‹ Considérations générales sur le tétanosChapitre 27 sur 38 · LT CE · texte numérisé non relu

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21: — Surviennent des phénomènes gastriques et une intolérance telle pour le chloral qu’il faut le supprimer entièrerement. Il est remplacé par l'injection de quelques centisrammes de morphine. Cette suppression du chloral paraît d’abord bien supportée. Mais, le 22 au soir, un accès télanique nécessite l'administration d’un lavement contenant 9 grammes de chloral.

Les grands accès tétaniques se reproduisent chaque soir ; les jours suivants, ils deviennent plus longs et plus intenses.

La dose de chloral est progressivement élevée, et elle atteint le 29, 24 grammes, associés à 6 centigrammes de morphine en injections hypodermiques. Néanmoins, la situation s'aggrave de jour en jour; les contractions des membres inférieurs, des muscles grands droits de l’abdomen, des muscles du dos et de la nuque deviennent presque permanents.

Tel était l’état du malade le 1° septembre, et M. Berger ne doutait plus, en présence de. l’aggravation constante de l’état général et de l'extension graduelle des contractures, que la mort ne pût survenir à brève échéance et même d'un jour à l’autre, s’il n’adoptait pas un traitement plus énergique. Consulté sur l'opportunité des injections de sérum antitétanique, « M. Roux me conscilla formellement l’extirpation du foyer traumatique qui devait être le point de départ de l'infection persistante. Il me conseilla en outre de pratiquer des injections de sérum antitétanique, quoique leur efficacité thérapeutique lui parût absolument nulle dans les cas de tétanos déclaré, et il voulut bien préparer et me donner lui-même le liquide qui devait servir à ces injections. »

2 septembre. — Amputation du petit doigt dans son articulation avec le cinquième métacarpien.

A quatre heures d'intervalle, dans l'après-midi, est faite en deux fois l'injection, dans le tissu cellulaire soûs-cutané de la face externe de la cuisse droite, de 40 grammes de sérum cor- : respondant exactement à 4 grammes d'extrait sec.

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Le chloral est continué à la dose quotidienne de 12 grammes ; en outre, trois piqûres de morphine.

3. — Nuit et journée du 3, bonnes. Pas de crises. Contraction limitée aux masticateurs et aux muscles de la face.

Deux injections de sérum antitétanique (40 grammes comme la veille), {8 grammes de chloral; trois piqûres de morphine.

4. — Troisième et dernière injection de sérum antitétanique. Le mieux est manifeste. Plus de crise depuis l'amputation: nuque, tronc, membres inférieurs absolument libres, trismus diminué. On continue le chloral jusqu’au 10 septembre. L'amélioration continua les jours suivants. Le 17, le malade quitte le lit; il sort de l'hôpital au bout de quelques jours complètement guéri.

L'examen du doigt amputé fut pratiqué au laboratoire de microbie par M. le docteur Roux. Le liquide que renfermait l'articulation de la deuxième phalange avec la troisième, contenait un coccus et du bacille tétanique. Mais les essais de culture et les injections pratiquées avec ce liquide, et les éléments figurés sont restés sans résultat.

Observation VIII

Service de M. le professeur GRANCHER, à l'hôpital des Enfants malades (Observation recueillie par M. Renault, interne)

G.... (Daniel), onze ans, s’est fait extraire deux dents, le 27 juin. Le 1? juillet, 1l se plaint de difficultés pour mâcher. Le 13, la mastication est très difficile, l’enfant se plaint de douleurs à l'épigastre et dans le dos. Un médecin appelé administre un purgatif. Le 14, mastication impossible.

Les dents sont serrées, le malade ne prend que du lait et du bouillon. Le 15, la mâchoire est toujours serrée, la tête

ONE enfoncée dans les épaules, raideur générale de la partie supérieure du corps; d'heure en heure, il est pris de spasmes douloureux des muscles du cou, de la mâchoire et du tronc. Dans lintervalle de ces spasmes, dont la durée ne dépasse pas quelques secondes, l'enfant joue et reste gai. Le 16, les Spasmes reviennent plus fréquemment. D’après les parents, la respiration se faisait normalement.

Le 18. — Entrée à l'hôpital. La tête est renversée en arrière, les mâchoires sont serrées. La contracture porte sur les muscles de la nuque, les masseters, les sterno-cléido-mastoïdiens, le grand pectoral. Elle est permanente ; elle s’exagère quand l’enfant marche ou fait des mouvements; la déglutition est impossible. Les membres inférieurs et les bras ne sont pas atteints. Toutes les dix à quinze minutes, spasmes des muscles contracturés, respiration fréquente, pouls rapide. Température rectale, 37°4. Aucune trace de blessure récente ou ancienne : on ne trouve comme traumatisme que l’ablation des dents faite le 27 juin. Lavement avec hydrate de chloral à 3 grammes.

