‹ Considérations générales sur les passions, et leur influence sur les maladiesChapitre 4 sur 9 · SECTION PREMIERE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIERE

, Q,ue^ques philosophes ont defini les passions y une fougue qui çntraine l’EommeEors des limites de 1^ raison"; d’autres, voyant dans l’efiet ou Je résultat des pgsMons, les passions elles-mêmes^ en ont nié l’existence réelle , et les ont regardées compie ung^Qpimion, pançe .que, selon eux, l’iddn du maFQu,de,|)ien n’est -que relative : misérable sophisme répFOUYé,,par la. morale et que ^npus ne chercherons pas à combattre ! Cicéron ne regarde les passioîijS que comme accjdenteUes à rhomcue. et enfantées par la corruption des sociétés. « Notre âme ,. dit-il , est sans tache en naissarit, et pure « comme la source dont elle e^t,pp:tie ; Ja seipeiice des vertus; j « germe , et ce n’est que par Ja corruption des speiété-S^que ce germe « s’étouffe. >i II est aisé de , voir que -Oicéron ,^ ;en parlant ,ainsij regardait seulement çdmme passions ces idées déréglées et sans frein qui ne permettent de supposer aucun but de vertu ni de bienfaisance. Certains physiologistes ne donnent m^core le nom passion qo-’h toute émotion, vive; de j.’âme , désignant alors-.

SOUS le nom ^affections de Vâme^ la tristesse, la compassion; Tamour malheureux, etc. Le chagrin dont nous sommes subitement frappés en entendant un récit qui nous touche diffère véritablement de ce chagrin rongeur qui sapé sourdement l’existence, de même que l’amour ardent instantanément développé à la vue d’un objet accompli diffère de cet amour qui, dépouillé de son premier feu, amène les douces sympathies ; mais cette division, quelque juste qu’elle soit à certains égards , nous paraît réellement plus subtile qu’approfondie j- car , bien que l’âme éprouve deux sortes d’émotions , l’une n’est qu’une modification de l’autre, leur différence n’est pas essentielle dans le principe. L’une et l’autre de ces affections sont de véritables passions, et rapportant aux passions en généraljîi, définition donnée à ces deux ordres en particulier, nous dirons : Les passions sont cés divers états où l’âme est agitée de sentimens doux ou tuniultueux, expansifs ou concentrés. Nous ne donnons pas cétté définition comme devant être préférée ; mais il nous semble que cette manière de leS considérer' éfire quelque intérêt J en cirçônscriv^fit' en peu de mbts les limites de ce vaste ceréle d’énaotions qui, comme autant de ressorts, font mouvoir l’homme et nous le présentent sous mille appa-^ rences variées." ■ ‘-r -^

” Sources inépuisables dé' bofîhéur et do maux, les passions ont été' toùr à tour vantées'cdmme le plus doux àpânage, et dénigrées ‘comme le présent le plus funeste. Epicure', dont la philosophie reposait sur les plaisirs et les voluptés , et Anacréon, qui ne chanta que l’Amour et les Grâces, certes, devaient bénir ce présent des Cieux, et devaient avoir sur les passions des idées bien opposées celles de ces philosophes austères, de ces froids misanthropes qui ne sé éTOÎernt jetés ici qu’en passant pour faire épreuve de maux. Loin de nous ces êtres îhsensibies pour qui la vie semble un fardeau ? désirer n’àvçîr aucune pasTsion, c’est offenser l’Être immortel qui lés grava dans nos coeurs, et pour le bonheur social, et pour lui rendre d’éterhels hommages. L’homme sans passions

serait un être nul; à peine averti de l’idée de son existence, ses fibres épaisses et engourdies s’endormiraient bientôt d’un sommeil de mort. Sans désir, aucun attrait ne pourrait l’émouvoir ; .sans doute, loin d’être poussé , comme tant d’autres , par leur fougue impétueuse, tranquille dans sa sphère étroite, il méconnaîtrait l’ambition, la soif des richesses, i’anxiéié de l’avarice, sa conscience glacée ne lui reprocherait jamais aucune faute criminelle ; .mais, le malheureux! il ne connaîtrait pas non plus le charme qu’on éprouve lorsque, après s’être oublié plus ou moins long-temps, l’homme finit par se reconnaître , gémit et verse les larmes du repentir ! Il ne connaîtrait pas l’amitié , don prédeux qui nous fait partager les peines d’un ami, lorsque des malheurs imprévus ont assailli sa sensibilité !

