‹ Considérations générales sur la classe des crustacésChapitre 27 sur 50 · CARACTÈRES DES PŒCIL0PB · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DES PŒCIL0PB

pris la quatrième : les antérieurs formés seulement de cinq pièces chez les mâles , parce que ceux-ci ont la main remplacée par un seul article pointu ( maxillœ interiores , maxillœ exle- TÎores quarto:, tertiœ et secundœ, Fabr. ; première , deuxième, troisième et quatrième paires depattes , Latr. ; première, deuxième , troisième et quatrième paires de mâchoires et depalpes , Cuv.: première , deuxième, troisième et quatrième mâchoires succédanées , ou première, deuxième, troisième et quatrième paires de pattes avibulatoires, Savigny). 3.° Une dernière paire d'appendices différant des précédens, en ce que leur premier article , très-agrandi, supporte , outre le second article et lessuivans,une petite division extérieure en forme de languette, et en ce que le cinquième article supporte à son extrémité d'abord unfaisceau de quatre petites lames droites, alongées, pointues et rapprochées entre elles, et de plus un article représentant le tarse au bout duquel sont deux petits doigts mobiles, en demi-cônes alon'és, dont la face plane est interne ( cinquième paire de pattes, Latr. ; cinquième paire de mâchoires , Cuv. ; cinquièmes mâcJioires succédanées , ou cinquièmes pattes ambulatoires , Savi^^ny). 4.° Une pièce plate, ovalaire , échancrée en av^nt et en arrière, épineuse à sa surface, située en arriére de la bouche [maxillœ exteriores primœ, Fabr.; pièces maxilliformes , Latr. , Gen. Crust. ; lèvre inférieure , Cuv. et Latr. , Dicl. d'Hist. nat. ; sixièmes mâchoires succédanées, Savigny j. Les deux petites pinces antérieures étant insérées sur un labre qui termine la bouche antérieurement. Des pattes natatoires, semblables à des feuillets trèi-minces , coriaces, ciliées en arrière au nombre de douze, disposées par paires sous la seconde pièce du têt, avec les branchies ; celles de la première paire étant entièrementsoudées l'une à l'autre, et formant un feuillet en demicercle , qui recouvre les feuillets suivaus , et qui a vers sa base les organes sexuels. Branchies disposées sur la face postérieure des pieds natatoires, sous forme de fibres très-nombreuses, très-serrées, etappliquéesprcsquecoaGeutriqiiemiMK,

354 CA^ACTÈnEi des PŒcir.orEs.

Anus placé à la base de la queue, ou longue pointe solide qui termine le corps. Cœur en forme de gros vaisseau, placé le long du dos. Un estomac épais dont la membrane interne est hérissée de tubercules. Deux vaisseaux hépatiques versant dans l'intestin. Cavité comprise entre les deux lames supérieure et inférieure du têt, servant à loger les ovaires des femelles et les testicules des mâles.

Les espèces de ce genre, souvent fort grandes, puisqu'elles acquièrent jusqu'à deux pieds de longueur, n'ont encore été observées que dans les régions chaudes de l'Inde et de l'Amérique et prés des côtes. Ce sont des animaux très-lents dans leurs mouvemens, qui ne viennent guère à terre que le soir, et seulement dans les lieux où la plage est sablonneuse. Lorsqu'ils marchent, ils parcourent une ligne droite, et l'on ne voit sortir aucun de leurs membres hors des bords du têt; les femelles, qui sont plus grosses que les mâles, les portent souventsurleur dos.Dansles divers paysoù ces crustacés existent, ils sont généralement regardés comme malfaisans, et comme pouvant blesser dangereusement avec la pointe assez aiguë, qui termine leur corps, et qui est quelquefois barbelléesur ses bords; mais il y a lieu de croire que cette opinion n'est point fondée. Quelques sauvages mangent la chair de ces animaux, et d'autres emploient le stylet qui termine leur corps, pour en faire des armures de flèches.

Ces crustacés, communs dans les cabinets d'histoire naturelle et de curiosités, sont vulgairement désignés par les noms de Crabes des Moluques , et de Cancer perversus.

LimulePolyphkme : Limulus Poljphemus , Fabr. , Latr. , Dictd'Hist. nat. ; Limulus Cjclops, junior, Fab.; Limules Cjclope , Polyphéme etblanc, Latr.; Limulus americanus , Leach, Dict. Se. nat., t. 14 , pag. SSy. Trois épines sur l'arête du milieu de chacune des deuxpièces du têt; extrémité de la dernière de cellesci , ayant une échancrure simple ; queue triangulaire, dentée en dessus; couleur blanche jaunâtre dans les jeunes individus- et

CARACTERES DES PŒCILOPES. .1D3

d'un bruu noirâtre dans les vieux. Le mâle ayant les pinces des deux pieds antérieurs renflées et terminées par un seul doigt. On le trouve communément sur les côtes orientales de l'Amérique , depuis New-Yorck jusque dans le golfe du Mexique.

M. Latreille rapporte aussi à cette espèce le Limule de Sowerby , Limulus Soiverbii de M. Leach (Zool. Miscell., tom, 2 , lab. 84, etDict. Se. nat., tom. XIV, pag. ôôy) , caractérisé seulement par ces mots : Queue triangulaire dentelée en dessus ; échancrure terminale de la seconde pièce du têt pourvue d'une dent. Patrie inconnue.

LiMULEDEsMoLUQUES:Lim//iu5 moluccanus , Latr., Dict. d'Hist. nat. ; Cancer moluccanus , Clusîus , Exot. , pag. 1 28; Schaeffer, Monogr. , tab. 7, fig. 4-6. Acquérant jusqu'à deux pieds de longueur; point d'épines sur l'arête du milieu de la première pièce du têt , laquelle se termine en avant par une petite élévation fourchue; évihancrure postérieure de la seconde pièce sensiblement dentelée ; queue plus courte que celle de l'espèce précédente, triangulaire avec sa carène supérieure, armée, dans une grande partie de sa longueur, de dentelures nombreuses et en scie. Les Japonois l'appellent Kabutogani ou Vrihia. Il est commun aux Moluques.

Ne seroit-ce pas à cette espèce qu'il faudroit rapporter le Limule à trois dents, Limulus tridentatus de Leach, Dict. Se. nat., tom. XIV, pag. ôoy , lequel est caractérisé par sa queue triangulaire serrulée , et par les trois dents qui sont placées dansl'échancrure terminale de la dernière pièce du têt? Patrie inconnue.

Limule a queue ronde ; Limulus rotundicauda, Latr., Dict. Se. nat. De petites épines sur la carène moyenne de la première pièce du têt, mais point d'élévation dans son milieu; point d'épines sur la seconde pièce; deux doigts terminaux alongés à tous les pieds (sans doute dans les femelles) ; queuf plus courte que le corps, arrondie en dessus et sur les côtés

35S CARACTÈRES DE3 PŒCtl.OPES.

coultur grise verdàtre foncée avec des poiiils et des taches noirâtres. Des Indes orientales.

LiMOLE VERDATRE; Lîmulus virescens , Latr. , Dict. d'Hist. nat. Très-voisin du Lirnule des Moluques 5 sans épines sur les arêtes du têt, d'un brun verdàtre; les deux pinces antérieures renflées , terminées par un seul doigt et gibbeuses en dessous (vraisemblablement dans le mâle).

LiMULE DE Macleay ; Limulus Macleaii , Leach , Dict. Se, nat., tom.XIV, pag. ôSy. Queue triangulaire sans dentelures; une dent placée dans l'échancrure de l'extrémité postérieure du têt. Patrie inconnue.

LiMULEDE La-ïreille , Limulus Latreillii , Leach , Dict. Se. nat., tom. XIV, pag. 537. Queue alongée, triangulaire à sa base, comprimée vers son extrémité, ayant en dessous une rainure ou sillon qui ne se prolonge pas jusqu'au bout; une dent placée dans l'échancrure de l'extrémité de la pièce postérieure du têt. Patrie inconnue.

Genre CLXXV. Tachyplée {Tachypleus , Leach; Limulus, Latr. ; Polyphemus , Lamck. ).

Caractères généraux des Limules. Dernier article des appendices des première et deuxième paires de pattes ambulatoires , étroit à sa base, renQé intérieurement vers son milieu , et se terminant tout à coup en pointe ; deux doigts égaux terminant ceux de la quatrième et de la cinquième paire.

Tachyplée hétérodactyle : Tachjpleus heterodactjdus, Nob.; Limulus heterodactjius , Latr., Dict. Se. nat. Assez semblable, pour les (1) formes de son têt, au Limule Polyphème , et présentant comme lui , trois épines sur la carène mitoyenne ; angles latéraux et postérieurs de la première pièce plus aigus

(1) C'est à l'ordre de pœcilopes que je crois pouvoir rattacher le genre Diprosia de M. Rafinesque (Pre'cis de De'couv. somiol,, pag. sri),

CARACTÈRES DES PŒCUOPES. SSj

que dans les Liinules ; épines mobiles latérales de la seconde plus grandes, et son échancrure étant plus large; queue pluslongue que le corps ; couleur d'un brun marron sur les individus desséchés, et sans doute verte sur les vivans, ainsi que M.Latreille le présume, d'après un dessin chinois qui représente cetanimal.

bien qu'il soit très-peu clairement décrit, et que son auteur le rapporte à la famille Bopyria de l'ordre des Pseudopîa. Son manteau est déprimé , oblong, fendu sans articulations postérieurement ; sa queue est inférieure , longue et échancrée : il a deux yeux lisses en dessus; sa bouche est inférieure ; son corps es-t étroit et articulé ; ses jambes sont formées de (rois articles , et on en compte six paires; enfin , il y a deux suçoirs en avant de celles-ci. — La Dlprosia çlilafa ,d,^un blanc bleuâtr». rayé longitudinalement de pourpre violet, à dos lisse et convexe, me paroit se rapprocher des Argules , non seulement par l'existence de ses de'.:x suçoirs ou ventouses, mais encore par ses mœurs. Parasite d'un poisson de mer , le Sparus cryt/irinus , elle est aussi transparente que l'Argulc , et l'on aperçoit très-facilement à travers son corps les inomeniens de la circulation.

C'est aussi dans cet ordre qu'il faudia placer, lorsqu'on le connoitra mieux, le Binocle à queue en plumet àe Geoffroy (Iiis.,tom. lI,pag.66o, pi. 21, fig. 3). Ce crustacé, qui doit être fort rare, pulsqu'aucun naturaliste, à l'exception de M. Duméril (article Binocle de ce Dictionnaire ) , n'en a parlé depuis Geoffroy , a le corps hémisphérique, uniformément bombé en dessus, les antennes peliles , très-courtes, composées de cinq articles, et placées proche des yeux qui sont assez (•cariés entre eux ; sa bouche paroît formée en un bec recourbé en dessous; sa tête est assez grande; son corps est recouvert de deux écailles lisses à suture médiane longitudinale, comme celle des élytres de coléoptères. Ces écailles sont tronquées au bout , et laissent dépasser une queue formée de quatre segmens, ^t terminée par des appendices barbus comme des plumes. Les pattes sont courtes et au nombre de six , sans ventouses. Geoffroy a trouvé, dans les ruisseaux où ilnageoil avec facilité, ce petit animal dont la longueur est de deux lignes. Sa couleur est le jaune brun; sa tête est marquée de trois petites taches noirâtres disposées en triangle.

5 58 CARACTÈRES DES PHVLLOPES.

M- Latreille , en décrivant ce crustacé , ne parle pas du renflement des doigts simples des quatre premières pattes , qui a été remarqué par M. Leach, peut-être sur une autre espèce.

Ce genre , fondé sur les caractères variables que présentent les doigts 5 me paroît légèrement établi.

