‹ Considérations générales sur la classe des crustacésChapitre 25 sur 50 · VI.'' Division. Quatre antennes bien apparentes · texte numérisé non relu

VI.'' Division. Quatre antennes bien apparentes

Genre CL VII. Aselle {Asellus, Geoff. , Oliv., Lamck. , Lalr., Leach ;Oniscus, Linn.; Squilla, Degéer; Cymoi?ioa, Daldoriff; Idotea, Fabr. ; Physodes, Cuv. , Duméril). Antennes intermédiaires ou supérieures quadriartîculées ,

Linn., tom. XI, M. Leach n'y admet que neuf genres seulement, qu'il

distribue ainsi :

SnBDivisioNl.re Une seule lamelle apparente de'chaque

côté de la queue.

Appendices de la queue courbe's, comprime's Campecopea.

— droits, un peu comprime's. N-'ESA.

Subdivision Il.e Deux lamelles visibles aux appendices de chaque côlé de la queue.

* Pédoncule des antennes supérieures tr'cs-grand ; ongles bifides.

Queue c'chancrée entre les lamelles; appendices non

fohace's Cymodice.

— échancrée; appendices comprimes, foliarés. . . Dynamène.

— entière , avec des appendices comprimés ,

foliace's Spii-EnoMA.

** Pédoncule des antennes supérieures très-grand ^ ongles simples.

Yeux granule's, grands et late'raus ^Ega.

*** Pédoncule des antennes supérieures médiocre.

Yeux distincts, non granule's; tète aussi large que le

premier segment du corps Eurydice.

— granulés ; tète aussi large q\!C le premier seg-

ment du corps LiMNoRiA.

— peu îipparens ; tète plus étroite que le premier

segment du corps • Cymotiioa.

(i) Celte sous-section C correspond à celle qui est indiquée par

^l4 CARACTERES DES ISOPODES.

aussi longues que l'article terminal sétacé des extérieures ; celles-ci formées de cinq articles. Yeux petits, simples et latéraux. Pieds-mâchoires extérieurs réunis à leur base en forme de lèvre, ayant leur premier article grand, lamelliforme. Corps obloDg, déprimé , formé de sept segmens pédigères et d'une queue d'un seul article fort grand et arrondi, portant deux appendices fourchus, composés d'une tige déliée, cylindrique, biarticulée, et terminés par deux filets coniques et divergens, ou deux petites pièces en forme de tubercules. Branchies vésiculeuses, alongées, aplaties, ovales, au nombre de six, recouvertes par deux écailles extérieures, arrondies et fixées par leur base. Sept paires de pattes terminées par un crochet simple ; les dernières étant plus longues que les antérieures; les premières ayant leur avant-dernier article un peu renflé.

AsELLE d'eau douce : Ascllus vulgarïs , Latr. , Lamck. -, Asellus aquaticiis, Leach ; ^sei/e. d'eau douce, Geofir.,, Hist. des insectes, tome 2 , page C72,pl. 22,fig. 2; Squille aselle , Degéer, Mém. sur les Insectes, tome 7, pag. 496 , pi. 01 , fig. 1 ; Idotea aquatica, Fabr., Suppl. Ent. Syst. , pageooS; Entomonhieroglypliicum , Klein , Dub. , fig. 5. Ce petit crustacé, long au plus de six à sept lignes, et large de deux à deux et demie, est trèscommun dans les eaux douces et stagnantes des environs de Paris , particulièrement dans les mares. Sa démarche ordinaire est lente; mais, lorsqu'il est poursuivi, il court très-vite. Pendant l'hiver il se cache dans la vase , et ce n'est qu'au commencement du printemps qu'il en sort pour s'accoupler. Dans cet acJe, le mâle, qui est beaucoup plus gros que la femelle, porte celle-ci pendant une huitaine de jours environ sous son corps , la retenant , avec les deux pattes de la quatrième paire.

M. Leach sous la lettre D , parce que celle qu'il de'signe par la même lettre C, forme pour nous la jjremlère section, celle des isopodes pli}librauclies.

