‹ Considérations générales sur la classe des crustacésChapitre 26 sur 50 · SOUS-CLASSE SECOJ^DE · texte numérisé non relu

SOUS-CLASSE SECOJ^DE

EINTOMOSTRACÉS- {EyroMosmACi).

Bouche tantôt en forme de bec, tantôt composée de mandibules sans palpes , ou avec des palpes (i) et de deux paires de mâchoires en feuillets auxquelles sont quelquefois annexées les branchies; corps ordinairement recouvert d' un tct corné , souvent membraneux , tantôt en forme de bouclier supérieur, tantôt divisé en valves latérales; tète rarement distincte du tronc;jeux ordinairement sessiles; pieds garnis d'appendices branchiaux , dejpetits feuillets , ou de cils propres à la natation; organes sexuels placés à l'extrémité postérieure de lapoitrine , ou à Vorigine de la queue; une métamorphose incomplète ; des mues nombreuses, etc. (Ordre des CRUsiAeÉs branchiopodes. Latr.)

ORDRE SIXIÈME. PŒCILOPES. PcTcHopoda. Lalr. Tète confondue avec le tronc ; un tèt ou la partie antérieure du

\! Ergyne cervicornis a trois lignes et demie de longueur; son corps est lisse, d'un beau rouge et bordé de blanc. M. Risso .'a trouvé vivant à la manière desbopyres, attaché sous les branchies du Fortune de Rondelet , et il a vu les plaques superposées dont le ventre de la femelle est recouvert, se dilater pour donner passage à vingt ou trente petits vivans. Dans celte espèce le mâle qui est très — petit reste toujours placé sur la queue de la femelle.

(i) Le genre Cypris , d'après les observations récentes de M.'Slraus, est pourvu de mandibules palpigères, et vraisemblablement celui des Cythérées est dans le même cas. Ces deux genres sont aussi les seuls chez lesquels les pieds servent uniquement à la locomotion, et dont les organes respiratoires consistent en lames hranciiiales annexées aux mâchoires. Sous ces divers rapports, ils s'éloignent beaucoup de la sous-classe où ils sont placés pourse rapprocher decelle des malacostracés. AvecM.Straus nous LU composeronsun ordre particulier sous le nom d'OsTRAPoDES-.

eARACTÈRES PKS PŒCIL0PE3. ^-9

corps enfonnedc bouclier; bouche en bec ou composée d'appendices qu^on ne saurait comparer aux mandibules; antennes courtes et simples, ou nulles; souvent des jeux distincts et sessiles ; pieds antérieurs terminés par un ou deux crochets ou par des pinces , propres à la marche ou à la préhension; les postérieurs destinés à la natation , soit composés ou accompagnés de lames branchiales, soit membraneux et en digitations{i). (Section des Pœcilopes, Latr.)

I/* Division. Bouche en forme de bec; antennes au nombre de quatre; douze pattes dont les deux premières en ventouses, (Famille des Argultdées , Leach. )

GenreCLXVI. ARGULE(^rgu/u5, Muller, Latr., Leach, Lamck., Jurine fils ; Monoculus , Linn.; Binoculus , GeofFr., Latr. , Bosc ; Ozolus, Latr.).

Têt presque membraneux, demi-transparent, déprimé, généralement ovalaire, un peu émarginé de chaque côté antérieurement, couvrant le corps très- amplement , et n'y adhérant qu'en partie; marqué de deux lignes enfoncées qui partent de ses bords antérieurs , et convergent vers son milieu ; tête «on séparée du corps par un cou. Deux yeux apparoissant tant en dessus qu'en dessous , placés en avant, dans l'intervalle qui existe entre les deux lignes enfoncées du têt, distans entre eux, hémisphériques, ayant leur surface composée de peiites facettes ovales et lisses, disposées par zones concentriques au nombre de cinq ou six, dont les plus petites regardent le bord interne de ces yeux. Antennes au nombre de quatre, petites, insérées sur la face inférieure de l'animal, un peu au-dessus des yeux, cylindriques et un peu velues; les supé-

(i)Cet ordre de M. Leach n'est qu'une section i,Ia pieinicre)de l'ordre des branchiopodes pour M. Latreille.

ODO CARACTERES DES l'ŒCILOPES. -^

rieuresou k's plus courtes formées de (rois articles , pourvues à leurbased'un crochet assez gros, terminé par une pointe forte et recourbée qui a vers son origine une petite épine ; Ifs inférieures plus longues, formées de quatre articles dont le premier est pourvu d'une petite dent. Bec placésur la ligne moyenne, et assez en arrière des yeux , entre les pieds de lu seconde paire , dirigéenavant, de forme conique alongée, renfermant un suçoir très-aigu , et protractile. Pattes au nombre de douze , de formes différentes : celles de la paire antérieure plus longues que l^s autres , terminées par une ventouse ou large disque circulaire , dont le bord a des stries convergentes , et est dentelé : celles de lasecondepaireayantune premiérepièce (ou cuisse) grosse,épineuse, arquée; une deuxième (ou jambe) assez forte, et presque cylindrique ; un tarse formé de trois articles, et terminé par deux crochets et un petit corps saillant : celles des quatre dernières paires presque cylindriques , sans articulations bien distinctes, insérées sur les côtés de l'abdomen , terminées par deux doigts alongés, ciliés sur leurs deux bords, antérieur et postérieur; les deux premières de celles-ci étant pourvues d'un troisième doigt également cilié, mais récurrent, et non dans la direction des autres.

Abdomen cylindrique, pourvu antérieurement de deux petits crochets cornés un peu en arrière de la basq de la trompe. Queue formée par une lame horizontale terminée par deux lobes arrondis au bout, et insérée dans une échancrure postérieure de la grande pièce qui forme le têt. Cœur apparent à travers le corps, formé d'un seul ventricule, et logé dans un tubercule solide, demi-transparent, presque cylindrique, dirigé en arrière et placé derrière la base de la trompe, chassant le sang, qui est composé de globules diaphanes, vers l'avant du têt, dans une seule colonne qui se ramifie, parcourt le corps dans diverses directions, et rtvient par une colonne unique de la partie postérieure du corps au cœur; vaisseaux n'étant pas bien distincts. Organes

CARACTERES DES PŒCILOPF.S. 0 3 1

de la respiration paroissant exister daus les cils des huit pattes postérieures. Canal alimentaire s'étendant depuis la base de la trompe jusqu'à la bifurcation de la queue, où se trouve l'anus; formé d'un œsophage très-court,d'un estomac ovale, donnant naissance dans sa partie antérieure à deux grands appendices rameux qui se portent dans les deux ailes du têt, s'y divisent en deux branches inégales et flexueuses, qui se subdivisent elles-mêmes en une multitude de ramifications dans lesquelles pénètrent les matières alimentaires qui les rendent apparentes, et de couleur bistrée; d'un pylore trèsgros, longet musculeux; d'un cœcum pourvu de deux appendices vermiformes près de son origine ; d'un rectum qui descend en se rétrécissant jusqu'à l'anus. Cerveau paroissant placé derrière lesyeux, dans la ligne médiane du corps, et composé de trois lobes égaux , un antérieur et deux latéraux d'un rouge de rubis, lorsqu'on les observe sous certains aspects. Organes de la génération du mâle semblant résider dans deux vésicules placées chacune vers la face postérieure du premier article des pattes de l'avant-dernière paire; le même sexe présentant à l'extrémité antérieure du premier article des pattes de la dernière paire un crochet qui sert à retenir la femelle dans l'accouplement : organes des femelles consistant en un sac ou une matrice situé dans l'abdomen, au-dessus du canal alimentaire, et s'étendant depuis l'origine de l'estomac jusqu'à la base delà queue, où il se termine par un oviducte très-court, dontl'orifice se trouve placé entre les deux dernières pattes, et est commun avec l'anus.

