‹ Considérations générales sur la classe des insectesChapitre 20 sur 39 · Mycétobies · texte numérisé non relu

Mycétobies

1 5 . Photophyges.

Les Épispastiques ou vésicans ont tiré leur nom de la propriété qu'a le corps du plus grand nombre, lorsqu’il est mis en contact prolongé avec la peaud’y produire une sorte de cloche, de vessie ou de brûlure. C’est à cette famille qu’on rapporte les cantharides, les mylabres, les méloès ou proscarabées, les lagries, lesnotoxes, etc. Leurs caractères sont très-distincts (pl. 10).

Dans les Stbkoptères ou angustipennes, comme les nécydales, lesœdémères, les mordelles, les anaspes, etc.,.le rétrécissement bizarre et presque monstrueux des élytres à leur extrémité libre les fait distinguer au premier aperçu. Quoique cette famille soit assez naturelle, il paroît que les mœurs sont très - différentes selon les genres, si l’on en juge du moins d'après celles des sitarides , qui semblent vivre en parasites dans les nids des abeilles maçonnes, tandis que les mordelles se développent dans le bois (pl. 11 ).

Les Ornéphiles ou sylvicolesvivent aussi, à ce qu'il paroît, aux dépens de la partie ligneuse des végétaux ; leurs élytres durs et larges, leurs antennes filiformes, les distinguent au reste de tous les autres coléoptères hétérômérés. Tels sont les cistèles, les pyrochres, les serropalpes, les hélops, les calopes, etc. (pl. 12).

Quant aux Lygophiles ou ténébricoles, leurs antennes gre-

MÉTHODE DE CLASSIFICATION

nues, en masse alongée, leurs élytres durs, non soudés, et les ailes membraneuses qu'ils recouvrent, ainsi que leurs habitudes exprimées par le nom qui sert à les désigner, tout porte à les considérer comme formant une famille fort naturelle ; et c’est là qu’on range les ténébrions, les opatres, les pédînes, les sarrotries, qui mènent insensiblement à la famille suivante (pl. i 3 ).

C’est celle des Photophyges ou lucifuges , qui fuient la lumière, qui ne peuvent voler, parce qu’ils n’ont pas d’ailes, et que leurs élytres durs sont soudés par la suture et ne sont aptes qu’à protéger l’abdomen qu'ils recouvrent. Tels sont les blaps, lespimélies, les eurychores, les sépidies, les érodies, les scaures, etc. : famille nombreuse d’insectes, la plupart des pays chauds et arides (pl. 14).

Les fongivores ou Mycétobies constituent la dernière famille du sous-ordre des coléoptères hétéromérés. Ils se nourrissent, comme leur nom l’indique, de moisissures, de champignons: leurs élytres sont durs, non soudés; leurs antennes grenues, en masse arrondie. C’est à cette famille qu'on rapporte les bolétophages, les diapères , les tétratomes, les agathidies, les hypophlées, les cossyphes, etc. (pl. i 5 ).

I.e troisième groupe ou sous-ordre des coléoptères, celui des Tbtramérés, qui réunit toutes les espèces dont les tarses de devant et ceux de derrière n’ont que quatre articles, comprend seulement des insectes dont les matières végétales font la nourriture principale. Ils correspondent en majeure partie aux trois grands genres que Linnæus désignoit sous les noms de Chrysomèle, Charanson et Capricorne , dont les premiers s’alimentent principalement avec les feuilles, les seconds avec les semences, et les troisièmes avec les matières ligneuses. Quelques genres anomaux viennent se placer ici d’après le nombre des articles aux tarses, quoique sous certains rapports ils semblent se rapprocher d’autres familles. 'Voici l’indication des familles de ce sous-ordre.

DES insectes.

, prolongement du front 17. Hhinocères.

■ corps j t®- Cylindroïdes.

(aplati... 19. Omaloïdes.

I soie.20. Xylophages.

laplati.Genre Spondylc.

rond: (arrondi.. 21.

( corps (plat.... Genre Cucuje.

La famille des Rhinocères ou rosfricornes correspond, ainsi que nous venons de le dire, au genre Charanson ou Curculio de Linnæus : leur tête se prolonge en une sorte de bec ou de trompe qui supporte les antennes. C’est un groupe trèsnombreux , qui a été subdivisé en beaucoup de genres. Ils proviennent d’une larve molle qui vit à l’abri, soit dans l’intérieur des tiges, soit dans les fruits et les semences les plus dures. Quelques-uns, sous l’état parfait, se nourrissent de feuilles. Les uns ont les antennes en masse droites ou brisées, c’est-à-dire, coudées dans le milieu. Les attélabes, les anthribes, les oxystomes, les brachycères, appartiennent au premier groupe; les charansons, les rhynchénes, les ramphes sont rangés dans le second. Parmi les rhinocères dont les antennes ne forment pas une masse, on place les brentes, les bruches et les becmares (pl. 16).

Les Cylindroïdes ou cylindriformes, ainsi rapprochés par la forme de leur corps qui est arrondi, ont en outre les antennes en masse, non portées sur un prolongement de leur front; ils ressemblent beaucoup aux térédyles, dont ils s’éloignent par le nombre des articles de leurs tarses. Tels sont les apates, les bostryches, les scolytes, les corynètes et les clairons. Ces deux derniers genres ne sont placés ici que par l’arrangement du .système que nous adoptons, leurs mœurs étant tout-à-fait différentes ( pl. 17).

C’est encore par la conformation de leur corps que les insectes coléoptères, désignés sous le nom d’OsiAtoÏDEs ou planifoY-mes, sont ainsi rapprochés. Leur corps est très-dé-

MÉTHODE DE CLASSinCATIOt^

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primé ; leurs antennes sont en masse ; leur tête n'est pas prolongée en une sorte de trompe ou de bec : ils se nourrissent de matières végétales. Tels sont les ips, hétérocères, mycétophages, cucujes ou uléiotes, trogosites ou ronge-blés, lyctes, colydies, etc. (pl. 7).

Les Xylophages ou lignivores composent une des familles les plus naturelles. Ils correspondent au grand genre des ceram- ^ardeLinnæus : tous, et sans exception, sous l’état de larves, ils se développent dans le tronc des arbres; ils ont les mêmes mœurs sous l’état parfait, et une ressemblance frappante dans le port et dans la forme des membres. La plupart sont ornés de couleurs vives et brillantes; ils ont de longues antennes en soie, quelquefois plus étendues que le corps ; leurs articulations sont nombreuses, et ils peuvent les diriger en arrière. Les femelles sont plus grosses et moins vives que les mâles. Les larves sont des espèces de vers ou de chenilles molles, plus ou moins étiolées, alongées, aplaties ou quadrangulaires , a six pattes courtes, garnies de mamelons ou de tubercules, qui servent à leur progression dans les galeries qu’elles se creusent au milieu du bois, quelquefois en pleine végétation. C’est à la famille des xylophages qu’il faut rapporter les genres Rhagie , Lepture , Molorque, Callidie , Saperde , Capricorne, Lamie, Prione et un grand nombre d’autres subdivisions ( pl. 18 ).

La dernière famille des coléoptères tétramérés, qui comprend les herbivores ou Phytophages, est dans le même cas que la précédente. Linnæus avoit rangé toutes les espèces qui composent aujourd’hui ce groupe dans le grand genre Chrjsomela. Ils ont, en effet, les mêmes mœurs et beaucoup d’analogie dans l’organisation et dans quelques parties du corps, en particulier dans les antennes, quoique leur forme générale présente de grandes modifications, qui ont principalement servi à les distribuer en genres naturels. Tous proviennent de larves qui vivent ordinairement en sociétés sur

les feuilles des plantes. Leur corps est souvent coloré, trapu, ridé en travers. Quelques-unes laissent exsuder de leur surface ou de leurs articulations des humeurs colorées ou odorantes; leurs pattes sont alongées, et elles marchent avec facilité. Toutes ont des moyens de se soustraire à leurs nombreux ennemis, qui sont les oiseaux. Sous l’état parfait, les coléoptères phytophages ont généralement le corps bombé, les antennes en forme de fil à articles arrondis, et l’avantdernière pièce de leurs tarses est comme partagée en deux lobes : ils adhèrent, par ce moyen , avec beaucoup de force aux surfaces des feuilles même les plus lisses.

Les uns ont les antennes à peu près de meme grosseur dans toute leur étendue, comme les lupères, les altises, les galéruqiies; d’autres ont le corselet très-convexe, comme les clytres, les gribouris : les hispes, les criocères, les donacies , les alurnes n’ont pas le corselet rebordé; les chrysomèles, les hélodes, les cassides offrent un léger renflement à l’extrémité libre de leurs antennes, qui est plus sensible et aplati flans les érotyles (pl. 19 et 20).