CARACTÈRES . IjES ISOFODES- 3 1 5

exaclemenf appliquée contre lui et dans l'impossibilité d'échapper. Quand il la quitte cette femelle est chargée d'un assez grand nombre d'œufs, qui sont placés sous son ventre et enfermés dans un sac membraneux ou une espèce de poche. Les petits naissent dans ce sac, et ne tardent pas à en sortir par une fente qui s'ouvre naturellement dans sa longueur, et par la subdivision subséquente de ses parois en six parties ou lanières.

M. Latreille regarde comme devant former un genre nouveau, voisin de celui des aselles, I'Idotée pinceau, Idotea penicillata, Risso, Crust., p. 1 67, tab. 3, fig. 1 0. Ce crustacé est de forme très-alongée , linéaire, demi-cylindrique en dessus, plane en dessous; sa tête est petite, prolongée en pointe obtuse, pourvue . de quatre antennes assez courtes, presque égales entre elles. Son corps est formé de neuf segmens , dont les sept premiers portent autant de paires de pattes assez longues et terminées' par un crochet. Son dernier segment a deux file(s longs et soyeux à sa partie postérieure, et une lame ovale à bords ciliés de chaque côté. Sa couleur est d'un vert grisâtre, pointillé de brun. Sa longueur totale est de six lignes et demie , et sa largeur d'un peu moins d'une ligne. On l'a trouvé près de Nice , au milieu des fucus.

Genre CLVIII. Janire (Janira , Leach ; Oniscus , Montagu ; Asel' lus, Latr. , Lamck.).

Caractères généraux des aselles , aux différences suivantes près. Crochets terminaux des quatorze pattes bifides. Yeux assez gros, placés plus près l'un de l'autre que ceux de ces crustacés. Antennes intermédiaires et supérieures plus courtes que l'article terminal sétacé des extérieures.

Janire tachée : Janira maculosa , Leach , Edinb. Encycl. , tome 7 , pag. 404 , et Trans. Soc. Linn. , tome XI , pag. 570 ; Oniscus maculosus , Montagu (Manusc). Corps cendré, taché de

3l6 CARACTÈRES DES ISOPODES.

brun. Trouvée sur les côtes d'Angleterre, au milieu des varecs et des ulves.

Nota. Le nom de janira a déjà été proposé par M. Risso pour le genre de crustacés, tout au moins voisin desGalathées, qu'il avoit d'abord appelé Caljpso.

Genre CLIX. Jaera {Jaera , Leach ; Oniscus, Montagu; Asellus, Latr. , Lamck.).

Caractères généraux des aselles et des janires, mais en différant en ce que les pieds antérieurs n'ont pas leur avant-dernier article plus gros ou plus renflé que celui des autre;s pieds , et en ce que les appendices latéraux de leur queue ne sont pas terminés par deux pointes aiguës, mais ont la forme de simples tubercules. Les yeux sont , ainsi que ceux des janires , plus rapprochés l'un de l'autre que ceux des aselles.

Jaera a front blanc : Jaera albifrons , Leach , Edinb. Enc. , fom. 7 , pag. 434; ejusd.,Trans. Soc. Linn., tom. XI, pag.373; 0«isc«saZ&i/rons,Montagu(Manusc.) Couleur générale cendrée; front blanchâtre. Elle est très-commune sur les côtes d'Angleterre , au milieu des varecs et sous les pierres.

VII.'' Division. Antennes intermédiaires extrêmement courtes , nor. visibles, ou même n'existant pas du tout,

SuBDinsjoN I. Appendices de la queue au nombre de deux , divisés chacun en deux pointes coniques , alongées et presque égales, l'intérieure étant seulement un peu plus grande, et offrant à son extrémité un très-petit article aigu.

Genre CLX. Ligie {Ligia, Fabr. , Lalr. , Lamck., Leach; Oniscus, Linn.,OIiv. ; Ascllus , Oliv. ).

