‹ Considérations générales sur la classe des insectesChapitre 21 sur 39 · Chétoceres · texte numérisé non relu

Chétoceres

Les Ropalocères ou globulicornes correspondent au genre Papillon de IJiinæus. Ils ne se filent pas de coque. La plupart s'accrochent par la queue : les uns restent suspendus verticalement ; d'autres, avant de se changer en chrysalide, ont eu la précaution de passer quelques fils qui les entourent en dehors, comme une sorte de sangle transversale, pour se maintenir rapprochés des corps sur lesquels ils se sont fixés. Toutes les espèces volent pendant le jour, et non le soir : tels sont les papillons, les hespéries, les hétéroptères. (PI.40 et4i.)

Les Clostérocères ou fusicornes ont les antennes en fuseau ou en prisme , plus gros au milieu. Leur corselet est en général plus gros que dans les papillons ; leurs ailes inférieures s'accrochent aux supérieures par un poil roide, qui est reçu dans une sorte d'anneau du bord interne près de la base. Ces ailes ne peuvent pas s'élever verticalement. La plupart ne volent qu'au crépuscule, principalement le soir. On rapporte à cette famille les sphinx, les sésies, les zygèn^. (PL42.)

Les Nêmatocères ou filicomes offrent, comme leur nom l'indique, des antennes à peu près en fil, dentelées, ou en peigne : leurs ailes sont en toit, le plus souvent arrondies; elles sont aussi accrochées par un fil roide. La plupart des chenilles se filciU un cocon. Les bombyees, les cossus, les hépiales composent cette famille. (PI. 44 et 45 .)

Enfin, la dernière famille , celle des Chétoceres ou séticornes, comprend tous les lépidoptères dont les antennes sont plus grêles à leur extrémité libre ou en forme de soie. C'est le groupe le plus nombreux. 11 comprend des espèces qui

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n’ont entre elles d’autre analogie que dans la forme des antennes; car, sous l’état parfait, elles ont un port très-varié, principalement par la forme des ailes : ensuite les chenilles diffèrent beaucoup encore pour la conformation, les mœurs et les habitudes. Parmi les espèces de cette famille , les unes , comme celles des genres Phalène et Ptérophore, ont les ailes étendues, même dans l’état de repos ou d’inaction; les autres, lorsque l’insecte ne vole pas, ont des ailes disposées de manière à former une sorte de fourreau ou de gaine au corps, comme les lithosies et les teignes; enfin, chez un plus grand nombre, comme dans les pyrales, les alucites, les crambes et les noctuelles , les ailes forment, dans l’état de repos, une sorte de toit sur le corps. (PI. 42 et 43.)

Le septième ordre de la classe comprend tous les insectes qui, sous leur dernier état, n’ont que deux ailes membraneuses, et qui sont privés de mâchoires : on les appelle DIPTÈRES, diptera insecta.

Ce nom est formé de deux mots grecs, deux, et ailes. Il est très-ancien dans la science : on le trouve souvent dans l’Histoire des animaux d’Aristote, et toujours employé d’une manière générale, pour indiquer les mouches, les cousins, les asiles ou astres , et comme une division d’ordre. (Histoire des animaux, livre I, chap. 5; livre IV, chapitres 1 ^7-)

Depuis, quelques auteurs systématiques ont employé, comme synonymes de diptères, et par opposition avec les autres ordres de la même classe des insectes, les dénominations suivantes : les uns, en tirant les caractères des ailes, les ont nommés les anéljtres bipennes , ou gjmnoptères à balanciers (halterata) : d’autres, d’après Fabricius, ne considérant que la structure de la bouche des diptères, antliatés ( antliata

Nous avons dit que tous les insectes à deux ailes apparentes n’étoient pas rapportés à cet ordre ; qu’il falloit de

plus que ces ailes ne fussent pas protégées par des rudimens d’élytres; que ces insectes fussent privés de mâchoires, et enfin qu’ils présentassent une même conformation et des métamorphoses analogues.

Les diptères correspondent à l’ordre des antliatés de Fabricius, ainsi nommés d’après la forme de leur bouche, qui présente un suçoir, du mot grec, ttvrXn, un biberon (bihorium). Cet instrument, qui caractérise réellement ces insectes , présente trois modifications différentes. Tantôt il est solide, comme corné, saillant au dehors, même dans l’état de repos, comme dans les asiles, les stomoxes, les cousins; et il consiste en une sorte de gaine à la base de laquelle on voit des écailles qui correspondent aux palpes, et dans l’intérieur plusieurs soies roides, mobiles les unes sur les autres : c’est là un véritable suçoir en pipette (haustellum), et les diptères ainsi organisés sont dits liaustellés, ou à suçoir corné, sclérostomes.

Tantôt cette bouche des diptères forme une sorte de suçoir charnu , rétractile , alongeable , rentrant dans une cavité du front, terminé ordinairement par une partie plus large, souvent divisé en deux lèvres qui font l'ofiBce d’une ventouse ; c’est ce que l’on nomme une trompe [prohoscis), et les insectes ainsi conformés sont appelés sarcostomes ou à bouche charnue, comme dans les mouches, les syrphes, les stratyomes.

Enfin, tantôt la bouche des diptères simule une sorte de museau, garni de palpes plus ou moins longs et articulés avec une trompe très-courte ou un suçoir caché dans l’épaisseur du museau, qui est aplati et saillant; ce qui les a fait nommer des mouches à museau ou bec-mouches, comme on peut l’observer dans les hydromyes, telles que les lipules, les hirtées, les scatopses.