ORDRE SEPTIÈME. PHYLLOPES. Ph.yllopoda.

Tête confondue avec le tronc ; yeux sessiles, lisses , très-rapproallés; antennes très-courtes; un bouclier mince d'une seule pièce, libre postérieurement, sen'ant de têt; deux mandibules cornées, sans palpes, demi-cylindriques, à pointe comprimée , droite et très-dentelée; pattes de la première paire enformederames , et terminées par des soies articulées; les autres branchiales , au nombre déplus de soixante paires , disposées pour lanatation (i). (Section des Phyllopes, Latr.)

Genre CLXXVI. Apus {Apus, Scop. , Cuv. , Latr.; Binoculus y Geoffr. , Leach;Limi//j/s , Mull. , hamck. ; M cnoculus , Linn., Fabr. )

Corps alongé , conique, formé d'une quarantaine de segmens étroits, dont les sept ou huit derniers (formant la queue) ne portentpoint de pattes. Tête confondue avec le corps, et recouverte comme lui par un vaste bouclier membraneux, formé de deux lames adhérentes entre elles dans toute leur étendue, ainsi qu'à la tête et au corps en dessus, mais seulement en avant : ce bou clier étant bombé, ovalaire, caréné dans son milieu, et échancré postérieurement; portant en avant troisyeux simples , dont deux antérieursplus grands, très-rap proches, un peu en forme de croissans , et le troisièn^e très-petit, ovale et placé en arrière

( I ) Cet ordre re'pondà une partie de la seconde section de la me'thode de ]\î. Latreille , celle des phyllopes.

CARACTERES DES PHYLLOPES.

de ceux-ci. Chaperon formant en dessous et en avant du têt une large surface à peu près triangulaire sur le milieu du bord postérieur de laquelle est attachée une lèvre supérieure grande, à peu près carrée dans son contour, et légèrement bombée dans son milieu. Bouche composée outre cette lèvre , i .° de deux grandes mandibules arquées en voûte, minces, tronquées à leur extrémité qui est droite et dentelée ; 2 ." de deux paires de mâchoires dont les supérieures sont en forme de feuillets épineux et ciliés à leur extrémité , et les inférieures simplement velues, annexées à une pièce membraneuse, en forme de fausse patte; 3.° d'une languette profondément bifide, et munie d'un canal cilié qui conduit à l'œsophage. Antennes très-courtes insérées près des mandibules; formées de deux articles, dont le second plus long que le premier est terminé par troissoics très-petites. Pattes de la première paire (antennes selon quelques auteurs) grandes, rameuses, pourvues de quatre soies articulées, dont les deux premières très-longues; les suivantes, au nombre de soixante paires environ, diminuant graduellement de grandeur, assez compliquées dans leur forme, ayant leur base ciliée, et une grande lame branchiale sur un de leurs côtés, avec un sac ovalaire vésiculeux en dessous ; celles de la onzième paire pourvues d'une capsule à deux valves, renfermantles œufs qui sont rouges. Queue terminée par deux longs filets sétacés etmultiarticulés.

Les Apus sont de singuliers crustacés aquatiques qu'on voit dans certains cas se développer instantanément en très-grand nombre dans des mares, ainsi que dans des amas accidentels d'eau de pluie, où l'on n'enavoit jamais vu précédemment. Leur développement est très-rapide : tous paroissent pourvus d'œufs, et la distinction de leurs sexes n'a pas encore été faite; aussi quelques naturalistes pensent-ils que ces animaux sont hermaphrodites. Leurs œufs paroissentpouvoirse conserver pendant de longues années à sec , sans périr; car l'on ne sauroit expliquer autrement l'apparition de ces crustacés dans les lieux où on les voit tout à coup en très-grand nombre, qu'en supposant •

CARACTERES DES PHYLLOfES.

que leurs germes existoient dans le sol, et qu'ils ne se sont développés qu'à la suite du séjour de l'eau pluviale.

Apus cancriforme : Apus cancriformis , Cuv. , Latr. , Bosc ; Limulus palustris , Muller, Entomost. , pag. 127, n.** 61 ; le Binocle à queue en filets, Geoffr., Ins. des Env. de Paris, tom. 2|, pi. 2 1 , fig. Z) ; Schaeff. , Monogr. , i-5 ; Apus vert, Bosc. Long d'un pouce et demi ; échancrure postérieure du têt très-grande ; sa carène dorsale peu prolongée en pointe. De France : il est rare autour de Paris.

M. Leach (Edinb. Encycl., Suppl., toin. 1, pi. so) a 6guré une seconde espèce sous le nom de Apus Montagui,

Genre CLXXVII. Lépidure (Lepidurus , Leach; Apus, Lamck. , Latr.).

Caractères des Apus, si ce n'est qu'il existe entre les filets de la queue une lame alongée, horizontale et de forme ovalaire , un peu tronquée et échancrée au bout. Manière de vivre semblable.

Lépidure prolongé : Lepidurus productus, Leach ; Apus productus , Lamck., Latr,; Monoculus Apus, Linn., Faun. Suecica ; Fabr. , Entom.Syst. , Suppl., pag. oo5;Limule serricaude ,KeTm. ; SchaefF. , Monogr., tab. 6. Moins grand que l'Apus cancriforme , mais généralement très-semblable , quoique plus alongé ; carène du têtprolongée postérieurement en pointe. Commun en France, aux environs de Paris, près de Maisons-Alfort, ainsi que dans, les anciens travaux de la Garre proche laSalpêtrière.

CARACTHRES DES LOPHYROPES. 36 1

ORDRE HUITIÈME. LOPHYROPES. Lophyropa.

Tête confondue avec l'extrémité antérieure du tronc; œil ouyeux sessiles et composés; têt tantôtplusoumoinscourt,et recouvrant lehaut du corps , tantôt plus ou moins vaste et composé de deux pièces réunies enforme de valves de coquilles , dont la charnière est sur le dos; mandibules sans palpes ; mâchoires sans branchies ; pieds en nombre variable, propres à la natation, tantôt simples ou branchus , tantôt formés de Lames garnies de poils i, que l'on a considérées comme des organes respiratoires. (Sect.des LoihyrOpes, Latr.)

I." Division. rêtd'w7iese«^epièce.(Fam.des CycLOPiDÉES,Leach.)

Genre CLXXVIII. Cyclope (Cjclops ^ Muller, Latr., Lamck., Leach -, Monoculus , Linn, , Geoffr. , Degéer , Fabr. ; Amjmona et Nauplius ,MulL) .

Corps ovale, conique , alongé. Œil unique. Quatre antennes simples. Deux mandibules sans palpes; des pièces placées en arrière , représentant des mâchoires et des pieds- mâchoires. Pieds proprement dits au nombre de huit, formés d'un pédoncule biarticulé, et de deux tiges de trois articles. Une queue longue et fourchue. Organes mâles situés, comme ceux des femelles, à la partie postérieure et inférieure du corps, doubles.

Ces petits animaux sont communs dans les eaux douces, où ils nagent en avançant par secousses successives. Les femelles sont faciles à distinguer, parce qu'elles portent en arrière de leur corps une ou deux bourses ovales, membraneuses, remplies d'œufs bruns , bleus ou verts. Ces œufs y éclosent , et il en sort des petits qui ont quelques différences dans leurs formes générales comparées à celles de leurs parens, surfout en ce qu'ils manquent d'abord de queue , et qu'ils ont moins de pieds .- aussi ont-ils d'abord été considérés par Muller comme appartenant à

CARACTERES DKS LOPHYROPES.

des genres particuliers que ce naturaliste avoit établis sous les noms d''Amymona et de Nauplius , genres qui ont été effacés de la série des entomostracés après les belles observations de M. de Jurine. L'accouplement dure long-temps, et dans cet acte, la femelle porte partout son mâle suspendu à sa queue.

Cyclope coxMmun : Oyclops vulgaris , Leach ; Monoculus qua^ dricornis, Linn., Faun. Suec, n.''2o49; Fabr. , Syst. JLnt.; Monocle à queue fourchue, Geoffr. , Ins. , tom. 2, pag. GSG^n." 3; Degéer, Ins., tom. 7, pag. 483, pi. 29 , fig. 11,12; Cjclopsquadricornis , Mull. , Entom. , pi. 18, fig. 1-1 4; Monoculus quadricornis rubens, Jurine , Monocl. , pag. 1 , pi. 1 , fig. i-i 1 ; pi. 2 , fig. 1-9.; var. albidus, pi. 2 , fig. 10 et 11; var. viridis , pi. 3 , fig. 1 ; var. fuscus, pi. 3 , fig. 2 ; var.prasinus, pi. 3 , fig. 5. Corps assez renflé, formé de quatre anneaux, et prolongé jusqu'au tiers de la longueur totale; queue de sept anneaux; antennes postérieures [antennules, Jurine) assez grandes, composées de quatre articles; les antérieures trois fois plus longues qu'elles. Var. A, rougeâtre ; œufs bruns formant deux masses obliques rapprochées des côtés de la queue ; longueur totale , -7^ de ligne. Var. B, blanchâtre, ou grise lavée d'un peu de bistre; plus large que la précédente; masses d'œufs verdâtres, formant un angle presque droit avec la queue ; longueur totale , 7^ de ligne. Var. C, verte ; œufs verts formant deux masses, dont la direction est intermédiaire à celles des masses d'œufs des deux premières variétés ; longueur, 7^ de ligne.Var. D, d'un roux enfumé; forme générale présentant un ovale presqueparfait; œufs bruns composant deux masses qui recouvrent une grande partie de la queue : longueur totale , ■— de ligne. Var. E, d'un vert plus foncé que la var. C; œufs d'un vert obscur, et passant un peu au rose, lorsqu'ils sont prêts à éclore, composant deux petites masses, immédiatement collées à la queue , tt semblant faire corps avec elle ; longueur totale, — de ligne.

D'après les observations de M. de Jurine, ce cyclope, en sortant de l'œuf, presque de forme sphériquc, n'est pourvu

que de quatre pattes courtes, et de deux antennes. Il reste ainsi jusqu'au quinzième jour, et alors il se développe un petit prolongement à la partie postérieure de son corps. Lorsqu'il a vingt jours il acquiert ^ieux pieds de plus , mais ceux-ci ne sont entièrement développés que cinq jours plus tard. Il mue à vingt-huit jours , et n'est en état d'engendrer qu'après s'être dépouillé une seconde fois de sa peau, et avoir pris la forme qu'il doit toujours conserver , ce qui a lieu vers le mois d'août. Les antennes servent au mâle pour saisir la femelle dans l'accouplement. CelLe-ci, une fois fécondée, fait de suite plusieurs pontes sans avoir besoin des approches du mâle.

Cyclope Castor : Cyclops Castor ; Monoculus Castor, Jurine, Monoc, pag. 5o , pi. 4, 5 et 6 ; Cjclops cœruleus , MuU., Ent. , tab. ]5 , fig. i-g ; Cyclops ruhens , ejusd., pi. 16, fig. i-3; Cjclops laciniatus , ejusd., pi. 16, fig. 4*^; Monoculus cœruleus ^ Fabr. , Syst. Ent. , tom. 2 , pag. 5oo , n.° 46 ; Monoculus ruhens, ejusd., pag. 5oo, n.° 47. Corps alongé, peu renflé, formé de sixsegmens; queue assez courte, en ayant égalementsix; antennes postérieures courtes, bifides ; œufs de la femelle bruns , formant une seule masse ovale, aplatie, placée au-dessous de la queue; longueur totale, une ligne et demie; couleur de la femelle bleuâtre, celle du mâle rougeàtre.