Antennes extérieures assez grandes, anguleuses, très-rapprochées à leur base , formées de six articles, dont les deux

cahactères des isopodes. Siy

premiers fort courts , et les trois derniers alongés, le terminal plus grand que les autres, et composé lui-même de petits articles nombreux. Antennes intermédiaires très- petites, formées de deux articles comprimés, dont le dernier est obtus. Pieds-mâchoires membraneux, comprimés, concaves, divisés en six articles. Tête carrée , plus large que longue. Yeux composés assez grands et ronds. Corps alongé, ovalaire , convexe en dessus, très-semblable à celui des cloportes, composé de treize segmens transversaux , pointus en arrière de chaque côté, dont les sept premiers sont pédigères, et dont les six derniers constituent la queue; le treizième presque carré, avec le bord postérieur arrondi au milieu , et échancré latéralement, pour l'articulation des appendices. Les quatorze pieds insérés sur les côtés du corps, ayant leur premier article dirigé de dehors en dedans, très-long, et formant avec le second, qui se porte de dedans en dehors , un angle aigu ; tous étant terminés par un article écailleux , pointu au bout, et pourvu d'une petite dent en dessous. Branchies en forme de lames triangulaires, placées sous l'abdomen ou la queue, au nombre de six paires.

Les crustacés de ce genre sont très-abondans sur les bords de la mer. Ils grimpent avec facilité, à la manière des cloportes, sur les rochers des rivages, ou sur les parapets des constructions maritimes , dans les endroits les plus humides. Lorsqu'on cherche à les prendre, ils replient promptement leurs pattes, et se laissent tomber.

LiGiE OCÉANIQUE : Lfgfa occaiiica , Fabr. , Latr. , Gen. crusf, et insect. , Leach , Lamck. -, Oniscus oceanicus , Linn. ; Cloporte océanique, Oliv. ; Baster, Subst. , ii, tab. i3,fig. 4. Antennes extérieures de moitié plus courtes que le corps, ayant leur dernier segment composé de treize petits articles; styles delà queue à peu près égaux entre eux, et aussi longs que cette queue; longueur, un pouce environ ; couleur grise avec deux grandes taches jaunâtres placées l'une en avant de l'autre sul' le dos. Très-commune sur nos côtes.

01 8 CARACTÈpaiS DES ISOPODEO.

LiGiE ITALIQUE : Ljgia italica, Fabr. , Latr. , Gen, crust. ti insect., tom. i, pag. 67. Antennes extérieures presque égales au corps en longueur , avec leur dernier segment composé de dix-sept petits articles; styles delà queue très-longs, égaux entre eux, ayant leur pédoncule commun étroit et alongé.

LiGiE DES HYrNEs : Liglu hypnorum , Latr., Gen. crust. et insect. , tome 1 , pag. 68 , sp. 3 ; Ligie des mousses , Bosc, Crust. , tom. 2, pag. 190; Oniscus hypnorum, Cuv. , Journ. d'Hist. Nat. , tome 2 , pag. ig , tab. 26, fig. 3, 4,5; Oniscus hjpnorum , Fabr.; Oniscus agilis , Panz. , Faun. German., fasc. 9 , fig. 24. Antennes plus courtes que la moitié de la longueur du corps, ayant leur dernière pièce formée d'environ dix petits articles; styles de la queue apparens, ayant leur pédoncule muni d'une dent et d'une soie à son extrémité et du côté interne; corps varié en dessus de noirâtre, de cendré et de jaunâtre. Des côtes de l'Océan.

Dans le Règne Animal, M. Latreille paroît soupçonner que l'espèce décrite sous les noms de ligia oniscides , d'oniscus et de cjmothoa assimilis , n'est autre que la ligie océanique, dont les pointes de la queue sont mutilées.

SuBvirisiON II. Appendices de la queue au nomlre de quatre, les Latéraux hiarticulés,

''' Corps ne pouvant se rouler en loule.

a. Antennes extérieures composées de huit articles.