Les coléoptères, qui n’ont que trois articles aux tarses, ne composent qu’une seule famille, qui est la vingt-deuxième , et qui a été nommée celle des Trimérés ou tridactyles ; elle forme en même temps le quatrième sous-ordre. Réunis par ce caractère artificiel, les genres qu’on y rapporte n’offrent pas entre eux une très-grande analogie. Jusqu’ici on n'a pas encore observé beaucoup d’insectes ainsi conformés, excepté le genre des coccinelles, qui est fort nombreux en espèces, et qui constitue, à lui seul, une sorte de famille naturelle, comprenant des insectes carnassiers sous les deux états de larve et d’insecte parfait. Les scymnes ne diffèrent guères des coccinelles que par la disposition du corselet relativement aux élytres : les genres Eumorphe , Endomyque et Dasycère sont plus voisins des Mycétobies (pl. 21 et 22).

Quant au cinquième sous-ordre des coléoptères, celui des

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MÉÎHODE DE CLASSIFICATION

Dimériés, qui seroit une vingt-troisième famille à laquelle on auroit rapporté les psélaphes, les chennies et les clavigères, llliger et Reichenbach ont reconnu que cette division n’étoit qu’apparente dans ces insectes, d’ailleurs très-petits, l’article près du tibia ou de la jambe étant très-grêle, de sorte que ce sous-ordre ne peut encore être établi, et que nous ne l’indiquons ici que pour mémoire.

Le second ordre de la classe des insectes , celui des ORTHOPTÈRES , que Degéer avoit nommés dermaplèrcs, et Fabricius ulonates , tandis que Geoffroy ne les considéroit que comme une section de la classe des coléoptères et que Linnæus les avoit en grande partie confondus avec les hémiptères', comprend bien moins d’espèces que la plupart des autres ordres.

Quoique l’étymologie du nom, emprunté par Olivier des mots grecs opSoç, droites, etmeftct, ailes, indique la disposition particulière des ailes inférieures, qui sont le plus ordinairement plissées sur leur longueur et non pliées en travers (le seul genre des perce-oreilles ou forficules excepté) , ce n’est pas réellement cette conformation et cette disposition des ailes qui a autorisé la formation de cet ordre, d’ailleurs fort naturel ; mais bien le mode tout particulier de transformation et l’analogie dans la manière dont s'opère chez ces insectes la métamorphose, qui est tout-à-fait différente de celle des coléoptères, et qui se rapproche beaucoup plus de celle des hémiptères.

Chez les orthoptères, en effet, les larves ont, en sortant de l’œuf, à peu près la forme qu’elles devront conserver pendant toute leur existence ; elles ont aussi les mêmes mœurs ou une semblable manière de vivre, de sorte que l’insecte est agile sous les trois états. La larve ne diffère de la nymphe que parce qu’on ne distingue pas sur son corselet les moignons d’ailes qui par la suite doivent se développer.

Il y a même dans cet ordre des femelles et des indi-

SES INSECTES

vidus des deux sexes qui peuvent propager leur espèce , sans acquérir ces sortes de membres destinés au transport dans l’air.

La plupart de ces insectes ne se nourrissent que de matières végétales, et souvent ils en dévorent de très-grandes quantités; plusieurs même ruminent ou mâchent une seconde fois les portions de plantes qu’ils avoient avalées ; et l’on observe dans leur tube digestif, comme nous l’avons déjà indiqué , des poches ou des cavités distinctes qui ont quelques rapports avec les gésiers, les panses, les caillettes, les libers des mammifères et des oiseaux,

La disposition des élytres et deS'ailes est surtout trèsremarquable chez les orthoptères. Chez tous, les ailes membraneuses sont pliées en éventail ou sur leur longueur ; le plus ordinairement elles sont plus longues que les élytres et les dépassent dans l’état de repos. Le seul genre des forficules offre une particularité remarquable, en ce que les ailes sont recouvertes entièrement par les élytres, et que de plus elles sont pliées trois fois sur leur longueur, quoique plissées en éventail sur leur largeur. Les élytres ou les ailes supérieures n’ont pas une très-grande consistance: ils sont flexibles, et leur bord interne ne s’unit pas au moyen d’une suture ; ils s'écartent aussi dans le vol, et ils servent véritablement au transport.

On observe aussi une particularité notable dans la bouche dé ces insectes : c’est que leurs mâchoires sont engagées dans une sorte de pièce membraneuse , une espèce de gencive, que Fabricius a nommée casque, galète, en latin galea; d’où il a imaginé le nom de l’ordre, qu’il appelle ulonates, des mots grecs ûoXûi', gencive extérieure, et/Vaôoç, mâchoires, comme pour exprimer que les mâchoires de ces insectes sont engagées dans une gencive.

Les orthoptères ont aussi, de plus que les coléoptères, au moins pour la plupart, des yeux lisses, ou stemmates, entre

MÉTHODE DE CLASSIFICATION

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les yeux à réseaux, et le nombre des articles dont leurs an-' tennes sont composés est souvent très-considérable.

Quatre familles seulement composent cet ordre , et deux de ces familles ne comprennent encore qu’un seul genre. Voici l’indication de ces familles , i.° d’après l’observation de la longueur respective des pattes postérieures; 2 .” d’après le nombre des articles aux tarses; 3.“, enfin, d’après la forme du corselet.

Pattes

postérieures

beaucoup plus grosses, plus longues,

propres au saut.27. Grylloïàes.

simples ; articles des

plus long que large. . 26. Anomides.

très-large, couvrant

la tête.2 5 . Blattes.

I trois ; abdomen terminé en

pince.24. Lahidoures.

corselet,

Les Labidoüres ou forficules appartiennent réellement à une famille distincte, dont les mœurs et l’organisation sont fort remarquables. Les perce-oreilles forment ce groupe, différent de tous les autres par les élytres, qui sont semblables à ceux des staphylins, puisqu’ils ont une véritable suture moyenne; les ailes, quoique plissées sur leur longueur, n’en sont pas moins pliées trois fois en travers, et peuvent, par un mécanisme admirable , se ployer et se déployer comme par ressort (pl. 23, n.° 6).

Les Blattes forment également un genre anomal ou une véritable famille bien distincte (pl. 23, n.“4). Ce sont des insectes très-plats, à antennes très-longues, en soie ; à pattes grêles, très-aplaties et semblables à celles des forbicines, avec lesquelles elles ontles plus gyands rapports. Leur corselet, large, en bouclier, couvre la tête et les élytres. Leur abdomen se termine, comme dans plusieurs genres de grylloïdes, par deux organes coniques, qui servent à une sécrétion de matière fétide dans quelques espèces. Beaucoup restent aptères.

Les Anomides ou orthoptères dilformes ont reçu cette dé-

ftfes INSECTES.

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nomination à cause du mode singulier de l’articulation et de la forme du corselet, susceptible de faire un angle avec le ventre. Leur tête est dégagée ; leurs pattes de derrière ne servent pas au saut : les uns, comme les phasmes ou les spectres, ressemblent à des bâtons alongés; d’autres, comme les phyllies, à des feuilles vertes réunies en paquet trois à trois; en6n, les mantes ont les pattes de devant armées d’un crochet mobile, dont elles se servent comme de mains, et qu’elles portent à la bouche. Leurs antennes varient beaucoup. (PI. 23 , n.”’ J, 2, 3 .)

La quatrième et dernière famille de l’ordre des orthoptères , celle des Grylloïdes ou grylliformes, comprend beaucoup de genres qui ont entre eux la plus grande analogie t leur corps est alongé; leur tête le plus souvent dans une position verticale , à mandibules saillantes ; leurs ailes inférieures dépassent presque constamment les élytres; les cuisses postérieures sont renflées, très-musculeuses ; les jambes sont aussi longues que les cuisses, ce qui donne à ces insectes la faculté de s’élancer dans l’air pour s’envoler. Les antennes varient beaucoup , ce qui a permis d’en former plusieurs genres •• ainsi, elles sont en prisme ou en fuseau aplati dans les truxales ; en fil ou légèrement renflées, dans les sauterelles , les criquets, les tridactyles ; enfin, en soie ou beaucoup plus grêles à l’extrémité libre, dans les locustes, les courtilières et les grylions. (PI. 24 et 2 5 .)

Les NÉVROPTÈRES ou les insectes à mâchoires, à quatre ailes nues, de semblable consistance entre elles, et à nervures en réseau ou anastomosées, forment le troisième ordre de la classe et composent trois familles bien distinctes, comme nous allons d’abord l’indiquer.