Quoique l’ordre des diptères soit assez naturel, il l’est cependant beaucoup moins que la plupart des autres, à

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l’exception de celui des aptères; car les métamorphoses, les larves, les nymphéas, sont tout-à-fait différentes dans quelques genres, comme nous aurons occasion de le développer par la suite.. Les seuls rapports bien évidens que les espèces d’insectes diptères aient entre elles, ce sont les deux ailes, qui le plus souvent offrent au-dess,ous de leur base, sur le dos du corselet, deux appendices plus ou moins alongés, quelquefois recouverts par une espèce d’écaille ou de cuilleron, et terminés par une sorte de petite masse ou de renflement arrondi, que l’on nomme balancier,

La tête des diptères est ordinairement arrondie dans tous les sens, excepté en arrière, où elle est comme tronquée transversalement et accolée sur le devant de la poitrine, qui la reçoit comme sur un pivot entièrement ligamenteux, et susceptible de se tordre ou de tourner sur une portion de cercle saillant qui se remarque au-dessus de l’ouverture qui donne passage au conduit des alimens, qu’on nomme l’œsophage. Dans quelques espèces, cette portion d’anneau est saillante, et l’insecte paroît porter la tête sur une sorte de cou, comme dans les mutions, les ceyx et quelques tipules. Dans la plupart, au contraire, la tête est sessile ou appliquée immédiatement sur la poitrine : c’est ce qu’on voit dans les mouches, les asiles, les thérèves, etc.

Les antennes des diptères sont en général très-courtes, excepté dans la famille des hydromyes; elles sont insérées sur le devant de la tête, entre les yeux et au-dessus de la bouche. Elles sont d’ordinaire très-rapprochées. Il est même dés genres, comme ceux des asiles et des céries, qui les portent sur une base commune. Le plus souvent les antennes, que nous nommerons courtes, par opposition à celles des bec-mouches ou hydromjes, ne sont composées que de trois ou quatre articles, dont le dernier l’emporte en longueur sur tous les autres ; il est tantôt en fuseau ou en fer d’alène, comme dans les empis, les stratiomes, les asiles; tantôt en pa-

Jette aplatie, comme chez les mouches, les sjyrphes; ou en croissant, comme dans les taons. Ce dernier article porte toujours, chez les chétoloxes, un appendice simple ou composé ; quelquefois c’est un poil plus ou moinsalongë, comme dans les tétanocères, les sjrpkes, les échinomjes, etc. Quelquefois ce poil porte lui-même d'autres poils latéraux : ü est dit alors plumeux ou barbu, comme dans les cénogastres, les mouches proprement dites. On ne voit pas cette sorte d’appendice latéral dans la famille nombreuse des aplocères , qui comprend entre autres genres ceux des bihions, rhagions, stratyomes, etc.

Les antennes qui présentent le plus de variétés, sont celles des hjrdromjes, chez lesquelles elles offrent autant de modifications que dans les lépidoptères à antennes en soie ou en

fil, auxquelles elles semblent d’ailleurs former le passage ; de même que, dans ces genres, les mâles ont en général les antennes beaucoup plus longues et plus développées que les femelles. Le seul genre des cousins, parmi les sclérostomes, présente la même particularité.

Les yeux des insectes à deux ailes sont ordinairement trèsgrands , à réseaux, et taillés à facettes; dans les mâles, ils sont souvent beaucoup plus gros et plus étendus que chez les femelles, ce qui donne à leur tête des proportions toutes différentes, comme on peut le voir dans les taons les chrjsops, les stratiomes, les hirtées ou bibions de Geoffroy,

etc. ; dans le genre Diopside, ces yeux sont portés sur une partie de la tête qui se trouve très-protongée dans le sens transversal.

Outre ces yeux à réseaux, qu’on a nommés à facettes ou réticulés, les diptères ont aussi sur le sommet de la tête des points saillans arrondis, lisses, au nombre de trois, disposés en triangle ; c’est ce que l’on nomme des stemmates on en ignore l’usage. Plusieurs mâles en sont privés, et même les deux sexes dans quelques espèces.

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La bouche des diptères présente , comme nous l’avons dit, trois sortes de modifications différentes. Jamais ces insectes n’ont de mandibules, ni de mâchoires : par conséquent sous l’état parfait ils ne peuvent faire leur nourriture d’alimens solides. On retrouve cependant, dans les parties qui constituent leurs instrumens cibaires, des restes des organes qui forment la bouche dans les insectes dits màcheurs ; savoir, les lèvres supérieure et inférieure, les mandibules, les mâchoires et les palpes. Les espèces qui ont la bouche la plus compliquée sont celles dites sclérostomes, comme chez les cousins, les asiles, les taons. C’est une sorte de siphon ou de pipette qui fait l’office de pompe. Dans l’intérieur de ce tuyau sont disposées des lames alongées, pointues, qui agissent en même temps, comme des lancettes, pour percer le tissu des corps organisés dont l’insecte veut pomper les sucs. Dans d’autres diptères, qui prennent leur nourriture à la surface des corps vivans, la trompe n’est point munie de ces sortes de dards intérieurs : elle se termine par une partie évasée en pavillon, le plus souvent formée en même temps de deux lèvres charnues, contractiles, qui s’appliquent exactement par la circonférence, comme les bords d’une ventouse, au centre de laquelle est situé le tube aspirateur qui livre passage aux humeurs absorbées.

