SECTION III
« La médecine de l’esprit est encore à naître , ont dit quelques « auteurs ; on n’en trouve que quelques fragmens épars qui en at- « testent la pauvreté. » {Bonnefoj,^ri'& Ae VA.esià. àe Ghir.)De quel esprit observatéur ne faut-il pas être doué, quelle connaissance ne faut-il pas avoir du coeur humain et des ressorts qui le font mouvoir, pour savoir opposer adroitement et avec avantage la crainte et le respect à la fureur, substituer à l’héhétitude et à la pusillanimité la vivacité et le courage, la joie à la tristesse ; pour savoir enfin
arracher nn secret dont la connaissance doit être une source de lumières pour les modifications d’un traitement! Hippocrate^ensaiil avec raison que la vie de l’homme y suffirait à peine. Mais, quoique difficile et presque impossible à être atteint, le but n’en doit pas moins être médité par un médechx sage ; peut-être même trouverat-il dans son naturel, dans son cœur, s’il est généreux et compatissant, ce qu’on chercherait en vam dans tous les^rits philosophiques et dans les replis d’une longue, mais froide expérience. Le vieillard de Gos , pour décider de l’aptitude d’un jeune homme a la médecine, était plus en peine de savoir s’il aimait l’humanité que s’il avait du goût pour la science. •^.Sienira adjuerit erga homines amorj adest » etiam amor erga artem ». Sachant bien que, si les maux physiques influent sur notre économie , un moral affecié et tourmenté dê souvenirs incommodes avait encore plus de rapports avec l’équilibre des fonctions, il voulait que, tout en cherchant des moyens de rétablir cette économie débilitée par les agens extérieurs , l’on cherchât aussi des baumes qui, répandus avec sagesse sur les plaies de l’âme, pussentçn adoucir les douleurs. C’est dans le traitement du jeune Perdiccas , fils d’Alexandre, qu’il montra que la médecine ne consiste pas moins dans l’art d’administrer des consolations à un infortuné que dans l’art d’administrer des remèdes matériels au corps. Ain^i donc ce reproche cité plus haut, fait à la science^ n’est pas tout-à-fait fonde, puisque nous voyons que, dès l’amiquité Hîême lâ plus reculée , là raédëcine de l’esprit avait été long-ternps l’objet .des plus sérieuses méditations ; que non-seUlemènt Hippo^ craie y mais Pfthagore y Empédocle, Democritea\a\ént été en même temps philosophes et médecins , et que tous les médecins païens, jusqu’à ont observé et pratiqué auprès de leurs malades cette
partie de l’art de guérir, qui contenait en-même temps la manière dérégler les passions^ Lies anciens opposaient'aux affections de l’âme trois sortes de secours : les secours du régime, les secours moraux , et ceux de la gymnastique. Galien \6u\a\i que l’on changeât l’idiosincrasie des individus par le régime et quelques remèdes appro^
priés.j et continués pendant des années. Il recommandait la diète Tégéiale, les herbes, les racines, le lait, le miel, etc. Ce nouveau régime devait amener une diarrhée favorable^ évacuer toutes les humeurs, enrecomposer .de nouvelles, produire de nouvelles influences sur les difféims organes , et changer par conséquent les penchan 54 , des-inclinations morales/jeic. : cbx Jlippoerate ex. Pythagore y qui vivaient:long-temps avant, lui:^^ axaient ôb que les peuples :et les animaux-ijuhjse.riauï’^dssaient* uniquement de chair étaie'nt féroces et cruels. Halhr^njé^alemenix s^T.artari unicè eaî'ues U amant y herbasque centpmfiwit : de%tinata ]beMü$ pabula j iidem « opprime feroces sunt et crudeles. Contra mite brachmanum inge- « nium et Indorum solo. eihq vegptabili vitam sustentantium». r—r Les remèdes moraux étaient aussi d’un grand secours chez eux ; ils savaient avec art évoquer uno^^pâssion pour en guérir une autre ; et Pluiarqne nous dit qu’on ne vint à bout d’arrêter, a Milet, une sorte d’épidémie morale qui 'é^ngageàTr'toutes les filles à se tuer, qu'en menaçantleur pudeur , et promettant de faire exposer toute nüe la prèmièic qui sè donncmt la 'mort' ( ©icti encych ). Ils accordaient surtout les meilleurs effets à la musique. Rien n’est-il plus contraire-à la inélariçoiie et plus capahlejen .même temps de relever un courage mou et abattu que le bruit d’une musique guerrière? Aussireconnaissajent-.ils: k la musique deux: grandes vertus l’une, de releyer ejt exciter l’imaginatipn îjl’àutre ,Ldç çàlmer les soufiTrancea d’un esprit malade., « Certèjiemo inXisiQe leniter detineat^