On ne connoit encore qu'une seule espèce de ce genre , qui s'attache sous le corps des épinoches ou gasterostes , et des têtards de batraciens, au moyen de ses ventouses, et qui suce lesang de ces animaux.

Argule foliack : Avgulus foUaceus . Jurine fils, Ann. Mus. , tom. 7, pag. /,3j , pi. 26; Pou des poissons, Baldner, Manuscrit; Monoculus caudafoliacea plana , Lœ/ling. Act. Soc. Up-

CARAC1EHE3 DES PŒCILOPES.

sal., 1744-1760 , pag. 42 , tab, 1 1 ; Pou de la carpe, Pou du gastéroste , Baker, Micros., tom. 11 , chap, 26 , pi. 14; Monoculusfoliaceus, Linn. , Syst. Nat. , 10/ édit., et Faun. Suec. ; Monoculus piscinus , Syst. Nat. , 12.^ édit.; Gmel. ; Binocle du gastéroste, Hist. des Ins., tom. 2 , pag. 661 ; Argulus Delphinus etArgulus Charon, Mull., Entomostr. , pag. 1 23 ; Monoculus gyrini, Cuv. , tab. élém. de THist. nat. des Anim. , pag, 464 ; Ozolus gasterostei , Latr., Hist. nat. des Crust. etdesinsect.. t. 4, pi. 29 ; Binoculus gasterostei, ej usd., Gen. Crust. etinsect., tom. i , p. 1 4. Il est long de deux lignes et demie au plus : son corps , déprimé etovale dansses contours, est d'un vert jaunâtre clair, demi-transparent. La femelle, toujours plus grande que le mâle, est caractérisée par deux points noirs situés à la base de sa queue , avant sa divisioo en deux lobes.

On trouve particulièrement les argules dans les eaux stagnantes. Ils sont communs dans les bassins de Gentilly près Paris, et dans la rivière de Bièvre. Ces petits crustacés trèsactifs attaquent avec beaucoup de violence les têtards de grenouilles et de crapauds , et causent souvent leur mort. Ils s'attachent également aux gasterostes ou savetiers , petits poissons des eaux stagnantes , etmême sur les parties molles des carpes, des tanches, etc. , en appliquant leurs ventouses, et en enfonçant leur bec pointu dans les chairs de ces animaux, pour en sucer^le sang. On les trouve aussi très-fréquemment libres et nageant avec beaucoup de vitesse au milieu des herbes aquatiques, telles que les lentilles d'eau, les charagnes, les ménianthes, etc. Les mâles sont tres-ardens en amour, et très-souvent il leur arrive de prendre un sexe pour l'autre, Ou de rechercher des femelles pleines ou même mortes.

Dansl'accouplement qui dure quelquefois plusieurs heures , le mâle se place sur le dos de la fcnicllc, t t s'y tient fixé au moyen de ses ventouses.

La durée de la gestation est de treize à dix -neuf jours , après lesquels les femelles fixent leurs œufs ( qui sont unis

CARACTERES DF.S PŒflLOPFS.

cl d'une forme ovale, sur un double rang, et souvent en ligne droite ) sur les pierres ou autres corps durs, au moyen d'un gluten. Ces œufs, au nombre d'un à quatre cents , sont d'un blanc de lait, et souvent placés si près les uns des autres , (Qu'ils en reçoivent une pression qui leur donne en quelque sorte la forme hexagone. Ils éclosent vers le trente-cinquième jour, et le petit qui en sort, lorsqu'il est développé, n'a pas plus de I de ligne de longueur. Sa forme est ovale, alongée, son fjêt ayant peu de largeur, et sa queue est fort grosse. De chaque côté de la partie antérieure de son enveloppe sortent deux longues rames , l'une placée devant, et l'autre derrière l'œil , et toutes deux terminées par des filets longs, égaux, pennés et flexibles (les rames antérieures en ont quatre, et les postérieures trois). Les deux pattes antérieures qui viennent après ces rames, sont fortes, coudées vers leur extrémité, et terminées par un crochet; les autres pattes , au nombre de dix, et surtout celles qui lui servent à nager, sont petites et peu saillantes (i).

Deux jours après, ce petit change sa peau; alors les rames disparoissent , et les pattes postérieures qui servent à nager, apparoissent , mais elles ne sont complètes que plus tard. Il s'opère une autre mue au bout de trois jours, ce qui donne seulement plus de développement aux parties de l'animal. Deux autres jours suffisent pour amener une nouvelle peau, et avec elle les crochets de la seconde paire de pattes et les rudimens des ventouses sur la base des pattes de la première paire. Après un intervalle semblable , l'animal se débarrasse de sa quatrième peau , et la paire de pattes antérieures est toiit-à-fait transformée en ventouses. Les organes de la génération ne sont apparens qu'après la cinquième mue. Ces larves se dépouillent pour la sixième fois, six. jours après , et paroissent

(i; Le MONocums chakok de MuUer n'est que l'argulc fo iacé dam ce état , c'eît-à-dire au sortir de l'œuf.

Car ACTE lUiS DEi

alors sous la forme de l'adulte , sans pour cela qu'elles aient atteint toute leur grosseur, qui augmente du double après plusieurs autres mues qui ont lieu régulièrement tous les six ou sept jours. Lorsque les mâles se sont accouplés , ils perdent la faculté génératrice jusqu'après la mue suivante qui lejil* fournit de nouvelles vésicules séminales, en place de celles dont ils avoient fait usage, et qui s'étoient rompues pour l'épanchement du liquide qu'elles contenoient.

11/ Division. Bouche en forme de bec; antennes au nombre de deux seulement (i). (Famille desCAiTiGiDÉES , Leach.)

Crustacés parasites aquatiques, la plupart marins , adhérant aux branchies et aux aisselles des poissons ; ayant les antennes insérées à l'angle externe de deux lobes sur la face aniérieure de leur têt , et les yeux le plus souvent non apparens.

SuBDinsioN ou Race I. Douze pattes; les six de devant terminées par des crochets ou onguiculées. Extrémité de l^abdomen garnie de deux soies ou tubes ovifères, cylindriques , alongées.

Genre CLXVII. Anthosome (Anthosoma, Leach ; Caligus, Latr. , Lamck., Risso).