La partie qui vient immédiatement après la tête, quand on considère le tronc des diptères, reçoit la première paire de pattes. Comme dans la plupart des hyménoptères, cette sorte d’avant-corselet ne se voit pas du côté du dos, parce qu’elle n’atteint pas le haut de cette partie; elle est comme taillée en coin, et placée entre la tête et la poitrine.

Le corselet ou thorax, qui fait la partie moyenne du tronc, et qui est situé entre la tête et l’abdomen, est en général fort gros dans les diptères; car il renferme les muscles et les articulations des ailes et des deux paires de pattes postérieures. Il est percé latéralement par les orifices de

deux paires de trachées qu’on nomme stigmates. On voit souvent sur le dos du corselet, en arrière, une partie saillante, qu’on nomme écusson, et qui offre deux ou plusieurs pointes dans les stratyomes ou mouches armées. Sur les côtés, en arrière des articulations des ailes, sont les cavités destinées à l’articulation des balanciers [haltères, libramenta). On a regardé ces parties comme les rudimens des ailes inférieures; mais on ignore tout-à-fait leur usage. Dans les hydromyes , les balanciers sont à nu, c’est-à-dire non recouverts par les cuillerons. Les sarcostomes les ont plus courts en général que les sclérostomes ; à peine peut-on les distinguer dans les hippobosques. Il n’y en a plus du tout dans les mélobosques.

Les ailes des diptères varient beaucoup pour la forme; elles sont alongées, et dans l’état de repos l’insecte les porte horizontalement : soit disposées en triangle, comme dans les mouches, les thérèves ; soit en longueur ou au-dessus de l’abdomen, comme dans le cej^x, les asiles; soit enfin en travers, comme dans quelques anthrax, quelques tipules. Leur bord intérieur est en général très-mince et sans nervures : l'extérieur, qu’on appelle la côte, est ordinairement renforcé et comme doublé pour donner à l’aile plus de solidité. Cette côte ou ce bord externe est souvent cilié à la base. Dans les psychodes phalénoides et les cousins, les neivures des ailes sont ciliées ou garnies de poils aplatis en forme d'écailles, très-régulièrement disposés. La base de l’aile des diptères est le plus souvent échancrée en dedans près de l’articulation, et la partie qui paroît comme emportée se retrouve repliée en-dessous, de manière à se développer lorsque l’aile est étendue dans le vol. On remarque en outre, au-dessous de l’aile, dans beaucoup d’espèces, excepté dans la famille des hydromyes, une petite écaille arrondie, concave en-dessous, qu’on nomme aileron ou cuilleron. On a regardé cet aileron, ainsi que le nom l’indique, comme le rudiment

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d’une seconde aile. Ces parties sont surtout très-développées dans les thérèves et dans les mouches domestiques; elles sont très-petites dans les anthrax et dans les cejx; il n’y en a plus, de distincts au moins, dans les cousins et dans les homhfles. Dans l’hippobosque des hirondelles, l’aile n’est qu’une sorte de style qui n’est presque plus propre au vol.

Les pattes des diptères sont ordinairement alongées et trèsgrêles; elles sont composées de quatre parties : i." d’une hanche ou omoplate articulaire, qui est reçue sur le tronc ; elle est très-courte et bornée dans ses mouvemens ; 2." d’une cuisse, ou bras, qui est quelquefois renflée et dentée, comme dans les scatopses, les hirtées, quelques sjrphes; 3.° vient ensuite la jambe ou tibia, qui offre aussi beaucoup de différences suivant les espèces; et4.°, enfin, le tarse, qui est presque constamment composé de cinq articles, mais qui se termine diversement , suivant les mœurs de l’insecte parfait.

Le tarse des diptères, outre les deux crochets qui le terminent, est souvent garni en-dessous, sous le dernier article, de mamelons ou de pelottes formées de lames entaillées qui s’appliquent exactement sur les surfaces les plus lisses, et y font adhérer le corps des Insectes, qui peuvent alors s’y accrocher et s’y suspendre contre leur propre poids. Dans l’hippobosque de l’hirondelle, il y a six crochets à chacun des tarses.

Le ventre ou l’abdomen des diptères n’est le plus souvent lié et adhérent à la poitrine que par une très-petite portion de sa base, laquelle forme comme un pédicule, quelquefois sur une coupe transversale, et alors le ventre est dit sessile, comme dans quelques sjrphes , les cénogastres, les mouches; tantôt ce pédicule est alongé, comme dans les cejx, les cosmies , les céries, les conops, etc. On compte de cinq à neuf anneaux dans l’abdomen, dont la forme générale varie ; il est court, alongé, plat, conique, en massue, pointu, arrondi, terminé par une sorte de stylet corné, échancré; enfin il présente un très-grand nombre de variétés suivant

les sexes et les mœurs, qu’il indique jusqu’à un certain point.

Les insectes à deux ailes vivent peu de temps sous l’éfat parfait, seulement pendant l'espace nécessaire pour la réunion des sexes, et pour la ponte ou la propagation des germes dans les lieux qui conviennent à leur développement et que la mère sait choisir par instinct, quoique souvent de nature tout-à-fait différente de celle qui forme l'aliment de l’animal à son dernier période d’existence.

Les diptères marchent peu : aussi, comme nous l’avons dit, leurs pattes sont-elles généralement fort grêles; cependant les asiles les ont très-alongécs et très-fortes, terminées par des ongles crochus et acérés, qui sont destinés, ainsi que les serres des éperviers, à retenir la proie s:.isie vivante, afin que l’insecte puisse la dévorer à son aise et sans résistance.