CyclopeStaphylin: C)'c/ops>S^apl!j/mw5, Nob.: Cjclopsminulus, Mull., Entom., pi. 18, fig. 1-7; Monoculus minutus, Fabr., Ent. Syst., t. 2, p.4gc); Monocu/usStop/yZiMus, Jurine, Monocl., p. 74> pi. 7 , fig. 1-1 g. Forme alongée , un peu conique; corps partagé en dix segmens , dont le premier ou l'antérieur est le plus grand , et dont le dernier ou le plus petit est terminé par une queue bifide; couleur des femelles d'un bleu d'aigue-marine, ou d'un bleu verdàtre; celle des mâles d'un joli rose; longueur totale, 7^ de ligne; œufs bleus verdàtres , rassemblés dans une seule bourse pyriforme qui pend au-dessous du ventre de la femelle. Ce cyclope est remarquable en ce qu'il tient ordinairement relevée l'extrémité postérieure de son corps sur

364 CARACTÈEES DES LOPHYROPES.

l'antérieure, à peu près comme le font les insectes du genre desStaphylins.

Genre CLXXIX. Calane {Calanus , Leach ; Cyclops , MuU.).

Caractères généraux desCyclopes, et en différant seulement par le manque des deux antennes postérieures (ou antennules de Jurine) , et parle grand alongement des antérieures.

Calane DE FiNMARCKiE ; Calanus Jinmarchianus , MuU. , Zool. Dan. Prodrom. , 24 a 5. Il vit dans la mer de Finmarckie.

Nota. Je crois qu'il faudra rapporler à ce genre le Cyclope longicornis de Muller, Entomost. , pag. 1 15 , tab. 19 , fig. 7-9 ; Monoculus longicornis, Fabr. , Ent. Syst. , tomes, pag. 5oi ; qui n'a que deux très-longues antennes, et qui vit dans la mer de Norwège.

IL* Division. Têt formé de deux pièces. (Familles des Cypridées, et des Cyci-opidées, Leach.)

Subdivision ou Race I. Un seul œil; deux antennes en forme de Iras ramifiés; tète séparée du corps par un étranglement, ou une sorte de cou.

Genre CLXXX. Folyphème ( Polfpliemus , MulL , Latr. , Leach ; Monoculus , Linn., Fabr.; Ceplialoculus , Lamck.) (1).

Corps court, globuleux, arqué, unpeu comprimé, couvert d'un têts'ouvrant en dessous, mais dont la division en valves n'est pas bien apparente. Œil ou yeux réunis, formant une

(1) Le genre Polyphème, que M. Leacli range dans la division ou \:i famille des Cyclopidées, me paroît devoir être rapproché des Dapliuic;, ainsi que M. de Jurine l'a proposé dans son excellent ouvrage sur les Monocles.

CARACTERES DES LOPHYROPES,

seule masse fort grosse, figurant une espèce de tête, entièrement recouver te par le têt, et portée sur un cou. Deuxpetits barbillons composés chacun d'un article terminé par deux filets, sortant de la coquille au-dessous de l'œil. Deux grands bras formés chacun d'un pédoncule surmonté par deux branches composées de cinq articles, et garnies de quelques soies biarticulées. Un sillon transversal séparant la partie postérieure du corps de l'antérieure , à l'endroit du cou. Une queue grêle , relevée sur le dos et bifurquée. Huit pattes apparentes hors de la coquille, composées d'une cuisse, d'une jambe et d'un tarse à deuxarticles, de l'extrémité duquel sortent quelques petits filets ( excepté de celui delà dernière paire). Œufs placés dans la coquille, sur le dos , et au nombre de dix au plus. Mâles inconnus.

PoLYPiiÈME DES ÉTANGS : Polypheuius stagnoTum } Poljphemus Oculus, Muller, Entom., pi. 20,fig. i-5 ; Monoculus Pediculus , Linn.jFaun.Suec, n° 2o/^ii; Monocleàqueueretroussée, Geolfr. , Ins., tom. 2, pag. 656, n." 2; Monoculus Pediculus, Degéer, t. 7, p. 467, pi. 28, fig. 6-1 3 ; Fabr., Ent.Syst. , t. 2 , p. 602 ; Cephaloculus stagnorum, Lamck. , Anim. sans vert. , tom. 5, pag. i3o. Longueur, ~ de ligne. Il habite dans Teau des étangs et des marais, oîi on le rencontre en grandes troupes. Il nage sur le dos, et emploie ses deux rames, ou antennes, pour se mouvoir.

Genre CLXXXI. Daphnie (Dap?inia, Muller, Latr., Lamck., Leach, Straus; Monoculus, Linn., Degéer, Jurine, Geoffr., Fabr.).

Corps alongé, comprimé, évidemment compris dans un têt. Coquille bivalve, dépendante de la peau, transparente, ayant son ouverture sous le ventre et sa charnière sur le dos. Tête moyehne, très-distincte du corps, surtout en dessous , plus ou moins prolongée en forme de rostre infléchi, pointu ou obtus; pourvue intérieurement d'un seul œil, médiocrement

566 CARACTÈRES DES f.O riIYROPF.S.

développé, formé d'une membrane sphérique (coi'née générale), qui renferme une vingtaine de petites aréoles transparentes (crystallins), se détachant sur un fond noir ( rétine et pigmentum). Deux petits barbillons (Jurine), ou antennes (Straus), placés à l'extrémité du rostre que la tête forme en dessous, plus longs dans les mâles que dans les femelles. Deux grandes antennes (MuUer et Jurine), ou pieds antérieurs (Straus), ou rames branchues , servant seulement à la natation, insérées aux deux côtés du cou , formées d'nne première tige arrondie, conique, plus ou moins longue, et de deux branches terminales, dont l'antérieure est à trois articles, et la postérieure à quatre; supportant toutes deux, un certain nombre de soie» assez longues et ciliées. Abdomen, ou corps proprement dit , divisé en huit segmens (dont le premier, très-grand) , absolument libre dans l'intérieur des valves , grêle et alongé, se portant d'abord horizontalement en arrière et se recourbant ensuite en dessous, où il est terminé par deux petits crochets dirigés en arrière. Bouche placée à la partie inférieure du corps en dedans du bord antérieur des valves et à la base du bec; composée, i" d'un long labre, comprimé par les côtés; 2° de deux mandibules très-fortes, sans palpes ni branchies, dirigées verticalement en dessous et ayant leur tranchant arqué et uni, et 3° d'une paire de mâchoires dirigées horizontalement et en arrière, pourvues à leur extrémité d'un disque qui supporte à son bord supérieur trois épines cornées, très-fortes, en forme de crochets et recourbées. Œsophage étroit, se portant de bas en haut, et d'arrière en avant. Estomac ou intestin cylindrique , assez gros, presque horizontal comme le corps dans sa première partie et se recourbant en dessous aussi comme lui , à son extrémité postérieure ; deux sortes de cœcum aboutissant à cet estomac près du cardia. Pattes au nombre de dix, très-compliquées et différentes entre elles par paires, tant pour la forme que pour la grandeur et les fonctions , mais ayant toutes leur second article vésiculeux ;

CARACTÈRES DES I.OPHYROPES. 567

les deux premières paroissant plus spécialement destinées à la préhension; les six suivantes (surtout les quatre dernières parmi celles-ci) ayant un de leurs articles comprimé, cilié fortement sur un de ses bords, et faisant fonction de branchie. Cœur situé dans la région dorsale antérieure au-dessus de l'intestin. Ovaires placés le long des côtés de l'abdomen depuis le premier segment jusqu'au sixième où ils s'ouvrent séparément près du dos dans une cavité {matrice, Jurine) qui existe entre la coquille etle corps, et où les œufs, dont la forme est sphérique, sont conservés quelque temps après la ponte : cette partie du têt devenant opaque vers la fin de l'été {ephippium, Muller; selle, Jurine), et se trouvant à cette époque, pourvue sur chaque valve, d'ampoules ovalaires qui forment deux capsules contenant les œufs qui doivent passer l'hiver. Organes mâles paroissant placés vers la queue, près de la dernière paire de pattes.

La description très-abrégée que nous venons d'extraire du beau Mémoire de M. Straus, inséré dans le tome 5, page 38o des Mémoires du Muséum, donne un idée assez complète de l'organisation des Daphnies; mais nous n'avons pu y faire entrer une foule de détails curieux , pour lesqu els nous renvoyons à la source où nous avons puisé. Un des résultats remarquables auxquelsM.Straus est arrivé consiste à faire voir que les Daphnies sont fort différentes par leur système respiratoire, desCypris, dont on les rapproche toujours. Ce sont de vrais branchiopodes ainsi queles Lyncées, les Apus, les Limnadies, les Cyclopes, les Branchipes, les Polyphèmes et les entomostracés de deux genres nouveaux qu'il a l'intention de fonder pour placer, dans l'un le Daphnia cristallina de Muller , et dans l'autre son Daphnia setifera. Il propose de former des Cypris et des Cythérées un ordre particulier, celui des Ostr apodes, lequel sera caractérisé par des organes respiratoires annexés aux parties delà bouche . et des pieds simplement ambulatoires.

Les Daphnies sont très-abondantes dans les eaux stagnantes ,

368 CARACTÈRES DES I.OI'HVROrES.

et quelquefois elles y sont tellement mullipliées qu'elles leur donnentleurcouleurpropre. Une espèce de ce genre (Daphnie Puce), dont la couleur est rouge , a quelquefois donné lieu de croire que l'eau s'étoit changée en sang. Leur natation se fait par une suite de sauts qu'elles exécutent de moment en moment au moyen de leurs bras ou antennes qu'elles agitent avec force de haut en bas.

La Daphnie Puce, étant la plus commune, est celle quia été décrite le plus de fois, et dont l'histoire naturelle a été le mieux étudiée, principalement parSwammerdam, Néedham, Leuwenkoeck, Schœffer, Dcgéer, et surtout par de Jurine. Ce dernier a suivi les Daphnies dans toutes les époques de leur vie, et a observé, avec une merveilleuse sagacité, tous les détails de leurs mœurs, de leurs mues et de leurs métamorphoses. Ce sera d'après lui que nous en dirons ici quelques mots.

La nourriture de ces entomostracés consiste en animalcules et en particules végétales qui abondent dans les eaux des mares ; ils les font parvenir à leur bouche en imprimant un mouvement de courant à cette eau introduite dans l'intervalle de leurs valves , au moyen de leurs pattes proprement dites, qui sont pour eux plutôt des organes de respiration, que des organes de locomotion. Pendant le printemps et l'été ils sont continuellement occupés de la recherche de cette nourriture, ou livi^s au besoin de la reproduction , mais dans la saison d'hiver ils s'enfoncent dans la vase, et y restent ensevelis jusqu'au printemps suivant; et dans certaines années aussi, les mares où ils abondent se desséchant complètement par l'action du soleil, ces animaux se trouvent enterrés, et totalement privés d'eau quelquefois pendant plusieurs mois, mais ne périssent pas pour cela. Aussitôt qu'une pluie abondante vient remplir de nouveau les mares où ils existoient, on les voit paroître de nouveau et reprendre leur activité ordinaire.