Têt arrondi en avant et en arrière. Antennes formées de six articles. Abdomen beaucoup plus étroit que le têt, muni de deux lames foliacées sur le dos, et de six autres sous le ventre; celles-ci tenant lieu des trois dernières paires de pattes. Pattes de la paire antérieure étendues en avant; leur

(i)Les pièces que nous nommerons antennes, d'après M. Leach, sont coasidcrées par M. Latreille, comme étant des palpes ( ou des mandibules), insérés sur une petite lèvre supérieure et terminés en pince.

ongle étant crochu et rencontrant une petite dent située vers le sommet (le l'article qui précède. Pattes de la seconde paire ayant l'ongle comprimé. Le dernier article de la troisième paire très-épais, denté antérieurement, et terminé par un ongle très-fort. Bec inséré derrière les pattes de devant , et uiuni à son extrémité de deux appendices droits et cornés.

AntuosOiME de Smith : AnthQsoma Smilhii , Leach , Dict. Se. Nat. , tom. XIV, pag. 533; ejusd. , Encycl. Brit. Suppl., i, pag. 406 , tab. XX ; Caligus imhricatus , Risso , Crust. , p. 161. Têtetsoiesde la queue d'un blanc teint de couleur dérouille, ou tirant sur le fauve. Ce crustacé que M. Leach considère comme étant de la même espèce que lé calige imbriqué de M. Risso, quoique sa couleur ne tire pas sur le vert, a été trouvé par M. T. Smith , fixé à un squale {Squalus cornuhiensis) sur la côte du Devonshire. Lorsqu'il étoit vivant, ses pattes de devant étoient fermes, élastiques et susceptibles d'extension. Il y avoit sur le milieu de son têt un point noir qui disparut après la mort. Les deux lames ou écailles dorsales, et les six lames ventrales, ou pattes postérieures, étoient parsemées de points demi-transparens. Les filamens de sa queue étoient continuellement en mouvement, comme le sont les antennes des insectes du genre Ichneumon (1).

(i) Ce seroit près des anthosomes qu'il seroit convenable de placer comme formant un genre nouveau, le Caligus productus de Muller,à cause des lames membraneuses dont son abdomen est pourvu, et qui peuvent être conside're'es comme des pieds natatoires; mais cet entomostrace' n'ayant que quatre pattes articule'es et munies de crochets, devroit être placé dans une subdivision particulière, à moins qu'on ne modifie les caractères de celle-ci de la manière suivante : douze pattes ; les quatre ou six de devant terminées par des croc/iets[, ou onguiculées ■ extrémité de Va^domen garnie de deux soies ( ou tuhcs ot'IJèrcs) alongécs et cylindriques.

:ARA(.ÏKIVh.î DKS PŒCil.OI'J.â.

Genre CLXVIII. Dichelestion (Dichelesthium , Hermann fils, I-atr., Lamck., Leach ).

Corps presque cylindrique, plus étroit fposlérieurement qu'antérieurement, formé de sept segmens, dont le premier ou le têt, beaucoup plus grand que les autres, est à peu près rhomboïdal, tronquéen avant et en arrière. Antennesfiliformes, formées de sept articles, dont le dernier est le plus long, couchées obliquement en arriére sur les côtés du têt. Bec placé au milieu du dessous de ce têt entre les pattes de la seconde paire , composé d'un suçoir cylindrique , membraneux, creux, arrondi à l'extrémité, et de six sortes de palpes, dont deux sont gros à la base, biarticulés et bifurques dans leur dernier article, deux grêles triarticulés et deux très-courts, triarticulés. Yeux non distincts. Pieds au nombre de douze; six attachés sous le têt, quatre sous le second article du corps, et deux sous le troisième : premiers pieds (serres frontales, Latr.) dirigés en avant, insérés derrière le bord antérieur du têt, formés de quatre articles, dont le premier est un peu plus long que large, couvert en partie par le têt, à extrémité antérieure oblique ; les deux suivans très-courts , et le dernier ou terminal de forme ovale, pourvu à son extrémité d'un pouce intérieur court, rétréci à sa base, mutique au bout, et d'un doigt muni d'un onglet courbé en bas : pieds de la seconde paire composés d'une cuisse assez alongée et mutique, d'une jambe unidentée en dehors, et terminés par différens crochets divisés en deux masses distinctes: pieds de la troisième paire insérés comme les précédens sous le têt, présentant un article fort renflé (cuisse, Herm.), ventru, ovale , terminé par un crochet aigu et mobile : pieds des quatrième et cinquième paires attachés au second article du corps, formés chacun d'une pièce aplatie, presque orbicu-

CARACTÈRES DES PŒSCrLOPES. 337

iaîre, terminée par deux doigts ovales, dont l'extérieur est le plus grand et muni de plusieurs crochets : sixième paire formée de pieds simples, entiers, rétrécis vers la base, semblables à des pinnules ou palettes de forme ovale, divergentes, immobiles, attachées sous les côtés du troisième article du corps (Hermann pense que ce pourroit être des ovaires). Abdomen formé de six articles, dont le premier est court, transversalement lunule, et prolongé de chaque côté en une papille obtuse; le second aussi court, mais moins large ; le troisième presque carré, divisé par un sillon transversal en deux parties; le quatrième semblable en tout au troisième, mais plus parfaitement carré; le cinquième aussi long que les deux précédens ensemble, cylindrique, plus gros au milieu, rétréci vers les deux extrémités et moins large à la postérieure ; le sixième presque orbiculaire, assez petit, trois fois plus court que le cinquième, rétréci et terminé au bord postérieur par deux appendices ou vésicules ovales, qui n'ont que la moitié de sa longueur.

DiCHELESTioN DE l'esturCeon; Diclielesthium sturonis, Hermann fils, Mém.apt.,pag. 126 , pl.v, fig.7 , 8. Longueurtotale, sept lignes; largeur, une ligne; couleur de chair, avec une ligne brune longitudinale de chaque côté du corps, commençant vers le milieu de la longueur du tôt et traversant tous les segmens, dont le sixième est d'une teinte plus blanche que les autres ; premiers pieds, couleur de chairpàle, recourbés vers l'abdomen lorsque l'animal ne s'en sert pas pour se fixer. Hermann fils a trouvé une douzaine de crustacés de cette espèce sur des esturgeons pris dans le Rhin, à la hauteur de Strasbourg; ils étoient fortement attachés au moyen de leurs deux pieds, et avoient pénétré assez avant dans la peau qui recouvre les arcs osseux des ouïes de ces poissons : lorsqu'ils étoient détachés, ils couroient avec beaucoup de vivacité.

558 C.ARACTKBES DES PŒCILOPES.

Subdivision ou Race II, (Quatorze pattes; les six antérieures onguiculées ; la quatrième ou cinquième paire bijïde; la sixième et la septième ayant les hanahes et les cuisses très-dilatées et réunies par paires.

Genre CLXIX. Cécrops ( Cecrops, Leach, Latr., Lamck. ).