{ couverte pat les lèvres- 3o. Oâonàtes.

nue.. 28. Stegopteres,

' à peine distincte , les palpes exceptés. ■. 2g. ^gnath$s.

méthode de classification

Cet ordre , quoique fondé sur la forme des ailes et sur l’existence des parties de la bouche disposées de manière à Couper les matières solides, n’est cependant pas très-naturel, parce que les mœurs et les métamorphoses offrent souvent, dans une même famille , de fort grandes dissemblances.

Les Stégoptères ou tectipennes, par exemple , dont la bouche est toujours formée de parties très-distinctes , et qui portent les ailes en toit, comme leur nom l’indique, proviennent pour la plupart de larves carnassières qui souvent tendent des pièges aux insectes dont elles se nourrissent, ou qui attaquent ceux qui vivent en familles et dont la marche est lente : elles se filent un cocon , et leur nymphe est immobile , comme celle des coléoptères. D’autres larves se développent sous les écorces et dans le bois; quelques-unes vivent en grandes familles, et on observe dans ces sortes de sociétés gynocratiques, comme chez les abeilles , un grand nombre de femelles neutres , une seule femelle féconde, et un grand nombre de mâles qui n’existent que le temps nécessaire à leur développement et à la fécondation. Enfin, il en est quelques-unes qui paroissent se développer sous l’eau. La plupart, sous l’état parfait, ne vivent que quelques jours: tels sont les fourmilions, qui ont les antennes en fuseau ; les ascalaphes, qui les ont terminées par une petite masse, comme les papillons ; les hémérobes, qui les ont en soie, et les panorpes et les semblides, qui les ont en forme de fil. Tous ces genres ont cinq articles aux tarses, tandis qu’il n’y en a que quatre dans les raphidies, deux dans les psoques, et trois dans les perles et les termites. (PI. 26 et 37.)

Les Agnathesou buccellés, c’est-à-dire, àbouche très-petite, distincte seulement par les palpes, n’ayant pas d’organes propres à saisir la nourriture solide ni à sucer les liquides, ne vivent que très-qieu de temps sous leur dernière forme : leurs larves se développent dans l’eau ; elles ont des branchies qui servent à la respiration aquatique; leurs nymphes, quoi-

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que immobiles au moment où elles viennent de prendre cette forme, en quittant celle de larves, acquièrent ensuite plus de solidité et deviennent agiles. Telles sont les éphémères, qui ont les antennes plus courtes que la tête ; dont les ailes supérieures, dans l'état de repos, se relèv’ent verticalement sur le dos, et dont les inférieures sont généralement trèspeu développées : leur ventre est terminé par deux ou trois soies très-longues. Les phryganes, ainsi nommées de l’habitude qu’ont leurs larves de couvrir de petits morceaux de bois, ou de substances étrangères, les fourreaux qu’elles se filent à la manière des teignes, ont les antennes très - longues. Tous ces agnathes ne volent guères que le soir : ils ne vivent que quelques momens, et tous les individus d’une même espèce éclosent à la fois dans le même pays. (PI. 28, n.°‘ 1— 5 .)

La troisième famille des névroptères, celle desOnoNATEs ou libelles (pi. 28, n.“6 — 9), se distingue par la forme de la bouche, qui est très-développée, mais recouverte par la lèvre inférieure. C’est un groupe des plus naturels. Toutes proviennent de larves aquatiques, qui nagent, en introduisant dans leurs intestins une certaine quantité d’eau, qu’elles expulsent tout à coup comme avec une seringue ; l’eau environnante résiste à ce jet et éloigne l’insecte dans le sens opposé. Leur nymphe est agile, et ne diffère de la larve que par des moignons d’ailes. Les organes de la génération présentent une disposition des plus bizarres, qui influe sur leur mode d’accouplement. Les libellules et les agrions composent cette famille.

Le quatrième ordre de la classe des insectes est, comme nous l’avons dit, celui des HYMÉNOPTÈRES. Il comprend, une division principale de la classe des insectes qui ont dix pattes et le plus ordinairement quatre ailes nues, à nervures longitudinales, dont les inférieures sont plus courtes et plus étroites que les supérieures, auxquelles elles s’accrochent, et une bouche munie de mandibules distinctes, de mâchoires et d’une lèvre, qui par leur réunion forment une sorte de trompe

méthode de classification

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ou de suçoir qu’on appelle langue ; les femelles ont le plus souvent l’abdomen terminé par un aiguillon ou une tarière.

Ce nom d’hyménoptères, tiré de deux mots grecs, v/xnv-évoç, membrane, et de Trrepoi, ailes, étoit nécessaire à introduire dans la science pour distinguer les uns des autres les ordres des insectes ailés sans élytres, que déjà Lister avoit rapprochés sous le nom collectif d’ANÉLVTKEs, par opposition aux Coléoptères; les uns ayant quatre ailes et les autres deux seulement. Parmi les premiers, trois ordres sont distincts: i.° les Lépidoptères, dont les ailes sont couvertes d’écailles entuilées, etquiparoissent comme pulvérulentes et farineuses ; 2 ° les N éer opter es, et 3 .” les Hyménoptères, ayant leurs ailes nues; les uns, à la vérité, à nervures en réseau ou à mailles, et les autres à nervures le plus souvent alongées, formant des îles ou cellules constamment régulières dans les différons genres. Ce caractère, tiré uniquement de la forme des ailes, ne suffisoit pas seul. Geoffroy avoit réuni ces deux ordres sous le nom commun de Tétraptères , mais en tenant compte de la présence d’un aiguillon ou d’une tarière dans les femelles, en même temps que de la forme des parties de la bouche et des métamorphoses. Cet ordre des hyménoptères est tout-à-fait naturel, comme nous allons le voir bientôt.

Fabricius, établissant, dans son système fondé sur la disposition des parties de la bouche , ce qu’il appeloit assez improprement les classes des insectes, rapprocha, sous le nom de sjnistata, les insectes le plus bizarrement réunis par la seule analogie de la disposition des parties de la bouche, savoir, des crustacés, des myriapodes, les forbicines, qu’ildésignoit sous le nom d'elinguia (sans langue); tandis que sous le nom de synistata linguaria il rapprochoit les véritables hyménoptères, dont il a depuis publié l’arrangement systématique sous le titre de Systema Piezatorum, secundum ordines, généra, species; Brunswick, 1804. Voulant indiquer par ce nom de piézates

la forme comprimée des mâchoires, qui, dans la plupart des hyménoptères, forment une sorte de gaine à la lèvre inférieure , laquelle s’alonge pour constituer une langue propre à sucer le suc des fleurs; des mots grecs, Trusta «u je comprime, j’aplatis.

Maintenant tous les entomologistes ont adopté cette division principale Je la classe des insectes, et le nom d'hyménoptères, quoique insuflfsant, puisqu’il n’indique que la disposition des ailes, lesquelles manquent dans quelques individus de l’ordre y est donné à tous les insectes qui offrent les autres caractères; que nous venons de relater.

Nous avons indiqué les rapports qui lient cet ordre, d’abord aux lépidoptères par le mode des métamorphoses, et par les analogies de mœurs entre les mouches à scie et plusieurs bombyces dont les chenilles se nourrissent sur les plantes et se Aient un cocon ; ensuite avec les névroptères, par les seules apparences extérieures : tous les autres ordres étant essentiellement éloignés par leur organisation , l’ordre des hyménoptères, qu’Aristote semble avoir reconnu, est un des plus distincts et des plus naturels parmi les insectes.

Les hyménoptères sont donc des insectes à mandibules et à mâchoires ; à quatre ailes nues , membraneuses, veinées sur leur longueur, dont les inférieures suivent, en s’écartant du corps, les mouvemens des supérieures, auxquelles elles s’accrochent, et qui tous ont cinq articles aux tarses.

Avant d’entrer dans les détails que doit nous fournir l’histoire générale des insectes de cet ordre, il est nécessaire dq^ faire connoitre que deux groupes principaux semblent le partager. L^un réunit toutes les espèces dont le ventre, ou l’abdomen , est sessile ou accolé immédiatement au corselet, au lieu d’être joint à la poitrine par un pédicule très-étroit, comme on le voit dans les guêpes et les abeilles, par exemple. Tous les insectes de ce sous-ordre proviennent d’une larve appelée fausse chenille, qui est munie de pattes, qui pourvoit

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elle-même à sâ subsistance, et dont les parens ne se sont occûpés qu’à l’époque où ils l’ont déposée dans un Heu convenable et sous la forme d’un œuf. Une seule famille comprend les insectes de ce sous-ordre ; et comme les femelles portent à l’extrémité du ventre, tantôt d’une manière apparente, tantôt dans une sorte de fente ou de coulisse, un instrument qui sert en même temps, par les dentelures dont il est g^ni, à scier l’écorce ou l’enveloppe des végétaux, et, pailles pièces qui l’accompagnent et qui peuvent s’écarter, une sorte de gorgeret ou de pondoir qui dirige l’œuf dans un point et dans une situation donnée, on a nommé ces insectes, à raison de cette disposition , des uropistes ou serricaudes, ou plus improprement des mouches a scie.