« distrahat a curisy à se avocetr^tiquasijeœtna se eonstituat^ djiilci-, « que detineat otio » ("Lorry ^ de Melancholtây. Ils savaient également que l’exercice, la fatigue , les bains,frictions, le travail, sont ti'ès-propres à distraire un esprit trop fixe sur une idée , ét q.üe , lorsquede corps -travaille , l’âme est obligée de veiller.et de régier tous les mouvemens. dit aussi -que la danse est un remède
souverain contre la mélancolie : « et quod animi ejffectus lenes atque <f jueundos excitet y et quhd inter saluhria corporis eæei'citia recenseri *y possit». Les anciens, comme les médecins d’aujourd’hui, aecor-
daientpea de Tenu aux médicamens pour le traitement des passions : ils employaient seulement avec avantage l’ellébore, qui, agissant avec violence par le vomissement et les selles, aidait considérablement à l’évacuation des humeurs. La médecine morale passa , après Galien y entre les mains des prêtres et des tbéologieiis ; différons médecins , par la suite s’en occupèrent encore : parmi eux on remarque Boerhuave ÿ i^nimermanray Ijonij" j -eic. y ^ àains ces derniers temps enfin, l’illustre auteuridela D^osOgraphie philosophique, dans son Traité sur les Aliénations mentales, traité qui doit le rendre à jaoa^is recommandable a l’aïi et à l’humânité.
Api^s avoir donnée çe court.^xpQS.é de la doctrine générale des anciens sur le traitement des passions , nous allons également jeter quelque aperçu, sur la manière de prévenir la complication des maladies par les. passions, et ensuite sur la manière de traiter les maladies causées et entretenues, par des affections pénibles de lame. ; - .
A. « Qu’on apprenne de bonne heure a l’homme à ne se former « que des idées exactes, à ne sentir qu’àutac^ qu’il convient, et, « pour y parvenir, qu’on l’habitue à n’attribuer à chaque chose « que la valeur qui lui est due, à se mettre lui-même, ainsi que « les choses qui l’environnetit et les rapports qui le lient à toutes « ces choses ' ^ la placé et dans les proportions convenables , alors « l’esprit éclairera râmeV la connaissance modérera le sentiment, “ le jugement dirigera là volonté, et le cœur sera réglé par la « raison. » ( M. )
Ainsi donc, si les hommes s^âecoutumaient de bonne heure à supporter les peines età ne pas sè-eontenter de les sentir, ils résisteraient avec plus de résignation èontrerennui des maîadies, et n’en aggraveraient pas à chaque instant le danger parle chagrin-et le désespoir -, mais ceux qui ont été accoutumés dès l’enfance à faire leurs
l." point.
toloDies , lie peuvent souffrir dans un âge plus avancé que quelque chose re'sisie à leurs vues, à leurs désirs; ce sont ces sujets fantasques et boudeursv qui semblent commander qu’on les guérisse et qui sont incapables de rien souffrir. Pourtant il est vrai de dire que, dans certainesimaladies, et.même dans toutes en général^ rhomme, et surtout l’homme- de l’age mûr, - devient pusillanime, bizarre, et que Je sentiment d’une-douleur ou d’un malaise continuels développent peu à peu'^bez; lui-fces' affections tristes, ce morne découragement qui viennent compliquer et'^enrayer quelquefois les secours de l’art. C est un grand mérite alors, dans uii médecin , que d’avoir de la gaité, et de pouvoir s’en «ervir auprès de ses malades. On parie,--dans le-Dictionnaire"encyclopédique » de deux médecins