un appel aux savans, elle proposait une espèce d'enquête.

Comme on voit, cette Société ne voulait point, à l'exemple de ce qui se passait en France, repousser sans examen la théorie de Pelgas; elle cherchait, au contraire, à l'apprécier dans ses résultats , et ne craignait pas de l'avouer franchement, en faisant connaître, par l'organe de ses rapporteurs , les motifs qui l'avaient déterminée dans le choix de la question proposée.

Nous avons dit ci-dessus que depuis quelques années il avait été publié en France plusieurs mémoires sur l'emploi des purgatifs, et nous avons témoigné notre étonnement de ce que dans ces travaux il n'était point parlé de la méthode de Pelgas et Le Roy; nous croyons devoir faire remarquer ici (juc toutes les recherches des

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praticiens français sju' la pnrgalion employée comme méthode générale, dans le traitement de certaines maladies sont postérieures au concours dont nous venons de parler; le lecteur sera surpris, comme nous, que les auteurs de ces recherches paraissent ignorer les faits qui ont tant excité l'attention de la Société médicale et naturelle de Bruxelles, faits qui étaient assurément plus nombreux chez nous que chez nos voisins. Quoi qu'il en soit, il est bien démontré que l'enquête dont nous venons de rendre compte a été provoquée dans l'intention de connaître les effets de la médication évacuante d'après la théorie de Pelgas et Le Roy.

Eh bien! qu'a produit cette encjuête? Son résultat a-t-il été tel que le corps savant dont nous parlons ait cru devoir le faire connaître à l'autorité, et provoquer des mesures prohibitives contre les évacuans dits de Le Roy? Ces médicamens ont-ils été déclarés dangereux? rien de cela. L'enquête a prouvé, au contraire, que la méthode de Pelgas et Le Roy opérait des cures (|u'on ne pouvait obtenir par aucune autre méthode, cl dans des cas souvent désespérés. ï^e mémoire couronné en cile pkisieurs exemples, elpourlaiil

si'u l'état de la médecine. 277

Fauteur est bien loin d'être humoriste; il est, comme tous ses concurrens, un zélé partisan de la doctrine de Broussais. Aussi ne peut-il rester impartial. Tout en reconnaissant les bons effets des évacuans, il recommande tellement les précautions dans leur emploi, que peu de personnes, d'après ce qu'il dit, oseraient faire usage des purgatifs même les plus doux. Ainsi, après avoir cité une guérison inespérée, il s'écrie: « iMais qu'on y «prenne garde; car on se tromperait si l'on » croyait qu'il ne s'agit plus que de purger. Ces » résultats sont rares, etc.» La prévention l'égaré à tel point qu'il accuse toujours les évacuans d'avoir causé les accidens qu'ils n'ont pu empêcher. Mais malgré cette partialité de la part de l'auteur, en lisant son mémoire sans passion (T, en laissant de côté ses opinions, la vérité est facile à reconnaître; elle ressort des faits qui sont rapportés avec bonne foi , nous nous plaisons à le dire : seulement, égaré par l'esprit de système, l'auteur tire des conclusions erronées. Ainsi

(1) De raciioii des éniétiques et des purgatifs sur l'économie animale, et de leur emploi dans les maladies, par P. -A. Marcq, docteur en médecine, membre de plusieurs sociétés savantes. Bruxelles : H. Tarlier, libraire, rue de la Montagne; et à Paris, à la librairie, rue .lacob, n. 26.

578 coissiu En AXIONS «énéuales

tous les travaux pour l'enquête dont nous parions ont été faits par des personnes dont les opinions médicales étaient tout-à-fait opposées à celles des auteurs de la méthode évacuante, et des plus défavorables à l'usage des purgatifs. Cette remarque , que tout lecteur fera comme nous, doit donner une très grande valeur aux observations rapportées en faveur des évacuans.