Dans toutes les autres familles le ventre est pédiculé ou uni au corselet par un ou plusieurs anneaux plus grêles, plus étroits. Tous ces hyménoptères proviennent de larves qui sont privées de pattes, et qui, par conséquent, sont dans l’absolue nécessité de rester dans le lieu où leur mère les a déposées sous la forme d’œufs ou de germes. La plupart , appelés à vivre sous cette forme de larves dans des lieux privés d’air ou de lumière, sont blancs ou décolorés : leur corps est mou, presque Immobile. Si leurs parens ne les ont pas placés dans des circonstances assez favorables pour que leur nourriture ne se présente pas pour ainsi dire d’elle-même à leur bouche, ils se chargent de leur apporter une sorte de becquée, à la manière des oiseaux; et, sous ce rapport, ce second groupe des hyménoptères nous offre les plus grandes diflFérences, si nous venons à les observer dans les diverses familles.

Les unes, comme les guêpes et les abeilles , construisent avec le plus grand art, pour elles et pour leurs larves, de véritables édifices. Elles se réunissent en sociétés plus ou moins nombreuses, afin de s’occuper en commun de l’éducation des individus de leur race, pour les protéger et les défendre. Tl y a parmi ces individus des mâles, des femelles en plus ou moins

grand nombre ; et parmi ces dernières plusieurs sont condamnées, dès les premier^ours de leur naissance, à une stérilité absolue. Elles n’ont plus les organes extérieurs qui peuvent leur permettre de reproduire leurs semblables ; mais le sentiment de l’amour maternel n’est pas éteint chez elles : il les porte à se charger de l’éducation de petits provenant d’une ou de plusieurs femelles fécondes; elles en deviennent les nourrices elles protectrices; elles obéissent, par un instinct admirable, à des lois dictées par la nature, et toute leur organisation semble modifiée par les circonstances de leurs mœurs, de leur besoin actuel ou futur, et du climat qu’elles sont appelées à habiter ; elles semblent vivre sous un gouvernement gynocratique.

Chez d’autres hyménoptères, comme chez les fourmis, qui vivent aussi en sociétés nombreuses, des femelles neutres sont chargées également de tous les soins domestiques ; constamment privées d’ailes, elles sont douées de l’adresse, de l’agilité, de la force. Elles se réunissent pour se construire des habitations communes, appropriées à leur genre de vie et à la conservation de leur progéniture. Elles se font des guerres de peuplades; elles retiennent captives et tout-à-fait en esclavage les prisonnières qu’elles ont faites, et les condamnent aux travaux intérieurs. Elles élèvent et nourrissent convenablement, dans des sortes d’étables, d’autres espèces d’insectes, qu’elles soignent pour les traire et en obtenir un aliment assuré dans les temps de disette, comme nous tenons, en domesticité, nos vaches, nos chèvres et nos brebis. Elles nourrissent elles-mêmes les larves des femelles, des mâles et des neutres ; elles les protègent pendant tout le temps que ces individus peuvent être utiles ou nécessaires à la société. Elles constituent de véritables républiques, où tout est en commun.

D’autres, comme les sphèges, les crabrons, qui, sous la forme d’insectes parfaits, font leur nourriture principale des humeurs miellées que leur fournit le nectaire de nos fleurs, sont cependant appelées à faire une guerre d’extermination à cer-

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taînes races d’animaux , aux araignées, aux chenilles , aux larves de plusieurs autres insectes. Qu^d elles se sont rendues maîtresses de l’un de ces individus, ou elles le mutilent en lui coupant le^ membres, ou elles lui ôtent la faculté de se mouvoir en le piquant de leur aiguillon; et ce n’est que lorsqu’elles l’ont rendu paralytique et incapable de se défendre, quoique susceptible de conserver son existence , qu’elles l’emportent à travers les airs, comme font les oiseaux de rapine, pour venir le déposer dans un nid préparé d’avance , et l’ensevelir auprès de l’œuf qui doit perpétuer leur race. Cet œuf ne tarde pas a éclore ; la larve qu’il produit pénètre, sans résistance, les corps de ces insectes à demi privés de la vie , mais qui cependant, n’étant pas morts tout-à-fait, peuvent se conserver pendant quelques semaines, sans éprouver les altérations que subissent les cadavres ; et, par un instinct admirable , le nombre de ces victimes ainsi sacrifiées à l’existence d’une seule larve, a été, pour ainsi dire, calculé d’avance, d’après le développement qu’elle doit acquérir avant de prendre la forme de nymphe.

Les ichneumons et les autres insectes de la même famille nous présentent des particularités de mœurs encore plus admirables. Les femelles déposent les rudimens de leur progéniture à la surface ou dans l’intérieur du corps des autres insectes, lorsqu’ils sont sous la forme d’œufs, de larves ou de nymphes. Le petit ver sans pattes qui en provient, se nourrit d’abord de la graisse de l’insecte ; ensuite il attaque les organes les plus importans, et détruit ainsi la vie de l’animal dans lequel il se développe en parasite , soit seul, soit avec des individus de la même race ou d’une autre espèce.

Enfin, les cynips, les diplolèpes déposent leurs œufs sous l’épiderme, dans le tissu même des divers organes des végétaux. Les plaies qu’ils produisent attirent dans cet endroit, par une sorte d’irritation ou de maladie, les sucs du végétal, qui s’extravasent alors et y produisent des tumeurs ou des galles, dans l’intérieur desquelles les petites larves sç pourrissent, se dç-.

veloppent et se métamorphosent pour produire le même phénomène, chaque espèce de cynips étant, à ce qu’il paroît, attachée à telle ou telle partie du même végétal.

Nous venons d’indiquer les mœurs de la plupart des familles de l’ordre des hyménoptères, et nous pouvons prévoir combien des habitudes, ainsi variées, ont dû apporter de différences dans les formes de ces insectes. Ces modifications rendent l’étude des insectes de cet ordre plus difficile. En effet, les mâles diffèrent souvent beaucoup des femelles, non-seulement sous le rapport de la taille ou du volume ,*mais même quant aux couleurs et à la forme générale. Les neutres, qui ne sont que des iÿmelles privées des attributs ordinaires de leur sexe, offrent en outre des différences dans la disposition générale de leur corps ou de leurs parties, et assez souvent dans l’absence des ailes, qui manquent rarement chez les mâles ; de sorte que la description d’une espèce exige quelquefois, comme dans les abeilles et les fourmis, l’exposition des caractères des trois sortes d’individus. L’observation même n’ayant pas encore appris à les connaître , il est arrivé que des insectes appartenant à la même espèce ont été regardés et décrits comme des animaux differens. •

Il est probable que les larves des hyménoptères changent de peau, ou qu’elles muent, comme la plupart de celles des autres insectes ; mais on n’en a pas encore fait l’observation, excepté dans les fausses chenilles qui produisent les mouches à scie. Peut-être l’état d’étiolement dans lequel se trouvent la plupart des autres larves apodes, n’a-t-il pas permis de s’assurer du changement de peau , qu’on ne trouve pas, en effet, dans les cellules distinctes où quelques larves, comme celles de l’abeille maçonne, du sphège potier, ont été renfermées par leurs parens avec une certaine quantité de provisions.

Mais toutes ces larves se changent en chrysalides-, la plupart se filent un cocon d’une soie très.Tténue et tellement transparente qq’elle ressemble à pne sqrte de pellicule et de

METHODE DE CLASSIFICATIOîî

membrane. Cette coque est très-solide, composée de plusieurs couches distinctes, et d’un tissu d’autant plus serré et délicat qu’elles sont plus intérieures, comme on peut l’observer dans les cocons des cimbéces et des hylotomesi Au reste, les coques ont d’autant plus de solidité qu’elles sont, par la nature des circonstances de leur formation, plus exposées aux injures extérieures. Dans les fourmis , par exemple, elles donnent à la nymphe qu’elles recèlent l’apparence d’un œuf elliptique dont les deux extrémités sont de même grosseur.