qui-'sesrelevant âlternativément-pour faire le service d’une salle de îmalâdés ; avaient tous"les deux, qttoique irès-instruits, des succès bien différéns.'L’un , sans'être brusque , était toujours sérieux ; l’autre joignait à la gaîté les manières les plus dûiieek et les plus compatissantes : chaque fois qùé'ce dernier paraissait dans la salle, tous les malades avaient la satisfaction peinte sur le visage ; lorsqu’il leur pariait, ils étaient consolés et prenaient un nouveau courage pour supporter leurs douleurs. Il est donc bien essentiel de relier le courage des malades, de ne pas leur permettre de .s’ennuyer, de ne pas les laisser seuls avec leurs réflexions; que des parens, que .des amis viennent.les visiter sans cesse, et, dans les douceurs d’une conversation simple et sans art, qu’ils épanchent réciproquement les divers mouvemens de leîlrsêoeur. Voyez comme , dans les hôpitaux civils, les, malades atiendent impaliemment le jour ôp il .sera permis aux étrangers d’eptrer ; voyêZfles recevoir avec attendrissement les caresses affectueuses tJc; leurs amis , les tendres embrassemens de leurs-femmès , de leurs enfftns. Que ces heureux momens sont courts !-les amis s’éloignent, mais ils laissent le malade plein de’confiance et d’espoir, dans quelques jours iis se reverront, dans quelque temps ils ne se quitteront plus ! Comment la nature , aidée des secours (Je l’art, pourrait - elle sue-
cowber alors sous le faix de la maladie! Aussi est-il certain que parmi ceux qui meurent journellement dans les hôpitaux, le plus grand nombre sont de ces malheureux, trop fréquens dans les grandes Tilles, qui, ne tenant à rien, étrangêrs à toute autre chose qu’au soin de soutenir une pénible existence, n’ont personne qui vienne les encourager, ni partager ramertume de leur sort. Il n’-en est pas de même dans les hôpitaux ou régnent des maladies contagieuses , toute communication:avec le dehors: est Interceptée ï aussi les malheureux qui y.«ont renfermés , continueilement aux prises avec le mal, sans consolation , sans espoir, n’entrevoient qoedthorreur du trépas, ;et alimentent continuellement le» feu Üe de sir notion qui déjà les consume. Le médecin est le seul qui puisse avoir accès ; il est le seul qui semble s’intéresser à leur sort. Qu’inaccessible à la terreur, au chagrin, >à la tristesse même, dans ces asiles de malheur où l’étendard deja mort Hotte et répand au loin l’épouvante, la compassion soit l’unique sentiment qui puisse cémouvoir son coeur, mais l’émouvoir sans l’ébranler, l’émouvoir pour le renforcer d’un noble courage, et le pénétrer encore plus de ses hautes obligations ; lui seul va lutter -avec la mort, il estmn consolateur, il est un dieu de paix pour cesi malheureuses victimes. Combien plus encore il importe., lojrsqu’une; maladie contagieuse, la peste y sévit contre toute une population, contre une armée entière:, de relever le courage et les forces énervées par la crainte ! « Pour rassurer les « imaginations et le courage ébranlé de rarmée, dit AI. le profes- « seur ce.fut au milieu de l’hôpital que je trempai
« nia lancetteidans levpus. d’un bubon appartenant à un conva- « lescentdela maladie au premier degré, etquejeme fis unelégcre « piqûre dans l’aine:et au voisinage de l’aisselle, sans prendre « d’autres précautions que celle de me laver avec de l’eau et du « savon qui me furent offerts. J’eus pendant plus de trois semaines «. deux petits points d’inllammalion correspondant aux deux pi- « qùres, et ils étaientencore très-sensibles lorsqu’au retour d’Acre , -« je me baignai en présence de toute l’armée dans la baie de Cé-
« sarëe. n Quelle généreuse conduite , quel exemple pour un jeune inédecin qui,cominence..à s’essayer dans la carrière de l’art! il entrevoit jfeUgi^UsementréieflLjl^^ ses devoirs et,se. prosterne devant le
sage,quiJes.lui a traees,. - , =, , . , i ,, .