Beaucoup ont la faculté de s’appliquer sur les corps les plus lisses, et d’y adhérer à l’aide de papilles veloutées ou garnies de lames placées en recouvrement les unes sur les autres, à peu près comme celles que l'on distingue si bien sous les tarses de quelques reptiles qu'on nomme des geckos : tels sont en particulier les mouches domestiques, les syrphes, les thérèvcs, les asiles. Chez d’autres, comme dans les dolichopes^ les tipules. les cey.T, les tarses sont tellement alongés, que l’insecte peut s'en servir pour se soutenir, comme les hydromètres, à la surface de l’eau, et y courir avec prestesse : ce qui en a fait nommer quelques-unes mouches de Saint-Pierre. Enfin, les tarses de quelques espèces parasites, comme dans les hippobosques, mélobosqiies, ont des appendices crochus, et sont terminés par des griffes en tire-bouchon, qui donnent à ces insectes la faculté d’adhérer aux plumes et aux poils des animaux , dont ils sucent les humeurs.

Le vol des diptères est généralement fort rapide. Il en est, comme certaines tipules, qui forment en l’air des danses ou des chorées régulières, pendant des journées entières, ou

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à des heures et dans des lieux déterminés; quelques-uns, comme quelques sjyrphes, persistent à planer constamment dans les mêmes lieux. Les asiles ont à peu près le vol des oiseaux de proie et leur chute foudroyante lorsqu’ils veulent saisir leur proie; les lombjles, les anthrax, les cénogastres voltigent long-temps avant de s’arrêter et de se fixer sur le point qu’ils semblent examiner long-temps d’avance. La plupart font entendre dans le vol un bourdonnement ou un murmure très-incommode; tels sont les cousins, les sjyrphes : on l’a attribué long-temps au balancier qui battroit sur le cuilleron ; ce ne seroit pas le cas des cousins , puisqu’ils sont privés de cette dernière partie. Plusieurs échinomyes, cénogastres et sjrphes font entendre ce bruit, même lorsqu’on s’oppose au mouvement de leurs ailes.

Tous les diptères semblent doués des organes des sens, et leurs sensations paroissent même assez développées. Ils sont attirés par les odeurs à tel point, que les mouches de la viande viennent déposer leurs larves sur des plantes dont les fleurs sont infectes, telles que celles des stapélies et de la serpentaire {arum dracunculus). On sait que les fruits, même soustraits à leur vue , attirent les mouches de toutes parts; qu’on les allicie par le miel. A peine des matières propres à la nourriture des diptères ou à celle de leurs larves sontelles déposées sur le sol, qu’on y voit arriver de toute part, alléchées par l'odeur, des nuées de diptères qui bientôt se disputent la place. Presque tous sont diurnes : ce n’est que dans le jour qu’ils distinguent parfaitement les objets et qu’ils savent éviter tout ce qui peut leur nuire ; aussi leur vue perçante les soustrait-elle souvent aux dangers. Ils paroissent percevoir parfaitement les sons, et quoique la plupart des espèces ne fassent entendre, à l’époque de la fécondation, aucun son particulier, il est facile de reconnoître, lorsqu’on les saisit, que le bourdonnement varie suivant la durée ou la gravité du danger, que l’insecte

semble prévoir. Quant au goût, il n’y a pas le moindre doute que chaque espèce n’en soit douée, puisque les unes recherchent les matières fermentées uniquement, d’autres les sucs naturels, tels que les sécrètent les divers organes des végétaux; que certaines fleurs les attirent, que d’autres semblent les repousser; que celles des ombellifères, par exemple, et des synanthérées, en sont couvertes, tandis qu’on en voit peu sur celles des anémones, des labiées , ou de telle autre famille.

Nous avons déjà dit que les diptères ne se nourrissoient guère que des humeurs ou des sucs des corps organisés. On voit cependant quelquefois ces insectes saisir, emporter des matières solides, comme de petites parcelles de sucre ou de matières gommeuses ; mais, pour les avaler, ces animaux ont l’instinct de dégorger dessus une sorte de salive qui les fluidifie et leur donne ainsi la facilité de les pomper, de les absorber par une sorte de succion. Quoique, sous leur dernière forme, les diptères ne croissent plus, la plupart ont besoin de prendre beaucoup de nourriture, ou plutôt de boire beaucoup. Leur canal intestinal est assez compliqué, et plusieurs ont des appendices à l’estomac ou un estomac divisé en plusieurs loges, et le résidu de leurs alimens est toujours liquide.

Le mode de génération varie dans les diptères des différentes familles. Chez les hydromyes, comme dans quelques tipules, les hirtées, l’accouplement ou la réunion des sexes dure très-long-temps; et, outre la différence de la taille qui est beaucoup plus grande dans les femelles, et la forme des antennes qui sont plus développées dans les mâles, l'extrémité libre de l’abdomen indique de suite la différence sexuelle : le ventre se termine en massue dans les mâles, parce qu’il y a là des crochets propres à retenir la femelle , tandis que celle-ci offre ordinairement un ventre terminé par une pointe plus ou moins acérée et protractile, qui sert en même

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temps d’oviducte, et souvent de tarière pour insinuer les œufs dans le lieu propre à la nourriture de la larve. Chez d’autres, comme dans les mouches et les sj^rphes, l’accouplement est rapide, comme dans les oiseaux, et souvent la femelle porte elle-même l’extrémité de l’abdomen contre les organes du mâle , qui ne sont pas propres à l’intromission : les asiles, ainsi que les bydromyes, restent souvent réunis la tête opposée, à peu près comme les bombyces et d’autres lépidoptères nocturnes.