Nous ne ferons plus qu'une réflexion à l'égard de ce concours : c'est que si la purgation avait toujours produit de mauvais effets, comme quelques personnes s'efforcent encore de le dire, une enquête aurait été inutile. L'attention de la Société n'a pu être fixée que par les cures extraordinaires qui lui étaient rapportées, et c'est bien évidemment ce qu'elle entend par les effets étonnans ; ce sont ces effets qu'elle voulait vérifier.

Ainsi il est hors de doute que l'attention n'a été rappelée vers la purgation en France, comme à l'étranger, que par les résultats si heureux de la méthode évacuante.

Au surplus, il s'agit moins de savoir qui a réhabilité la purgation en médecine, que de savoir si ce moyen est bon, efficace, et si les changeaiens que nous signalons dans les idées médira-

SUW l'état de la iMÉDKCINE. 57^

les existent réellement. Eh bien! l'efficacité de la purgation est mise hors de doute par les progrès de la méthode évacuante; et le changement dont nous parlons est avéré, incontestable; et en sup> posant même qu'il se soit opéré par une autre cause que celle que nous indiquons, il n'en vient pas moins à l'appui delà méthode purgative, c'est tout ce que nous avons voulu constater pour le moment.

Nous devons faire remarquer, avant d'aller plus loin, que la méthode évacuante aurait eu de plus brillans succès encore, si, au lieu d'être employée, le plus souvent, par des personnes sans connaissances et sans expérience médicales, le traitement eût toujours été dirigé par des gens de l'art.

Qu'on ajoute encore que la plupart des malades qui, jusqu'à ce jour, ont eu recours à la purgation selon la méthode de Pelgas et Le Boy, avaient épuisé sans succès tous les autres modes de traitement, et étaient, le plus souvent, abandonnés des médecins, comme incurables. Voilà des considérations qu'il importe de ne pas perdre de vue, lorsqu'il s'agit de juger cette méthode comparativement avec d'autres.

280 (;o]NSlDÉl^\Tl()^s (;r.>KaALES

D'après tout ce qui précède, nous pensons qu'il restera bien démontré pour toute personne exempte de prévention, que, loin d'être dangereux, lesévacuans sont au contraire les plus puissans moyens thérapeutiques, ceux qui rendent le plus de services à l'humanité, et que la méthode évacuante est la meilleure méthode générale de traitement. Ceux qui ne voient dans les maladies que des irritations, des inflammations, s'effraient à la seule idée d'un purgatif actif; ce moyen, selon eux, ne pourrait qu'augmenter l'inflammation existante, et en déterminer d'autres. Ils ne comprennent pas que le tube digestif puisse résister à l'action d'un purgatif. Quelle erreur! le tube digestif, comme nous l'avons dit dans notre piemière partie, n'est pas aussi sensible, aussi inflammable qu'on le pense. Comment croire que le Créateur ait fait si taible, si délicat, un organe aux fonctions duquel la vie est attachée? à quoi ne seraient pas exposés les intenq^érans et tous ceux qui abusent des liqueurs fortes si le tube digestif était aussi susceptible? Nous pensons autrement que les partisans de l'irritation, et nous croyons que, loin d'être aussi sensible, le canal intestinal, au contraire, estun des organes les

SUR l'état de la médecine. 281

plus robustes de l'économie. Et s'il n'en était pas ainsi, comment les animaux pourraient-ils résister à tant de privations auxquelles ils sont exposés ? Manquant souvent du nécessaire, et lorcés de se nourrir d'alimens de mauvaise nature et malsains, les espèces se perdraient. On se trompe, nous le répétons, sur la sensibilité de l'organe digestif. Et voyez l'inconséquence : en même temps que l'on tremble à l'idée d'un purgatif actif, on administre de véritables poisons tirés de tous les règnes de la nature.

Pour justifier l'usage des moyens que nous repoussons on cite des guérisons; nous avons fait voir qu'on s'abusait à cet égard, et que l'on attribuait aux moyens employés, des résultats qui étaient dus aux seules ressources de la nature, et obtenus malgré le traitement. Qu'on examine sans prévention l'effet des moyens mis en usage pour combattre une maladie quelconque, on verra, comme nous l'avons déjà dit, que les moyens qui agissent comme laxatifs sont les seuls qui procurent de l'amélioration. Tous les autres sont plutôt nuisibles qu'utiles. C'est ce qui expliquela vogue qu'ont eue, à diverses époques, lous les mcdicamens purgatifs vendus sous

282 co.NsiuÉr.Ai'io.\s (;É:.\Ér.ALKs

forme de poudres, pilules, teintures, etc., etc.