Ainsi d’art de dissiper, les craintes, les. in quiétudes ,> l’ennui, de . bercer au contraire au milieu, des songes flaLteurs.de l’illusion et de , l’espérance, est le grand- art du médeein, et, eelui^san^ lequel l’efiicaciié des medicamens est toujours inceiUaine. ,-Quelquefqi.a:,niêime cet art seul est en. remède .si iréretque , qu’il epaquc-et jcenverse
subitement le mal. Est-il permis.au nostalgiqueeapurant.de, partir, ou i’en treienez'vous de l’idée qu’il reverrabiemôtle toit de ses pèrea, il est ivre de joie, il reprend Tespoir, il n’est plus malade. Dans la campagne de 1809 ,, un de mes meilleurs amis, près desuccombersous, le poidsfde son zèle et d’une dysenieiie opiniâtre,-,étai,t,tour-; menté depuis quelque temps d’idées noires et sinistres sur sa famille, dont il ne recevait pas de nouvelles; en vain ses camarades ç,berebaient a Je distraire , il n’écoutait que son chagrin, il n’éiail bien quedui Seul.. Un jour enfin on lui annonça six lettres àda fois; le .plaisir qu’il éprouva fut si vif, la secousse communiquée...fut si efîicace, qu’il reprit de suite i'appétit, fut guéri de sa dysenterie, et parfaitement rétabli en moins de huit jours.-
Dans les maladies;causées et entretenues par,lesf passions , le médecin doit se livrer à-des considérations non moins importantes et non moins étendues ; se dirigerd’après l’exciiabijit^plus ou moins grande du malade , ou l’aflaissement profond dansdequel * au contraire , il peut être plongé. Kous alions. prendre deux .exemples relatifs à ces deux états opposés. Voyez cet hypochondriaque enfoncé dans un réduit obscur : la teinte jaunatro de tout son corps-, la jjâîeur sombré de sa figure, cette nuance , brunâtre qui, camme un cercle, s’étend à l’entour des yeu.x,..u’indiquent-eiles. pas-les noires idées dont il se repaît?-Les traits de la face et grippés n-annoncenniis pas un être des plus excitables , plein d’idées dis-
parâtes, fügaces, presque toujours mécontent, insupportable a lui-même, quelquefois à ceux qui l’entourent? Mais il est bien intéressant pour Un médecin par la pitié qu’il inspire. Peu ou point de remèdes doivent être employés ; et malgré cette sentence de Ceuse , {Morhi non eloquentiây sed remediis curantury lib. i , p. lo) c’est à un langage persuasif encore plus qu’aux médicamens qu’on doit avoir recours ; à ce langage simple, modeste , qui parle à l’âme sans l’assaillir, et l’invite à s’entr’ouvrir pour laisser échapper des souvenirs accaWans^ ou exhaler des pensées noires^ des alarmes éphémères par élles-mêmes , mais très-sérieuses par les phénomènes qu’elles savent enfanter. C’est ici surtout ^ comme le dit Hippocrate, que la médecine n’agit que d’une manière très-imparfaite, si elle n’est secondée par les personnes qui entourent le malade. Que ceux qui le servent emploient auprès de lui la plus grande douceur^ qu’ils préviennent ses gotits, flattent jusqu’à un certain point ses caprices, et souffrent de légers inconvéniens pour en éviter de plus grands. J’ai vu, dans un hôpital, un hypochondriaque à qui on avait refusé une doublé ration de vin qu’il semblait désirer beau-: coup, sans doute parce que cette liqueur était un charme à ses maux, eire plongé pendant trois jours dans une mélancolie profonde , disant sans cesse que tout conspirait contre lui, jusqu’à son médecin. Ce malade, au bout de ce temps, fut , je me le rappelle, instantanément soulagé par un flux extraordinaire, par l’anus, de bile porracée^ lequel flux était depuis quelque temps provoqué par les eaux de Vichy, dont il faisait usage.
D'un autre côté, quel homme a vraiment un plus grand besoin des secours d’une médecine morale, est véritablement plus malade, et surtout plus à plaindre , que celui qui, livré aux angoisses d’un amour contrarié, soupire et se consume en regrets !
« Hinc jacet exhaustîs oppr-essus viribus âger,
K Déficit aut languet maciatîs functio quceque « Visceiibus , totum tabescit corpus , et omnes K Jgnibus ocçultis febris depascitur aiius.
Gsoïfroy , Poëm. de fHjg, .