Genre CLXI. Philoscie ( Philoscia , Latr. , Lamck. , Leach ; Oniscus , Linn. . Fabr. , Oliv. , Cuvier);

Antennes extérieures découvertes à leur base; les intermédiaires non distinctes. Corps ovale, à segmens transverses au nombre de sept. Queue formée de six segmens, brusquement plus étroite que le corps; les quatre appendices sfyliformes

CARACTÈRES DES ISOPODES. 3l9

bien apparens et presque égaux entre eux, les extérieurs étant néanmoins un peu plus longs que les intermédiaires.

Philoscie des mousses : Philoscia muscorum, Latr., Lamck., Leach; Oniscus muscorum, ScopoH; Cloporte des mousses, Oliv., Enc. ; Oniscus sjlwestris , Fabr. ; Oniscus muscorum , Cuv., Journ, d'His. nat. , tom..2,pag. 21 , tab. 26, fig. 6 , 7 et 8; Coqueb., lllust. icon. insect., decas i , tab. 6, fig. 12. Dessus du corps d'un cendré brun, parsemé de petits traits et de petits points gris ou jaunâtres, dessous blanchâtre; pattes ayant quelques traits obscurs. Assez commun dans les bois humides, sous les feuilles mortes, ou sous les pierres, en France, en Allemagne, en Suède et en Angleterre. ^

Genre CLXIl. Cloporte (Oniscus , Linn. , Geoff., Fabr. , Oliv. , Latr. , Lamck. , Degéer, Cuv. , Leach ).

Antennes extérieures seules apparentes, ayant leur base recouverte par les rebords latéraux de la tête -. celle-ci moyenne enchâssée dans le bord antérieur du premier segment du corps. Yeux composés , granuleux , latéraux. Corps formé de sept segmens transversaux, dont les bords latéraux sont postérieurementterminésenpointe,etantérieurementarrondis. Queue (ou abdomen) composée desixsegmens, dont les cinq premiers trèsétroits : les deux antérieurs sans prolongemens latéraux ; les trois suivansenayantau contraire de très-prononcés , etle sixième ou derniertriangulaire , pointu etmuni de quatre appendices. Les deux appendices latéraux de la queue très-forls, coniques et biarticulés;les intérieurs situés au-dessus de ceux-ci, grêles , cylindriques, d'un seul article, terminés par plusieurs petites soies , et laissant suinter un liquide visqueux. Pieds insérés sur les côtés du corps , ayant leurs deux premières pièces grandes, et formant entre elles un angle vers la ligne médiane du ventre ; tous étant terminés par un article ou crochet simple, et leur grandeur s'augmentant graduellement depuis la première paire

jusqu'à la dernière. Organes respiratoires placés sousia queiîe, et consistant en six paires de lames superposées , triangulaires , appliquées pour chaque paire exactement l'une contre l'autre par leur côté interne, et formant ensemble une pointe plus ou moins prolongée en arrière.

Les cloportes habitent de préférence les lieux humides et obscurs, tels que les caves ou les celliers, et se tiennent ordinairement dans les fentes de murailles, dans les joints mal réunis des cloisons, sous les pierres, etc. Ils paroissent vivre de fruits gâtés, de feuilles, de substances végétales en décomposition, et on en a vu aussi qui mangeoient des cadavres d'individusdeleur espèce. Leur démarche est ordinairement lente; mais lorsqu'ils éprouvent quelque crainte, ils courent assez vite. Les femelles portent leurs œufs dans une espèce de sac ovale, mince et flexible, placé au-dessous de leur corps et s'étendant depuis la tête jusque vers la cinquième paire de pattes. Ces œufs éclosent dans ce sac, qui ne tarde pas à se fendre longitudinalement, et ensuite transversalement en trois lanières de chaque côté, pour laisser sortir les jeunes cloportes, qui ne diffèrent de leurs parens qu'en ce qu'ils ont deux pattes et un anneau du corps de moins qu'eux; que leur iéte et leurs antennes sont proportionnellement plus grosses que les leurs ; que leur co uleur est jaunâtre ou bleuâtre et très-claire, etc. Après leur naissance ces petits trouvent pendant quelques jours un refuge assuré au milieu des lames respiratoires qui garnissent le dessous de la queue de leur mère.

