RUE DE L’ÉCOLE-DE-MÉDECINE
Sc trouve aussi chez l’auteur rue de Seine-Saint-Germain,
PRÉFACE
Le travail que nous publions aujourd’hui est le fruit de méditations qui ont commencé avec nos études médicales. Dès nos premiers pas dans ces graves et pénibles.
PRÉFACE
études, deux choses nous ont frappé, l’insuffisance de l’art, le désaccord des maîtres. Combien de fois avons-nous été découragé en entendant professer les doctrines les plus opposées! Quoi! disions-nous, cette science à nos yeux si belle, si grande, et que nous avons crue si parfaite, est a ce point incertaine et dépourvue de règles pratiques, que chaque maître a sa méthode qu’il vante en blâmant celles de ses confrères! De ces bancs d’ou nous espérions entendre des préceptes invariables, nous n’entendons que des opinions controversées ; et si nous consultons les anciens, nous trouvons les mêmes contradictions , les mêmes incertitudes. Mais oh donc est la science que nous cherchons \ quelle route peut nous y conduire? Chaque maître nous en indiquant une différente, qui nous dira celle
PRÉFACE
lit
que nous devons choisir? Et si nous nous égarions , ou si notre foi dans la science venant à faillir, au lieu de cette confiance si nécessaire au praticien, nous ne trouvions plus au fond de notre âme que ce doute décourageant, accablant, qui porte au dégoût, au mépris de tout, même de la vie ?
Telles étaient les tristes pensées auxquelles nous étions en proie, dès notre début dans la carrière médicale 3 et l’on conçoit qu’une telle préoccupation d’esprit devait nous rendre défiant, sceptique même, et nous garantir de ces déterminations précipitées, enthousiastes, qui accueillent trop souvent les idées, les théories nouvelles.
Au milieu de cette agitation de doute et
PRÉFACE
iy
d'incertitude, nous fûmes naturellement conduit à nous demander s’il y avait réellement une médecine, c’est-à-dire, s’il y avait une réunion, un ensemble de connaissances , à l’aide desquelles on pût abréger les souffrances et protéger la vie.
Cette question qu’autorisaient les opinions si opposées des maîtres de l’art, nous l’avons résolue affirmativement. Il est bien démontré pour nous qu’on peut soulager l’homme souffrant, et dans beaucoup de circonstances, conjurer la mort qui le menace.
Cela posé , pourquoi ést-on si incertain, si opposé d’opinion sur le choix des moyens propres à combattre les maladies? Voilà ce que nous nous sommes constamment de-
PRÉFACE
mandé, et c’est le problème que nous nous proposons de résoudre dans cet écrit.
Ami du repos, et craignant par-dessus tout les disputes de controverse, nous avons hésité bien long-temps à prendre la plume, dans l’appréhension de soulever contre nous d'es orages ; car nous ne nous dissimulons pas que nous allons blesser bien des opinions. Ce n’est pas, toutefois, que nous redoutions la discussion, nous l’appelons, au contraire, de tous nos vœux, convaincu que les doctrines que nous professons ne peuvent que gagner a être discutées^ mais nous voudrions une discussion calme, modérée, et, malheureusement, c’est chose rare en médecine \ les moindres débats dégénèrent presque toujours en violentes disputes, où. les personnalités les plus affligean-
PRÉFACE
tes remplacent les argumens scientifiques.
Combien de médecins sont devenus ennemis irréconciliables, parce qu’ils ont différé d’opinions médicales! Ces exemples trop nombreux nous ont arrêté long-temps \ car nous ne nous consolerions pas si la publication de cet écrit affaiblissait de vieilles liaisons que nous désirons bien vivement voir se resserrer encore, s’il est possible.
Mais à côté de ces considérations toutes personnelles, il s’en présente d’un ordre plus élevé. La question qui nous occupe ici intéresse l’humanité tout entière, et nous regardons comme un devoir pour tout homme, et surtout pour le médecin, de publier toutes les idées qu’il croit pouvoir contribuer au progrès de la science. En livrant ces feuilles au public, nous croyons faire une chose
PRÉFACE
utile ; si nous nous trompons, si nous nous abusons j eh bien! notre écrit ira se perdre dans la masse déjà si considérable des écrits inutiles.