Les mâles, périssant presque toujours après l’accouplement, ne prennent aucun soin de leur progéniture; mais la femelle en apporte de bien remarquables dans certaines espèces.

La plupart des diptères sont ovipares; cependant il en est d’ovovivipares, et même de pupipares, c’est-à-dire que quelques espèces ne se séparent de leurs germes que sous la forme de nymphes ou de chrysalides : tels sont les hippobosques et quelques genres voisins.

Les diptères proviennent de larves sans pattes, qui, selon les espèces, se développent dans la terre, dans l’eau, et dans l’intérieur de parties déterminées des corps organisés végétaux et animaux. Ces larves paroissent destinées à remplir des offices bien importuns dans l’économie générale de la nature. La plupart sont appelées à faire rentrer dans la masse des élémens les matériaux des corps organisés qui ont été soustraits à l’action générale des forces physiques, d’une manière beaucoup plus rapide que s’ils étoient abandonnés à eux-mêmes; et tout semble prévu pour arriver à ce but. Parmi un très-grand nombre d’exemples que nous pourrions citer en preuve de cette assertion , qu’il nous suffise de faire observer ce qui arrive aux corps des animaux privés delà vie. A peine le cadavre est-il gissantj et souvent même avant que l’animal ait expiré , déjà les grosses mouches bleues de la viande, celles des cimetières et beaucoup d’autres espèces

analogues, viennent s’introduire dans foutes les ouvertures qui peuvent leur livrer passage ; elles y déposent de suite et très-rapidement leurs larves toutes vivantes : celles-ci s’occupent aussitôt à absorber les humeurs pulrides que la décomposition met à nu. Alors ces larves ont pris tout leur accroissement; elles se meuvent les unes sur les autres, et il ne reste du cadavre infect qu’une masse de matière animale vivante qui, bientôt métamorphosée et s’élevant dans l’atmosphère, servira elle-même de pâture à des oiseaux ou à d’autres espèces qui ne doivent se nourrir que d’insectes.

Les œufs des diptères sont en général très-mous. Ils ne conservent que pendant peu de temps leur forme. Leur figure varie : le plus souvent ils sont ovales; quelquefois aplatis, comme ceux de quelques tipules ; en forme de bouteille ou de petits pots, comme ceux des cousins; garnis de lames écartées ou d’ailerons qui les empêchent de trop s’enfoncer dans des matières trop liquides, comme dans la mouche stercorale. Toutes ces larves paroissent avoir besoin de vivre dans un lieu humide, et les œufs qui les produisent y sont aussi déposés ; d’autres sont pondus par leur mère sur les poils des animaux, qui les lèchent et les introduisent ainsi dans leurs intestins, etc.

On reconnoit les larves des diptères, parce qu’elles sont apodes, comme celles d’un très-grand nombre d'hyménoptères, telles que celles des mellites , des mjrméges, des neottocrjptes, etc.; quoique quelques-unes paroissent munies de pattes, ces appendices n’en sont que des simulacres. Leur corps est formé d’articulations distinctes : à l'une des extrémités , qui est la tête, on distingue le plus souvent deux crochets, qui servent, sinon à la mastication, au moins à retenir la larve dans les lieux où elle absorbe sa nourriture.

Le plus souvent aussi les deux orifices principaux de la respiration, qui correspondent à deux longues trachées longi-

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ludinales, s’aperçoivent vers l’extrémité postérieure du corps ; quelquefois ce sont deux stigmates simples ; mais dans les larves des svrphes et de quelques autres qu’on nomme, à cause de cela, vers à queue de rat, ce sont deux longs tuyaux que Réaumur a parfaitement décrits et figurés dans ses Mémoires (tome IV, Mémoire ii, planches 3o, 3i et Sa). Chez d’autres larves, comme dans celles des mouches armées ou straljomes, l’extrémité de l’abdomen se termine par une sorte d’aigrette semblable à celle des fleurs composées (pappus), à l’aide de laquelle la larve se soutient à la surface des eaux tranquilles, pour y respirer l’air par un mécanisme admirable. Swammçrdam en a donné une très-bonne figure à la planche Sg de sa Bible de la nature. Enfin, chez d’autres larves, comme dans celles des astres, et à ce qu’il paroît dans celles des conops, l’animal, quoique renfermé dans le corps d’un être vivant et enveloppé d’humeurs liquides, s’attache de manière à respirer, soit l’air extérieur par une sorte de fistule qui correspond à l’ulcère produit par sa présence, soit en adhérant à l’une des principales trachées de l’insecte dans lequel cette larve vit en parasite, comme MM. Lâchât et Audoin l’ont observé sur la larve d’un diptère trouvé dans l’abdomen d’une abeille-bourdon.

La forme des larves diffère beaucoup , suivant les genres et le milieu qu’elles habitent. Ainsi, parmi les hydromyes, les tipules terrestres proviennent de larves qui ressemblent un peu à des chenilles sans pattes : elles ont en effet une sorte de tête écailleuse; mais elles diffèrent beaucoup des véritables chenilles de lépidoptères, au moins par les métamorphoses, surtout si on les étudie dans les larvés des espèces aquatiques. Celles-ci ont à l’extrémité postérieure du corps des appendices écailleux , frangés ou lamelleux, qui servent probablement à la respiration : telles sont les espèces que Réaumur a nommées vers-polypes et qu’il a si bien figurées dans le tome V de scs Mémoires. Quelques-uns de ces in-