Chez les petits îfchneumons qui vivent en famille dans les chenilles, et qui ont été rapportés dans ces derniers temps au genre Crypte par Fabricius, les larves filent en*commun une sorte de cocon soyeux , sous lequel chacune d’elles se construit ensuite une coque distincte ; tandis que celles des cynips, des diplolèpes, ne paroissent pas avoir besoin de cette enveloppe , étant déjà protégées par la tumeur plus ou moins solide que leur présence a fait naître dans les végétaux.

Les nymphes des hyménoptères sont à peu près immobiles; toutes leurs parties sont dans un état de mollesse et de raccourcissement qui permet cependant de distinguer au dehors toutes les parties de l%ur corps : la tête avec ses antennes et les parties de la bouche, couchées en avant et sous les pattes ; le corselet avec les rudimens des ailes, et composé de ses trois parties plus ou moins développées, suivant les genres; les trois paires de pattes , les anneaux de l’abdomen. Mais toute la surface de ces nymphes semble enduite d’une sorte de vernis qui est une véritable membrane d’une ‘ténuité extrême. Au reste , sous cet état, les nymphes des hyménoptères ressemblent à celles des insectes coléoptères : elles ne prennent plus de nourriture ; elles sont inactives, d’abord trèsmolles et très-blanches ; elles prennent de jour en jour plus de consistance et de coloratio^, jusqu’à ce qu’elles aient atteint toute la solidité dont elles avoient besoin.

Le corps des hyménoptères se divise en parties analogues à

celles de tous les autres insectes ailés : en tête , corselet, abdomen et membres. Les seules particularités dignes de remarque sont les suivantes :

A la tête, les antennes varient considérablement, non-seulement par la forme qui caractérise certains genres, mais même pour la disposition et le développement dans les individus de la même espèce, mais de sexe différent. Le nombre de leurs articles varie aussi beaucoup , de sorte qu’il en est de très-courtes de trois à cinq pièces, et de très-longues de dixsept à trente, comme dans quelques ichneumons. Tantôt ces antennes sont en masse , en fuseau , en soie ou en fil ; simples ou composées, en peignes, en panaches oubranchues, droites ou en spirale; brisées ; presque immobiles dans quelques cas, et vlbratiles dans d’autres ; chaque genre offrant quelques différences à cet égard.

L’insertion des antennes présente aussi beaucoup de modifications relatives à leur position, au-dessus, au-dessous ou entre les yeux. Ceux-ci sont le plus ordinairement composés ou taillés à facettes, arrondis, ovales ou en reins; plus gros ordinairement dans les mâles, chez lesquels, comme dans ceux des abeilles à miel, ils occupent presque toute la tête.

La plupart des hyménoptères portent, sur le sommet du front, trois yeux lisses ou points brillans, disposés en triangle : on les nomme stemmates.

Les parties de la bouche* des insectes de cet ordre présentent beaucoup de modifications, quant à la forme ; car leur nombre est à peu près le même : une lèvre supérieure, deux mandibules; deux mâchoires souvent excessivement alongées, formant une sorte de gaine ou d’étui à la lèvre inférieure, qui s'alonge elle-même dans quelques espèces pour former une langue ou une trompe, dans la composition de laquelle les palpes maxillaires et labiaux, formés de plusieurs articles, constituent des appareils très-compliqués, que l’on voit principalement chez les abeilles.

METHODE DE CDASSIFICATION

Le corselet des hyménoptères est évidemment composé de trois pièces en général très-distinctes. La première, qui supporte la première paire de pattes, a le plus souvent la forme d’un collier , et ne s’étend pas vers le dos ou la partie supérieure du corselet, excepté dans quelques genres, comme dans les chrysides, les parnopès : vient ensuite le véritable corselet, qui supporte les ailes, et les pattes moyennes et postétieures ; enfin , la troisième pièce, qu’on a nommée métathorax, avec lequel elle se confond, ou qui se présente sous la forme d’un écusson plus ou moins étendu.

Leventre ou l’abdomen , composé de cinq à neuf segmens de forme variable, est tantôt sessile ou appliqué immédiatement au corselet, comme dans les tenthrèdes ; tantôt, et le plus souvent, supporté par un pédicule très-distinct, comme dans quelques guêpes, les fœnes, les ichneumons. Mais ce qui caractérise principalement les insectes de cet ordre, c’est l’instrument dont les femelles et plusieurs neutres sont armés, et qui sert à la ponte : tantôt sous la] forme d’une tarière composée de trois pièces écailleuses, dont deux externes servant de gaine, et une troisième, moyenne ou intermédiaire, variant pour la disposition de son extrémité, qui est ou acérée, ou tronquée et dentelée en-dessus, en-dessous , et même sur les côtés ; tantôt ces mêmes pièces sont beaucoup plus courtes, plus roides, plus pointues, et forment alors ce qu’on nomme l’aiguillon.

Dans quelques espèces , comme les chrysides, la tarière est formée par une suite de tuyaux qui rentrent les uns dans les autres et qui peuvent s’alonger comme le tube d’une lunette d’approche , garnie d’une pointe très-déliée à sa dernière extrémité.

Chez les mâles, qui pour la plupart sont privés d’aiguillon, cet instrument est remplacé par un appareil analogue, mais dont les pièces, disposées autrement, servent au rapproche' ment des sexes et à l’œuvre de la fécondation.

Les pattes des hyménoptères sont composées , à peu prés, des mêmes pièces que celles des coléoptères ; la hanche, la cuisse, la jambe et le tarse. Ces pièces diSerent pouh la lenteur, la disposition et les formes. Ainsi le tarse antérieur est dilaté dans les mâles de quelques crabrons : c’est celui des pattes postérieures qui présente cette conformation dans les neutres des abeilles. Les jambes sont velues, dentelées, épineuses, garnies de brosses, de pinceaux; elles sont cannelées, aplaties, arrondies, suivant les mœurs et les usages auxquels ces parties sont destinées.

Les ailes, dont les supérieures sont, comme nous l’avons déjà dit, plus larges et plus longues que les inférieures, sont articulées sur la pièce moyenne du corselet. Elles offrent là une sorte d’écaille, d’omoplate, de forme très-différente dans les genres. Ces ailes elles-mêmes présentent des aires ou espaces celluleux, compris entre les nervures qui ont offert à M. Jurine les bases d’une méthode de classification établie principalement d’après les différences que fournissent les cellules qui viennent immédiatement après les deux grandes nervures longitudinales extérieures, dont l’une est dite radiale , et l’autre cubitale.

La plupart des auteurs ont divisé les hyménoptères en deux groupes principaux : celui des mouches à scie qui ont une tarière, et celui des porte-aiguillons. Nous allons présenter ici lanalyse de la méthode d’après laquelle nous divisons cet ordre en neuf familles naturelles.

sessile : une tarière dans les femelles ; à antennes non brisées.3g. XJroprûus.

^plus longue que les mandibules ; ventre é pédicule très-court. 3i. Metlitei.

I concaye eii'-^essoas , se roulant eu boule ; corps

métallique. 33. Chrysides.

^doublées sur la longueur ; antennes brisées. 3a. Ptérodiphs. 'brisées ou filiformes ; ventre

^ conique.36. Myrméges.

(rond,

pédicnlé; ) à lèvre J inférieure ),

Kptennes jnibrisées.

inthophiles.

jpî en fll;| (comprimé. 38. Niottocryptes,

^ articles: ,

(I4 à 17. 37. Oryctères, e,(i7 i3o. 35. SmometüUs,

M^THOrnS DE CLASSIFICATIOR

La seule famille indiquée sous le n.° Sg comprend des insectes dont la larve ressemble tout-à-fait à une chenille munie de pattes, et qui se nourrit comme toutes les chenilles ; tandis que les larves de toutes les autres familles ont la forme de vers mous sans pattes, près desquelles les parens déposent une certaine quantité d’alimens, ou qu’ils se chargent de nourrir.

Les Apiaires ou mellites, dont le ventre est attaché au métathorax par un petit pédicule court , et dont la lèvre inférieure est plus longue que les mandibules, ont toutes des antennes brisées ou coudées. Sous l’état parfait, ces insectes sucent le nectar des fleurs, et ils nourrissent leurs larves du pollen des végétaux. Parmi les espèces de cette famille qui se réunissent par sociétés nombreuses pour vivre en commun, il y a des individus privés des organes sexuels, au moins extérieurement, et qui par cela même sont devenus stériles. Qn a reconnu que ces sortes de mulets sont des femelles qui, n’étant pas propres à la reproduction, s’attachent par instinct à la progéniture de la race, dont l’éducation leur est exclusivement dévolue. C’est à cette famille qu’il faut rapporter les abeilles, les xylocopes, les bourdons, ainsi que lesandrènes, les hylées,les nomades ; enfin, le genre des bembèces, dont la lèvre supérieure forme une sorte de bec qui couvre les parties de la bouche. (PI. 29 et 3 o.)