A la vérité, nous serions des êtres bien malheureux, si, comme quelques-uns l’ont faussement avancé , elles agissaient toujours en despotes; mais considérons que l’homme est également né pour la vertu ; que son cœur, accessible à toute l’impétuosité des passions., est également ouvert à çes douces affections que la nature a imprimées chez tous les êtres. Le sa^uvage, qui n’a d’autre frein et d’autres lois que ses volontés et ses caprices, défend vigoureusement sa famille , et montre une tendresse respectueuse pour les vieillards. La vertu a -donc été le premier don de la Divinité, et elle voulut encove nous accorder la raison pour lutter avec foi’ce contre les orages de la vie; semblable à un roc, les flots tumultueux dès pas-^ sions viennent s’y briser, comme les vagues se brisent en grondant sur les rochers des mers,

. è'. IL • -

Les passions naissent avec l’homme ; comme l’instinct, elles tiennent à notre organisation ; et, comme le dit Tourtelle, il est aussi impossible de vivre sans passions que d’exister sans sentiment.

^ toute passion ne pouvait naître avant les sensa^’

( lO )

lions., ijue tonte détermination morale ne pônTait être enfantée apres une perception et un jugement. Buffon dit au contraire 'que dans l’homme le plaisir et la douleur physiques né sont que la moindre partie de ses peines et de ses plaisirs. ■Èiehat, interprétant en faTeur de son opinion le irbubié et le dérangement nôiahles que certains organes de la vie intérieure éprouvent lorsque les passions s’exaltent et se manifestent, en a placé le siège dans les organes intérieurs. Il est impossible, je crois, d’adoptér lune oh l’a litre opinion d’une manière exclusive ; toutes deux sont appuyées 5ur des raisonnèmens spécieux., toutes deux rendues séduisàîiies par le développement et l’enchamemeni des idées , qui font qué l’ün et l’autre auteur s’élève à des données générales qui, au prélhier abord, captivent la pensée et enchaînent la réflexion. Maigre tout, on ne peut s’empêcher d’admettre que certaines passions aient leur siège ou leur source ;dan« .les organes intérieurs : dans le jeûné homme , le courage, l’audace se déploient à proportiofi que lès sÿs^ lèmes puimouaire et vasculaire deviennent supérieurs aux àutresi Dans les maladies des viscères, ne voit-on pas se développer certaines passions tGUt-à-^fait étrangères dans létal sain? Xi’hysterique éprouve sans, cesse le besoin, inexprimable de répandre des larmes et de s’exhaler en regrets. L’bypochondriaque est morose-; il ne sé repaît que d.’idéès sombres et tristes ; loujoiirs iiiqüiët sur sonébrt^ le sommeil fuit loin de sa paupière- ; il Oaleute dahS‘ lé Stléncè déS nuits l’efficacité des médîcamens qu’on lui donné et lé téhips qui doit s’écouler encore avant sa guérisoiv. Lé phihisiqiié au con^ traire , plongé dans une sécuriié trompeuse , est soutéhii'puSqtfà^la mort par l’espoir d’une guérison prochaine.