Pendant long-temps on a cru que les Daphnies éloient an-

CARACTÈRES DES LOPHVROPES. 9£g

drogynes; mais les observalions de Muller, et principalement celles de M. deJurine, ont prouvé que chez elles les sexes sont séparés;queles mâles n'apparoissent quedansune saison del'année, et qu'un seul accouplement donne lieu àplusieurs générations def^melles, qui toutespeuventpondredesœufsproductifs sans avoir besoin d'être fécondées de nouveau. Dans l'accouplement, qui dure au plus huit à dix minutes, le mâle se place d'abord sur le dos de la femelle et la saisit avec les longs filets de ses pattes antérieures; puis, se portant vers le bord inférieur de la coquille de cette dernière, et approchant la sienne de son ouverture, il y introduit ces filets, ainsi que des crochets ou harpons dont ces mêmes pattes sont pourvues; après cela il rapproche sa queue de celle de la femelle, qui d'abord cherche à l'éviter en nageant avec une grande vitesse etie transportant partout avec elle; mais , bientôt après, ellele recherche, et c'est alors que la copulation paroît avoir lieu. Les mâles, très-ardens, attaquent indistinctement toutes les femelles, même celles qui sont en é(at d'accouplement, ou celles qui sont déjà remplies d'œufs. Après la fécondation chez les femelles qui ont été en rapport avec un mâle, ou après une mue, chez celles qui, nées d'une femelle fécondée, doivent produire elles-mêmes sans fécondation, on voit d'abord dans les ovaires, une matière colorée suivant les saisons, en vert, en rose ou en brun, laquelle se rend dans la matrice ou cavité, située sur le dos, entre le corps et la coquille, et s'y sépare en boules rondes qui deviennent des œufs. Ces œufs se développent plus ou moins rapidement, suivant les époques de l'année, et plus en été qu'en hiver. Dans cette dernière saison, on voit le premier jour l'œuf formé d'une bulle centrale, entourée d'autres plus petites, dont les intervalles sont garnis de molécules colorées; du second au troisième jour la partie externe de l'œuf devient plus transparente, parce que les moléculescoloréesse rapprochent du centre; cetœufgrossitetprend la forme ovoïde dès le quatrième et le cinquième jour; ce n'est

570 CARACTÈRES BES LOPHYROPES.

que le sixième que le fœtus commence à paroître, et déjà il aies bras détachés du corps; le septième , les rudimens des pattes proprement dites et de la tête, peuvent être distingués; le huitième, l'œil paroît d'abord séparé en deux parties égales, et l'intestin se découvre; le neuvième, tous les organes sont visibles , et l'œil est plus noir et réticulé ; le dixième , le développement du fœtus étant terminé, il sort de la matrice, dont l'issue s'ouvre par l'abaissement de la queue de la mère, et il commence à nager dans l'eau en agitant ses petits bras. Ses formes ne sont en rien différentes de celles des parens dont il provient, à cela près que sa coquille a sa pointe postérieure très-alongée.

Bientôt cet animal croît, et à mesure que sa taille augmente, il se dépouille plusieurs fois de la peau qui revêt toutes ses parties , même les plus ténues. Lorsque ces mues ont lieu , il se fixe avec ses bras contre une tige de conferve, ou descend dans la vase, et y reste dans la plus grande tranquillité. Sa tête sort la première, et ses pattes, ainsi que ses mandibules etses bras ramifiés, sont dégagés les derniers, mais le tout avec une rapidité surprenante. Après la mue, la Daphnie, loin d'être fatiguée, paroît plus vive et plus agile qu'auparavant.

Les mues se succèdent rapidement, et elles sont plus ou moins rapprochées suivant les saisons. En été, elles ont lieu de deux jours l'un , et quelquefois il y a trois jours d'intervalle ; en hiver, il n'est pas rare de les attendre huit ou dix jours. Elles se succèdent ainsi pendant toute la durée de la vie de l'animal.

Aux mois de juin et de juillet, l'activité du développement des Daphnies est telle , que les petites femelles, dès l'âge de sept jours, et après trois mues, ont déjà leurs ovaires remplis de matière colorée ; cette matière passe dans la matrice dès le huitième jour, et se change en œufs, et le dixième Jour les petits sortent de la matrice; ces générations, en rap-

CARACTÈRES DES LOPHYROPES. 3'; l

port avec les mues , se renouvellent ensuite de deux en deux, ou de trois en trois jours, et leurs époques ne s'éloignent qu'à mesure que l'arrière-saison arrive. Le nombre des petits qui naissent à chaque ponte est rarement le même ; les premières n'en donnent guère que six; les suivantes en produisent davantage ; et quand la femelle a acquis tout son développement, il n'est pas rare de lui en voir porter à la fois dix-huit dans la matrice.

Les mâles sont en très-petit nombre, comparativement à celui des femelles ; au printemps et en été on n'en trouve que diflîcilement, tandis qu'en automne ils sont moins rares , ce qui, remarque M. de Jurine, fait pressentir la nécessité de leur influence aux approches de l'hiver, sur les générations qui doivent se succéder avec rapidité, dès que les frimas auront cessé, et qui n'existeroient peut-être pas sans l'intervention masculine.

A certaines époques de l'année, notamment vers les mois de juillet et d'août, et même aussi en juin, les valves de la femelle prennent après la mue de l'opacité vers leur partie supérieure dans une étendue rectangulaire , et la couleur de cette partie finit par être d'un gris noirâtre , assez ohscur. Ces taches que Muller appeloit ephippium. , et que M. de Jurine a aussi nommées selle, en les considérant comme le produit d'une maladie , présentent , selon M. Slraus, « deux ampoules ovalaires transparentes, placées, l'une au-devant de l'autre, et formant, avec celles du côté opposé, deux petites capsules ovales, s'ouvrant comme une capsule bivalve. Cet ephippium se partage, comme les valves dont il fait partie, en deux moitiés latérales , réunies par une suture le long de leur bord supérieur; et dans son intérieur on en trouve un autre semblable, mais plus petit, à bords libres , si ce n'est le supérieur qui tient aux valves, et dont les deux moitiés jouent en charnière l'une sur l'autre, et offrent les mêmes ampoules que les battans extérieurs. Dans chacune de ces capsules on rencontre

un œuf à coque cornée etverdâtre, mais du reste semblable aux œufs ordinaires , avec cette différence qu'il reste beaucoup plus long-temps à se développer, étant destiné à passer l'hiver avant que d'éclore. Cet éphippium , à l'époque de la mue, est abandonné avec la vieille peau dont il fait partie, et les œufs qu'il contient; les œufs y trouvent un abri contre la rigueur du froid qui fait périr la plupart des individus vivans; et au printemps, lorsque la température est devenue assez élevée, ils éclosent, et il en sort des petits absolument semblables à ceux des œufs ordinaires. » Mém. Mus. , tom. 5 , pag. 4i5.

Daphnie Pdce: Daphnia Pulex: Latr. , Lamck.; Pulex aquatieus arboreus, Swammerdam, Bibl. natur. , pi. 3i ; Monoculus Pu/ex, Linn. ,Faun. Suec. , n.° 2047 ; Fabr. , Syst. Eut. , tom. 2, pag. 491 ; Jurine, Monocl. , pag. 85 , pi. y , g , 10, 11 ; Perroquet d'eau, Geoffr.jins. , tom. 2, pag. 466; Monoculus , Degéer, Ins., vol. 7, pag. 442, pi. 27, fig. 1-8; Daphnia pennata, Mull., Entom. , pi. 12, fig. 4-7. Longueur, une ligne: rouge au printemps, rose en été, et d'un blanc verdâtre dans les autres saisons ; tête moyenne , infléchie , non séparée du dos en dessus, par un sillon transversal ou un étranglement; têt terminé en pointe postérieurement. Très-commun dans les étangs et se tenant à peu de distance des bords, ou des corps, qui sont immergés. Ce crustacé a été l'objet d'observations très-curieuses parmi lesquelles celles qui sont dues à M. de Jurine occupent le premier rang.

Daphnie longue-épine, Daphnia longispina , Muller , Entom. , pag. 88, n.° 35, pi. 12, fig. 8-10 ; Straus, Mém. du Mus., tom. 5 , pi. 29, fig. 20 et 2 /i; Monoculus Pulex, Jurine, Monocl. Longueur totale, une ligne; plus alongée que la précédente et plus rare ; dos presque droit terminé par une longue pointe mince , droite et épineuse ; couleursemblable à celle de laDaphnie Puce. M. de Jurine la considère commen'étant que le jeune âge de cette espèce , mais M. Straus l'en distingue avec Muller.

CARACTÈRES DE3 I.OPHVnOl'ES. SjZ

Daphnie géante : Daphnia magna, Straus , Mëm. du Mus., tom. 5 , pi. 29 , fig. 21-22. La plus grande du genre, n'ayant guère moins de deux lignes de longueur; têt terminé par une longue pointe mince et épineuse, comme celle de la précédente; dos arqué; bord inférieur des valves aussi trèsarqué.

Daphnie camuse : Daphnia sima , Mull. , Ent. , pi. 12, fig. 11- 12 ; MonoculussimuSi Jurine, Monocl., pag. 1 29 , pi. 12, fig. 1-2 ; Monoculus exspinosus, Degéer , vol. 7 , pag. 467 , n." 2 , pi. 27 , fig. 9-1 3; Monocu/us Zœv'is, Fabr. ,Ent. Syst., tom. 2, pag. 492; Daphnia vetula , Straus , Mém. du Mus., tom. 5, pi. 29, fig. 25- 26. Longueur,f2.de ligne ; tête plus petite et moins pointue en devant que celle de la Daphnie Puce; partie postérieure du têt arrondie, non guillochée, mais seulement garnie de petits traits dirigés transversalement et presque imperceptibles.

Daphnie A GROS bras : Daphnia brachiata, Nob.; Monoculushraehiatus, Jurine, Monocl., pag. i3i, pi. 12, fig. 3 et Z^; Daphnia macrocopus, Straus, Mém. du Mus., tom. 5 , pi. 29, fig. 29-30. Longueur, ~ de ligne; antennes rameuses trés-graudes et très-fortes à la base; tête obtuse, grande, inclinée, séparée du corps en dessus par un sillon transversal profond ; barbillons très-longs et grêles; têt court arrondi postérieurement avec ses valves lisses. Trouvée dans les mares des environs de Genève, en août et septembre.

Daphnie nasique : Daphnia nasuta, Nob.; Monoculus nasulus , Jurine, Monoc, pag. i53,pl. 10, fig. 1-2. Longueur, une ligne |; tête non séparée du dos en dessus par un sillon transversal; front arrondi et terminé en dessous par une pointe obtuse , un peu relevée, quifigure un nezretroussé; antennes rameuses médiocres, barbillons non apparens ; valves du têt courtes, comme tronquées postérieurement, et striées obliquement sur leur face externe; couleur jaunâtre. En automne, près de <îenève.

Daphnie ABEc Dmon : Daphnia rectirostris , Mull., Ent., pi. 12 ,

lig. 1-3; Monoculus rectirustris , Fabr. , Ent„ Sysl. , tome 2, page4g3 ; Jurine, Monocl.,pag. i34, pi. 10, fig. 3-4. Longueur, -^ de ligne; yeux sans aréoles transparentes; tête distincte du corps en dessus par un sillon transversal ; museau arrondi ; une tubérosité sur la nuque; barbillons très-apparens ; coquille ayant en arrière une petite pointe, et ciliée sur son bord inférieur; œufs blanchâtres, gros, laissant voir l'œil du petit comme un point noir.

Daphnie A LONG cov. Daphnia LongicoLlis, 'Noh.; Monoculus longicollis, 3 urine, pag. i56, pi. i5, fig. 3 et 4. Longueur,^ ligne. Ne dififérant des deux précédentes que par l'alongement du cou, la saillie que forment en arrière les bords inférieurs des valves de son têt, la longueur de ses barbillons qui sont biarticulés et terminés par deux filets ciliés. Œufs au nombre de quatre pour chaque ponte.

