‹ Considérations générales sur les passions, et leur influence sur les maladiesChapitre 5 sur 9 · IV · texte numérisé non relu

IV

Nous avons vu que l’amitié, l’amour et la générosité dans la jeunesse; l’ambition, l’envie onde sentiment profond de l’humanité dans l’âge viril; l’avarice et la méfiance dans la vieillesse , étaient les principales passions qu’amène ordinairement après elle la révolution des âges, toutefois avec bien des modifications que nous avons déjà fait pressentir , et qui , pour être signalées , exi-

géraient des connaissances et des .vertus presque toujours incompatibles avec la jeunesse. Bornons-nôüs donc à ccs légères considérations qu’un moraliste seul pouirait. memire > .et bâtons-nous d’arriver ànotre objet ^principal, •qui:eon;sisie;:à parleride l’influence des passions sur les'maladies. Gombien d’objets, se rattachent encore à l’imparfaite esquisse :quii .jeîj^ienSf:de-ni:aper;'l Quelle importance'jméritei‘ait ici la considéi?aj.ion,dg’sjois»j;,t^ .qoiitiimes, et des habitude^ privées-l'jQuelsTcm^tàîesbîi^riéSjjne. doiyent pas imprimer dans' le-cœur de îl^homiiie dés influences des..cliaïat.s, des lempé’ramens de l’éducation , des,^èxes i étCF^,eich... Ce vaste tableau m’elFrafe'et nie fait repentir-de m^tre,.imprxidemmént engagé'dans un'labyrinthe où i’oéfl le. plus? habile,-peut n peine se, récénrfaitre , et'dont l^es])rîi le plus fyasïe-peul^à. peine emby^a^ser Fétendtie. ' Gardons - nous 'd’y- pénétrer ^et >pomenton5 -^notis... d’indiqu'eT les auteurs qui doivent suppléer.àrnotre irrsuffisanee. Montesquieu, dans l’Esprit des lois, explique comment la rigueur ou l’excessive chaleur des climats influent sur les.passions de l’homme. Bans la comparaison des lois de Lycurgue et de Solon, jl^enseigne également pourquoi les Spariiates avaient un caractère franc , mais dùr et inflexible, tandis que les Athéniens ne se faisaient pas honte d’étalèr cette ’ douceur et eetie urbani té que les premiers taxaient de faiblesse. Tôurtèlle dit' qu’um bois , une' montagne, une rivière, établissent souvent entre deux bourgades voisines une ligne âè démarcation si tranebée, qu’^e les rend presque entièrement différentes. « Les femmes , dit Cabanis ^-sentent leur faiblesse j de "« là le besoin de plaire et de s’adjoindre un protecteurs elles ont « besoin de plaire; de là leur dissimulation. leurs petits manèges^ €i leurs manières, léurssgrâcesv L’homme-, au ' contraire, plein de sà force et de sa supériorités, s#Quve dans le. fCpos le,sentiment le pluè pénible; sentant nvêc chaleur sa. pré(^miriance sur les àùtres animaux f il jouit avec abondance de tout , parce que tout lur semblerait pour satisfaire ses besoins, faire naître ses jouissances et enfler sa cupidité. L’esprit de prépondérance l’ambition ,

îa o^îorre . deTelopperont à chaque instaot chez lui des passions tu-, multueuses aussi dissemhlabiês ^e ceUes de la femme qu’il s’en éloigné plus par son organisation physiqimi il fait la guerre^ supporte impunément les pluSr affreuses pj'ivâlions, franchit d’un pas rapide les sentiers de la mort pour cueillir une palme , un laurier qui lux échappera bientôt, La femme ^est loin de nourrir, ces passions bruyant^ qui > comme un toia’ent sléehappent quelquefois du cœur dé l’homme. Lèpremièâr edup-d’œil que; nous jetons sur son or»ànTsa don nous la donne à ? connaître : ses formes douces et nuancées , la texture de ses 'fibnes moHes., délicates, îes^ traits^ indécis de sa phÿaonomie ne semblent-ils; pas^dégéler une âme qui refusé de s’ouvrir'4 tout autDe:<sénîi«iejnti;qu’à;tcelui de,la tendré'ssé ^t du plaisir? « li’amoar;, a dit Mad.'deïS'^^c^ ^ nest qu’un « épisode dans la "Vie de i’hommei, c’est l’histoire endère; de la vie a de la femme."» «L’homme extérieur est la saillie dg l’homme iri- « térîéurl » ( 55.-Lettre sur l’Ital. ) L’homme n’agit

donc^t-éellenlént que d’après l’impulsion secrète que fait naître son orgahîsatioiï ; il est certain qu’iLest porté par tempérament a mmer ôü à îiaïr cérlâihsnbjets avec plus ou moins de. passion ( Ilipp.. j i4 cap. derDiœiâ. quC;, d’après la prédominance de tel ou tels,ystèine d’orgaués, lés sensations ; sont plus vives ou plus obtusçs, Jçs idées plus fixes ou plus mobiles ; que nous sommes enfip naturellement portés àl’amour, k.la bîdnc, à la dissimulation, ou à pet état de monotonie qui caractérise le tempérament lympbadqpe. Mais Galien dh que lé régime peut changerlaconsdtutiqn,du corps, le; tempérament, eupar conséquent varier et modifier les passions. {GdLp.,Q,y (fuod a^imi mores. ) ,

.•. Sans doute il. est possible qu’gn suivant avec, constance un plan de vie sage et modéré , on parvienne également à modérer les habitudes mêmes'dé^da constitution : mais, dit. Cabanis^ ^ les causes fc qui modèrent bu suspendent les effets du tempérament venant « 4 cesser d4gir , il repréndl son.cowrs ,, et tous ses effets renaissent ; « souvent inêmê, lorsque l’application de ces causes se prolonge.

« elles perdent gradiiellément de leur puissance j et la nature pri- « mitive reparaît avec tous ses attributs. »

L’éducation influe également sur les idées morales, et prépare de loin cés grandes qualités; ou ces grands-, riees qui étonnent par la suite. G est surtout dans l’âge tendre que l’enfant, semblable au jeune arbuste , se, plie ^t se redresse-suivant le caprice de la main qui le guide. C’est du choix desôn précepteur.que dépend le destin de sa vie. « J’aime mieux, dit Montaigne, qu’on choisisse pour « instituteur de l’enfanr un homme, qui>ait la tête plustot hien « faite que bien pleine, et qu’on préfère toujours chez lui les *c mœurs et l’entendement à la science. Tl faut qu’il lui apprénhe « ce que c’est que vaillance, tempérance et justice; ce qu’il y a à « dire entre l’ambition et ^avarice , la servitude ét la sujestion , la « licence et la liberté ; à quelles marques on recognoistle vrai et « solide contentement ; jusqu’où il faut craindre la mort ^ là doubleur et la honte. »

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