Que j-aimertfiS à Toir alors^ un vieillard vertueux et expénmenté par l^âgë éémpiÿttr maux ^ le plaindre, le suivre dans
soii peîicîlaïltydè^*è‘l@fi1^f' de peûr qu-’il ne s^égare, et l’arrêter sans cês^é à¥eè la voix dè là-niorale:Cètideda(:sagesseJ Mais^ souvent il est diificilé à êeux-qui l’eniGüreîît'de le^deviner l car l’amour est mÿstêrféuxl S^^saK“WëoiAtatolre'et'"se- voiler souvent sousl’apparbiice d^Tirf dèia^H# qûldtli%s^n^îffc^^iliétrân^riî€l’est aaî^médeein pliirdsôpHd^a vëine^’'^^^à tSsnsMérëP'-leë Irifitslês'^estes de son malade, jusqu’à’cé'^u-il àiipu. dêmêlerlés-grands-sujets de^sa tristesse. Ba pâleur de sôii visage, la râàigre'ur de son corps, des yeux tantôt secs , tantôt nébuleux , un pouls-serréÿ qûèlqûéfois lent om fréquent', toujours inégal êt pétity "dbniierom delà^'d^’assez-fortes préèôinptions. Il kiPrêndÿà 'dé fréqCiènie^ vîsitè^pftâebora ,i par une conversation doiicev ' de êaptivéi lai cbûfi£^è"; dessein
ses*discburs, et, effleurant tantôt%n-sujettantôt un autre^ que son oeil habile sache saisir un gestè, inteipréîer un soupir, une “larme , qu’il feigne de ne rieii apercevoir^Squ’q loi suffise de connaître"; qu’iî'élude même jusqu’aux questionsrque son nâalade sait quelquefois lui opposer avec art.- Xbâ louebé^là Oorde' Sensible , il à su l’émouvoir ; déjà le secret a été près d?éebapper ,«toujours il a expiré sur sos lèvres : mais enfin , brisant toute retenue y le cœur gros de soupirs, l infortuné exhale avec un torrent de larmes le fatal secret source de tant de maux. Dès-lors il ne cache plus rien ; son médecin devient son ami , le confident de ses peines , le dépositaire de ses plus secrètes pensées ; il voit jusque dans les replis de ce coeur, en sonde habilement les blessures, etoberche dans son art et sa philanthropie les moyens propres à ses desseins. Déjà le médecin a remporté un grand trophée sur le mal , il ne lui reste plus “qu’à poursuivrel Si le malade a des nausées^ j dé-mauvaises digestions, un émétique produira une secoûssé favôrâhlé; mais , en général, la matière médicale et la phàrmàcopée sont de faibles ressources contré les plaies de l’âme t aussi les négligera-t-il momentanément pour parler le langage du cœur. Marchant dans une voie
lente, mais sûre, il parviendra à son but ; et, essuyant tantôt les larmes qu’il fait CDiûer ,: tant^r^bau^aBfe de fpy^r ji^ K^ie par l’espoir qu^il fait briHer sajis ef^ ,S r^ène ^eu à. peiirr^œ^omie dans une disposition,«onvénable ià -receyom 4’^ntres ^epôqrf- de la médecine; Alors il ¥St ieînps.rd^ gonseiiler aux parep^ de faire y oyager Ifë jenneubomme , 3 deAnoiîi?^€S^HBI^sfâpns anmneçt; d’autres -idéesrj del’éuîSEîiaSFifelai^mpa^iPjjàrUnfjf^iv^ige.disianc^^chÊz un ami où il puisieitroûver d^utres|ê»nes gens^bQuiilans dç-sanj^é et de jeunesse. Il se croira alors obligé de les suivre dans leurs promenades champêtres ; ils parcourront en cbassanl les montagnes , les plaines , prendront çà et, là dans les hameaux une nourriture solide j. i^chasseront ^içore^.^pur ne revenir que le soir à la maison. ‘Un doivx:^eposîp 0 ur laçpipmière fois yiendra fermer ses paup|ères, et ^es membi^s fatigués appelleront le sommeil. On le verra bientôt perdre de vue ses soucis , ses chagrins ; une vie plus active, un lever matinal y l’air-frais de la campagne , l’aspect sauvage des monts, le eoup-d’ceil riant des ; coteaux, effaceront promptement sa mélancolie; son hnagination deviendra plus agtive, et enfantera de nouidées-av^eCîdés élémens nouveaux. «Le travail est l’antidote « -dedamour y a dit J. J. Rousseau ; et, en effet, quand les bras « sont exercés ji rimagination se repose, et quand le corps est bien « las, le, coeur ne s’échauffe pas. » Oi^ide a dit, dans le même sens
^ , ^O^îa siioUaSif periêre^Cupidînis avcus.