On a long-temps employé les cloportes en médecine comme fournissant des remèdes diurétiques, ahsorbans, ou apéritifs; mais l'usage en a presque totalement cessé.

Le type de ce genre est le

Cloporte aselle: Oniscus aselliis , Linn., Ivibr. , Latr. ; Cloporte ordinaire, GeofTr. , Hisf. des Insectes , tome 2 , pag. C70 , pi. 22 , fig. 1 ;. Cloporte aselle , Degéer, Ins. , tome 7 , pag. 547 ,

CARACTEKES DES ISOPODE3.

pi. 35, fig. 5 ; Oniscus murarius , Cnv. , Journ. d'Hist. Nat. , tome 2, pag. 22 , pi. 26 , fig. 11, 12, 1 5; vulgairement clou-àporte, porcelet Saint-Antoine, etc. Longueur, six à sept lignes; légèrement rugueux en dessus, et particulièrement sur la tête; d'une couleur grise obscure, avec les bords plus clairs, et une série longitudinale de points jaunes, placée de chaque côté du corps; ventre et pattes d'un gris blanchâtre uniforme. Il est très-commun dans toute l'Europe.

b. Antennes extérieures formées de sept articles.

Genre CLXllI. Porcellion {Porcellio, Latr. , I.each ; Oniscus , Linn., Geoffr., F;ibr., Oliv., Cuv. ).

Caractères généraux des cloportes , et n'en différant sensiblement que par le nombre des articles des antennes. Mœurs semblables.

PoRCELLiON RUDE : PorcelUo scuber, Latr., Leach; Cloporte ordinaire, var.C. ,Geoff.;Oniscus asellus , Fab. , Cuv.; Panzer, Faun. Germ.,fasc. g. fig. 21 ; Oniscus granulatus, Lamck. , Anim. sans vertèbres , tome 5 , pag. 1 64. Dessus de la tête et des segmens ducorps et delà queue recouvert de granulations nombreuses; quatrième et cinquième articles des antennes striés dans leur longueur; couleur tantôt d'un cendré noirâtre uniforme, tantôt jaune claire et variée de gris plus ou moins foncé. Commun sur les murailles , sous les pierres et le bois pouri-i.

PoRCELLio>j LISSE : PorcclUo Iccvis , Latr. , Leach ; Oniscus lœ^is, Lamck., Anim. sans vert. , tom.5, pag. 164 ; Cloporte ordinaire, var. B., Geoffr. Corps lisse; appendices de la queue plus grands que dans l'espèce précédente; couleur cendrée noirâtre, plus ou moins nuancée de gris-jaunâtre. 11 vit sous les pierres.

** Curps pouvant se rouler en l'oule.

Genre CLXIV. Armadille (^rmadi7/o, Latr. , Lamck. , Leach; Oniscus, Linn. , Gcoff. , Oliv. ).

Arftennes extérieures formées de sept articles , coudées , insérées de chaque côté au-dessous d'une échancrure du chaperon, mais ayant leur base protégée en dessus par un prolongement de la tête en forme de voûte. Yeux granuleux, toutà-fait latéraux sur le dessus de la tête. Corps bombé et arqué, composé d'anneaux qui ne se terminent pas en pointe sur leurs bords latéraux et postérieurs. Queue formée de six segmens, 'dont les deux premiers ne se prolongent pas jusqu'au bord extérieur, et dont le dernier est triangulaire et court. Second article des appendices latéraux de la queue aplati , triangulaire, et placé de manière à remplir l'espace qui existe entre le segment terminai et le bord postérieur de l'avantdernier. Pieds conformés comme ceux des cloportes et des philoscies, et terminés par un ongle court et simple. EcailTes branchiales supérieures ayant une rangée de petits trous qui donnent passage à l'air.