Corps ovalaire déprimé, sans appendices postérieurs en forme de filets cylindriques. Têt coriace, séparé en deux : la portion antérieure en forme de cœur renversé, profondément et largement échancrée en arrière : la postérieure , composée de trois autres pièces à recouvrement l'une sur l'autre, dont l'antérieure est la plus petite, l'intermédiaire moyenne, et la postérieure la plus grande; toutes étant échancrées postérieurement dans leur milieu. Antennes de deux articles, terminées par un seul poil. Abdomen aussi large que le .têt. Pattes de la paire antérieure biarticulées et armées d'un ongle fort et recourbé : trois articles à la seconde paire , plus minces , et dont le dernier est bifide .- la troisième paire plus forte, n'ayant qu'un seul article et un ongle très-fort (ces trois paires de pieds sont des pieds-mâchoires pour M. Latreille): les quatrième et cinquième paires bifides .- hanche et cuisse de la sixième et de la septième paires très-dilatées , lamelliformes et réunies par paires. Bec inséré derrière les pattes antérieures, ayant de chaque côté de sa base un appendice ovale.

La femelle est munie de deux grandes pièces ovales contiguës, d'une substance coriacée, placéessous l'abdomen qu'elles surpassent en longueur, et qui recouvrent ses œufs.

Cécrops de Latreille; Cecrops Latreillii , Leach , Encycl. Brit. , Supp. 1, pi. XX, fig. 1 et 5, mâle-, 2 et 4, femelle-, 5, antennes grossies. Dans le Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle, M. Latreille dit que ce cécrops vit sur les branchies

CARACTERES DES PCECILOPES. Ojf)

lin Thon , et dans le Règne animal, le même naturaliste lui assigne pour résidence celles du Turbot.

SvBDirisioN ou Race III. Quatorze pattes; les six antérieures ortguiculées; toutes les autres bifides.

Genre CLXX. Pandare {Pandarus, Leach ; Caligus., Latr. , Lamck. ).

Corps ovalaire , souvent Irès-alongé, terminé par deux soies alongées et cylindriques. Têt elliptique en avant , tronqué transversalement en arrière. Corps recouvert de trois écailles à recouvrement, transversales, dentelées ou échancrées sur leur bord postérieur. Abdomen à anneaux formés de lames ; queue ovalaire donnant attache aux deux longues soies.

Pandare be Bosc : Pandarus Boscii , Leach, Encycl. Brit., Suppl. 1 , pi. XX, fig. 1 ; ejusd. , Dict. Se. nat. , tom. XIV, pag. 555. Alongé ; couleur d'un jaune pâle et livide ; soies de la queue étant une fois et demie aussi longues que le corps. Il habite les mers de l'Angleterre, et se fixe sur l'Emissole commun.

Pandare bicolOr; Pandarus bicolor, Leach , Encycl. Brit., Suppl. 1 , pi. XX; ejusd., Dict. Se. nat. , toui. XIV, pag. 555. Alongé ; couleur pâle et livide; têt et le milieu des lames de l'abdomen noirs ; soies de la queue deux fois aussi longues que le corps. 11 s'attache au Squale Milandre ordinaire de nos mers.

Pandare du Requin; Pandarus Carchariœ, Leach, Dict. Se. nat., tom. XIV, pag. 535. Ovale, noir; angles postérieurs du têt et soies de la queue d'un jaune pâle et livide ; ces dernières étant un peu plus longues que le corps. 11 vit sur le Requin.

Pandare DE Crancu; Pandarus Cranchii , Leach , Dict. Se. îiat. , tom. XIV, pag. 555. Ovale, noir; angles antérieurs du têt, son pourtour, et deux espaces du dessus de sa partie an-

5/^0 CARACTÈRES DES PŒCILOPES.

térieure , pâles , ainsi que les bords des lames de l'abdomen. Cette espèce a été découverte par M. Cranch (zoologiste de l'expédition pour la recherche de la source de la rivière du Zaïre) , latit. Sud , i ; longit. Est, 4 , à partir du méridien de Londres.

Genre CLXXI. Nogaus ( Nogaus , Leach ).

Deux courtes soies ou tubes ovifères à la queue, portant plusieurs styles à leur extrémité. Les trois premières pièces de l'abdomen ayant les côtés arrondis, tandis que le quatrième et le cinquième les ont terminés en pointe. Têt en forme de fer à cheval.

N0GAU3 DE Latreillb; Nogaus Latreillii , Leach, Dict. Se» nat. , tom. XIV, pag. 536. Couleur pâle sans tache. Découverte par M. Cranch en Afrique, latit. Sud, i; longit. Est, 4, méridien de Londres.

Subdivision ou R^ice IV. (Quatorze -pattes ; les six de devant onguiculées; la cinquième paire bifide, avec les derniers articles garnis de poils en forme de cils.

Genre CLXXII. Calige {Caligus, Muller, Leach , Latr., Lamck.).

Corps déprimé ayant sa partie antérieure recouverte d'un têt membraneux en forme de bouclier, rétréci postérieurement. Abdomen plus étroit , de forme ovale alongée , ou presque carrée, et terminé par deux soies (tubes ovifères ), alongées , cylindriques et simples ; deux petites antennes coniques situées sur le bord antérieur du têt, et dirigées latéralement. Deux yeux distans situés à la base interne des antennes. Un bec obtus placé en dessous du têt, à peu près au quart antérieur de sa longueur.

Calige qw poissons: Caligus piscinus , Latr.; Caligus curtus y Mull. , Entomost. , pag. 180 , n.° 63 , tab. 2 1 , fig. 1 , 2 ; Mo-

CARACTERES DES PŒCILOPES. 34^

noculuspiscinus, Linn., Syst. nat. Long de quatre à cinq lignes, sans compter les filets de la queue, qui ont à peu près la même grandeur. Têt marqué de lignes enfoncées qui figurent la lettre H. Pieds de la première paire courts, simples, terminés par un seul article pointu et arqué, situés aux côtés du bec : ceux de la seconde paire grêles , ayant leur partie terminale ou tarse formée de quatre articles minces cylindriques, dont le dernier supporte deux ongles arqués inégaux : ceux de la troisième paire de moitié plus courts , étant plus robustes et terminés par un tarse à deux articles, dont le dernier supporte deux ongles courts inégaux et arqués en dedans : pieds de la quatrième paire à peu près de la force des précédens, ayant la jambe courte et grosse; le tarse formé de deux articles, dont le premier, plus gros et plus long que le second qui est un peu arqué en dedans , terminé par deux pointes ou rudimens d'ongle, et muni sur sa face interne de trois filets plumeux, parallèles entre eux et recurrens : pieds de la cinquième paire ayant un article basilaire (ou cuisse) , très-court et muni en dedans d'un filet cilié; un second article (ou jambe), deux fois aussi long que large, et un peu comprimé , supportant un tarse bifide, formé de deux branches chacune à trois articles , terminées par des filets plumeux ou ciliés, parallèles entre eux et dirigés en dedans : pieds de la sixième paire membraneux, aplatis, situés sur la tranche qui termine le têt postérieurement et inférieurement , consistant en une seule pièce ovalaire, garnie sur son bord terminal et en dedans de cinq soies plumeuses et parallèles entre elles : pieds de la sixième paire assez longs , insérés à la base du premier anneau de l'abdomen et en dessous, derrière le têt , formés d'une jambe assez forte et un peu renflée dans son milieu, d'un tarse à peu près aussi long et composé de deux pièces assemblées obliquement, de façon que l'inférieure se termine en pointe en dessous, et que la supérieure ou la terminale supporte à son extrémité trois soies roides