Daphnie ÉPINEUSE : Dap?imamucronû£a, Mull., Entom. , pi. i3, fig. 6-7 ; Monoculus lispinosus , Degéer , vol. 7, pag. 4^5 , n.° 5, pi. a«,fig.3-4; Fabr.,Ent. Syst.,tom. 2,pag.493, n.''i7 ; Jurine, Monoc, pag. 137, pi. 14, fig. 1 et 2. Longueur, 7^ de ligne; tête triangulaire; nuque droite oblique , séparée du dos par un sillon transversal ; front un peu échancré ; brfut du museau relevé ; coquille courte, à bord inférieur droit et terminé pour chaque valve en une pointe aiguë, longue et droite ; une bande brune suivant ce bord ; œil paroissant formé de deux yeux accolés ^ lorsqu'on le regarde en dessus.

Daphnie A réseau -. Daphnia reticulata,TSoh.; Monoculusretieulatus, Jurine, Monocl., pag. 139 , pi. 14, fig. 3et 4. Longueur totale,^ de ligne; tête avancée, obtuse, séparée du corps en dessus par une légère impression transversale: têt court, arrondi et cilié sur son bord inférieur, terminé en arrière et en haut par une petite pointe, et ayant toute sa surface finement réticulée; barbillons assczlongs. La Daphnia rotundaf a deM. Straus se rapproche beaucoup de celle-ci par la forme et la réticulation de son iCt , mais en diffère par sa tOte plus pc=

CARACTÈRES DES LOPHYROFES. JyS

'iite, et par son bec qui est anguleux et un peu relevé à la pointe.

Daphnie GuiLLOCHée : Daphnia clathrata , Nob. ; Monoculus clat/iraius, Jurine, Monoc, pag. 141, pi. 14, fig. 5-6. Longueur totale , -~ de ligne. Assez semblable à la précédente , mais en différant par sa tête plus profondément séparée du tronc en arrière et en dessus, par son front qui offre unesinuosité, par la pointe plus forte et dentelée de l'extrémité de son têt, et par le manque de cils sur son bord inférieur ; œil rond , ne présentant que des vestiges presque imperceptibles d'aréoles ; bras grêles et lisses à l'extérieur ; œufs au nombre de quatre pour chaque ponte, verts et visibles au travers de la coquille; celle-ci réticulée.

Daphnie cornue: Daphnia corfiuto,Nob.; Monoculus cornutus , Jurine, Monocl., pag. 142 , pi. 14, fig. 8,9, 10. Longueur totale, ^ de ligne. Dos très-bombé; tête longue pointue , inflé* chie et en formant la continuation, armée en devant de deux longues cornes que M. de Jurine considère comme des barbillons articulés et mobiles ; œil grand entouré d'aréoles assez transparentes ; têt lisse et tronqué postérieurement ; deux œufs seulement apparens à travers la coquille, d'abord veits, et passant ensuite au rouge.

Genre CLXXXII. Lyncée {Lynceus, Mull. , Latr. , Lamck. , Leach ; Monoculus , Fabr. , Jurine ; Chjdorus, Leach ).

Corps arrondi, comprimé, renfermé, ainsi que celui des Daphnies, dans un têt dont les bords se rapprochent en dessous comme ceux des valves d'une coquille, et dont le centre, qui forme une ligne saillante sur le dos , représente la charnière. Tête plus ou moins séparée du corps par une échancrure du tCt en dessous. Deux points noirs, un petit en avant, et un plus gros en arrière, considérés comme des yeux par Muller et la

Z'jS CARACTÈRES DES LOPHYROPES.

plupart des naturalistes, et seulement comme un œil précédé d'un point noir d'usage inconnu, par M. de Jurine. Deuxar» tenues en forme de longs bras bifides, ayant quelquefois leur pédoncule très-court(i). Piedsau nombre de dix, terminés par des soies , et accompagnés à leur base d'écaillés barbues ou branchiales. Une petite queue pointue, ordinairement repliée sous le ventre 5 et renfermée dans le têt. Œufs apparenssous celui-ci dans la région du dos, tantôt seuls, tantôtau nombre de deux par ponte.

Les Lyncées ont les plus grands rapports avec les Daphnies, et n'en diffèrent évidemment que par le caractère peu important du petit point noir qui se trouve placé en avant de leur œil. Ce sont les plus petits de tous les entomostracés connus, lisse propagent et muent comme les Daphnies.

Lyncéerose : Lynaeusroseus, Nob.; MonocuZu5 roseus, Jurine , Monocl., p. i5o, pi. î5, fig. 4 et 5. Longueur totale, -^ de ligne; couleur généralement rose, avec l'intestin d'un jaune brunâtre, et les deux œufs contenus dans la matrice dorsale , roses, verts oubruns; antennes et leur pédoncule longs; un grand filet attaché à la base delà branche supérieure de ces antennes; tête infléchie, pointue et terminée par deux barbillons crochus-, têt lisse avec de petites épines sur les bords de son ouverture inférieure. 11 nage horizontalement dans les eaux.

Lyjvcée a larges cornes : Lj'nceus laticornis , Nob.; Monoculus /ahcornis 5 Jurine , Monocl., p. i5i,pl. 1 5, fig. 6 etj;Ljnceus trigonellus, MuUer, Ent. , pi. 10, fig. 5-6 ? Longueur totale ,

CO C'est la brièveté de ce pédoncule, caché sous le tèt dans lesLj'ncées^ qui a fait croire à MuUer que ces entomostracés avoient quatre antennes simples, et que le seul Lyncée sphérique n'en avoit que deux, parce que, chez lui , la Lranche inférieure est courte , écartée et à peine visible. Cette erreur de MuUer en a fait commettre une autre à M. Leach, qui a formé le genre Chydore, pour pincer ceLyncée sphérique.

CARACTÈRES DES LOPHYROPES. Syy

~ de ligne. Assez semblable au précédent, ayant entr'autres la même forme de têle , les antennes aussi longues (mais plus larges ) , et pourvues d'un grand filet attaché au premier article de leur branche supérieure : œil postérieur plus grand, et visiblement pourvu d'aréoles; barbillons plus découpés à l'extrémité; bords inférieurs du têt ayant des épines bien plus nombreuses. Couleur rosée ; membrane des œufs transparente. Lyncéeabec CROCHU : Lynceus aduncus,'Noh.; Monoculus aduncus^ Jurine, Monocl. , pag. 162, pi. i5 , fig. 8 et 9. Corps plus raccourci que celui des deux espèces précédentes , et aussi comprimé, long d'un quart de ligne, fort élevé sur le milieu du dos ; tête prolongée en avant, courbée, pointue et terminée comme le bec d'un oiseau de proie ; bras ou antennes très-courts, bifurques comme à l'ordinaire; point de grand filet attaché à la branche supérieure de ces antennes; intestins décrivant deuxcirconvolutions avant de se rendre à l'anus; têt lisse , tronqué postérieurement et inférieurement, où ses bords sont hérissés de petites épines ; œufs au nombre de deux, de couleur de bistre claire.

Lyncée strié : Lynceas striatu s, 1<1 oh.; Monoculus striatus, Jurine, Monocl. j pag. 164, pi. 16, fig. 1 et 2 ; Ljnçeus striatus, MuW.? Longueur totale , -^de ligne. Corps comprimé surtout en avant , ayant la carène du dos continue à celle de la tête, et formant une courbe régulière; bord inférieur du têt, droit; tête infléchie, pointue; antennes ayant leurs branches de grandeur inégale et leurpédonculeentièrement caché dans la coquille, ce qui peut faire croire qu'il en existe quatre simples; barbillons sous forme de deux tubercules alongés, placés sous la tête, et portant à leur extrémité deux petits filets ; intestins faisant une circonvolution avant de se rendre à l'anus; têt A'erdâtre, obli. quement strié et fortement cilié en dessous; œufs au nombre de deux ou trois, presque ronds et de couleur verte.

Lyncée rond : Lynceus sphccrîcus , Mull., Entomost., pi. g, fig. 7-9; Monoculus sphœricus, Fabr.,Ent. Syst. , tom. 2 , p. 497 ; Jurine, Monocl., pag. 167, pi, 16, fig. 5, a-m; Chjdorus Mulleit,

378 CAnACTÈRES DES LOPHYP.OPES.

Leach, Dict. Se. nat., tom. XIV^ pag. 541. Longueur, ■— de ligne; globuleux; tête très-intléchie , pointue; antennes à pédoncule caché dans le têt, ne laissant voir au dehors bien sensiblement qu'une seule de leurs branches; couleur de bistre trèsclaire; œufs verts au nombre d'un ou deux seulement. Ce petit Lyncée semble plutôt rouler que nager dans l'eau: il parcourt desuite, sans s'arrêter, un assez grand espace, ayant toujours l'ouverture de son tèt placée inférieurement.

SuBDirisioN ou Race II. Deux yeux ; deux antennes en forme de bras ramifiés; tête non séparée du corps par un étranglemeni ou une sorte de cou.

Genre CLXXXIII. Limnadie [Limnadia , Adolphe Brongniart ; Daphnia, Hermann fils).

Corps alongé , linéaire, infléchi en avant, entièrement renfermé dans un têt bivalve, de forme ovale et très-comprimé. Tête n'en étant pas séparée d'une manière distincte ; pourvue de deuxyeux placés transversalement à une petite distance l'un de l'autre , ayant leur face interne plane , et l'externe très-convexe, et couverte d'aréoles transparentes (cristallins, Straus), placées sur un fond noir. Deux grandes antennes attachées audessous des yeux , de moitié aussi longues que le corps , ayant leur base (ou pédoncule) formée de huit articles assez gros et courts , et leur extrémité divisée en deux filets sétacés , chacun de douze articles qui supportent quelques petites soies. Deux petites antennules simples, élargies à leur extrémité, placées entre les deux grandes antennes. Bouche située audessous des antennules, composée de deux mandibules rentlées, arquées et tronquées à leur extrémité inférieure , et de dcu v mâchoires foliacées, dont la réunion forme une sorte de hci. ordinairement replié sous la tête. Abdomen ou tronc divisé en vingi-trois anneaux , dont les' vingt-deux premiers portent

CARACTÈRES DBS I.OPIIYROrES. 579

chacun une paire de pattes branchiales , et dont le dernier , quifonncla queue, est terminépardeuxfiletsdivergens. Toutes les pattes semblables entre elles, très-comprimées, bifides, ayant leur division externe simple et ciliée sur son bord extérieur, et la division interne quadriarticulée , et fortement ciliée sur son bord intérieur; les douze premières paires de même longueur et plus grandes que les autres qui vont en diminuant progressivement jusqu'aux dernières; la onzième et les deux suivantes étant pourvues à leur base d'un filet mince remontant dans la cavité qui existe entre le dos et la coquille , et qui sert de support aux œufs. Cerveau apparent entre les yeux et l'œsophage. Canal dorsal ou cœur parallèle à l'intestin qui suit la courbure du corps. Ovaires situés dans l'intérieur du corps.surles côtés du canalintestinal entre labase delà première paire de pattes et celle de la dix-huitième, paroissant avoir pour issues des canaux recurrens qui sont à la racine de quelques unes de ces pattes. Œufs placés après la ponte dans la cavité dorsale de la coquille , et y étant attachés à de très-petits filets qui tiennent eux-mêmes aux filets recurrens des pattes; ces œufs d'abord ronds et transparens, devenant ensuite jaunâtres, puis obscurs au centre, et prenant une forme irrégulière et anguleuse.

Les IJmnadies trouvées en grand nombre au mois de juin dans les petites mares de la forêt de Fontainebleau , par M» Adolphe Brongniart, à qui on en doit la description complète, étoient toutes chargées d'œufs, et n'ont présenté parmi elles aucun individu qu'on pût considérer comme un mâle : d'où il suit que les questions qui se sont élevées à l'occasion de la reproduction des Apus et desCypris, peuvent être renouvelées à leur égard : sont-elles hermaphrodites? ou bien une seule fécondation peut-elle, comme chez les Daphnies, selon les observations de M. de Jurine, suflire à la ponte de plusieurs générations de femelles, les mâles ne prenant naissance qu'une seule fois par an ?