Les Ptérodifles ou duplicipennes, comme les guêpes et les masares, forment la famille suivante, dont les mœurs sont analogues à celles des abeilles, mais dont les mâchoires sont moins alongées, et qui sont surtout remarquables par le pli longitudinal qui se forme dans les ailes supérieures lorsque l’insecte est dans le repos, ce qui les rétrécit beaucoup. Leurs antennes sont aussi brisées ; mais elles forment une masse ou un fuseau vers les articles libx’es. (PI. 3 i, ri.°' 8,9.)

Les Chrysides et les parnopès, qui composent à elles seules une petite famille, sont surtout remarquables par la forme

des anneaux de l'abdomen, qui sont concaves en-dessous et qui peuvent se rouler en boule comme les armadilles. (PI. 3 i, n.°* 5 , 6,7.)

Les Anthophiles ou florilèges se trouvent sur les fleurs dans l’état parfait : ils se nourrissent du pollen, mais ils ne le recueillent pas comme les apiaires. Ils nourrissent , au contraire, leurs larves avec d’autres insectes, qu’ils saisissent et qu’ils paralysent en les piquant de leur aiguillon, ou qu’ils mutilent, afin qu’ils n’ofifrent aucune résistance à ces sortes de vers qui, le plus ordinairement, sont déposés dans des nids construits avec artifice. Les uns ont les antennes renflées, comme les philanthes et les scolies; d’autres les ont à peu près de même grosseur dans toute leur étendue : tels sont les mellines et les crabrons ( pl. 3 1, n.“ 1 — 4 ).

La famille des Entomotilles ou insectirodes, c’est-à-dire rongeurs d’insectes, provient de larves qui, pour la plupart, se développent dans l’intérieur du corps des autres insectes, dont elles absorbent tous les sucs, en ménageant les organes de la digestion jusqu’à l’époque où elles sont prêtes à se métamorphoser. Ce sont des insectes parasites, dont les mœurs sont extrêmement curieuses à étudier. On rapporte à ce groupe les genres Ichneumon, Ophion, Banche, Foene, Évanie. ( Pl. 82 , n.®' 1 — 5 .)

Les Myrméges ou formicaires, c’est-à-dire voisins des fourmis , comprennent en effet ce genre et ceux des mutilles et des doryles. Il y a parmi eux des individus condamnés, comme chez les abeilles, à une stérilité complète. La plupart vivent en sociétés nombreuses. Les neutres seuls travaillent. Les mâles périssent peu de temps après qu’ils ont rempli leurs fonctions, ou que l’époque de la fécondation est passée. Leurs mœurs présentent aussi le plus grand intérêt. Les insectes parfaits sucent les pucerons, semblent les élever en domesticité; ils se livrent des guerres, font de leurs prisonniers des sortes d’esclaves qu’ils chargent des soins domestiques intérieurs. ( Pl. 32 , n.°‘ ï , 2,3.)

MÉTHODE DE CLASSlrtCATIOrï

Les Oryctisres ou fouisseurs ont des mœurs analogues k cellefâ des anthophiles, quoique leurs caractères, cru la disposition de leurs parties extérieures, soient fort différons ; tels sont les pompiles, les larres, les sphèges et les tiphies (pl. 35 ).

La famille des abditolarves ou Néottocryptes , noms qui indiquent que les larves de ces insectes sont soigneusement cachées, comprend des espèces qui ont beaucoup de rapports de mœurs avec les entomotilles 5 mais leurs formes sont très* différentes. Quelques-unes produisent des phénomènes trèscurieux pour la végétation. Les femelles, à l’aide d’instrumens dont elles sont munies, insèrent leurs œufs dans l’intérieur des fruits ou sous l’épiderme des jeunes tiges; elles y font d’abord une entaille et elles y laissent suinter une humeur qui détermine une irritation ou un épanchement maladif de sucs et des monstruosités bizarres mais constantes pour chaque espèce ; ce sont des galles dans l’épaisseur desquelles les jeunes larves trouvent une nourriture abondante , en même temps qu’elles sont par cela même préservées de dangers auxquels elles n’auroient pu sésoustraire : telles sont lesmœurs des diplolèpes, des cynips, des eulophes, des diapries. D’autres, comme les leucopsides, les chalcides, se nourrissent dans le corps des insectes, à peu près comme les ichneumons. (PI. 34 »)

Enfin, la dernière famille des hyménoptères réunit des insectes tellement différens des autres, sous le rapport des métamorphoses, qu’on seroit tenté d’en former un ordre particulier. C’est celle des Uropristes ou serricaudes, ainsi nommée à cause de la tarière en scie que les femelles portent à l’extrémité du ventre, et qui sert à faire des entailles aux écorces des plantes sous lesquelles l’insecte veut déposer ses œufs. Dans toutes les espèces mâles et femelles l’abdomen est absolument sessile ou appliqué immédiatement au corselet : toutes proviennent de chenilles à tête écailleuse , qui se nourrissent de matières solides végétales, feuilles et écorces. Elles ont plus de dix-huit pattes, et quelquefois, quoique

rarement, au-delà de vingt-deux. A l'époque de leur transmutation, elles se filent un double cocon, quelquefois trèssolide , où la nymphe reste immobile, quoique ses parties soient distinctes, enveloppées cependant dans un épiderme qui reste dans la coque, que l’insecte déchire ou coupe trèsrégulièrement en travers , lorsqu’il prend sa dernière forme et qu’il sort, comme ressuscité, de cette sorte de tombeau. Deux groupes partagent cette famille : dans l'un, auquel on rapporte les cimbèces et les sirèces, les antennes ne sont ni en fil ni en soie, comme on l’observe dans les tenthrèdes ou mouches à scie, les urocères et les orysses. Cette famille des uropristes est un chaînon qui lie l’ordre des hyménoptères à celui des lépidoptères par la forme et les mœurs des larves. (PI. 35 .)

Les HÉMIPTÈRES forment le cinquième ordre de la classe. Ce nom, tiré du grec, Himtcrvç, moitié, et Trl-ftov, aile, ne convient pas à toutes les espèces. Aussi a-t-on proposé de lui substituer ceux d’hémélytres et d’hémiméroptères, dénominations qui ne sont pas meilleures.

Quoique ces insectes aient le plus souvent quatre ailes, dont la base , ou la moitié de la longueur qui y correspond, reste plus opaque, il en est quelques-uns, comme les cigales et les pucerons, par exemple , dont les ailes supérieures sont semblables aux inférieures. Leur véritable caractère consiste dans la forme de leur bouche, qui a déterminé la nature de leurs alimens, et par conséquent leurs mœurs. Ainsi, quoique le nom donné à cet ordre soit mauvais , les insectes qu’il réunit n’en ont pas moins les plus grands rapports par la métamorphose, qui est incomplète, c’est-à-dire que l’insecte , sous les trois états, est semblable à lui-même , les ailes ou les rudimens d’ailes exceptés, comme chez les orthoptères, et surtout par la présence d'un bec, ou d’une bouche consistant en une sorte de tube formé de plusieurs pièces qui contiennent des soies fines et aiguës. L’animal se

l3o MÉTHODE DE CLASSIFICATION

sert de cet instrument pour piquer les corps organisés dont il suce ou pompe les humeurs pour se nourrir.

Le plus ordinairement, les hémiptères ont quatre ailes, dont les supérieures ne sont souvent transparentes ou membraneuses que dans la moitié de leur longueur, du côté de 1 extrémité libre , tandis qu’elles sont opaques à la base : ce qui leur a valu le nom de demi-élytres ou de demi-gaines, que leur a donné Linnæus, et que Geoffroy a également adopté, quoique Degéer ait appelé hémiptères quelques orthoptères, tels que les genres Mante, Sauterelle, Gryllon, Criquet et Blatte.

Fabricius a désigné cet ordre d’insectes sous le nom de rhyngotes. Il a même publié, en i8o3 , un ouvrage consacré uniquement à leur description , sous le titre de Sjstema Rhjngotorum, du mot grec signifie un bec , un

groin. C’est un des ordres les mieux fondés dans cette méthode , parce qu’en effet aucun autre insecte n’a la bouche conformée de cette manière, tandis qu’il y a beaucoup d’éleuthérates, d’ulonathes, de glossates, d’antliates, etc., dont les instrumens cibaires ne correspondent aucunement au nom de l’ordre sous lequel on les range.