Les habitudes naturelles des armadilles ont les plus grands rapports avec celles des cloportes : seulement ces animanx vivent plutôt à la campagne que dans les endroits habités. On les trouve dans les lieux humides et obscurs qu'ils recherchent de préférence , comme les cavités souterraines, les creux des rochers exposés au nord , les caves , les celliers , etc. Souvent on en rencontre sous les vieilles écorces des arbres morts^ ou sous les grosses pierres des champs. Leur démarche est ordinairement très-lente; ils s'engourdissent pendant l'hiver, et vivent de matières végétales desséchées ou humides. Dans le temps de la ponte, les femelles gardent leurs œufs sous les appendices lamelliformes de leur abdomen, comme le font

CARACTKnES DES ISOPODES. 02^

les cloportes : les œufs y éclosent, et les petits paroissent sortir vivans du corps de leur mère. Leur accouplement est inconnu. Ils se dépouillent au moins une fois l'année de leur peau , dont on trouve les débris dans les lieux qui leur servent ordinairement de retraite.

Armadille vulgaire : Armadillo vulgaris , Latr.; Oniscus Armadillo, Linn.;Sulz., Hist. insect., (ab. 3o, fig. i3; Cuvier, Journ. d'Hist. Nat. , 1792 , tome a, pag. 20 , pi. 26 , fig.14 i 5 ; Oniscus cinereus, Zeriker-, Panz., Faun. Germ. , fasc. 62 , n° ^22. D'un gris cendré sans taches, avec le bord des anneaux un peu plus pâle. Ce crustacé est fort commun sous les pierres, et on le trouve dans tous les temps de l'année. 11 se roule en boule au moindre attouchement et se laisse plutrit briser que de se dérouler ; l'action du feu peut seule le forcer à s'étendre.

Armadille PUSTULE; Armadillo pustulatus ^Duméfil , Dict. Se. nat., tom. III, pag. 116; Armadillo variegatus ^ Latr.; Oniscus variegatus , WilL, Entom., tom. 4 , tab. 1 1 , fig. 1 6 ; Oniscus pulcliellus , Panz., Faun. Insect. Germ., fasc. 62, fig. 21. D'un gris cendré, avec des taches irrégulières, blanches ou jaunâtres, sur ses anneaux. Il varie beaucoup pour la couleur, qui est tantôt noirâtre ou bleuâtre, et quelquefois presque blancheles taches varient aussi beaucoup par leur disposition, par leur forme, et parleurs couleurs. Selon M. Duincril , il est probable qu'il y a plusieurs espèces confondues sous le même nom. Il est fort commun dans les caves peu profondes des habitations rurales, dans les carrières , sous les solives, etc.

Armadille des boutiques ; Armadillo officinalis , Duméril Dict. Se. nat., tom. III, pag. 117. Gris; à second anneau du corps échancré, très-grand, plus long que les six derniers. Cette espèce est celle qui nous vient d'Italie et qu'on vend chez les apothicaires cotnme diurétique, fondante et apéritive. Les médecins n'emploient guère maintenant ce crustacé qu'on regardoit autrefois comme nn remède souverain contre

O-j'i CARACTERE! DF5 150PO>)F5.

la jaunisse, et qu'on trouve encore indiqué coinuie peitoi-al flans quelques formulaires.

VIII.* Division. Corps déprimé irrégulier; point d'antennes , d'jeu:x ni de mandibules (i).

Genre CLXV. Bopyre [Bopjrus, Latr. ; Monoculus , Fabr. ).

Corps ovalaire, dépriaié, mou , avec une forte saillie longitudinale et médiane en dessous, marqué sur ses deux faces d'impressions transversales qui semblent séparer des segmens au nombre de sept. Tête oblique, distincte seulement parce que son bord antérieur ou chaperon est plus large que ne le sont les bords latéraux des anneaux qui la suivent. Queue aplatie, oblique, sur Taxe du corps, plus étroite que lui, découpée sur ses bords, et marquée de rides transverses sur ses faces supérieure et inférieure, de façon à paroître divisée en six .segmens très-étroits. Bouche offrant, i." à l'extérieur deux valves qui la recouvrent comme des volets, formées chacune d'une pièce fixée antérieurement, en cuiller dont la convexité est en dehors, et d'une semblable pièce plus membraneuse, annexée en arrière de lapremière; 2,° deuxpièceslatéralesmolles , comprimées , placées comme des mâchoires ; 3.° une ouverture centrale qui peut être munie d'autres appendices , tels que mâchoires ou mandibules , mais qui sont indistincts même à la