380 CAIlACTÈRES DES OSTRAPOnES.

Les Limnadics ayant des pattes branchiales , se rapprochent plus des Apus, des Branchipes et des Daphnies que des Cypris et desCythérées, bien qu'elles aient avec ces deux derniers genres une ressemblance notable dans l'existence de leur têt bivalve, et renfermant totalement la tête. Leurs deux yeux distincts et su r une même ligne transverse les éloignent des Lyncées et des Daphnies, aussi bien que des Cythérées et des Cypris , et les font au contraire i'essembler aux Branchipes et aux Apus. On ne connoît encore qu'une espèce de ce genre.

LiMNADiE d'Hermann : Limnadia Hcrmanni , Adolphe Brongniart , Mém. du Mus. d'Hist. nat. , t. 6 , pi. 1 3 ; Daphnia Gigas , Hermann, Mémoire aptérologique, p. i34, tab. 5. Longueur totale du tèt, quatre lignes; couleur blanchâtre , transparente.

ORDRE NEUVIÈME. OSTRAPODES. Ostrapoda, Slraus.

Corps renfermé entredeux valves latérales ; point de tête distincte: un seul œil composé, sessile; pieds ambulatoires; mandibules palpifères; branchies tenant aux organes de lahouche; antennes longues , sétacéei et terminées par un faisceau desoies. (Sect. (les Lophyropes. Latr.)

Genre CLXXXIV. Cypris {Cypris, Mull., Latr., Lamck.., Leach , Stràus i Monoculus , Linn., Fabr. , Geoff., Jurine).

Corps réuni à la tête, ne présentant aucune trace de segmens, terminé par une queue molle, repliée en dessous et munie de deux filets à son extrémité; placé dans un têt bivalve dont là forme est plus ou moins ovalaire , comprimée, bombée en dessus sur la ligne moyenne ou la charnière , et plus ou moins échancrée en dessous ou sur le bord ouvert des valves. Un gros œil noir, sphérique , situé à la partie supérieure de la face antérieure du corps. Deux antennes insérées immédiatement en dessous de l'œil, longues, sétacées, composées de sept à huit

CARACTÈRES DES OSTRAPODES. 33 I

articles et terminées par un faisceau de douze à quinze soies; se portant en avant et sortant des valves des deux tiers de leur longueur. Pieds au nombre de six ; les antérieurs sortant du têt et se dirigeant en avant, beaucoup, plus forts que les autres , insérés au-dessous des antennes, formés de cinq articles dont les deux premiers représentent la hanche des pattes ordinaires de crustacés, le troisième la cuisse, le quatrième la jambe, et le cinquième le tarse(rextrémité de ces deux derniers étant garnie de quelques soies roides ou crochets); pieds de la seconde paire un peu plus foibles et plus courts, situés au milieu de la face inférieure du corps derrière la bouche, ayant leurpolnte sortie du têt et dirigée en avant ; pieds de la troisième paire placés immédiatement en arrière de la seconde, ne paroissant jamais au dehors, recourbés en arrière et en dessus, embrassant la partie postérieure du corps, terminés par deux très-petits crochets, et servant à soutenir les ovaires qui sont sur le dos. Filets du bout de la queue sortant du têt et dirigés en arrière, lîouche située vers la partie antérieure de la face inférieure du corps, et composée d'un labre en carène, d'unesorte de sternum aussi comprimé, faisant l'ofllce d'une lèvre inférieure ,d"unegrandepaire de mandibules palplfères et de deux paires de mâchoires; palpes des mandibules triarticulés, munis de soles et portant annexée au premier de leurs articles une petite lame branchiale divisée en cinq digitations ; mâchoires de la première paire , pourvues sur leur bord interne de quatre appendices en forme de mamelons mobiles terminés par une touffe de poils, et portant sur leur bord extérieur une grande lame branchiale dont la tranche supérieure est divisée en dents de peigne; mâchoires de la seconde paire beaucoup plus petites et sans lame branchiale. Œsophage droit dirigé de bas en haut. Estomac assez renflé, cylindrique, presque horizontal. Intestin droit , oblique , gros surtout près de lestomac , dont il est séparé par un léger étranglement. Ovaires considérables en forme de deux gros vaisseaux simples, coniques, terminés

382 CARACTÈRES DES OSTRAPOOES»

en ciil-tle-sac à leur origine , et placés extérieurement sur k côtés delà partie postérieure du corps ;s'ouvrant, l'un à côté de l'autre, dans la partie antérieure de l'abdomen , oii ils communiquent par le canal formé par la queue. Œufs sphériques.

Les Cypris dont M. Straus a bien fait connoître le premier la structure et l'organisation (Mém. du Mus. ,tom. VII) , nagent avec une grande facilité dans les eaux douces tranquilles, ou peu courantes, au moyen de leurs antennes et de leurs deux pattes antérieures. Leur nourriture consiste en substance animale morte et en conferves : leurs mues sont aussi fréquentes que celles des autres crustacés du même ordre , et dans cette opération elles se dépouillent de leur ancienne coquille, ce qui prouve évidemment que celle-ci est une dépendance de leur enveloppe générale , et non le produit inerte d'une sécrétion, ainsi que l'est la coquille des mollusques acéphales. On ne sait rien sur leur génération , quoique Ledermulier ait dit en avoir vu d'accouplés; et, comme tous les individus que l'on observe se trouvent pourvus d'œufs, on a cru pouvoir en conclure que ces animaux étoient hermaphrodites. Il seroit possible néanmoins, ainsi que le fait remarquer M. Straus, que les mâles n'existassent qu'à une certaine époque de l'année seulement. Cet observateur attentif a recherché l'organe mâle, et ne l'a pas trouvé, à moins qu'on ne regarde comme tel un gros vaisseau conique qui existe au-dessous de l'articulation de chaque mandibule, et qui est rempli d'une substance gélatineuse; mais ce vaisseau , paroissant communiquer avec l'œsophage par un canal étroit, pourroit plus vraisemblablement remplir les fonctions d'une glande utile pour la digestion.

Il paroit que les Cypris n'ont pas de métamorphoses, et que ces animaux ont, en sortant de l'œuf, la forme qu'ils doivent conserver toute leur vie.

En été, lorsque la chaleur dessèche les mares, les Cypris s'enfoncent dans la vase humide, et y restent vivantes jusqu'à ce que les pluies les remplissent de nouveau.

CARACTÈRES DES OSTRAPODES. S35

M. de Jurine a décrit les Cypris différemment de M. Straus, Il leur trouve huit pieds, et attribue aux soies qui terminent, ceux-ci , des fonctions respiratoires. Son travail sur la distinction des espèces de ce genre nous paroissant très-bon, nous allons en donner l'extrait.

Cypris ornée: Cypris ornafa, Mull., Entom., pi. 3 , fig. 4-6; Monoculus ornatus , Jarine jMonocl. , pi. 17, fig. 1-4. Longueur totale, ~ de ligne. C'est la plus grande connue. Sa coquille est d'un jaune verdâtre , et marquée de bandes vertes , dont l'une est transversale derrière l'œil, une seconde en double croissant plus en arrière, et accompagnée d'une dernière qui lui est parallèle.

Cypris ovale .- Cjpris ovata, Nob.; Monocle à coquille courte. Geoffr. , Ins., tom. 2, pag. 65è, u.° 5; Monoculusovatus, Jurine, Monoc, pi. 17, fig. Set 6. Longueur, une ligne; têt très-bombé en dessus, dans le point où est l'œil , de couleur verte avec une tache ovale, oblique , plus claire, de chaque côté.

Cypris blanche-lisse: Cypris conchacea,'Noh. ; Monoculus conc/iaceus,Linn., Faun.Suec.,n.° 2 o5o; Jurine, Monocl.,pag. 171, pi. 17, fig. 7-8 ; Monocle à coquille longue, Geoffr. , Insect. ,tom. 2, pag. 667, n.° /^•, Monoculus ovato-conchaceus ^ Degéer, tom. 7, pag. 476, n." 2 ; Cypris délecta, Mull., Entom., pi. 5 , fig. 1. Longueur, -pi '^^ l'goe. Corps assez régulièrement réniforme , comprimé, blanchâtre et lisse. Elle se tient dans la fange des marais , et nage de côté.

Cypris A duvet: Cyprispuhera, Muller, Entom. , pi. 5, fig. i-5; Monoculus puler , Jurine, Monocl., pag. 171 , pi. 18, fig. 1 et 2. Longueur totale, une ligne; têt comprimé, un peu obtus en avant, légèrement sinueux au-dessus de l'œil, bombé dans son milieu, d'une couleur verte d'aigue-marine très-claire, un peu teinte de rose postérieurement, hérissé de poils placés à quelque distance les uns des autres, et marqué de deux bandes parallèles obliques , qui naissent près de l'œil, et qui sont plus fortement colorées que le reste.

534 CARACTÈRES DES OSTRAPODES.

Cypris bordée ; Cypris marginata, Straus , Mém. du Mus., tome 7, pi. 1, fig. 20-22. Longue d'un millimètre ; valves vertes à marge blanchâtre, beaucoup plus larges en avant qu'en arrière , également bombées aux deux extrémités , légèrement échancrées en dessous, et hérissées de poils roides très-apparens ; soies des pattes antérieures très-longues. Des environs de Paris.

Cypris BRUNE : Cjprisfusca , Straus, Mém. du Mus. , tome 7, pi. 1, fig. 16; Joblot, Obs. d'Hist. Nat. , tome 1 , part. 2 , pag. 1 04, pi. 1 3 , fig. O ; Ledermuller, Amus. Microsc. , pag. 58, pi. 73. Longueur totale, | de millimètre; valves brunes, réniformes, plus étroites et plus comprimées en avant, couvertes de poils épars à peine sensibles ; antennes pourvues de quinze soies.

Cypris rouge : Cj'pris ruhra, Nob. ; Monoculus ruber, Jurinc , Monocl., pag. 172, pi. 18, fig. 3 et 4. Longueur totale, ^ de ligne ; forme générale de la précédente; têt peu transparent, d'un rouge terne, avec une large zone plus colorée qui le traverse dans son milieu.

Cypris orangée : Cypris aurantia , Nob.; Monoculus aurantius , Jurine, Monocl., pag. 175, pi. 18 , fig. 5 et 12. Longueur, ] de ligne; forme générale des deux précédentes ; également épaisse aux deux extrémités ; couleur orangée uniforme ; têt parsemé de très-petits poils ; antennes courtes comme celles de la Cypris brune. Les jeunes individus ont leur coquille beaucoup plus étroite postérieurement qu'antérieurement.

Cypris religieuse : Cjpris monacha , Mull. , Entom., pi. 5 , fig. 6-8; Monoculus monachus , Jurine, Monocl., pag. 175 , pi. 18, fig. i3 et 14. Longueur totale, — de ligne; têt court, comprimé, non réniforme, assez bombé en dessus, et un peu en dessous; couleur blanchâtre, avec la partie antérieure et inférieure des valves noirâtre.

Cypris verdoyante : Cypris virens , Nob.; Monoculus virens , Jurine , Monocl. , pag. j 7 4 , pi. 1 8 , fig. 1 5 et 16. Longueur, rr de

CARACTÈRES DES OSTRAPODES. 3S5

ligne; tel rénlforme, légèrement échancré en dessous, comprimé antérieurement, arrondi en arrière, non velu , d'un blanc verdàtre, avec une tache triangulaire verte, en dessus, derrière l'œil, se prolongeant sur la suture des valves; le bord antérieur de celles-ci également vert ; le milieu de chaque valve vert, avec deux bandes obliques, parallèles, vertes en arrière.