« A la manière dont certains viscères sont affectés et exercent leurs K fonctions, naissent, «dit Cabanis , des idées riantes ou sombres, K des sêntiroens doux Ou funestes; des appétits extraordinâh’éB s© « développent, des images inconnues tîenneiit assiéger résprit, « des affections nouvelies s’emparent (le notre'volontét » LFhè sènsibiiiié particulière, née accidenieliement dâns nosiviaéères ,'irradié

sympatîiîquement vers le cerveati, rexehe oq raflaiblit, et modifie indéfiniment ses facultés. Ainsi, J’exaltation de sensibilité des organes reproducteurs occasionne souvent cbez l’bomme ou chez la femme les plus grands désordres moraux j ainsi, à Fâge de la puberté, l’adolescent cherche ce qu’il ne connaît pas; il cherche avec l’inquiétude du besoin, et le hasard le plus fortuit fera toujours naître quelques impressions dont la correspondance, quoique indirecte, ne laissera pas d’éveiller l’âine et de mettre en mouvement le ferment des passions : preuve ineontestable de l’influence des organes intérieurs sur le cerveau ; preuve inconiesta^e que la cause* de toutes les idées et de toutes les passions qui se développent à cet âge est dans les^ organes génitaux , sur lesquels la nature semble concentrer le foyer de la vie. Mais Bichat tombe dans un extrême lorsqu’il dit : « Tout tend donc à prouver que la vie organique ésf « Ic'terme oà aboutisscnt ct le centre d’où partent loutesr les pas- « sions. » Car, si nous considérons un homme qui a reçu uneinjure ; si nous réfléchissons qu’il l’a vivement sentie ; que son imagination la grossit encore^ que la vengeance s’allume, éclate surle-champ, ou que, dissimulant â dessein, et calculant avec soi-mênie^ la gravité de l’injure-, il projette une vengeance tardive mais effi'oyable , ici , au contraire j comme lé dit Cbndiilac, là passion sera le produit d’une sensation extérieure, d’une féflexion' mûrie' dans le silence : l’empire dm cerveau dômihe ; les organes intérieurs" en reçoivent une influenee directe. C’esr sans doute diaprés cette Considération c^ne Bichàt a annoncé, d’uné;autre part ^ cèt éternel reflux de la forcé du eèrvéau sur les ganglions, et dé' éeux-ci sùr le Cerveau, tf Ces déiiX foyers , dît-il, tour à tour pfédomihés l’un par «f l'aüirè bu restant én équilibre-, constituent , pâr leur mode d’influence, toutés les variétés nombreuses que présentent nos afléctions moralés; » • -

L’appétit dispose à la passion, a dît M. le ^roie^s^ur Richerandj l’appétit est dans les entrailles ; la passion semble être le produit de* queîqiie conception cérébrale. Cette théorie , qui se mitacbe un peu

aux idées de Condiliac, est Traie sous certains rapports ; car l’amour, l’amitié, la haine, la Tengeance, la tristesse, etc., sont bien le produit d’une conception cérébrale j elles supposent toutes une succession plus^Qu^oins nombreuse de réflexions et de jugemens : mais la surprise, niais l’admiration, etc. , sont-elles le produit d’une conception cérébrale.....? Je ne le crois pas ; car l’effet est aussi prompt que la cause est instantanée : la pensée ni la réflexion ne peuvent intervenir , et souvent, malgré tous les efforts de la raison , nous laissons à regret s’échapper au-debors l’émotion de notre âme. #

Les passions nous paraissent aussi indéfinissables dans leur siège qu’elles le sont dans leurs effets ; et, quoi qu’en dise Haller, la pâleur de l’effroi, le frémissement de la colère , ne peuvent pas.pius être expliqués que le timide embarras de l’innocence et l’aimable coloris de la pudeur. Dé même j liées à l’existence de Fbomnie, enchaînées â ce principe inconnu que nou« appelons ame , principe généralement répandu dans nous , nos actions les plus solitaires et les plus indépendantes en apparence sont, comme le dit Roussel y K le fruit du concours de tant de parties, qu’elles semblent plus ap- « partenir à la machine qu’à aucun organe particulier. »

Les passions, n’étant que l’expression de l’état de l’âme, doivent donc avoir leur siège dans tous les organes doués de la vie; et toutes les fois qu’une cause quelconque agit sur la sensibilité d’un organe j cette sensibilité, comme une sentinelle vigilante , avertit l’âme : celle-ci, selon que l’objet l’intéresse en bien ou en mal, se porte aussitôt sur cet agent avec complaisance , ou tâche de se dérober à son impression. Quoi qu’il en soit, nous nous bornons à ce simple aperçu des diverses opinions émises; et, laissant aux physiologistes distingués le soin de résoudre ce problème , nous considérerons à présent l’homme depuis le moment de sa naissance jusqu’à la décrépitude ; nous le suivrons dans les différentes phases de l’âge , et nous verrons avec lui les passions naître , s’acci’oître , se modifier et finir avec la mort.