(i)Ces caractères et -ceux que je vais détailler sont ceux de l'individu femelle. Si le très-petit crustacé isopode que l'on trouve constamment près de l'issue des œufs de cette femelle est le mâle, comme il y a toui lieu de le présumer, cette huitième division que ]'e propose sera annu. lée, et il suffira de former dans la précédente une subdivision particulière, pour y ranger le genre Bopyre.

M. Leach , au surplus, n'admet pas ce genre dans la classe des cru-stacés. 11 pense que sa place est à côté des vers épizoaircs.

CARACTEHtS DES ISOPODES,

ïoupe. Quatre grandes lames presque membraneuses de chaque côté du corps en dessous, faisant suiie aux deux valves qui recouvrent les par lies de la bouche, se tenant relevées par leur bord libre, imbriquées entre elles de façon à ce que les antérieures passent en arrière des postérieures; ces lames formant par leur ensemble une sorte d'enceinte ovalaire sous l-e corps, destinée à contenir les œufs, et qui s'en trouve remplie vers la fin du printemps et dans les dernières saisons de Tannée; la quatrième ou la dernière de ces lames beaucoup plus longue que les premières, et se croisant par son extrémité avec sa correspondante de l'autre côté: toutes étant aussi épaisses que les deux lames de la bouche , et comme elles, variées d'une couleur brunâtre que l'on n'observe su rancune autre partie de l'animal. Dessous de la queue ayant cinq paires de lamelles blanches et molles, disposées en recouvrement comme les lames branchiales des cloportes et des autres crustacés des genres voisins. Ouverture de l'anus, et sans doute celle qui sert au passage des œufs, placées entre ces lames.Point d'yeux. Point d'antennes visibles, ni d'appendices styliformes au bout de la queue. Quatorze pattes très-petites, contournées à la manière de celles des cymothoés, paroissant formées de quatre articles, et placées sur les côtés du corps, entre l'extrême bord et la base des lames imbriquées dont j'ai fait mention plus haut, chaque paire sur un anneau dislinct.

Mâle, ou individu regardé comme tel, extrêmement petit, à corps symétrique , alongé , linéaire, bombé' e>n dessus d'un côté à l'autre , ayant une tête distincte pourvue de deux petits yeux noirs et ronds , un corps formé de six ou sept anneaux , et une queue de moitié plus courte que ce corps, paroissant avoir des lamelles branchiales en dessous; ses pattes, ses antennes et les appendices styliformes de ^a queue étant inaperce vable^.

BopvRE DES CHEVRETTES: Bopjrus squiHurum , Latr. , Lamck.: Alonoculiis crangoruin , Fubr., Syst. Entom. Suppl., pag. 3<;6:

526 CARACTERKS DES ISOl'ODES.

Fougeroux de Bonriaroy, Mém. de l'Acad. des Se. de Paris, année 177:^ , pag. 2g , pi. 1 ; Bopjre des crustacés, Bosc , Hist. na(. des Crust. , tome 2 , pag. 216. Longueur, quatre lignes-, couleur pâle blanchâtre, si ce n'est sur les écailles du dessous du corps où elle passe au noirâtre. Ce crustacé parasite se trouve fixé sous le têt des palémons squille et porte-scie, accroché à la membrane qui double ce têt en dessous , et le dos appliqué contre les branchies, qu'il ne gêne en aucune façon. Il paroît se nourrir des petits animaux que l'eau , attirée par le mouvement des organes de la respiration, apporte avec elle. Sa présence sous le têt des palémons produit sur celui-ci une protubérance d'autant plus grande que ce bopyre est plus âgé, ou que ses œufs sont plus abondans. Il n'y en a jamais qu'un seul sur chaque palémon, placé indifféremment à droite ou à gau'^he, et l'on en trouve dans toutes les saisons de l'année.

