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QUESTION DES ÉPIDÉMIES ET DES ENDÉMIES

Les auteurs nous donnent des épidémies de tétanos dans les guerres, des épidémies frappant certains locaux, des salles d'hôpital; des séries de cas de tétanos dans lesquels l’infection est due aux moyens d'instruments chirurgicaux, ils nous donnent aussi les endémies de certaines contrées. Voyons, par un aperçu rapide, les principales citations :

ÉPIDÉMIE DE GUERRE. — Larrey, dans son Mémoire de chirurgie militaire, ayant trait aux campagnes de 1812, rapporte une épidémie de tétanos qui décima les blessés d’Elchingen, transportés dans l’île Lobau, blessés qui avaient enduré le froid très rigoureux de la nuit.

Le même auteur relate, pendant la campagne d'Égypte, à la bataille des Pyramides, à la révolte du Caire, des épidémies

successives de cette maladie.

Qu

Frs

Le Bulletin des sciences médicales publie une observation dans laquelle il est dit que Thierry, après la bataille Bautzen, compta jusqu'à 110 tétaniques dans ses ambulances; le froid de la journée avait été très rigoureux.

Pendant la guerre de 1870-1871, le tétanos fit de nombreuses victimes à Sirasboure, Metz et Paris, ainsi que le relate Mathieu dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.

ENDÉMIES DE CONTRÉE. — Bajon raconte que le tétanos est très fréquent en Guyenne chez les nouveau-nés, et qu’à peine la moitié échappe à ce terrible fléau.

Madier, ainsi que nous transmet Dazille dans une observation sur le tétanos, en 1788, exerçant dans le Vivarais à la fin du dernier siècle, dit qu'à Bourg-Saint-Andéol un dixième des enfants succombait au tétanos.

Fournier rapporte qu'à la Jamaïque le tétanos frappe ?5 pour 100 des enfants nouveau-nés.

Dans le Medical Times du 19 novembre 1881, Collin relate le récit qu'à Baltimore il observa 34 cas de maladie entre le 28 juin et le 5 août.

A Westmaneyer (S.-0. de l'Irlande), le tétanos régnait et donnait une mortalité extraordinaire. En 1871, faisant une statistique d'une durée de vingt ans, Labonne donne le chiffre incroyable de 64 pour 100 de mortalité de la population infantile.

Il suspecte et ne craint point d’accuser le guanodes oiseaux de mer, dont on se sert dans cette île pour engrais de ferme.

D’Ardennes, en 1887, rapporte que sur un même point de la banlieue de Toulouse, à la Croix Daurade, il eut à noter, en quelques mois, quatre cas de tétanos.

Nous citerons personnellement trois cas de tétanos observés dans l'espace de quatre mois d'intervalle, dans un cercle

Ces restreint d’un canton du département de Vaucluse. Nous nous demandons à ce sujet s’il y eut là une pure coïncidence, et s’il n’est pas admissible que le territoire en question fut à l'instar de certaines contrées où, à l’état endémique, on voit bien souvent se développer de nombreux cas de charbon, chez les animaux. Ici, on ne pourrait invoquer une transmission quelconque intervenant dans le pansement des plaies, le cultivateur ayant pour principe de se soucier fort peu de faire panser une plaie insignifiante,

: Nous relaterons en temps et lieu les trois observations cidessus.

ÉPIDÉMIES DE LOCAUX. — Murat raconte qu'il n'avait jamais vu autant de tétaniques qu'après la bataille d'Téna. Les nombreux blessés, transportés par un temps glacial dans des édifices publics et notamment dans des églises, laissèrent une quantité des leurs, victimes du tétanos, emportés de vingt à trente-six heures.

Strasbourg aussi vit se déclarer dans ses hôpitaux, pendant la guerre de 1871, une dizaine de cas de tétanos.

Bousquet, médecin de la marine coloniale, raconte le fait suivant: En 1885, à Lang-Son (Tonkin), un soldat blessé au combat de Dong-Dang meurt du tétanos sous une tente d'ambulance ; en même temps entrait un tirailleur algérien avec une plaie insignifiante du mollet, cet homme contracta

. le tétanos et mourut en cinq jours.

Verneuil publie en 1887, dans la Revue de chirurgie, que le docteur Kapélanakis, médecin militaire de l’armée grecque, faisant partie du corps d'armée qui de la Thessalie retournait en Grèce, installa son hôpital dans une caserne où avaient été logés les Turcs pêle-mêle avec leurs chevaux.

Le pays étant marécageux, l’impaludisme se montra fréquent et l’on dut avoir recours aux injections hypodermiques

EE ju de sulfate de quinine; au bout de quelques jours, quatre cas de tétanos se déclarèrent et tous mortels ; un cinquième militaire, blessé au genou, contracte le tétanos et meurt à son

tour.

ÉPIDÉMIE DE SALLES D'Hopiraz. — Le caractère de cette sorte d’épidémie est presque invariablement le même. Un blessé atteint de tétanos est dans une salle, peu importe qu’il meure ou qu'il se rétablisse, le fait est qu’il donne naissance à de nouveaux cas de tétanos, chez des blessés couchés dans cette salle.

Nous trouvons dans le Bulletin de la Société de chirurgie, 1885, p. 714, la communication suivante:

Polaillon à observé, à la Pitié, trois cas de tétanos, qui se sont déclarés successivement chez trois blessés occupant les lits 39, 34, 43. Le premier cas se manifeste sur le n° 39, atteint de plaie contuse de la main, qui succombe le 23. mai 1885 ; le second cas se manifeste au n° 34, chez un blessé ayant une plaie à la cuisse. |

Enfin, le malade couché au n° 43 contracte éc'alement le tétanos, le 5 juin, et succombe le lendemain.

On lit encore dans ce même bulletin: Au mois de janvier 1885, un homme de quarante-cinq ans, serrurier, qui trois semaines avant s'était écrasé la première phalange du petit doigt de la main gauche, entre à la Pitié. Pris de tétanos, il succombe en trois jours.

Pendant ce même mois de janvier, un orphelin de l’hospice, âgé de sept ans, atteint de tumeur blanche du genou, subit l’amputation de la cuisse; il occupe dans la même salle un lit immédiatement voisin de celui où était le serrurier de l’obser-

vation I. Cinq jours après l’amputation, cet enfant prend le tétanos et meurt.

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