342 CARACTÈRES DBS FŒCILOPES.

dont la plus grande est ciliée en dessous. Deux petits crochets sur le milieu de la poitrine entre la base des pattes de la troisième paire et celle des pattes de la quatrième paire. Portion supérieure du têt comprise entre les deux jambages postérieurs de la figure d'H , pouvant être considérée comme une première partie de l'abdomen, de forme hexagonale avec une forte échancrure sur chacun de ses côtés latéro-postérieurs. Abdomen proprement dit plus long que large , et plus large en arrière qu'en avant, légèrement bombé en dessus, donnant attache postérieurement aux deux filets quisont cylindriques et divisés fort également par une multitude de petites lignes transverses. Une queue insérée entre les deux filets à l'extrémité postérieure de l'abdomen, formée d'une petite pièce étroite à sa base, renflée dans son milieu, bifurquée à son extrémité , chacune de ses bifurcations étant terminée par trois soies. Couleur d'un blanc Jaunâtre , avec quelques points ou caractères d'un jaune obscur sur le têt.

Ce Calige vit aux dépens des Morues , des Merlans , des Saumons , etc. Lorsqu'on le détache, ou lorsqu'il veut changer de place, il court rapidement sur ces poissons. On le voit aussi quelquefois nager seul dans le mer avec assez de v tesse. Othon Fabricius dit qu'on le trouve également sur le Flétan , espèce dePleuronecte.

Calige de Muller : Caligus Mulleri, Leach , Encycl. Brit. , Suppl. 1 , pag. 4o5 , pi. 20 ; ejusd. , Dict. Se. nat., tom. XIV, pag. 536. Cette espèce diffère de la précédente en ce qu'elle n'a pas d'appendice bifurqué en forme de queue à la suite de son abdomen. Sa couleur est pâle et sans taches. On l'a trouvée sur la Morue (t).

(0 Nous ne plaçons pas dans ce genre, ni même dans cette subdivision, le Caligus produclus de INIuller. N'ayant que quatre pattes à crochets et c'tant pourvu de prûtes membraneuses abdominaies , il seroit

CARACTERES DES PCECILOPES. 043

Genre CLXXIII. Riscijle (Kisci//us, Leach).

Ce genre que nous ne connoissons pas , paroît très-voisin de celui des Caliges, et n'en différer que parce que les deux soies (ou tubes ovifères) sont terminées par deux styles au Jieu d'être simples.

RiscuLE DE LA MORUE ; Risculus molvcB , Lcach , Dict. Se. nat. , tom. XIV, pag. 636. Sa couleur est livide , tirant sur le jaune, et sans tache. On le trouve sur la Morue (i).

nécessaire de fonder pour lui seul un genre nouveau et une subdivision nouvelle. Nous ne le faisons pas néanmoins, et nous nous l)ornons à marquer la place de cet animal dans une note à la suite du genre Antliosome, dont il se rapproche plus que d'aucun autre.

(i) Ici se termine le série des petits crustacés parasites qu'on a rapportés au genre Calige de MuUer ; mais non pas celle de tous les animaux qu'on pourroit ranger dans cette famille, si, comme il paroit fort probable , les Lernées doivent en faire partie. En effet on trouve dans ces dernières de« rapports d'organisation qui les lient à plusieurs des genres dont nous avons traité, et notamment à celui qui a reçu d'Hermann fils le nom de Dichelestion. M. de Blainville , qui a fait une élude spéciale des Lernées, et qui les a divisées en plusieurs genres nouveaux dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, en avoit formé dès 1816 une classe qu'il rangeoit dans le type des entomozoaires (ou animaux articulés), sous le nom d'Hétéropodes. Plus lard M. Cuvier (Règne animal, tom. IV, pag. 36, note), en décrivant quelques Lernées parmi les vers intestinaux, a également reconnu qu'une multitude de petits animaux placés dans le genre Lernœa, vivant sur les branchies des poissons, ayant le corps articulé, pourvus de membres articulés, et la tête garnie d'antennes, la bouche armée de plusieurs mâchoires, appartenoient à l'ordre de crustacés qui renferme les Caliges de Muller.

Mais les caractères que nous venons d'indiquer n'existent pas à un même degré de développement dans tous les êtres dont il s'agit; et, entre l'organisation assez compliquée d'un Calige et celle très-simple

344 CARACïkRES DBS PCBCILOPES.

III.* Division. Bouche ayant son ouverture au milieu de cinq paires de pieds , ou de pieds- mâohci; es , terminés en pinces , dont les hanches hérissées de pointes peuvent servir à la mastication; point d'antennes ; têt en bouclier formé de deux pièces , et terminé par une longue queue ensiforme; organes de la respiration placéi sous la seconde pièce du tét, (Famille des Limulidées, Leach.)

Genre CLXXIV. Limdle ( Limulus , Mull. , Fabr. , Latr. , Leach ; Monoculus, Linn. ; Xiphosura,etXiphotheca,GToaov,; Poljphernus, Lamck.; Cancer, Clusius ).

Têt corné, mince et creux, composé de deux pièces : l'une

d'une Lernée proprement dite , on trouve des de'gradalions tellement nuancées, qu'on ne sauroit indiquer où devroit être place'e la ligne de se'paratioD des animaux de'rivant de ces deux types. Il devient donc absolument ne'cessaire de les laisser re'unis. Mais ou les placer? Eu fomierat-on une classe particulière , comme l'a fait M. de Lamarck, sous le nom d'Epizoaires? En placera-t-on, avec M. Cuvier, partie dans la classe des crustace's, et partie dans celle des vers intestinaux? Ou bien , reconnoissant que les Caliges sont de ve'ritables crustace's, rangera-t-on à leur suite les Lernées qui ne peuvent en élre se'pare'es?

N'ayant pas encore pris de détermination bien arrêtée à cet égard , quoique la dernière me paroisse préférable aux autres , tout en introduisant dans la classe des crustacés quelques espèces qui ne montrent évidemment aucun des caractères qui la distinguent, je pense qu'il est utile de rapporter ici un court extrait du travail de M. de Blainville , afin de compléter dans ce point l'exposé des connoissances acquises relatives aux crustacés, ou tout au moins, aux animaux qui s'en rapprochent le plus.