Quoique tous les hémiptères n’offrent pas ces demi-élytres qui n’appartiennent qu’à quelques familles, l’ordre qui les réunit n’en est pas moins très-naturel, puisque les métamorphoses et les manières de vivre sont absolument les mêmes dans toutes les espèces.

Avant d’entrer dans les détails qui feront connoître les faits généraux de l’histoire de ces insectes, il sera bon d’en exposer les caractères principaux , et la manière dont les naturalistes les ont distribués en groupes.

Ainsi les hémiptères diffèrent des coléoptères , des orthoptères , des hyménoptères et des névropfères, parce qu’ils n’ont point de véritables mâchoires ni de mandibules, et que leur bouche consiste en un véritable bec , sorte d’étui où

sont renfermées quatre soies qui peuvent s’y mouvoir : ce n’est pas une langue roulée sur elle-même en spirale comme dans les lépidoptères qui ont quatre ailes. Enfin ils difierent aussi des diptères, qui n’ont que deux ailes, et dont la bouche est autrement organisée. On peut donc caractériser les hémiptères comme des insectes à quatre ailes, munis d’un bec articulé, qui est constitué par les parties de la bouche tout-à-fait altérées dans leur forme et leur étendue.

Les hémiptères ne subissent qu’une métamorphose incomplète , à peu près comme les orthoptères. Les seuls phjtadelges présentent quelques différences à cet égard. Ils sont agiles sous les trois états de larves, de nymphes et d’insectes parfaits. Souvent même les larves, en sortant de l’œuf, et abstraction faite de la taille, ne diffèrent de l’insecte parfait que par la privation des ailes, de sorte que les changemens principaux ne sont, pour ainsi dire, que des mues, l’animal ne cessant ses mouvemens et ses autres actions que pour quelques heures. 11 y a même dans cet ordre un très-grand nombre d’espèces chez lesquelles les ailes ne se développent pas, et qui restent ainsi aptères, avec ou sans élytrcs.

Les mœurs, ainsique nous l’avons dit, nesontpas les mêmes dans les diverses familles. Il est remarquable que parmi les espèces qui ont les ailes supérieures croisées l’une sur l'autre, et le plus souvent même à leur extrémité libre, toutes celles dont les antennes sont en soie, longues ou courtes, soit qu’elles vivent dans l’eau ou sur la terre, ne se nourrissent que des humeurs des animaux ; tandis que celles qui les ont alongées, en fil ou en masse , sucent toutes, sans exception, les plantes ou les sucs des végétaux.

Les hémiptères qui n’ont pas les ailes croisées, diffèrent, sous plusieurs rapports, des véritables hémélytres : aussi Degéer en avoit-il formé une division particulière sous un autre nom d’ordre , siphonata. '

Six familles fort naturelles composent cet ordre : voici le

MÉTHODE DE CLASSIFICATION

tableau analytique qui les indique, d’après l’examen des parties extérieures.

( longues 4>. Zoadelges.

larges: I Ifilouenmasse. 40. Rhinostomes.

antennes! , ■ > tt j ■

l très-courtes, en soie.. . 42. Uyarocorees.

très-étroites, linéaires : tarses vé-

siculeux.45. Physapodes.

‘uses, non croisées;(trois.43- ^uchenorhinques.

les des tarses [deux au plus. 44. Phytadeiges.

Les insectes de la famille des hémiptères Rhinostomes ou frontirostres ont, comme leur nom l’indique , un bec qui paroît naître du front; leurs antennes ne sont pas en soie, et leurs tarses ne sont pas propres à nager, mais bien à s’accrocher sur les corps solides. Ils paroissent tous sucer de préférence les végétaux , dont ils absorbent la sève sous les trois états de larves, de nymphes agiles et d’insectes parfaits. Les uns ont les antennes en masse , ce sont les podicères et les corées; d’autres les ont en fil ; mais parmi ces derniers il en est qui ont cinq articles aux tarses, comme les pentatomes et les scutellaires, tandis que d’autres n’en ont que trois, comme les acanthies, les gerres et les lygées. (PI. 36 .)

Les Zoadelges ou sanguisuges sucent les humeurs des animaux; leur bec paroît aussi être un prolongement arqué du front, mais leurs antennes longues se terminent par un article très-grêle ou en soie : tels sont les punaises des lits, les mirides, les réduves, les ployères et les hydromètres. (PI. 37.)

Les Hydrocorées, ou les punaises qui vivent dans l’eau, qu’on peut encore appeler rémitarses, parce que leurs pattes postérieures sont propres à nager, à raison de l’aplatissement de leurs tarses qui souvent sont ciliés sur la tranche et composés de deux articles, sont surtout remarquables par l’extrême brièveté de leurs antennes, qui ressemblent à un petit poil ou à une soie. C’est dans cette famille qu’on range les genres dont les espèces portent des filets au ventre, comme les scorpions aquatiques ou les nèpes et les ranatres; ainsi

que celles qui n’ont pas ces sortes de filets, comme lessigares, les naucores et les notonectes. (PI. Sy.)

Les cigales et les autres genres voisins, dont le bec, dans l’état de repos, reste couché sous le ventre entre les pattes , et dont la base paroît naître du cou , portent, à raison de cette conformation, le nom de collirostres ou d’AucuÉNORHiN- QUEs. Leurs ailes supérieures, qui ne sont pas croisées, sont à peu près de semblable consistance dans toute leur longueur; ils n’ont pour la plupart que trois articles aux tarses. On rapporte à cette famille , comme nous venons de le dire, les cigales, cicadelles, membraces, cercopes , fiâtes, fulgores, etc. ( PI. 38 . )

Les Phytadelges ou plantisuges ont aussi les ailes non croisées et semblables entre elles, souvent étendues et transparentes ; leur bec paroît encore prendre son origine à la base de la tête en-dessous, au devant du corselet, ou vers le cou. Leurs tarses sont èn général très-mal organisés pour la marche ; ils n’ont que deux articles. Aussi la plupart des espèces sont*-elles très-lentes et restent-elles fixées sur les végétaux, au lieu même où les mères ont déposé leurs œufs. Il en est beaucoup qui n’ont pas d’ailes, et dont les pattes, très-courtes, ne peuvent servir qu’à retenir ces insectes sur les feuilles ou les écorces : tels sont les gallinsectes, les cochenilles femelles, les chermès, les psylles. D’autres, comme les pucerons, les aleyrodes, peuvent se transporter d’un lieu à un autre à l’aide des ailes. Le mode de génération de ces insectes est des plus curieux à connoître. (PI. 89.)

Enfin, le seul genre anomal des thrips constitue la famille des Physapodes ou vésitarses, noms qui indiquent la conformation singulière des tarses, lesquels sont garnis de petites vessies qui font, à ce qu’il paroît, l’office de vraies ventouses pour faire adhérer l’insecte sur les surfaces les plus lisses. Ce sont de très-petites espèces, dont le bec est, par conséquent, très-court. Ils ont à peu près le port des staphylins;

J 54 METHODE DE CLASSIFICATION

mais leurs transformations sont bien celles des hémiptères, puisqu’on a observé leurs larves et leurs nymphes. Cependant ils diffèrent réellement de tous les insectes de cet ordre. Les plus grandes espèces atteignent à peine une ligne de longueur. (PI. 36.)

Après les insectes k quatre ailes qui ont un bec, viennent ceux qui ne peuvent aussi se nourrir que de liquides, mais à l’aide d’une langue roulée en spirale. Ils forment le sixième ordre, celui des LÉPIDOPTÈRES : nom sous lequel Linnæus a désigné l’une des principales divisions, ou l’un des grands ordres de la classe des insectes; c’est-à-dire, la grande sousclasse qui comprend les insectes dont la bouche est formée par une sorte de langue roulée en spirale, entre deux palpes, et qui ont quatre ailes couvertes d’une poussière ordinairement colorée, composée de petites écailles placées les unes au-dessus des autres, en recouvrement. C’est de cette particularité que leur nom a été emprunté. Il est en effet composé de deux mots grecs, dont l’un, Xi7ri(T-iS'o(r, signifie écailles, et l’autre, 7r]epct, ailes. Fabricius, qui a adopté cette classification, en a changé seulement le nom, qu’il a tiré de la conformation des parties delà bouche, et il en a fait une classe sous la dénomination de glossates, c’est-à-dire, qui ont une langue : ce sont les papillons de jour et de nuit.