Ce que nous venons de dire peut être également rapporté à une jeune demoiselle;, toutefois avec les modifications qu’exigent son sexe et sa faihlesse plus ou moins grande, Qu^on l’éloigne d’abord du lieu où.la passion a pris naissance ; qu’on la mette,au loin , dans iune maison où des dames inspirent le respect et l’amitié ; qu’<^le y trouve de jeunesjcompagnes douces comme elle , et remplies de cette vivacité si charmante à cet âge. Il faut que l’oisiveté soit bannie , que des heures particulières règlent les occupations du jour, que le matin surtout soit consacré aux promenades ; l’air
frais dilatant les poumons , tempérera cette chaleur clironique qui sans cesse les accable encore. Mais les promenades ne doivent pas être indifférentes ; tous les lieux ne sont pas également propres au but qu’on se propose.-Un bois:majestueux inspire le respect ; le silence qui y règne , le frémissement des feuilles rendent Tâme attentive, font travailler i’imaginationq une sorte d’imjuiétude avive les idées., et rend la pensée errante.8iArrivezrvous sur un coteau, l’œil se. perd dans la vallée, toiir à tour quitte et réprend un paysage ; rimagination êourt ,:comme les sens , d’objets en objets ; l’air vif , qui se renouvelle toujours, renouvelle aussi les idées, emporte la mélancolie. Combien est délicieuse également la fraîcheur d’un jardiri au moment où le soleil, commençant à paraître , change en vapeurs la rosée des fleurs J- l’arome qur ^en élève calme l’agitation des sens , et plonge l’âme dansxes douces rêveries qui savent transformer en délices les regrets les plus amers. Tous ces moyens seront employés avec art et répétés avec imétbode ; on y joindra l’usage des végétaux , des fruits, du lait , et de temps en temps quelques gouttes d’un vin pur et restaurant ; on observera aussi que, les promenades soient toujours présidées par une dame , afin de maîtriser l’élan des conversations , et ces épanchemens , qui pourraient être quelquefois dangereux en alimentant les passions.
3 i l’éloignement, l’air frais et pur de la campagne, le nouveau régime de vie, les promenades , etc. trompaient l’espoir du méde^ cin et de la famille , il faudrait chercher de nouveaux moyens , ne pas se déconcerter, montrer à la malade une ferpieté toujours mêlée du plus tendre intérêt, Ja faire sortir delà campagne pour la conduire , si les moyens le permettent, dans une ville de grande population, comme Paris, par exemple. Le inouvement continuel du peuple , des voitures , le brouabas des rues, ferpnt un grand contraste avec la tranquillité des campagnes, Les curiosités qui se présentent en foule, les promenades vastes et embellies par l’art, les mopuinens , les palais, fixeront ses idées, attireront son admiraûpn. Il sera utile qu’on la conduise au spectacle, qu’on la pro-
mene siiccessiyemenl du ^aLau sérieux., ,du comicjue-.au tragique f qu’on évite cependantlifestqdèces îÆrûfiqudqses sc£*ie& 3, ^acanalo^^î gie , pourraient i:réF!^B^!:S5iq)a®iDnj:|L 3qu-élfeicfré(^eiaei surtout ^ ces gr^^ds théâti^s dontèa^écrœaJiorioéstî'aussi-pompeuse que le; jeu des acteurs ^stantôt transportée-eai^tulide;, qufelle pleure les malheurs .d’ipln^'meü, -qu’elle partage daidoulÉair et ies cris Æune mèreliauani comre imefcra^eîèmdîa-ce{î£iafaij6tc ïrans'pmyé^'
au milieu des3^:aeesj^jdesTrisrp'qu’elle piiefeae'ÿartüà ^ëûrs‘^èu^ séduisansr, à leurs ébats folâtres., il est impossible' què d’esprit eî le coeur resieni.muets à ; cés scènes variées,"oà cette foule de seniimens j{Hâatô^t>subliinesi èaaioti graaæs/tantôt- pleins de gaîté et d’au aïmable -abandon^ jlie. Ijut^ est ici ad^ouvoir p if faut- tirer .4e iridée quitta rji^t envabie’^dl fatctik? distraire , la rèndré® " sensible à d’autres impressions-.'Jn^tôt la dominante s’âffai-
reprendra du calme^ ^t le-reste disparaîtra avec les secours assidus de l;art, de l'amitié , Æt de la raison.
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35 In omnï morbo mente Talere ,j et Benè se haibere ad ea qpee.oMêt Tniiluiîr bôhum est : contràrium; vercl , msàum. Jhidéyéiip’h^ 55v''i)
fififiXiO'i fj"- . ■ •’i.^ij-'ififi.:! Ÿtjii) i£ îk h’sp-e-ofji'î 5b oauVI
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. ; ;• B'- ■ .'fi'i . ; yl ■ .. . o<mfjO-ob a / 'T'-noo'i .|fi-nid
Si metus et trisiitia multo tempore perseverent*, melancneiicum
' ■ „• . ti'.- i ’ J I/i i 5b 3iiDî33B g'fîJOOOa
hoc ipsum, oect. t>, aph. 20 .'
Ah insaniâ dysenteria, aut hydrops, aut mentis emotio , bonnm. Sect. 7 , aph. 5.