sectes se développent dans les galles ou productions monstrueuses de quelques végétaux : leur corps est mou, et à peine peut-il produire le plus petit mouvement. Chez d’autres, comme dans les larves d’œstres, l’animal est arrondi, à articulations verticillées, garnies d’épines, toutes dirigées dans le même sens et qui servent à sa progression : celles des sjrphes se meuvent aussi à-la manière des lombrics. Dans les stratyomes le corps'de la larve est aplati, alongé, à articulations coriaces. Enfin, dans la larve de la mouche du fromage, à l’étude de laquelle l’immortel Swammerdam a consacré ses veilles et dont il a fait connoitre l'organisation, sous le nom à'acarus, dans la 43.® planche de sa Bible, le mouvement s’opère par un mécanisme bien singulier : le corps se contourne en anneau; l’animal saisit sa queue avec les deux crochets dont sa tête est munie ; il paroît qu’alors il se contracte avec violence et que, les crochets lâchant prise tout à coup, le corps se débande comme un ressort et rejaillit quelquefois à près d’un demi-pied de distance. Enfin il n’est presque pas de famille qui n’offre des particularités très-remarquables dans les larves : celles des cousins, par exemple, que nous avons fait représenter de grandeur naturelle et grossies, sous le ii.“ i a, J, de la planche 46, portent de véritables branchies, et celles de l’œstre, figurées sous la lettre A de la planche 5i, respirent par deux stigmates.

Quant aux nymphes des diptères, elles varient, comme on le conçoit, autant que leurs larves, pour les formes et le séjour. En général, elles ne quittent pas la dernière peau sous laquelle elles subissent leur métamorphose, qui est complète, et dans laquelle elles restent absolument immobiles. H en est qui se filent une sorte de cocon, comme celles des grandes tipules terrestres; d'autres, comme celles des échinomjes, des mouches de la viande, quittent leur peau de larves, et prennent une forme de sphéro'/de alongée, semblable à la graine

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de quelques légumineuses, qui ne laisse apercevoir au dehors aucune des formes de l’insecte qu’elle renferme. Cette sorte de coque s'ouvre, à l’une des extrémités correspondantes à la tête, par une espèce de charnière ménagée d’avance, et qui s'écarte constamment de la même manière. Enfin il est des nymphes aquatiques, comme celle des cousins et de quelques petites tipules, qui sont mobiles sous leur dernière forme et qui laissent distinguer au dehors les diverses parties de l'insecte parfait.

Les mœurs des larves varient beaucoup. On en trouve dans le sable, où elles dressent des embûches aux autres insectes; dans la terre, dans le fumier, dans l’eau; dans l’intérieur des animaux , des végétaux.

Les moyens que l’on emploie pour diviser en genres les insectes à deux ailes, sont tout-à-fait systématiques. 11 faut avouer qu’on connoit encore très-peu ces insectes, et que leurs métamorphoses sont à peu près ignorées. Les uns, comme les hippobosqucs, lesmélobosques, les ornithomyzes, ont les antennes terminées par un poil isolé ; leur tête est à peine distincte du corselet; les crochets de leurs tarses sont souvent contournés en tire-bourre, pour adhérer sur la peau des animaux. Leurs larves, à ce qu’il paroît, se développent et subissent leurs métamorphoses dans le corps de leur mère; d’autres, comme les myopes , les rhingies, les stomoxes, portent sur l’un des c6tés de l’antenne un poil roide isolé, qu’on ne retrouve pas dans les autres genres, qui tantôt, comme les conops, ont les antennes en fuseau, et tantôt en fer d’alène , comme les bombyles, les taons, les chrysopsides, les empis.

Telles sont les généralités par lesquelles nous avons cru utile de faire précéder la division méthodique de l'ordre des insectes qui nous occupent, afin de n'avoir plus à faire connoitre , en traitant des familles ou des genres, que les particularités qui les concernent. Nous avons dû abréger beaucoup les détails, sur lesquels nous serons obligés de revenir ;

BES INSECTES

on peut voir cependant, par ceux que nous avons rapportés, combien est important le rôle que ces insectes remplissent dans l’économie générale.

En assignant aux diptères le caractère essentiel d’insectes à deux ailes nues, privés de mâchoires, on peut les partager en cinq familles, comme nous allons l’indiquer dans le tableau qui suit :

À. boucLe

e,saillante 1 suçoir rond.. 5 o. Sclèrostomes.

en (museau plat. 54. JTj'dromj'es.

ue, enfon -1 ® poil latéral. 52 . Chéloloxes. antennes ( sanspoil isolé. S i. AploceTes.

nulle, remplacée par trois pores. 53 . Astomes.

La famille des Sclèrostomes ou haustellés est caractérisée par la présence du suçoir saillant, souvent coudé, qui est évident, même dans l’état de repos. Les espèces réunies par ce caractère sucent presque toütes les animaux, sous l’état parfait ; mais leurs larves ont des manières de vivre tout-àfait différentes, et par conséquent ces larves et souvent leurs nymphes n’ont aucune analogie avec les insectes qu’ils produisent. (PI. 46 et 47.)

Les cousins, par exemple, ressemblent aux tipules de la famille des hydromyes par leur forme générale et par celle des antennes ; mais ils diffèrent de tous les autres diptères par la forme et par la mobilité dont est douée leur nymphe, qui a, sous ce rapport, plus d’analogie avec celle des phryganes parmi les névroptères. (PI. 46, 1 a,b, c.)

Les stomoxes, qui ont les habitudes des cousins, ressemblent beaucoup plus à des mouches.