L’ordre des lépidoptères est l’un des plus naturels ; il comprend des insectes qui diffèrent de tous les autres par un grand nombre de particularités tirées de leur conformation sous l’état parfait, et surtout de la ressemblance dans les mœurs et dans les transformations. Voici ses caractères principaux, présentes d’une manière isolée, pour les mettre en comparaison avec ceux que peuvent offrir les insectes des autres ordres.

Insectes à corps velu, à quatre ailes écailleuses, à bouche sans mâchoires, qui sont transformées eu une sorte de langue ou de trompe de deux pièces roulées en spirale cachées, dans l’état

de repos, entre deux palpes velus ; à tête munie d’antennes alongées, et privés plus souvent de slemmates ou d’yeux lisses.

Tous les lépidoptères proviennent d’œufs, dont il sort des larves qu’on nomme chenilles, et qui sont absolument différentes de l’insecte parfait qu’elles doivent produire. Ces larves ont le corps alongé, ras ou velu, formé de douze articulations ou anneaux, sans compter la tête. Neuf de ces anneaux sont percés latéralement d’une paire de trous, qui sont les orifices des trachées ou des vaisseaux à air, destinés à l’acte de la respiration : on les nomme stigmates. On remarque dans toutes ces chenilles trois paires de pattes courtes, mais articulées et à crochets simples, situées sur les trois anneaux qui suivent la tête et qui correspondent aux véritables pattes que doit avoir par la suite l’insecte dans son état de perfection. Les chenilles ont en outre, pour la plupart, un nombre variable d’autres fausses-pattes qui servent également au transport du corps. Ce sont des tubercules munis de cercles ou de couronnes de crochets rétractiles, avec lesquels l’insecte s’accroche et adhère sur les plantes qui font sa nourriture principale.

Ce nombre des fausses-pattes varie beaucoup dans les chenilles. Cependant il est a peu près constant dans chacun des groupes qui doivent donner des insectes parfaits semblables. Jamais cependant il ne dépasse le nombre de seize. C’est ainsi, par exemple, que dans les phalènes dites géomètres ou arpenteuses, ces tubercules sont placés à de grands intervalles les uns des autres, de manière que l’insecte, lorsqu’il se meut, semble mesurer l’espace qu’il parcourt. D’autres chenilles, telles que celles qui doivent produire les teignes, et qui se filent des étuis auxquels elles attachent des corps étrangers ou les débris des matières dont elles font leur nourriture, n’ont que deux de ces fausses-pattes, dont l’animal se sert pour s’accrocher dans l’intérieur de sa demeure portative.

Les larves des lépidoptères présentent de grandes différences relativement à leurs formes variées, à leur nourriture, à leurs

MÉTHODE DE CLASSIFICATION

mœurs, à leur changement de peau et de couleur dans leurs diverses mues, et à leurs habitudes, soit qu’elles vivent isolées dans toutes les époques de leur existence sous cette première forme, soit qu’elles restent constamment réunies en société, comme cela arrive à un très-grand nombre d’entre elles. Les chenilles sont très-voraces ; on a observé que quelques espèces mangent continuellement, et que dans un seul jour elles prennent le double de leur poids en nourriture. Ces insectes subissent une transmutation complète, et lorsque la chenille a changé huit à douze fois de peau , elle finit par se métamorphoser en chrysalide, après avoir pris de grandes précautions pour mettre son corps à l’abri de tout danger, soit en se retirant dans un lieu commode pour s’y suspendre ou s’y accrocher solidement à l’aide de fils entrelacés, soit en se filant un follicule ou cocon disposé avec plus ou moins d’art et d’astuce, pour le dérober à la vue ou à l’attaque de ses ennemis.

Ces chrysalides sont pour la plupart immobiles, à moins qu’on ne les touche ou qu’on ne les irrite ; elles sont aussi plus grosses du coté de la tête , et pointues à l’extrémité opposée. Elles représentent à peu près les formes de l’insecte parfait qu’elles renferment; mais toutes les parties en sont resserrées, rapprochées les unes des autres, dans une sorte de contraction, et recouvertes d'une peau solide qui semble comme les emmaillotter.

En examinant les diverses parties du corps des lépidoptères sous l’état parfait, voici les conformations les plus remarquables qu’elles nous offrent, si nous les comparons avec les autres insectes.

D’abord on ne distingue bien, au premier aperçu , que la tête, le corselet, l’abdomen, les ailes et les pattes, et toutes ces parties sont plus ou moins velues, ou couvertes de poils aplatis ou d’écailles qui se détachent facilement.

La tête est en général petite, relativement au corselet ; elle est velue ou poilue, presque sessile, et accolée au tronc chez

le plus grand nombre. Les yeux sont en général fort gros, convexes, taillés à facettes nombreuses, brillans, surtout dans les espèces qui volent la nuit. La bouche consiste, comme nous l’avons dit, en deux mâchoires excessivement prolongées dans un grand nombre de genres, formant une sorte de langue ou de trompe qui se roule en spirale sur elle-même, de manière que l’extrémité libre est dans l’intérieur de la spire et que la base l’enveloppe. On voit lur les côtés les rudimens des mandibules, et deux palpes fort développés et velus, entre lesquels cette trompe se trouve cachée dans l’état de repos. Les antennes varient beaucoup pour la forme, et c’est d’après les diverses conformations qu’elles présentent, que nous avons divisé cet ordre des lépidoptères en quatre familles principales, comme nous le dirons plus bas. En général les antennes sont alongées et composées d’une série nombreuse de petits articles souvent fort composés.

On ne distingue pas facilement dans le corselet de ces insectes les trois pièces qui composent le thorax, à cause des poils qui les recouvrent.

L'abdomen, qui est composé de six ou sept anneaux, ne semble aussi former qu’une pièce unique, qui, dans quelques espèces femelles, se prolonge par des bouquets de poils, ou par une sorte d’oviducte protractile, dont l'insecte se sert pour arranger, disposer et déposer ses œufs en un lieu convenable.

Les ailes, au nombre de quatre, varient pour la forme, l’étendue et la disposition, dans les différens genres. On remarque, par exemple, dans les sphinx et dans beaucoup de phalènes et de noctuelles, sur le bord externe de l’aile inférieure, une sorte de cil ou de soie roide, pointue, qui s’accroche dans une espèce d’anneau, de boucle ou de crochet, qui se voit sous le bord mince, postérieur ou interne, de l’aile de dessus, pour former ainsi un seul et même plan inflexible dans l’action de voler.

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Dépouillées des écailles ou des petits poils aplatis qui les recouvrent, ces ailes offrent des nervures longitudinales plus ou moins apparentes, et qui, dans certaines espèces, sont très-visibles par la rareté des écailles, comme dans les papillons dits le gazé, Vap.ollon, etc.

Les pattes, au nombre de six, offrent dans quelques especes de papillons, par exemple, une telle brièveté et si peu de développemens dans les tarses, au moins dans la partie antérieure, qu’on les a nommés papillons à quatre pattes [tetrapi].' Les deux pattes antérieures sont alors très-velues : aussi Geoffroy les a-t-il comparées à une sorte de fourrure que les dames |)ortoient de son temps, et qu’on nommoit palatine, telle que l’insecte en présente une en effet au-dessous du cou. La plupart des lépidoptères ont cinq articles aux tarses. Beaucoup d’espèces, comme les phalènes, les ptérophores, les pyrales, les teignes , les alucites, ont les jambes et les tarses garnis d’épines ou de soies roides, colorées diversement.

Pour la commodité de l’étude, on a divisé les lépidoptères, d’après la conformation des antennes, en quatre familles naturelles, qui comprennent en effet des genres d’insectes fort différons, et sous leur dernière forme, et sous celle de larves ou de chenilles, comme nous allons l’indiquer.

On a remarqué d’abord que les antennes des lépidoptères offroient cette grande différence, que tantôt elles étoient renflées ou plus grosses, soit à l'extrémité, soit dans la partie moj^enne, et que tantôt, au contraire, elles n’offroient pas de renflemens, soit qu’elles ressemblassent a une soie de cochon, c’est-à-dire qu’elles fussent plus grêles à 1 extrémité libre qu'à la base; soit que les articles, à peu près égaux dans toute la longueur, fussent simples ou en fil, ou garnis chacun de barbes ou de plumes latérales, ce qui leur donne la forme de peignes simples ou doubles, et on les dit alors plumeuses ou pectinées.

Il résulte de là cette sorte de tableau synoptique que présente l’analyse.

Sixième ordre. —Lépidoptères.

Insectes à quatre ailes écailleuses, à bouche munie d’une trompe roulée en spire entre des palpes velus ou écailleux.

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