A. L’homme esi le jouet continuel des passions ; même avant de naître, il est soumis.jà leur influence. En sortant du sein mateine], ses fibres délicates, irritables au suprême degré, s’incommodent essentiellement de tous les agens extérieurs; habituées à une température douce et uniforme , et tout à coup exposées aux influences de l’air, celui-ci les irrite en tous sens, détermine aux surfaces extérieures un afflux considérable d’humeurs, et , lui donnant des ce moment une vie plus, inquiète plus active , semble lui annoncer qu’elle va être ^désormais sujette à tous les ageris capables d’eli» augmenter ou d’en ralentir la force. Toute communicatiun immédiate étant Irompue aveq la mère , et ne recevant plus comme auparavant , sans s’en apercevoir , raliment qui favorisait sa croissance, il commence à sentir le besoin. Mais bientôt il acquiert,un nouveau don de la nature , le plaisir y quand, suspendu à la mamelle bienfaisante de sa nourrice , il suce en se délectant celte douce liqueur qui, seule encore d’entre tous les autres alimens^ est celui qui puisse le mieux circuler a travers les tissus déliés de ses glandes. Ilnonnaît donc en naissant la douleur et le plaisir , double sensation d’où s’ensuit le désir de fuir Tune, eide perpétuer Tautre : heureux instinct qui ne va croissant qu’avec ses besoins, qui se renferme dans les bornes de Tiimocence, tant que lame, chaste et neuve , ne connaît d’autre nécessité que celle de croître et de se réparer sans cesse. Les besoins grandissent avecTâge ; les désirs, qui les suivent assidûment, grandissent en même temps jusqu’au terme où l’homme, ayant déjà pris à peu près sa croissance , il est temps qu’il veille à sa propagation , et qu’il rende à la nature le tribut qu’il a reçu d’elle. Cette grande révolution est signalée dans l’économie par des phénomènes nouveaux ; un champ vaste se découvre à l’homme; ses idées, prenant l’essor, brûlent d’en parcourir toutes les étendues ; chaque objet devient merveille pour lui, et ses désirs.

d’abord aussi modérés, aussi simples que son être, s’accroissent à l’extrême, et arrivent auniveaiïSé la^nouvelle élévation à laquelle il vient d’atteindre. Ses désirs deviennent vastes j pressans , et prennenktous les ic^raetèt^earideiees: passions iqiü.cberchBnt a multiplier notre,êtrej ^our; saisir des ^jmiissanees/multipbées; qul’enfanie l’imaginatipni 1 .1 ' ; • . v ^ : : : ; ; ' - ^

. Les passions,, dans le .prèmier âge, sebornent en géoérâl à la tendre amitié:,; douxrsentiment: né da* la; reconnaissance. Let cœur; des 3 enlanS: j ; sourdà. ton tè autre Toix i, > né : sait, reponkke encbro qu’atix aççens; de/l’asmoar :maternel; s’ils r’épandent: des larmes;, ces darmes ne' sont point amcres, et le rnoment qui lesrafflige toucbei an moment qui Y:a les consoler. On s’accorde cependant a dire que la^ jalousie jcst ; une de leurs premières passions. « J’ai vu., dit «. saint-Augustin ^ Tpurtelle^ , un enfant jaloux ;:dl nè savait pas; «c encore prononcér; une] parole,, et: legardaii, déjà^ un acutre enfant «: qpir tétait; avec luiavec . un visage. pâle ét des; yeusD irrités. : » - Jean-J'açfqjués. l’a suppusé;erpel' par iristinct;, puisqu’il déchire et arrache impitoyablement les; membres dcun oiseau; qu’on, lui met entre les> mains. Getie action, pour être taxée de cruauté , supposerait-la réflexion ; or, l’enfant, à:3cet;âgie ne réfléchit pas j il; ignore qu’en suivant ;l’însiihci: qui le pousse;,>à :coimaîu'e , ilperœcute une victime innocenté. La .dominâtiom semble être plutôt une; passion puissante : chez, l’enfani - dhpremier : âgei; ri’étant ■ d’abord :qu'un plaisir , elle deviériti bieiUolt un: besoin j a,vant de pouvoir parler et exprimer ses désirs, .ne; semble-1-il. pas vouloir commander par ses cris ?; :