La famille des Aflocères ou simplicicornes, c’est-à-dire celle qui renferme les espèces à trompe charnue, rétractile, et dont les antennes n’ont pas, comme celles du groupe suivant, un poil isolé latéral, renferme des genres dont l'histoire est encore peu connue. Elle réunit ceux que nous allons énumérer , et qui ont été établis d'après la disposition des an-

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tennes, la forme du front de l’abdomen, de l’écusson et de la base des ailes. Ce sont , parmi ceux qui offrent un poil terminal aux antennes, lesrhagions, les bibions, les anthrax, les cyrtes et les hypoléons; et parmi les autres les stratyomes ou mouches armées, les siques, les némotèles, qui ont l’abdomen ovale, aplati, et les mydas et les céries, qui l’ont arrondi et alongé. (PI. 48 , n."’ 1 -^b.) •

Les Chétoloxes ou latéralisètes , dont les mouches communes pourroient être considérées comme les prototypes, ont, comme le nom de la famille l'indique, un poil isolé sur les antennes; ce poil est tantôt simple, tantôt comme plumeux ou barbu : les genres Cénogastre et Mouche sont dans ce dernier cas. Les échinomyes et les tétanocéres ont l’article intermédiaire des antennes plus long que les autres. Viennent ensuite se ranger dans le même groupe les ceyx , qui ont les pattes très-longues, le corps linéaire, la tête comme portée sur un cou ; les dolichopes et les cosmies, qui ont le ventre courbé en-dessous ; les mulions, qui ont les antennes en fuseau, tandis qu’elles se terminent par une sorte de palette dans les syrphes , les thérèves et les sarges. (PI. 49 et 5o. )

La petite famille des Astomes ne comprend que le genre des œstres, chez lesquels la bouche paroît être remplacée par trois tubercules. L’insecte ne prend cette forme ailée que pour vaquer à l’œuvre de la génération, ou pour transmettre sa race dans les lieux singuliers que la nature a destinés à son développement, tels que les sinus frontaux des ruminans , les intestins, ou bien dans les furoncles ou les ulcères sous-cutanés que leurs larves déterminent chez les animaux. (PI. 51. )

Enfin, sous le nom d’HYDROMVEs ou de bec-mouches sont réunies toutes les espèces dont le front se prolonge en une sorte de bec ou de museau, sur lequel on distingue seulement des barbillons ou des palpes articulés. Leurs antennes, sou-

vent très-longues et en peigne , ont toujours un grand nombre d’articles. La plupart proviennent de larves de formes particulières, bien différentes de celles des autres diptères; car les nymphes surtout laissent apercevoir au dehors les membres de l’insecte parfait, comme dans les lépidoptères : telles sont les tipules, les cératoplates, leshirtées, et quelquesautres, comme les psychodes et les scathopses. Cette famille semble former un ordre distinct parmi les insectes; mais on n’en connoît encore les mœurs que très-imparfaitement. (PI. 5i.)

Le huitième et dernier ordre est celui des APTÈRES.

Aristote avoit fait une classe de toutes les espèces d’insectes privées d’ailes : nous avons restreint, avec Linnæus et le plus grand nombre des auteurs, le sens de cette dénomination; nous l’avons adoptée pour désigner, par un seul mot, une réunion de six familles d’insectes , qui se ressemblent sous certains rapports, et qui diffèrent parla forme, l’organisation et les mœurs, de tous ceux qui ont été compris dans les sept ordres qui pré. édeiit.

Cet ordre a beaucoup moins de caractères positifs que chacun de ceux qui sont placés auparavant. C’est, il faut l’avouer, une section dans laquelle on a rejeté tous les insectes qui n’avoient aucun rapport avec ceux compris dans les autres ordres : de^ telle manière qu'il y a maintenant plus de différence entre deux familles de la section qui nous occupe , qu'entre deux ordres , même les plus éloignés, comme les coléoptères et les hémiptères. Aussi plusieurs auteurs ont-ils essayé de faire des classes particulières du règne animal avec quelques-unes de ces familles en particulier.

Le caractère de l’ordre des aptères consiste, ainsi que le nom l’indique, dans le défaut des ailes; mais cette simple note ne suflit pas en elle-même pour donner une idée juste de ce que nous comprenons ici par ce mot d’aptères : il faut comparer cet ordre avec ceux qui précèdent, et les en distinguer par voie d’exclusion.

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Les coléoptères ont toujours des mâchoires nues et au moins des élytres ou rudimens d’élytres dans l’état parfait ; la femelle du ver luisant ou lampyre fait seule exception : les aptères n’ont jamais ni élytres ni rudimens d’élytres; le plus souvent ils ont plus de six pattes.

Les orthoptères ont toujours des galètes à la mâchoire, ce qu’on n’a point observé dans les aptères, excepté chez les nématoures.

Les névroptères ont presque toujours quatre*ailes , et alors on ne peut les regarder comme aptères ; ou bien, comme quelques psbques et termites, ils ont l’abdomen arrondi, ce qui empêche de les confondre avec la famille des nématoures ou séticaudes, les seules espèces qui aient six pattes , des mâchoires et l’abdomen distinct.

Aucun aptère n’ayant l’abdomen pédlculé et moins de huit pattes en même temps qu'il a des mâchoires, ne pourroit être rangé parmi les hyménoptères.

Quant aux hémiptères, aux lépidoptères et aux diptères, la puce et le pou seroient les seuls insectes aptères qu’on en pourroit rapprocher, et surtout des hémiptères; mais d’autres caractères établissent une différence très-tranchée.

