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Hippocrate signale le tétanos et invoque pour sa production le refroidissement. Il combat cette maladie par les bains de vapeur, par l’enveloppement dans d'épaisses couvertures, voire même par l'eau froide, suivie de l'enveloppement, pour amener une réaction.
Il donne, à l’intérieur, le laurier, l’encens.
Il attribue au tétanos un pronostic très grave, end il admet la possibilité de la guérison, sila maladie dure plus de quatorze Jours.
La médecine grecque ne dépasse pas les connaissances hippocratiques. |
Parmi les Latins, Celse, outre le tétanos droit et l’opisthotonos signalés par Hippocrate, parle de l’emprosthotonos; il préconise le castoréum et les révulsifs ; il place le siège du tétanos dans la moelle épinière.
Celse condamne les affusions chaudes qui, selon lui, soulagent momentanément le malade, mais rendent ses nerfs plus sensibles au froid.
Galien (131 avant J.-C.) résume tout ce qu’on savait à cette époque et ajoute peu de faits nouveaux; il classe le froid au premier rang, comme cause du tétanos. Il recommande la thériaque.
Jusqu'à la Renaissance, ces notions seules eurent cours.
En 1504, nous voyons Ambroise Paré incriminer les modes vicieux de pansement.
Boerrhaave, en 1753, dit. que « la cause du tétanos peut se trouver dans la plaie même, quece soit une matière étrangère etirritante, la disposition même du nerf blessé, ou une trop forte évacuation de sang. »
Camper, en 1781, cite les bons effets de l'opium dans le tétanos traumatique.
La même année, Bœnnecken désigne l’incurvation latérale du corps sous le nom de pleurosthotonos.
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Trinka, en 1777, dans un travail publié à Vienne, où il réunit 200 observations, conseille, pour arrêter le développement du tétanos, la section des nerfs et des tendons incomplètement divisés, et même l’amputation du doigt et de l’orteil blessé.
À la même année, Bajon étudie le tétanos en Guyane et signale sa fréquence chez les enfants nègres, après la ligature du cordon ombilical.
Au commencement du siècle, Franck réunit les travaux établis sur le tétanos. C’est celui de tous les auteurs, jusqu’à son époque, qui trace l’affection avec le plus de détails et assied un mode de traitement. Il reconnaît l'infection de la maladie. 11 conseille aux femmes enceintes de quitter, quelque temps avant la délivrance, les lieux où règne le tétanos et de n'y ramener leurs nourrissons qu'après la cicatrisation de la plaie ombilicale.
Il explique la pathogénie de la maladie par un stimulus irritant continuellement une partie quelconque du sytème nerveux. Il concluait que les muscles, dépendant de cette partie du système nerveux, en proie à une contracture mobile, étaient soustraits à la volonté jusqu'à ce que le stimulus cesse, ou Œque la mort arrive par épuisement musculaire où par épuisesement nerveux.
Le traitement que Franck indiquait était le prompt lavage des plaies, le retranchement des parties fracassées, l’extraction des corps étrangers, le débridement des plaies, le soin de les préserver du contact de l’air, les doses modiques d’opium ,; il recommandait, en outre, les purgatifs.
En 1812, Larrey, dans son mémoire de chirurgie militaire, rapporte qu’il a vu 100 cas de tétanos dans un jour.
Il établit une distinction dans la marche du tétanos et dans ses formes ; il distingue des tétanos aigu et chronique, partiel et complet. Il recommande la cautérisation de la plaie au
“STE fer rouge et l’amputation du membre blessé; il emploie, en outre, les sections nerveuses.
C'est après ces dates que l'on voit apparaître la période moderne.
Elle est remarquable par ses recherc'ies sur l’anatomie pathologique, par ses études histologiques et physiologiques et par les diverses médications externes qu’elle institue contre le télanos.
Nombreux sont en effet les médicaments qu’elle soumet à l’expérimentation. Bien des auteurs croient avoir trouvé le spécifique du tétanos : O'Beirne et Curling (1836), dans le tabac ; O’Schanghnessy (1840), dans le chanvre indien ; Petit, Roux (1847-1848), dans les anesthésiques ; Vella (1859), dans le curare ; Cootte (1863), dans la fève de Calabar; Verneuil (1869), dans le chloral.
Les connaissances anatomiques et physiologiques, voire même celles de l'histologie, qui offraient de grandes lacunes chez les anciens, donnent chez les auteurs modernes le moyen de mieux aborder le problème de la pathogénie du tétanos.
A cette époque, l'anatomie pathologique est représentée par Dupuytren, Fernet, Sauvage; l’histologie par Rokitansky, Deume ; la physiologie par Vulpian, Arloing, Tripier.
On cherche à déterminer nettement la question de la nature du tétanos : les uns, Vulpian, Brown-Séquard, Mitchell, admettent une théorie nerveuse; d’autres, Richardson, Simpson, Billroth, Arloing et Tripier, admettent une théorie humorale.
Voyons, par un aperçu rapide, ce qu'étaient ces théories, dont le principal intérêt, pour nous, parait être surtout dans ce fait que la théorie de l'infection microbienne du tétanos avait été, en quelque sorte, pressentie par quelques auteurs.