Son état s'aggrave ; la récion lombaire devient dou
Joureuse les jours suivants, et le samedi 2 avril, quand il, entre à l’hôpital, il est en épisthotonos complet, la tête fortement convulsée en arrière, la fesse gauche effleurant un peu le lit, le côté droit ne reposant que sur le talon. On observe en même temps un certain degré de pleurosthotonos droit, le tronc décrivant une courbure de ce côté. Les sterno-mastoïdiens et les grands droits de l’abdomen font une saillie manifeste sous la peau ; les autres muscles du tronc et ceux des membres inférieurs sont durs et contracturés; les mâchoires sont fortement rapprochés ; les mouvements de l'œil sont libres. Les membres supérieurs seuls sont indemnes, ainsi que le grand pectoral et le deltoïde.
En outre, toutes les dix minutes environ, le malade a des secousses convulsives qui ne durent guère plus de dix à quinze secondes, mais qui sont assez douloureuses pour qu’il pousse des gémissements. Les régions des reins et des fesses sont surtout sensibles.
La déglutition est impossible et le malade n'a rien pris depuis le mardi 29 mars; la parole est libre, l'intelligence intacte. T. : 38°4; P.: 84; R. : 28 à la minute. La constipation est absolue depuis le début de la maladie.
Les urines, peu abondantes, sont alcalines et ne renferment ni sucre, ni albumine. À la région post-auriculaire droite, on découvre, à 3 centimètres en arrière de l'oreille, les vestiges de la plaie que le malade se fit dans sa chute. Son extrémité supérieure est recouverte d’une croûte de la dimension d’une pièce de 50 centimes environ, et sous laquelle suinte une goutte de muco-pus ; son extrémité inférieure est cicatrisée.
À cinq heures du soir, après chloroformisation, on enlève au thermocautère toute la partie suppurante de la plaie.
Quelques instants après, MM. Vaillard et Roux injectent 16 cc. de sang défibriné de lapin réfractaire au tétanos ; l’injection est faite à la partie externe des cuisses droite et gau-
27069 à che. Peu de temps après l’injection, le malade ouvre un peu la bouche; on ne note pas de transpiration.
A six heures du soir, la température est tombée à 3802.
H s’est produit une notable amélioration pendant la nuit, puisque le malade à pu avaler deux litres de liquide. A minuit et à quatre heures du matin, la température était de 38°4.
Le matin à huit heures, l’état est stationnaire; la raideur ne paraît pas avoir diminué. Le pouls est de 132, la respiration, 44; la température, 38°6. Le malade a coup sur coup deux accès de dyspnée, d'une durée de cinq minutes environ.
À midi, M. Roux injecte 13 cc. de sang de lapin; immédiatement après l'injection, le pouls est de 116, la respiration 44, la température de 38°9.
A deux heures, le pouls est de 144, la respiration de 44, la température de 39°.
À quatre heures, l’état est stationnaire, et M. Roux injecte 18 cc. de sang de lapin; après l'injection, la température est de 38°6.
À six heures du soir, T.: 3806.
À huit heures du soir, T.: 3802.
Le 4 avril, la nuit n'a pas été trop mauvaise, et le matin, à huit heures, l’état général paraît meilleur, bien qu’il n’y ait guère de changements appréciables dans les contractions, et que la déglutition soit toujours impossible. Le pouls de 112, la respiration 40, la température 37°6.
A dix heures du matin, M. Roux injecte 10 cc. de sang de lapin ; après l'injection, le pouls est de 120, la respiration 40, la température 37°5.
A midi, on donne un purgatifqui est rendu presque aussitôt.
A partir de deux heures, l'amélioration qui s’était produite depuis le matin disparaît, le malade se trouve plus mal; ila froid, les jambes et les mains deviennent violettes, le pouls
lines devient incomptable, la respiration difficile; on note de fortes températures.
A quatre heures, injection de ! ce. d’éther.
À quatre heures quarante-cinq, la pâleur du visage aug-. mente, la cyanose est plus marquée, et à cinq heures le malade meurt, les yeux convulsés, les extrémités froides.
La température, prise un quart d'heure après la mort, était de 38°4.
Le malade avait recu en tout 57 cc. de sang de lapin.
L'autopsie, pratiquée vingt-quatre heures après la mort, le 5 avril, ne montre rien de caractéristique; la décomposition est déjà très avancée, le sang est visqueux et se coagule à l’entrée des gros vaisseaux, les muscles sont noirâtres. Aucune lésion dans les poumons, le cœur, le foie, la rate qui est petite. La moelle épinière est légèrement hyperémiée. Le malade n'avait qu'un seul rein, le rein droit, qui était sain et pesait 192 grammes ; le rein gauche était remplacé par 3 ou 4 petits kystes, d’où partaient de petits tractus représentant lPuretère qui se reconstituait seulement 10 centimètres plus bas. |
M. Vaillard a introduit, dans le tissu cellulaire sous-cutané d'un cobaye, un fragment excisé au niveau de la plaie que portait le malade et qui datait d’un mois, ce cobaye est resté en bonne santé.
Observation X Service de M. PoLaiLLoN, hôpital de la Pitié (Observation recueillie par M. MARTIN, interne) N... (Eugène), âgé de quarante-trois ans; plaie à la cuisse,
par un éclat de pétard.
Durée d’incubation : huit jours.
ne Durée de la maladie : cinq jours (mort).
Le traitement a été commencé le quatrième jour de la maladie.
Quantité de sérum injecté : 108 cc.
Pouvoir immunisant du sérum: 300,000.
Une heure avant la mort, le sang du malade était antitoxique, à raison de quinze parties de sang pour une de toxine. L’injection de 108 cc. de sérum à cet homme grand et fort a suffi, non seulement à faire disparaître toute trace de toxine de sang, mais encore à donner à celui-ci, en quelques heures, un pouvoir antitoxique notable.
Observation XI (M. le docteur Morax et Morax fils, interne des hôpitaux de Paris)
Rohm..., âgé de quinze ans et demi, manœuvre. Traumatisme, main broyée dans un engrenage.
Durée de l’incubation, cinq jours.
Durée de la maladie, deux jours (mort).
Le traitement à été commencé douze heures avant la mort. Quantité de sérum injectée : 20 cc., dont 10 cc. dans une veine.
Pouvoir immunisant du sérum: un million.