Les Lerneïdes ou Lernées considérées comme formant une famille , ont le corps symétrique , mais de forme variable. En général , leur peau est molle , mais dans certaines espèces elle est au moins, dans quelques points, dure et cartilagineuse. Leur corps est souvent divisé dahs sa longueur par un étranglement en deux parties, dont l'une réunit la

CARACTÈRES DES PCECILOPES. 54^

antérieure, en forme de bouclier à trois carènes, arrondi en avant et sur les côtés | profondément échancré en arrière;

téle et le thorax, et l'autre forme l'abdomen. Quelquefois aussi la première de ces parties pre'sente une trace de division de sa portion antérieure, sous forme de renflement cephalique. L'abdomen variable dans ses formes, mais ordinairement assez gros et mou, est fre'quemment terminé par deux prolongemensappendiculaires, comparables aux filamens abdominaux desCaliges, mais tantôt filiformes, tantôtclaviformes, ou en masses, et renfermant toujours des corpuscules ronds qui sont des OËufs. Quelques espèces sont pourvues d'yeux lisses, sessiles, ou de stemraates. Leur bouche est constamment pourvue d'une ou deux paires de crochets mobiles et convergens. Les membres ou rudimens de patles attachés au thorax sont peu nombreux ou nuls. Le canal intestinal est complet et se rend de la bouche, qui est placée sous la partie antérieure de la première portion du corps , et qui est accompagnée de deux crochets cornés, à l'anus situé dans un tubercule ou mamelon placé à l'arrière de l'abdomen, dîms la ligne médiane. Le système circulatoire existe chez ces animaux, bien qu'il n'ait pas été décrit, et la respiration paroit avoir pour organes les subappendices de la peai/. Il y a lieu de présumer que ces animaux sont hermaphrodites, quoique l'on ait observé quelques individus dépourvus de sacs ou de fslanicns oviftres, qu'on pourroit prendre pour des mâles, tandis que l'on considéreroit comme femelles^ tous ceux qui en portent. Leur système nerveux est inconnu; mais il doit exister dès qu'il y a des muscles distincts , et sa place ne peut être qu'à la partie inférieure du corps. Enfin , d'après des observations de M. le docteur Surriray du Havre , rapportées par M. de Blainville, il paroîtroit que les Lernées seroient sujettes à des métamorphoses, et que jeunes elles différeroient beaucoup des adultes , en se rapprochant par leurs formes des têtards d'entomostracés.

On n'a encore trouvé ces animaux que sur les poissons de mer et d'eau douce, attachés et souvent implantés fortement à la peau des membranes des ouïes., des lèvres, du bord des yeux, des aisselles des nageoires ou sous les écailles auxquelles elles adhèrent par différentes parties de leur corps, et surtout par celles qui sont de consistance cornée.

346 CARACTÈRES DES l'ŒCILOFES.

la seconde trapézoïdale et placée à la suite et dans l'écharicrure postérieure de la première, dentelée et garnie d'é-

Les genres que M. de Blainville admet sont les suivans, en commençant par ceux qui ont le moins de rapports avec les caiiges, et en finissant par ceux qui en ont le plus.

LirnÉocère; Lerneocera, VA. Corps plus ou moins alongé, renflé dans son milieu, droit ou contourne', couvert d'une peau lisse, et presque corné antérieurement; terminé en avant à la suite d'un long cou par un renflement céphalique bien distinct, armé de trois cornes immobiles, branciiues à l'extrémité. Trois petits yeux lisses à la partie antérieure de la tête. Bouche inférieure , en suçoir. Aucune trace d'appendice au corps. — i. L. branchiale, Z. branchiaiis {Lernea branchialis , Linn., Gmel.). De la grosseur d'une plume d'oie; corps arqué; filamens ovifères, irès-longs, entortillés, insérés ^ux trois quarts de la longueur du corps. Vit sur les gades, au Groenland, où elle est mangée par les habitans. — 2. L. cyclopterine, Z. cyclopterina[^Lernea cyclopterina , MuUer). Ne différant de la précédente que parce que son cou fdlforme se recourbe en haut, qu'elle a deux orifices tubuleux à l'extrémité du museau en dessus , et que son anus est accompagné de chaque côté de deux lobes convexes. Du Groenland, où elle vit sur les brancliies du cTjcloptère épineux. — 3. L. de Surrirajf, Z. Surrirensis , Bl. Corps droit, presque cylindrique; un cou distinct; trois cornes simples au renflement céphalique; bouche pourvue de trois dents disposées en triangle; filets ovifères cylindriques, droits, naissant près de l'extrcmité de l'abdomen. Des œufs de celte espèce sortent de pelits animaux semblables à des monocles, pourvus de six pattes larges et marqués de trois taches obscures sur le dos. — 4- L. des Cyprins, Z. cypr'inacea ( Lernea cyprinacea, Linn., Faun. Suec. ). Corps presque cylindrique, droit; renflement céphalique, pourvu de trois cornes molles en croissant; abdomen claviforme, avec trois tubercules dont un plus grand; sars Ovifères non observés. Trouvé en Suède sur le Cyprlnus Carassus.

LernÉopenne; Lerneopenna, Bl. Corps alongé, cylindrique, terminé par un renflement céphalique circulaire , tronqué, garni dans sa circonférence d'un grand nombre de mamelons, et pourvu d'uno paire de cornes courtes et obliques en arriére. Abdomen pointu, garni de fdels coniques, creux, disposés sur deux rangs en barbes de

CARACTÈRES DES PŒCILOPES. ^47

piaes mobiles sur ses bords latéraux , échancrée en arrière pour recevoir une longue queue mince , droite et ensiforme.

plumes et en avant de ceux-ci de deux filamens très-fins et longs qui sont probablement des tubes ovifères. — i. L. de Boccone, Z. Bocconica {Hirudo, Boccone, Observ. nat., pag. 286, et Trans. Philos,; Pennatula, I.amart. , Voy. de LapeyrousCj tom. 4> pl- 20; Encycl., pi. 78, fîg. 5; Chamisso et Eysenhardt, ISov. Act. Cur. nat., tom. 10, pl. 24, fig. 3). Tentacules ou mamelons de la bouche courts selon Lamartinière , ou n'existant pas selon MM. de Chamisso et Eysenhardt. De l'entre'e de Nootka , sur un Diodon. — 2. L. d'Holten , Z. Holteni {Lernea Exoceti , Holten , Act. Dan. 1802). Point de tentacules à la tète, dont les cirres sont plus longs que dans l'espèce pre'cedente. — 3. L. Flèche, Z. Sagilta {PennatulaSagitta, I,inn., Ellis, Esper, Lamck.). Corps filiforme, long d'un pouce, à peu près cylindrique, coriace, terminé postérieurement par une double série de seize plumyles presque égales, renflées et percées à leur extrémité. Sur une Lophie, dans la mer de la Chine. Cette espèce paroît avoir été retrouvée par M. Dekai , sur les côtes des Etats-Unis, et vivant sur le Diodon pUosus de Mitchill.

Lernée , Lernea , Linn. Bl. Corps peu alongé , subcylindrique ou déprimé , sans traces de division ou de rudimens de membres ou d'appendices sur les côtés. Un renflement céphalique plus ou moinsdisliuct ; bouche inférieure, pourvue d'une paire de crochets. Abdomen terminé par deux sacs ovifères plus ou moins prolongés. — i. L. en massue, L. clavata. (Z. clm'ata, Mull. , Encycl., pl. 78, fig. 4)- Corps cylindrique terminé en avant par une sorte de rostre crochu , ayant en dessous une bouche à trois plis ; sacs ovifères cylindriques, aussi longs que le corps. Sur la perche de Norwège. — 2. Ij. de Baster, Z. Basieri (Baster, Opusc. Subs. 2, pl. 8, fig. 11 ). Corps blanc séparé en deux par un étranglement; abdomen beaucoup plus gros, ovale; renflement céphaliqueglobuleux; bouche inférieure , pourvued'une double paire de crochets; sacs ovifères non observés. — 3. L. cyclophore, Z. cyclophora , Bl. Corps fusiforme , ayant en avant un renflement discoïde qui porte la bouche dans son milieu; filamens ovifères, longs et cylindriques. Du Congo.