Le 19. — La nuit a été calme ; à une heure de l'après-midi, contracture subite des muscles du cou, des masseters, des muscles du thorax; la respiration est arrêtée, la face devient violette, ilse fait de loin en loin une inspiration pénible, puis le spasme cesse, la respiration se rétablit. A trois heures, même crise, anxiété extrême, cris et mouvements exprimant l'angoisse. Les spasmes ne portent que sur les muscles contracturés d’une façon permanente, c’est-à-dire sur les muscles des mâchoires, du cou, du thorax, des lombes, de l'abdomen. Les membres sont souples, selles et mictions involontaires, fausse érection. Jusqu'à minuit, il y a six crises semblables, durant une minute environ. À quatre heures du soir, on injecte dans le tissu cellulaire sous-cutané, à l’abdomen, 21 cc. de sérum antitoxique. À dix heures du soir, on injecte à la cuisse

gauche 22 cc. de sang de lapin défibriné, soit, dans la,

journée, 46 cc. Température rectale : matin, 37°4; à quatre heures, aussitôt après l'injection, 37°4; à neuf heures du soir, température axillaire, 392; à dix heures, 382; à onze heures, 38°2. On à renoncé à prendre la température rectale parce qu'on provoque des crises. Lavement avec 4 grammes de chloral.

Le 20. — De minuit à minuit, {6 crises convulsives, survenant à l’occasion d’un mouvement quelconque ; dans l'intervalle, le malade est calme, il demande même à jouer; l’intelligence est absolument conservée ; quand le malade essaie de boire, il a des spasmes violents qui rendent toute amélioration impossible. À neuf heures et demie du matin, injection à la cuisse droite de 23 cc. de sérum; à cinq heures et demie, l’injection sous la peau de l’abdomen, de 30 ce. de sang défibriné, soit dans la journée, 53 cc. Température axillaire: matin, 38°4; soir, 38°4.

Le 21. — La nuit a été plus calme, les crises moins fréquentes, moins violentes et moins longues. Le malade est moins abattu, les yeux sont cernés, mais le regard est vif. P. 18%, R. 60. À dix heures et demie du matin, injection à ja cuisse gauche de 24 cc. de sang défibriné ; à dix heures du soir, nouvelle injection de 24 cc. de sang défibriné, soit, dans la journée, 48 ce. Température à huit heures du matin, 33° ; à onze heures et demie, 38. Le soir, à huit heures, 37°4.

À partir de dix heures du soir, l'état de l'enfant devient presque subitement très mauvais. La respiration est courte, l'asphyxie commence: dans la nuit, elle augmente et la mort survient dans une crise. L’autopsie n'a pu être faite.

Le sérum et le sang défibriné employés provenaient de

lapins immunisés, et leur pouvoir immunisant a varié de 200,000 à 500,000.

En résumé :

STere

Traumatisme : Extraction de dent.

Durée de l’incuhation de la maladie : Quinze jours.

Durée de la maladie : Six jours (mort).

Le traitement a été commencé le quatrième jour de la ma- Jadie.

Quantité de sérum injecté : 147 ec. (quantité considérable, étant donné le faible poids de l'enfant).

Pouvoir immunisant du sérum : 200,000 à 500,000.

Dans ce cas, bien que les premiers symptômes n’aient apparu que le quinzième jour après le traumatisme, la marche de la maladie a été rapide etle traitement tardif. Une amélioration avait paru se produire après les quatre premières injections : elle n’a pas duré.

Observation IX RENON. — Annales de l’Institut Pasteur, avril 1892

Le nommé X..…., vingt-neuf ans, charretier, entre dans le service du professeur Dieulafoy, à l'hôpital Necker, le ? avril 1897:

Il y a un mois environ, le malade tomba dans une écurie, la tête en arrière, et se fit une blessure de la région post-auriculaire droite, qui fut suivie d'une perte momentanée de connaissance. Il reprit néanmoins son travail le lendemain et le continua pendant trois semaines sans Incident. |

Le dimanche 27 mars, il s’aperçut, en déjeunant, que ses mâchoires étaient fortement serrées et qu'il ne pouvait ni boire ni manger. [l remarqua, dans la soirée, que son cou devenait raide et qu'il ne pouvait plus tourner la tête.

Le lendemain, 28, la raideur persista ; il dut même garder Je lit avec la fièvre.

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