Les pêcheurs de nos côtes prennent les bopyres pour de jeunes soles ou de jeunes plies qui passeroient ainsi, selon eux, le premier temps de leur existence fixées sous le têt des palémons ou salicoques. Deslandes, en 1722, avoit consacré ce préjugé dans les Mémoires de l'Académie royale des sciences de Paris ; mais Fougeroux deBondaroy, en 1772, l'a complètement réfuté dans le même ouvrage.

Bopyre des palémons ; Bopyrus palamonis , Risso , Crust., pag. 148. Sa queue est plus obtuse que celle du précédent; sa couleur est jaunâtre, mêlée de vert clair, avec deux lignes longitudinales brunes dentelées. Sa tête est surmontée de deux petits corps qu'on seroit tenté de prendre pour des antennes. M. Risso Fa trouvé, près de Nice, sous le têt des palémons 011 il produit une tumeur fort remarquable , et il a observé qu'au lieu d'œufs , sa femelle portoit sous son ventre huit à neuf cents petits individus trcs-apparens et de couleur blanche grisâtre.

M, Duméril rapporte au genre Bopyre un petit crustacé

figuré par Duhamel, Traité des pêches, deuxième partie, pi. 16, fig. 1 1 , lequel s'attache aux saumons (i).

(i) En terminant l'hisloire des cruslace's qui appartiennent à l'ordre des isopodes, je dirai, ainsi que je l'ai fait à l'égard des aniphipodes, quelques mots sur certains genres trop peu connus bu trop incomplètement de'crits pour qu'il m'ait été possible de les intercaler dans la série que j'ai adoptée.

Plusieurs d'entre eux ont été créés par M. Rafinesque , el l'on n'en sait encore que les noms. Ce sont ceux qu'il appelle Tyronia , Primno, PsAMATHE, Idvià, Acerina, Enarthrus et Cymodocea; ce dernier ne devant pas être confondu avec le genre Cymodocée de M. I.each.

Le genre GoNOTUs du même naturaliste (Précis de Découv. somiol., page 26) est caractérisé par un corps linéaire plat, à dos caréné ; quatorze jambes; quatre antennes, dont deux plus longues que les autres , formées de quatie articles jA-incipaux et de plusieurs courts ; une queue articulée, sans appendices, etc. Ilmeparoît compienàve noire S/enosoma hecticuni, dans l'espèce de Sicile nommée Gonotus piridis , laquelle est verdàlre et a la queue de la longueur des antennes , plate et lunulée.

Son g;>nre LiRCEUS , publié dans les Annals of Nature ^ n." i, eit américain el d'eau douce. Ses caractères sont les suivans : Quatre antennes , dont les deux supérieures seulement sont très-longues, formées de quatre grands articles qui augmentent en dimension vers le haut, et de plusieurs autres petits terminaux ; les deu;c inférieures plus courtes que la tète ; tète arrondie; yeux ronds latéraux; pattes pourvues d'un ongle terminal; corps pinnatifide, tormé de sept segmens, sans écailles latérales; queue grande, arrondie, utriculée en dessous avec des appendices cachés. Le Lirceus fontinalis est un animal voisin des aselles,long d'un quart de pouce , à dos convexe, à queue semi-trilobée, dont la couleur est noirâtre, et qui vit dans les sources aux environs de Lexington, aux Etats-Unis.

Le genre Ergyne de M. Risso ne nous est connu que, par la descrip. tion et la figure qu'il donne de la seule espèce qu'il y place. Il est aplati; sa tète est distincte , pourvue de deux yeux et de quatre antennes longues, ramifiées el plumcuses ; son corps est ovale, formé de cinq segmens; ses pattes, au nombre de six de chaque coté, sont composées d'articles courts et terminées par des aiguillons hès-crochus. ~-

jaS CAR ACIER ES DES PŒCILOPES,

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