Comme il est impossible d’exprimer d’une autre manière «générale le caractère de cet ordre, nous allons en présenter ici la distribution suivant l’ordre de notre méthode , pour indiquer ensuite les généralités de chacune des six familles que nous avons formées.

On peut d’abord établir cette grande coupe parmi les aptères, que les uns, comme les genres Pou , Puce, Tique, que nous avons désignés sous les noms de parasites ou de rhinaptères, n’ont pas de mâchoires, mais seulement une bouche alongée en forme de bec ou de suçoir. Tous les autres aptères ont la bouche garnie de mâchoires, ou au moins d’une sorte de mandibules.

Parmi ceux-là, les uns ont l’abdomen séparé du reste du

iSg

corps par une sorte d'étranglement : les autres ont l’abdomen confondu avec le corselet, ou plutôt, quoique la tête soit bien distincte, il n’y a pas de corselet apparent; tels sont les myriapodes ou mille-pieds, qui ont des pattes à tous les anneaux du corps, et les polygnates ou tétracères, qui n’ont que sept paires de pattes.

Il y a trois familles comprises dans la division des aptères à mâchoires, et dont l’abdomen est distinct. L'une comprend les insectes qui ont huit pattes, la tête et le corselet réunis; c’est celle des aranéides ou acérés : les deux autres familles renferment les insectes aptères à mâchoires, qui n’ont que six pattes et l’abdomen distinct, ce sont les groupes du genre Ricin , qui forme à lui seul une petite famille, et celui des némaîiures ou séticaudes, dont l’abdomen est terminé par deux ou plusieurs filets en forme de soie.

Le tableau suivant présente d’une manière synoptique la division que nous venons d’exposer.

Pas de mâchoires: un bec ou un suçoir.55. Rhinapteres.

distinctes ; poils.... ^6. Ornithomyzes,

très - distinct; I 4 anus (poilu. üj. JVématouies.

antennes | nulles : 8 pattes.58. Ac'eves.

peu distinct; pattes à 1 ^’friapodes.

( quelques anneaux. 60. Poljgnathes.

Parmi les Rhinapteres ou parasites, on range les aptères qui n’ont pas de mâchoires, mais un suçoir; leur tête est mobile ou distincte du reste du corps: tels sont les poux, les cirons et les puces. (PL 62, 53 .)

La petite famille suivante comprend seulement les ricins ou les poux des oiseaux , qui ont de petites mandibules pour s’accrocher aux plumes : on les a appelés Avisuges ou Orni- THOMYZONS. (PL Ôq. )

Les Nématoures ou séticaudes comprennent trois petits genres qui ont beaucoup d’analogie avec les blattes, insectes orthdptères, et avec quelques névroptères , par la forme

méthode de classification

des antennes, de la bouche , des pattes et par les tuyaux qui souvent terminent l’abdomen ; tels sont les genres Forbicine, Machile et Podure , qui sont nocturnes et se nourrissent de débris de végétaux. (PL 64,)

Les ARAfiBiDEs ou les acérés sont tellement différens des autres insectes, que quelques auteurs, dans ces derniers temps, en ont fait une classe à part. Ils diffèrent, en effet, des insectes , d’abord, parce qu’ils n’ont pas de tête distincte et surtout pas d’antennes, parce que le corselet et la tête sont réunis, parce que la plupart ont huit pattes ; ils n’ont pas d’yeux à réseaux simples, mais comme huit yeux lisses ou stemmates : il y aune sorte de sac pulmonaire distinct, avec très-peu de stigmates ou d’orifices extérieurs. Ils pondent plusieurs fois pendant leur vie. Tous se nourrissent d’animaux qu’ils blessent à mort et qu’ils sucent ou dévorent ensuite. C’est une famille très - nombreuse, qui se subdivise en genres et sous - genres, d’abord d’après la forme des mandibules, qui se terminent tantôt par un simple crochet acéré, mobile, comme les araignées, les mygales, les trombidies; ensuite, en espèces dont les mandibules forment la pince, et dont l’abdomen est accolé au corselet sans pédicule distinct: tels sont les scorpions, caractérisés en outre par les anneaux postérieurs de l’abdomen , qui sont articulés en forme de queue terminée par êhi aiguillon ou crochet venimeux ; tels sont encore les phrynes, les galéodes et les faucheurs. (PL 55 et 56 .)

Les Myriapodes ou millepieds ont des paires de pattes à presque tous les anneaux : ils ont quelques analogies d’une part avec les crustacés, et de l’autre avec les annelides; ils n’ont pas de corselet distinct, et leur tête ne porte que deux antennes. Les scolopendres et les scutigères n’ont qu’une seule paire de pattes à chaque segment de leur tronc , tandis que les jules, les polyxénes, les glomérides et les polydesmes «n ont deux à chaque anneau. (PL 67 et 58 .)

Enfin, les Polygnathes ou quadricornes, comme les cloportes, les armadilles et les physodes, qui ont quatre antennes, semblent faire le passage évident à la classe des crustacés; car la plupart portent les œufs sous les derniers anneaux du corps : ces œufs y éclosent, et les petits y restent quelque temps vivans. Ils respirent par des trachées. Voilà en quoi ils diffèrent de certains crustacés, comme les crevettes. (PI. 58, n.“ 1,2,3.)

Nous venons d’exposer la méthode de classiGcation que nous avons adoptée. Nous ajouterons seulement'la liste des familles dans l’ordre que nous avons suivi, afin d’en présenter l’ensemble, et pour qu’elle puisse servir de guide dans l’arrangement méthodique des planches qui représentent tous les genres d’insectes.

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