Nous croyons que c'est ici le lieu de revenir sur une proposition que nous avons hasardée dans notre première partie : nous disons, à la fin de la page 85, qu'il est probable que l'efficacité des médicamens, leur propriété médicatrice, repose sur un mode d'action uniforme, toujours le même, quelle que soit la substance, plutôt que sur une propriété spéciale et relative à la nature de la maladie : eh bien ! la longue discussion à laquelle nous venons de nous livrer n'a fait que nous confirmer dans cette opinion. En effet, il résulte de cette discussion qu'il n'y a que la médication purgative qui soit réellement curative; c'est-à-dire, en d'autres termes, que les seules substances médicamenteuses sont celles qui jouissent de la propriété de purger.

Ainsi donc, il n'y a qu'un seul principe médicamenteux, c'est le principe purgatif fourni par un grand nombre de substances; tout ce qui purge, tout ce qui a réellement une action purgative, employé convenablement, fournit un médicament curalif. Tout ce qui ne purge pas est plus nuisible qu'utile.

Nous sommes porté à penser aussi, comme

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nous l'avons déjà dit, qu'il n'existe qu'un seul principe nutritif, toujours le même, quelle que soit la substance qui le fournisse. Nous sentons que beaucoup d'objections peuvent être faites à cette idée de l'unité d'un principe nutritif; mais nous n'attachons pas d'importance à cette question qui présente peu d'intérêt pratique. Il n'en est pas de même de celle de l'unité d'un principe médicamenteux, cette opinion se rattachant à la pratique, et se trouvant corroborée par le résultat des recherches que nous avons faites, pour savoir quelle devait être la meilleure méthode générale de traitement.

Jusqu'à ce jour la purgation a été employée d'une manière tout-à-fait empirique, et point avec assez de constance, pour en obtenir tout le bien qu'elle peut produire. Il fallait que Pelgas vint poser les bases de la théorie évacuante, en disant : les maladies sont dues à l'altération des humeurs. Les praticiens qui ne sont point habitués à traiter avec les purgatifs, et surtout ceux qui sont prévenus contre ces médicamens, en obtiennent rarement des résultats bien satisfaisans, parce qu'ils les administrent avec trop d'hésitation et de timidité. lis s'arrêtent j)resque tou-

jours après un purgatif; et s'il a causé beaucoup de malaise et laissé quelques coliques, ils recourent aux moyens dits anliphlogistiques, pour calmer l'irritation qu'ils supposent avoir été déterminée par l'évacuant; une semblable pratique n'aura jamais de succès.

Les purgatifs. doivent être employés avec assurance, avec confiance, et administrés plusieurs jours de suite, à doses suffisantes pour déterminer au moins six à huit évacuations et procurer un soulagement un peu notable. En général, plus on met de hardiesse et d'activité dans l'em» ploi des évacuans, plus on assure le succès du traitement.

Dans les affections aiguës graves, les purgations rapprochées ( deux et même trois dans les 24 heures) ont quelquefois des effets miraculeux, et l'expérience prouve qu'il n'y a jamais aucun danger à rapprocher ainsi les doses purgatives.

Quant à la durée du traitement par les purgatif^, une expérience prolongée démontre que l'on peut user des évacuans pendant un temps fort long, et presque tous les jours, sans qu'il en résulte jamais rien de fâcheux. Nous avons de nomi>ren\ exemples de malades qui se sont traités

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pendant des années , en se purgeant plusieurs fois par semaine.