B. L’âge de lladolèsaence; est: cet âge heureux o4 tonte; l’écoinomie jouit au ipluSi baut. degré, de ee séntmieht de; bien-être et; de satisfaction; amené ;paK: la nouvelle : transformation dedbomihe^ Le cerveau , recevant des^pulsations plus fortes et plus fréquentes , réagit avec plus d’impétuosité ;; le sang , poussé avec, plus d-abom dance vers le poumon , dévèloppe .une: plus grande quantité-de chaleur \ les impressions, deviennent plus. délicates; et plus, nàai- -

Breuses, et tcmt Forganisme entre dans un Teriiabie état de fermentation. Alors l’âme, ou le principe qui perçoit les sensations entre-en turgescence, et de cette exaltation de xie naissent ces mouTfimens idopétueux , ces pàssîons fougueuses , ces élans de généroaté qui caractérisent lè jeune îiomine. é Bientôt il né rÔTe « plus qu’aniour, dérôuémènt, combats, désir de là gloire, et ne K tarde pas à se montrer l’amant le pTus ardent', le guerrier le plus « intrépide , l’arnî de plus généreux. » ( Dict. des sciences médic. ) Ainsi,. à cet âgé, lés passions doivent êiré gaies, irréfléchies ; les inclinations fortes /^^bités , changeantes. Quelquefois cependant cèrtairiés'se développent de si bonné heure dans le naturel, de^ viennent si constahiés , qu’éîies semblent étouffer toutes les autres. C’est ainsi qué le célèbre , occupé dès sa tendre jeunesse

aux travaux sérieux de l’anatomie , annonça de bonne heure qu’il semblait être déstiné-à donner à j’art de guérir un lustré nouveau.

Tel èsi le-caractère de la jeubéssé/ beau têmps où les idées s’épancbéfrt llbrément, ou les objets toujours nouveaux sont toiijouÉs goûtés , où commencé à. éclore le ' germe préciëtix des sciences , des arts , où l’esprit inquiet, se sentant disposé *à tout enirèpréndre , paraît demandér un guide pour le conduire au bonheur.-' ; r;.;:,;--.

' C. Arrivé dans l’âgé adulte, âge où; lés'fiassions ayant perdu leur premier bèùV IbLOmine cornmence a sé reconùaitre au milieu dés prestiges q;ui rénvèloppènt encore, l’imaginatibn, n’ayaut plus éette fougue-impétueuse , marché d’un pas plus égal, et se poixant Sur lè pa's'së ,^pèse^et juge selon leur poids lés idées dont elle s’était repue f le ébîossè- dés chimères s’écroule, ét parnri sesdébris paraît la réàlité%-^simple et labs orneritent. Il s’étonne alors de' ses égaremenS, et s’applique à codabinei^ sa vie future d’après le passé : la raison accourt, lui montre des'devoirs qu’il ignorait encore ; elle lui enseigné du doigt les socrétés , et lui repTochéen secret dè n’avbir pas -encore coniilbné a iétir dccroîssement et à leur felrcité. C’ési alors que^ des inclina lions, particulières prènant le dessus , il