Cypris peinte : Cfprispicta, Straus , Mém. du Mus. , tome 7, pi. 1, fig. 17. Longueur totale, —de millimètre; valves plus bombées en arrière , non échancrées en dessous , couvertes de poils épars assez longs; dos nu ; couleur verte, avec trois bandes grises, se terminant en pointe en dessous.

CypRis enfumée: Cypris fuscata, Nob.; Mon.oculusfuscatus ^Ju- Tïne^Monocl.j^ag. 174, pi. i9,Sg. 1 et2 ; C)'pj-/sp(7o5a, Muller, Entom., pi. 6, fig. 5-6. Longueur totale , ^ ligne. Coquille un peu plus épaisse en avant qu'en arrière, très-haute un peu derrière l'œil, très-foiblement échancrée en dessous, velue, avec une tache alongée sinueuse brune sur sa suture postérieure , et une tache anguleuse de même couleur sur le milieu de chaque valve.

Cypris ponctuée : Oypris punctata , Nob.; Monoculuspunctatus, Jurine , Monocl., pag. 176 , pi. 19, fig. 3 et 4. Longueur, jjde ligne; coquille élevée en avant de l'œil, à peu près également comprimée aux deux extrémités, peu échancrée en dessous, velue et parsemée partout de petits points bistrés.

Cypris VEUVE: Cjpris vidua, Muller, Entomost., pi. 4, fig. 7-g . Munoculus vidua, Jurine , Monocl. , pag. 175, pi. 1 9 , fig. 5 et 6. Longueur, ~ de ligne. Coquille réniforme, ayant sa plus grande saillie au milieu du dos, velue, blanchâtre, et marquée en dessus de deux bandes noires festonnées, transverses, parallèles entre elles, et qui n'atteignent pas son bord inférieur.

Cypris blanche: Cjpris candida, Mull., Entom. , pi. 6, fig. 7-9: Monoculus candidus , Jurine , Monocl., pag. 176, pi. 19, fig. 7 et 8. Longueur totale , — j- de ligne ; têt réniforme, un peu plus

586 CARACTÈRES DES OSTRAPODES.

étroit et comprimé antérieurement, velu, blanc, avec une légère teinte rose en dessus, dans son milieu.

CypRis A UNE BANDE : Oypris unifasciata, Nob.; Monoculus unifasciatus , Jurine , Monocl. , pag. 176 , pi. 19, fig. 9 et 10; Cypris fasciata? Muller. Longueur totale, -~ de ligne; têt velu, plus large antérieurement, également droit et oblique sur ses deux bords supérieur etinférieur, vert clair, avec une bande transverse d'un vert foncé, derrière l'œil; cette bande étant bifurquée à chacune de ses extrémités.

Cypris striée : Cjpris striata, Nob.; Monoculus striatus , Jurine , Monocl. , pag. 177, pi. 19, fig. 1 1 . Longueur totale , f de ligne ; têt court , réniforme , assez fortement échancré en dessous , et marqué de stries concentriques à ses bords , analogues à celles qu'on observe sur les valves des coquilles du genre MuIette,UMio.

Cypris a deux bandes : Cjpris strigata, Mull. , Entomost., pi. 4, fig.4-G ; Monoculus listrigatus , Jurine, Monocl., pag. 177, pi. 19, fig. 12 et i3. Longueur, | de ligne; têt velu, alongé, échancré en dessous, élevé en avant, et oblique depuis ce point jusqu'à sa partie postérieure, où il est arrondi; couleur blanche, avec deux bandes bruhes transversales.

CvPRis VELUE : Cj'prisvillosa, Nob.; Monoculus villosus, Jurine , Monocl,, pag. 178 , pi. 19, fig. 14 et 1 5. Longueur totale, \ de ligne ; têt court, réniforme, élevé au milieu du dos, avec ses extrémités égales, d'un vert uniforme, extrêmement velu.

Cypris œîllée : Cypris ophthalmica , Nob. ; Monoculus ophthalmicus, Jurine, Monocl., pag. 178, pi. 19, fig. 16 et 17. Longueur totale, ^ de ligne; tèt court, très-élevé dans le dos et un peu antérieurement, légèrement échancré en dessous, jaunâtre, avec quelques nuances rougeâtres au bord antérieur et derrière l'œil ; celui-ci ayant une tache blanche dans son centre.

Cypris œuf : Cjpris Ovum, Nob.; Monoculus Ovum, Jurine, Monocl.,pag. 179, pi. 19, fig. i8 et ig. Longueur totale^l de ligne; coquille arrondie, peu réniforme, régulière, tout-à-fait lisse, et" d'une couleur blanchâtre rosée.

OARACTKHF.S DES OSTRAPODES. 58j

Genre CLXXXV. Cythérée {Cjthere, Mul!., Latr.; Cytherina, Lainck. ; Monoculus, Fabr.).

Corps renfermé dans un têt bivalve, généralement réniforme, qui a la plus parfaite ressemblance avec celui des cypris. Tête non distincte. Un seul œil. Deux antennes, simples, sétacées, formées de cinq ou six articles, et pourvues de quelques soies qui sont implantées à l'extrémité de chaque articulation. Pieds au nombre de huit, articulés, pointus et garnis de quelques soies, les antérieurs et les postérieurs étant plus longs que les intermédiaires; laissant tous voir leur extrémité hors du têt. La différence dans le nombre des pieds est la principale qui existe entre les cypris et les cythérées; mais nous avons tenu compte de ces membres chez les premières d'après les observations très- exactes de M. Straus, et nous sommes obligés de nous en rapporter à la description de MuUer pour les dernières. Il se pourroit donc que plusieurs des pieds intermédiaires des cythérées fussent des organes particuliers , et que le nombre de leurs vrais pieds ne différât pas de celui des cypris; et ce ne sera que lorsque ces animaux auront été examinés de nouveau par un naturaliste bien exercé dans l'art des observations microscopiques, qu'on pourra fixer définitivement leurs caractères génériques.

D'après l'analogie des formes générales, il y a lieu de croire que les cythérées, comme les cypris , ont leurs lames branchiales annexées aux mandibules et aux mâchoires, et que leurs pieds sont seulement destinés àla locomotion. S'il en est ainsi, cescntomostracés devront rester dans le même ordre , celui des ostrapodes. Les cythérées habitent les eaux salées et saumàtres des bords de la mer, et vivent, à la manière des cypris, au milieu des varecset des conferves.

Cythérée verte : Cjtliere viridis , Mull,, Entom. , pag. 64 , lab. 7, fig. 1 et 2 j Cjtherina viridis, Lamck., Anim. sans vert,,

B88 CARACTÈRES DFS BR ANCHIOPODES.

tome 5 , pag. laS. Longueur, 5 de ligne; têt court, réniforme, vert, tomenteux.

Cythérée jaune : Cythere lutea, Mull., Entomostr. , pag. G5; Cjtherina lutea, Lamck. , Anim. sans vert., tom. 5, pag. 126. Plus grande que la précédente ; têt réniforme , plus alongé , jaune et glabre.

Cythérée JAUNATRE ; Cythere jlaviàa^ Mull., Entom., p. 6Q , tab. 7, fig. 5 et 6. De la taille delà cythérée jaune; têt encore plus alongé, ovalaire, non réniforme, ni échancré en dessous, jaunâtre, lisse. Se trouve fréquemment sur la Flustra lineata.

Cythérée gibbeuse; Cythere gibba , Mull., Entom., pag. 66 , tab. 7 , fig. 8 et 9. Beaucoup plus grosse que les précédentes, quoiqu'elle n'ait pas plus d'une demi-ligne de longueur; têt blanchâtre, hispide, court, avec une gibbosité très-forte sur le milieu de chaque valve.

Cythérée bosselée : Cythere gihbera, Mull. , Entomostr. , p. 66, pi. 7, fig. 1 1 et 12. Aussi grande que la cythérée gibbeuse-, têt raccourci, renflé antérieurement, et encore davantage en arrière , un peu étranglé dans son milieu , tant en dessus qu'en dessous, verdâtre et lisse.

ordre dixième. BRANCHIOPODES, Branchiopoda.

Deuxyeux pédoncules ; pattes servant à la natation età la respiration ordinairement très-nombreuses. (Sect.des PHYLLOPEs,Latr.)

Genre CLXXXVI. Branchipe ( Branchipus , Lamck. , Latr. , Leach ; Branchiopoda , Lamck., Latr., Bosc ; Cancer, Linn. ; Gammarus , Fabr. : Apus, Schœffer; Branchiopus, Duméril; Chirocephalus , Bénédict-Prévost, Jurine).

Corps alongé, presque filiforme et très-mou, sans têt. Tête distincte, munie d'antennes filiformes , droites, flexibles, composées d'une multitude d'articles presque imperceptibles, de la longueur de la tête , au nombre de deux ou de quatre.

CARACTÈRES DES BRANCHIOI'ODES'. ôe^

Deux yeux à réseau frès-écartés , latéraux , pédoncules, mobiles. Deux espèces de cornes sur le front, beaucoup plus grandes et très-ayancées dans les mâles. Bouche composée d'un chaperon bifide, avancé, d'une papille en forme de bec , et de quatre autres pièces latérales. Pieds tous natatoires, d'égale longueur, placés au-dessous et sur les côtés du corps, formés de quatre articles, dont le premier court, et les trois derniers aplatis, ovales, ciliés sur leurs bords, et faisant fonction de branchies et de rames. Queue composée de six à neuf anneaux-, dont le dernier muni de deux feuillets alongés , pointus et ciliés sur leurs bords. Organes des sexes situés après la dernière paire de pattes, à l'origine de la queue, et aussi dans la femelle près de Textrémité de celle-ci. (Voyez les généralités page 64.) Les animaux de ce genre , dont on a distingué deux espèces , vivent dans les petites mares d'eau de pluie, et y nagent renversés sur le dos, avec beaucoup de vélocité, à l'aide de leurs pattes branchiales^

Branchife DBS ÉTANGS: Branchipus stagnalis , Latr. , Leach, Lamck. ; Cancer stagnalis , Lmn. ; Apus pisciformis , SchaefF. ; Gammarus stagnalis , Fabr.; Herbst, Cancr. , tab. 3 5 , fig. 5 à 1 o. Longueur, dix lignes; cornes du mâle horizontales ; nageoires de la queue larges; antennes au nombre de quatre; œufs des femelles bleus, renfermés après la ponte dans un sac ovale qui est placé sous la queue.

Branchife dès marais: Branchipus paludosus, Latr.; Cancer paludosus , MuUer, Prodr. Zool. Dan. , tab. 48 , fig. 1-8 ; Herbst, Cancr., tab. 55, fig. 3,4 et 5; Chirocephaius diaphanus , Bénédict-Prévost, Journal de Physique, messidor an II; ejusd. , Mém. sur le Chirocéphale, joint au travail de M. de Jurine sur les Monocles, pag. 201, pi. 20, 21, 22. Cornes du mâle perpendiculaires; nageoires de- la queue filiformes; deux antennes dans les deux sexes.