Et cliose remarquable, et qui prouve bien que la purgation est parfaitement en harmonie avec les actes vitaux et le travail de nutrition , c'est que les forces se relèvent sous l'influence des purgatifs. L'embonpoint revient, ainsi que la fraîcheur, et tous les autres signes de la santé. Les personnes qui n'ont point observé les effets de la médication évacuante craignent surtout deux choses, l'inflammation, l'épuisement. Ces craintes sont d'autant plus mal fondées, que, comme nous l'avons démontré, le mol inflammation est vide de sens, ou du moins exprime un état de choses qui ne peut avoir lieu, et dans aucun cas nous ne redouterions l'inflammalion. Les douleurs abdominales, les coliques, celte extrême sensibilité qui feraient craindre la maladie appelée péritonite, ne nous empêcheraient pas de donner des purgatifs : au contraire, et nous aurions plus de confiance dans cette médication que dans toute autre. Que pourrait-on, du reste, redouter dans le cas où il s'agirait d'une affection du péritoine? uneinflammation du tube digestif, une gastro-entérite; mais ce résultat se-

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rait à désirer, ce serait là une révulsion heureuse, car une gastro-entérite n'a pas la gravité d'une péritonite j dira-t-on que le tube digestif pourrait s'enflammer sans que pour cela la péritonite cédât? Mais ce n'est pas ainsi que raisonne l'auteur du traité des phlegmasies : si, une irritation existant, on en détermine une autre, celle-ci est toujours dérlvalive de la première; ainsi dans une maladie grave, par exemple, dans ce qu'on appelle une affection cérébrale, ou dans la péritonite, on ne doit pas craindre d'irriter l'estomac. En général, il ne faut rien craindre des évacuans; plus ils sont employés avec hardiesse, plus ils procurent de soulagement. Il n'est que deux cas dans lesquels on doit s'en abstenir: c'est lorsqu'on a reconnlj l'inutilité de ces moyens, et lorsque l'état spasmodique ou convulsif de l'estomac ne permet pas au médicament de passer; lorsqu'il est rejeté, lorsqu'il y a des vomissemens presque continuels. Dans ces cas il faut en suspendre l'usage. Mais nous reviendrons sur l'application de la méthode en particulier et nous entrerons dans de plus grands détails, car il y a des circonstances où l'on floit traiter les vomissemens par les évacunns-

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Quant aux craintes que l'on a sur le long usage des évacuans, elles sont tout-à-fait mal fondées ; comme nous l'avons déjà dit, les forces bien loin de s'épuiser se relèvent et de nombreux faits sont là pour corroborer cette assertion. Il suffit seulement, pour continuer longtemps les évacuans, de proportionner la fréquence des doses et leur activité aux effets qu'elles produisent, à leur manière d'agir, et à la promptitude des effets. II y a des dispositions individuelles telles, que les doses purgatives opèrent vite, et sans causer ni malaise ni fatigue; de sorte que les malades peuvent , le jour de la purgation , se nourrir et presque se livrer à leurs occupations, comme le jour où ils ne prennent aucun médicament. Ces malades peuvent se purger souvent et longtemps, sans s'arrêter, réparant chaque jour, par une alimentation suffisante, les pertes qu'ils font par les évacuations.

Mais il y a des malades qui sont obligés à des repos fréquens et plus ou moins prolongés; ce sont ceux chez lesquels les purgatifs opèrent lentement et en causant beaucoup de malaise, de telle sorle que le jour où ces malades se purgent, ils ne peuvent prendre aucune nourriture. On

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conçoit qu'il ne leur serait pas possible de continuer longtemps la purgation sans se reposer, et dans ce cas, le traitement est toujours plus long et plus difficile.

Âinsi,pournouslesmaladies sont des altérations d'humeurs; la purgation est le meilleur moyen thérapeutique; et la méthode indiquée parPelgaset Le Roy est celle à l'aide de laquelle on obtiendra généralement le plus de succès. Nous dirons plus tard ce que nous pensons du choix des purgatifs, de leur application en particulier, et nous indiquerons les modifications que nous avons reconnues nécessaire de faire subir à la méthode de Le Roy, modifications qui, d'ailleurs, ne touchent point au fond de la doctrine.

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