commence a fixer Iç point qui, .par la suite , devra être le mobile de ses actions. Les passions orageuses sont passées avec la première jeunesse > mais elles ont fait plabe à d’autres plus réelles., plus réfléchies, d’autant plus immuables., que , libre de çet^ fougue de tempéra ment, l’homme considère, tout d’un ceil sec et n’agit plus que d’après les résultats d’une combinaison sérieuse. Souvent alors,, il ne compte pour riert le bonheur, dont il peut jouîe.,/iî..n'e.calcule sa félicité que d’après les entravés qu il sait opposer lui-même,,:

il devient affairé , attirera iliribut ce qurpeut lqi procurer gain ; il n’entend rien , ne respecte rien ; souvent l’amitie., la tendre amitié perd sesdroits, et sè" voirdecbiree par l’ongle crpel de l’ambition ; l’envie , la jalousie, lai haine, étroitement em,^j:A$s^es., jurent de travailler en commun à la désiructipn de rallianceet de Ifacçprd des sociétés. - ^ ; - ; v ^ •

Mais cet âge est donc l’âge du crime; à quarante ans le cœur de rhomme ne peut-il donc être asséryr qu’à soü Joiîg^tyî'apnlqpol •• De tels exemples sont rares pour le,.bonheur, d^^l’huntaniié.. Au contraire, l’homme dont l’éducation a été soignée, dont les pre^ miérs penchans ont été dirigés vers; rétude des,^ sciepces, et : de la nature ; l’homme dés ébanips même, dqm la simplicité garantit la droiture , fait de cet âge soii plus bel ornement; juste et franc par gotu, bon par l’apprentissage de la vie , il est humain:, généreux, loyal, et offre souvent le plus parfait modèle‘des,.yertus,sociales» D, La yieillessè,est signalée chez l’bomniepar Ja dimlnutiou successive de toutes les fabultés qui appartiennent à, son.espèce, La circulation, se ralentissant ,, affecte moins vivernentle, ceryeau : tous les organes perdent.leur fprée , leur activité.; la peam,, autrefois arrosée par mille sources difféipntes , voit sep canaux se^rptréçir ,^ s’affaisser , . ses nerfs perdent leur, déhcaiesse ; .elle .shpmpgéuise,, et diminuant cbaque.jpur la sérié des communicalions dé,l’individu avec ce qui l’entoure , elle lé dispose insensibîenient .^r cé quiétisme décrépit si voisin de la mort. La mémoire, auirefois^si. li^ièle ne trouvant plus dans les objets physiques de quoi .se repaître e^

s’alimenter, retient Sîir elle-même pour ne pas s’éteindre; et l’âme, qui n’est plus ébranlée: à chaque instant par des impressions nouYeîîes , porte une - opinion plus juste et plus décisive. Riche en idées, en comparaisons, elle fouille au milieu d’ellemême , et du tact de l’expérience choisit les matériaux du bonheur véritable. Ainsi donc , à cet âge , la sagesse devrait toujours être le partage de l’honime ? Oui si tout en parcourant le cercle qu’il' a tenu , il se fût appliqué à tirer de justes conséquences de ses actions ; mais nous voyons aussi de ^ieux fous comme de jeunes fous : l’avarice, la méfiance, l’inquiétude sont souvent le partage des vieillards. Gomme les organes se débilitent de plus éh plus, le cerveau lui-même, recelant à peine une légère secousse de la circulation, s’affaisse et perd bientôt jusqu’aux traces des idées que le temps y avait gravées. L’homme alors ne sait plus, veiller à sa conservatioii ; quelquefois il reprend les idées, les passions , ét cette mobilité^ qui caractérisent l’enfance. ^ Le célèbre .Marlbor « rough devint dans;sa vieillesse sujet à tbutes les petites passions: « d’un enfant; il s’attendrissait à la pins légère impression;, se « mettait souvent en colère , ou pleurait au moindre refus. » ( Cabanis C’est ainsi qu’après avoir parpoiiru le. grand cercle de la vie , l’homme’se rapproche dé plus en.plus du ,point dont il était parti, il rentre dans le néant. Le sage , content.d’avoir vécu , s’endort paisiblement ; le dernier soupir de,l’homme vain est encore pour la vie , dont il a méconnu, les véiitables charmesi

Page 1