I.ERNÉOHIZE, Lerneomizon , Bl. Corps ovoïde ou déprimé, ayant une sorte de céphalothorax en forme de cou, étroit j cylindrique, ter-

348 CARACTÈRES DES PCECILOPES.

Face inférieure de ce têt creusée en bassin, et supportanî les membres , qui n'en dépassent pas les bords. Deux yeux

miné antérieurement par une bouche bilablée , pourvue de mandibules en crochet, et d'une lèvre inférieure. Une ventouse plus ou moins protractile à la racine inférieure de l'abdomen. Deux sacs ovifères peu alongés. — i. L. à crochet, L. uncinata {^Lcrnea uncinata ^ Mulîer, Encycl., pi. 78, fig. 7). Corps oblong, subdéprimé , mou, blanchâtre, avec un sillon longitudinal sur le milieu du dos, et deux latéraux se réunissant sous le ventre; bouche terminale et bifide ; ventouse abdominale très-peu saillante; ovaires claviformes. Vit sur plusieurs Gades des mers du Nord. — 2. L. des nageoires , L. pinnarum ( Lernea , J. C. , Fabr., Itin. Nor».). Corps déprimé, charnu, arrondi; dos? canaliculé; un appendice médian à sa partie antérieure, pouvant se loger dans ce canal; tète cylindrique, terminée par un rostre, avec deux tentacules linéaires, bibdes à l'axtrémité; sacs ovifères alongés, cylindriques. — 3. L. pyriforme , L. pyr'iformis , Bl. Abdomen renflé, pyriforme, terminé en avant par un suçoir conique, fort saillant, à la racine du céphalothorax qui est arqué, cylindrique et recouvert en avant d'une sorte de plaque ovale, écailleuse; lèvre supérieure longue et pourvue de mandibules cornées ; l'inférieure plus courte et munie d'une paire de palpes; tubercule anal très- saillant. — 4- ^* ^^ Pernetty, Z. Pernettiana, Bl. (Pernelty, Voy. , t. i,tab. i, fig. 5-6. ). Corps cylindrique, terminé en arrière par une paire de longs appendices accompagnant les sacs ovifères; deux paires d'appendices au milieu du corps, dont l'inférieure, beaucoup plus grosse, sert à attacher l'animal; deux points noirs (yeux, selon Pernetty) au-dessus de la bouche. — 5. L.alongée, L. elongaia ,B\. Corps cylindrique , alongé ; tète peu renflée ; deux mandibules en crochets mobiles sur la lèvre supérieure ; deux palpes sur l'inférieure; sacs ovifères cylindriques, fort gros, accompagnés d'un faisceau de deux paires d'appendices inégaux, mous, flexibles et d'une pièce médiane supérieure , plus courte. Trouvée au Havre sur le Cheilodiptère aigle.

LernentûME, Lernenloma , Bl.; Entomoda , Lamck. Corps en général carré, subdéprimé, avec des espèces de bras ou d'appendices d«» forme variable et inarticulés de chaque côté. Tête plus ou moins distincte, pourvue de cornes et de crochets à la bouche. Sacs ovilères

GAHACTÈHES DES PtBCILOPES. 3f^q

composés, assez grands, situés chacun sur la partie supérieure et un peu latérale de la première pièce du têt , adossés

souvent claviformes. — i . L. rayonnée , Z. radiata , Bl. ( Lernea radiata , Muller, Zool. Dan.,tab.38, fig. 4)- Corps carré, déprimé, convexe, garni d'espèces de plaques dures en dessus, concave en dessous j trois paires de bras dont un à chaque angle, et deux en dessous; tête armée de deux paires de cornes molles ; des crochets à la bouche. Trouvée sur le Coryphana rupestris. — 2. L. gobienne , L. gobina ^ Bl. {Lernea go- /5i/?fl, Mull., Zool. Dan,, tab.33, fig. 3; Encjcl., pi. 78, fig. 8). Corps déprimé, rhomboïdal , ayant à chaque angle une sorte de bras noueux et coudé à l'extrémité; tète très-distincte avec une paire de cornes arquées en dedans; bouche à trois lèvres; ovaires claviformes et enlorlillés. Des mers du Nord. — 3. L. noueuse, L. nodosa, Bl. {Lernea nodosa , Mull.jZool. Dan., lab. 33, fig. 5). Presque carrée, convexe en dessus, concave en dessous, avec cinq dénis de chaque côté, dont la première se prolonge en dessous, et forme un bras court; tète assez distincte avec deux tubercules de chaque côté; ovaires claviformes; bouche armée de crochets. Elle vit fixée sur les lèvres de la Perche de Norwège. — 4- !'• aselHne , L. aseUina , Bl. {Lernea ase///na, Linn. , lier W'estrog., tab. |3, fig. 4)' Thorax déprimé, cordiforme, séparé de l'abdomen qui est semi-lunaire ; tête à l'extrémité d'une espèce de cou , et pourvue d'une paire d'appendices obtus; une autre paire en dessous à la racine de l'abdomen; ovaires courts, claviformes. Trouvée sur des Gades de la mer du Nord. — 5. L. du Trigle, L. Tr'iglœ y Bl. Abdomen aplati, carré, surtout en avant, convexe en dessus, concave en dessous, bordé antérieurement d'une paire d'appendices transversaux, digilés, et sur les côtés de quatre dents dont la postérieure est la plus longue ; tête élargie transversalement et portée sur un cou long et cylindrique; sacs ovifères cylindriques et médiocres; deux paires de crochets très-petits à la bouche. — 6. L. cornue, Z. cornula, Bl. {Lernea cornuta , Mull., Zool. Dan., tab. 33, fig. 6; Encycl., pi. 78, fig. i). Corps oblong; thorax avec deux paires d'appendices droits et bifides à l'extrémité; tète subovale et pourvue de trois coines dont une frontale ; deux crochets à la bouche ; sacs ovifères cylindriques et arqués. Trouvée sur les branchies des Pleuronecies Platessa et llnguatula. — 7. L. de Dufiesne , Z. Dufrenii y Bl. Corps|blanc, mou , assez alongé , comme formé de quatre

55o CARACTÈRES BES PCBCILOPES.

aux carènes latérales de cette pièce. Un chaperon trian'^U' laire formé par la continuation du rebord inférieur du pre-

divisions, ayant chacune une paire d'appendices rudimentaires ou de bras; les antérieurs et inférieurs doubles; tète distincte, à quatre petites cornes; bouche intérieure, ronde, armée de crochets; ovaUesiort longs , cylindriques et entortillés. Cette Lernée qui a quelques rapports avec les espèces du genre voisin, semble n'être formée que d'une peau molle, remplie d'un tissu comme hépatique. Ses œufs sont ronds et excessivement nombreux.

hEKH ACAUTaE : Lernaca/j/Aus , Bl. ; Chondracanthus , Delaroche. Corps gros, court, assez déprimé, pourvu de chaque côté d'appendices rudimentaires, aplatis, digités et cartdagineux. Tète séparée du thorax par un sillon , et portant de chaque côté un rudiment d'antenne. Bouche inférieure, accompagnée d'une paire de mâchoires ou de palpes. Sacs ovifères courts, gros et aplatis. — i. L. de Delaroche, L. DelarochianayVtX. {Chondracanthus Thynni, Delaroclie , Nouv. Bull. Soc. phil.). Corps formé de quatre zones, hérissées de tubercules cornés, pointus, en dessus, et pourvues en dessous d'appendices aussi cornés d'autant plus larges et digités qu'ils sont plus postérieurs. Trouvée sur les branchies du Thon de la Méditerranée, et sur d'autres poissons auxquels elle est adhérente seulement par les crochets de la bouche.