Comme il se pourroit néanmoins que le chirocéphale consiituàt une espèce particulière , je vais donner, d'après M. Eé-

5^0 CARACTÈRES DES BRANCHIOPODES.

nédict -Prévost, quelques détails sur ses formes et sur ses mœurs. L'animal a jusqu'à un pouce et demi de longueur. La tête est séparée du corps par une sorte de col que forme le premier anneau dépourvu de pattes; les deux antennes sont droites, cylindriques et terminées par une touffe de petits poils ; les deux cornes des. mâles (premiers doigts , Bénédict-Prévost ), qui sont destinées à fixer la femelle lors de l'accouplement, sont formées chacune de deux pièces verticales, dont la dernière est étroite, courbée en dedans pour correspondre à celle de la corne opposée, et constitue avec elle une sorte de tenaille à branches courbes; deux grands tentacules en forme de trompes molles (second doigt du chirocéphale adulte, 'Bénédict-?révosi), mais non traversés par un canal, placés à la base des cornes en dedans, mobiles , roulés en spirale, pourvus à leur racine, du côté extérieur, de quatre appendices charnus, cylindriques et parsemés de petites épines, et d'une membrane triangulaire languetée , qui se déploie dans l'accouplement (i). Ces deux organes, manquant dans les femelles qui ont à la place des cornes en forme de pinces , deux simples protubérances coniques assez avancées. Yeux fort grands , à réseau, ordinairement noirs, quelquefois bruns ou marbrés de blanc, portés sur des pédoncules assez longs. Bouche composée, i.°de deux mandibules très-grandes, ayant leur extrémité triturante, large, obtuse et garnie d'un grand nombre de petites dents , comme les dents d'une lime ; 2.° de deux organes particuliers ( barbillons des mandibules , B. Prévost ) , formés de deux pièces, l'une épaisse, et l'autre mince et garnie d'une vingtaine de filets très-déliés, qui sont placés de ma-

(i) Ces tentacules, ou seconds doigts de M. B. PreVost existent aussi dans le Branchipe stagnai. Ce sont les pelites antennes, corniculœ ^ distingue'es par Sc\iîtSir.(Jpus pUciforniis ^ ijSz , fig. V, VI et VII , lettre e.)

CARACTÈRES DES ER ANCfllOPODES. Sq 1

uiere que les alimens qui arrivent aux mandibules doivent passer entre eux ; 3." de deux petits appendices {papilles, B.Vré-^ vost) , situés sous le corps, et non sous la tête, paroissant destinés à pousser les alimens entre les filets, 4." d'une lèvre supérieure {soupape , B. Prévost) , insérée à la base et au centre des parties delà bouche, un peu au-dessous d'une tache noire, triangulaire, qui est le rudiment des yeux lisses; cette lèvre s'étendant sur les mandibules et les barbillons, et arrivant jusqu'auprès de l'intervalle qui sépare les deux papilles. Corps en forme de bateau ou de canot alongé , dont la carène est sur le dos, composé d'un anneau sans pattes, et de onze anneaux pédigères. Queue consistant en neuf segmeus dont les deux premiers supportent les organes externes de la génération. Pattes en nageoires, dont les trois derniers articles alongés .^ ovalirires, sont très-ciliés sur leurs bords. Organes extérieurs du mâle en forme de deux corps conoïdes , obtus , et les intérieurs composés de longs vaisseaux spermatiques.Vulves des femelles placées tout-à-fait à Pextrémité de la queue . ne servant pas à la sortie des œufs. Ovaires, situés dans toute l'étendue delaqueueàdroiteetàgaucheducanalintestinal,elremontant jusqu'au second anneau où ils communiquent avec une grosse poche extérieure, conique, remplie d'œufs, qui est ici l'analogue des sacs ou matrices extérieures des cyclopes, et dont l'ouverture est à sa pointe. Queue à lanières étroites, pourvues sur leur contour de soies qui elles-mêmes sont ciliées. Cœur consistant en un vaisseau dorsal, semblable à celui des insectes. Intestin droit, ayant deux œsophages , et se terminant à l'extrémité du dernier anneau de la queue.

Les chirocéphales, en sortant de l'œuf, ont le corps divisé en deux masses globuleuses à peu près égales. La première renferme un gros œil lisse, et donne attache, 1.° à deux antennes courtes, cylindriques et pourvues de poils au bout , 2° a. deux très -grandes rames dont l'extrémité est ciliée, et, ù° à deux pattes assez courtes et grêles , formées de cinq

39^ CARACTERES DES BRANCHIOPODES.

articles. Apres la première mue , ils ont trois yeux , l'intermédiaire lisse , et les deux latéraux composés; la partie postérieure du corps est alongée, conique, divisée en anneaux, et terminée par deux petits filets. Plus tard et après plusieurs mues, les pattes se montrent et se développent déplus en plus, tandis que les rames s'atrophient et disparoissent -, l'œil simple interméd-^'aire reste rudimentaire (i).Dansles jeunes encore, la lèvre supérieure ou soupape est énorme, puisqu'elle recouvre le ventre, mais son volume diminue progressivement avec l'âge.

Les chirocéphales se trouvent dans les petites mares d'eau trouble, mais non corrompue , et souvent dans celles qui ont été formées momentanément à la suite des grandes pluies. Ils nagent sur le dos avec beaucoup de facilité , et p^aroissent continuellement occupés à manger de petits corps animaux ou végétaux que l'eau tient en suspension. Leur accouplement a de Panalogieavec celui des libellules, c'est-à-dire que le mâle, nageant au-dessous de la femelle , la saisit au cou avec les appendices qui munissent sa tête, et s'y tient fixé jusqu'à ce que celle-ci recourbe sur lui l'extrémité de sa queue, de façon à mettre en contact ses deux vulves avec les deux organes copulateurs qui doivent la féconder. Les œufs jaunâtres, sphériques, irréguliers, ont une enveloppe épaisse et dure qui les conserve en été à sec et dans la poussière , ou dans la terre, jusqu'à ce qu'une circonstance favorable, telle que la présence de l'eau de pluie en quantité suffisante leur permette d'éclore.

Ce qui arrive pour ces œufs , a lieu également pour ceux du branchipe des étangs , et il faut que ces derniers aient une vitalité au moins aussi grande que la leur, car j'ai observé des animaux de cette espèce dans de petites flaques d'eau pluviale sur les sommités des rochers de grès de Fontainebleau, qui sont ordinairement à sec, et exposés pendant plusieurs mois de l'été aux rayons ardens du soleil.

(i) C'est lui qu'où aperçoit sous la forme d'un chevrou noir sar la tète des adultes.

CARACTEflES DES BR ANCHIOPODES. OC] 3

Les femelles des chirocéphales font plusieurs pontes distinctes à la suite d'un seul accouplement; chacune en plusieurs reprises qui durent ensemble quelques heures, et jusqu'à un jour entier. Chaque ponte est de cent à quatre cents œufs; ceux-ci sont lancés au dehors avec beaucoup de vitesse, par jets de dix ou douze , et avec assez de force pour pouvoir s'enfoncer un peu dans la vase.

Genre CLXXXVll. Artémie {Artemia, Leach; Artemisus , Lamck. ; Cancer, Linn.-, Gammarus , Fabr.).

Corps ovale à tête non séparée, et postérieurement caudifère. Deux antennes courtes , subulées. Deux yeux subpédonculés. Bouche placée sous le bord antérieur de la tête. Queue longue terminée en pointe. Dix paires de pattes lamelleuses, natatoires, ciliées, finissant par une soie.

ArtÉxMie s\une: Artemia salina, Leach ; Cancer salinus, Linn.; Gammarus salinus , Fabr. ; Cancer salinus , Montag., Trans. Soc. Linn. ,tom.XI, pag. 2o5,tab. i4,fig. 8, g, lo jArtemisus salinus, Lamarck, Anim. sans vert., tome 5, pag. i35. Animal trèspetit, commun dans les marais salans de Lymington en Angleterre, lorsque l'évaporation de l'eau de mer est très-avancée.

Genre CLXXXVIII. Eulimène {Eulimene, Latr.; Artemia, Leach).

Corps ovale , oblong , linéaire. Tête transverse avec les yeux noirs, latéraux , portés chacun sur un pédoncule assez grand et cylindrique. Deux antennes presque filiformes, mais un peu plus menues au bout, simples, un peu pluslonguesque la tête , insérées entre les yeux. Deux petits corps filiformes, semblables à des palpes placés à l'extrémité antérieure delà tête. Premier article du corps élargi sur les côtés, servant de cou. Pattes au nombre de vingt-deux , placées sur les côtés du corps, paroissant composées de quatre à cinq articles membraneux.

Ô^/^ CAHACîERES DES BHANCHIOI'ODES.

OU en lames 5 dont les trois premiers et le. dernier plus petits , celui-ci allant en pointe, et aucun d'eux n'étant double.- le dernier de la onzième paire étroit vers son extrémité qui est arrondie. Une pièce arrondie et globuleuse , attachée vers le milieu des pattes comprises inclusivement entre la quatrième et la dixième paire. Une pièce renflée presque demi-globuleuse, remplie d'une matière noirâtre, terminant le corps postérieurement et remplaçant la queue, de laquelle sort un filet semblable à un boyau alongé , aussi noirâtre , que M. Latreille soupçonne être un oviductus.

EuLiMÈNE BLANCHATRE : EuUmene albida , Latr. , Règn. Anim. , tome 3, pag. 68;Nouv. Dict. d'Hist. nat. , tom. \o, pag. 535 ; Artemia EuUmene, Leach, Dict. des Se. nat., tom. XIV, pag. 543. Couleur blanchâtre ; extrémité postérieure du corps noirâtre. De la Méditerranée près de Nice.

Genre CLXXXIX. Zoé {Zoea, Bosc, Latr., Lamck., Leach; Monoculus, Slabber).

Corps ayant un têt presque ovale, avec lequel la tête se trouve confondue, terminé en avant par un très-long rostre infléchi. Quatre antennes presque égales, dont les extérieures sont bifides et coudées ;deuxyeux presque sessiles extrêmement gros et saillans, placés à la base du rostre et au-dessus des antennes. Parties delà bouche inconnues. Une grande pointe relevée et dirigée en arrière , placée en arrière du corselet ou de la carapace. Abdomen long, replié en dessous , formé de quatre segmens aplatis, presque égaux , étroits , et d'un cinquième terminal, plus grand et fourchu. Pattes très-courtes et cachées sous le corps, à peine visibles, à l'exception des deux dernières qui sont très-longues et en nageoires.

M. Latreillesoupçonne que cegenre appartient moins à la sousclasse des entomostracés qu'à celle des malacoslracés, et M. Leach pense qu'il appartient au même groupe que lesNébalies.

CARACTÈRES DES BRANCHIOPODES. SgS

Zoé pélagique : Zoea pelagica , Bosc , Crust. , tome 2 , pi. 1 5 , fig. 3-4. Transparent comme du verre; yeux et une tache à la base de l'épine dorsale, d'un beau bleu ; grandeur, j de ligne. De l'Océan atlantique.

Zoé a masse : Zoea clavata, Leach, Journ. de Phys., 1818, avril, pag. 5o4, fig. 4; Enc.Méth. , pi. 354, fig. 5. Plus grosse ; rostre droit et non infléchi ; tét globuleux avec deux longs prolongemens en massue de chaque côté.Dela côte occidentale d'Afriquç.

Le monoculus Taurus de Slabber, Microsc, tab. 5, paroît devoir rentrer dans ce genre (1).

(1) J'ai pris à tàclie, ainsi qu'on a pu le remarquer dans le courant de ce cliapitre, de passer en revue tous les genres qui ont été formés jusqu'à ce jour dans la classe des crustacés, et d'en exposer les principaux caractères. Quelques uns néanmoins ont échappé à mes recherches, et je ne connois encore que leurs noms seulement. Ce sont ceux qui ont été appelés par M. Leach ( article Crustacés du Dictionnaire des Sciences naturelles) : Charaxia, Etyjea, Gemallia, Herynus, Isochirus, LeptosoMA, Nectocerus, Nectyleus , PsANMYLLus ct Rhetiaj et par M. Rafinesque (Précis de Découvertes somiologiques) : Jakerea, Isolus, Cerophas,.Protoku,Tei.esto,Stehyo, Cychreus, P£phredo,Dameus et Dihao.

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