Lernéopode, Lerneopoda, BI. Corps lisse assez alongé, divisé en abdomen ovale et en céphalothorax aplati et couvert d'un bouclier crustacé , accompagnant la bouche. Deux paires de pieds articulés, subonguiculés sous le thorax. Sacs ovifères courts et subcylindriques. — I. L. de Brongniart, L. Brongniartli ^ Bl, Des deux paires de pieds, l'antérieure étant la plus courte et formée de deux arliculations; la postérieure beaucoup plus longue, grêle, cylindrique, av«c un crochet terminal. — 2. L. du Saumon , L. salmonea , Bl. Mayor, Nouv. Bull. Soc. phil. fév. 1824- Une tête distincte, munie de deux antennes composées de deux articles sétacés ; bouche pourvue de deux lèvres horizontales dont la supérieure est armée de chaque côté de deux crochets mobiles durs , et l'inférieure conique; thorax plus large que la tête , et ayant près de l'étranglement qui le sépare de cette partie, deux petites pattes triarticulées , et plus bas, deux appendices linéaires cylindriques, assez longs, et réunis à leur sommet pour former un cylindre unique dont l'extrémité

CARACTÈRES DES PŒCILOPES. 35 I

mier bouclier du têt. Bouche à peu près située au-dessous du bord postérieur de ce bouclier, longitudinale, et en-

est terminée par un cartilage orbiculaire en forme de disque; une éminence transversale entre eux; abdomen ovale, assez large et convexe , avec un sillon orbiculaire en dessus et deux sillons longitudinaux en dessous ; ovaires droits et longs. Se trouve sur les brancbies du Salmo carpionis e\ sur celles de quelques autres poissons. ]\T. ]\Iayor , l'un des administrateurs du Muse'e de Genève , l'a trouvée aussi sur toutes les nageoires de l'Umble chevalier ( Salmo Umbla ) , poisson Irèscommundans le lac de Genève ; et c'est d'après la description qu'il en a communiquée récemment à la Société philomathique de Paris, que nous avons ajouté à celle que M. de Blainville avoit donnée de sa LernéopodeduSaumon. — S.L.éloiiéc, L. stellata^ Mayor, Nouv. Bull. Soc. phil. févr. 1824. Long de sept lignes ; tête portant deux antennes à sa partie supérieure ; bouche armée de deux mandibules ou palpes terminés chacun par deux petits appendices sétacés; lèvre inférieure en forme de tubercule conique; thorax pourvu de deux longs bras qui se réunissent en un tube corné, terminé par un disque étoile à cinq rayons, dont la surface inférieure est finement chagrinée; abdomen ovale alongé , marqué sur le dos de deux sillons longitudinaux, dans lesquels on remarque quatre ou cinq points enfoncés vers la partie postérieure; sacs ovifères, cylindriques, aussi longs que le corps, transparens, renfermant de petits corps ovoïdes jaunes, placés sur cinq rangées. Trouvée enNorwège, fixée par son disque étoile sur les nageoires d'un Esturgeon Sterlet.

Lernanthrope , LcrnanlhropuSy Bl. Corps ovale assez pen alongé, divisé en deux parties ; un bouclier céphalothoracique , et un abdomen prolongé en arrière par une large écaille, débordant l'extrémité du tronc. Deux très-forts crochets verticaux sous le front. Trois paires de très-petits appendices crochus et transverses sous le thorax proprement dit. Une paire de bras simples, renflés, et une seconde bifide et comme branchiale sous l'abdomen. Sacs ovifères longs et cylindriques. — I . L. Mouche, L. Musca. BI. De couleur blanche-jaunàlre , si ce n'est l'extrémité des crochets qui est brune , et un globule saillant d'un beau noir, de chaque côté de la pointe de l'abdomen. Trouvé implanté dans la peau d'un petit Diodon de Manille,

352 CARACTÈRES DES PŒCILOPES.

tourée d'appendices ou de membres qui ont reçu de divers naturalistes des noms très-variés, savoir-. i.° deux petites pinces antérieures formées de trois articles, un baséal et deux autres composant la main , le plus petit de ceux-ci étant le doigt mobile ou le pouce ( mandibules , Fabr. , Latr. ; palpes de la lèvre supérieure, Cuv. ; mandibules succédanées , Savigny). 2.° Huit appendices situés quatre de chaque côté, rapprochés par paires à leur base , mais avec l'ouverture buccale entre eux, ayant la forme de pattes linéaires, composées chez les femelles de six pièces, dont la première ou la hanche est épineuse, mobile latéralement, et sert de mâchoire, et dont les deux dernières composent ensemble une main à doigts coniques et opposables; ces appendices grandissant graduellement par paires depuis la première jusques et com-

Après avoir ainsi classé les espèces de Lernées qu'il a pu examiner ou qui ont été' le mieux figurées et décrites par les auteurs, M. de Blain- -ville fait femarquer que le genre de Caligides qui se rapproche le plus du dernier ou Lernanthrope , est le genre Dichelestion , et qu'ensuite on passe par une gradation insensible aux Anlhosomes, aux Cécrops, aux Caliges, parmi lesquels se trouve le Lcrnea pectoralïs (qui nous paroît surtout très-voisio du Caligus curtus de Muller). Des Caliges, on arrive aux Argules, et de ceux-ci aux Apus et autres Branchiopodes.

Les espèces qu'il n'a pas comprises dans sa monographie, sont notamment les Lernea Huchonis, Schrank, lier Bavar. , t. 2 ( A-D) , dont le corps est cartilagineux, noueux, et qui est pourvu de deux tentacules; Z. Lot a y Hermann (Naturf, ig, t. 2, fig. 6), qui a deux petits crochets à la bouche et quatre ovaires inégaux; Z. adunca, Strom. (Sondern., i,t.ï,f. 7, 8), qui a le corps ovale, et dont la corne du rostre descend en arrière. Cette dernière espèce vivant sur le Gadus Callarius.

Enfin il ne s'est pas déterminé à admettre le genre Axine d'Ocken , fondé sur une espèce qui vit attachée à l'Orphie, y/. Bcllone , et caractérisée par un corps cylindrique , terminé en arrière par un élargissement cutané , bordé d'un double rang de nœuds; par deux nodositésà la bouche, et par sa longueur qui est d'un demi-pouce.

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