‹ Considérations générales sur les passions, et leur influence sur les maladiesChapitre 8 sur 9 · II · texte numérisé non relu

II

Maintenant, sans chercher à rappeler ici l’opinion des physiologistes sur le siège des passions, que les uns lé mettent dans le cœur, que d’autres, comme Bacon ex. F^anhelmont, \e mettent dans Festomac, et d’auiresdans les ganglions ou le cerveau, c^est ce qu’il nous importe peu d’approfondir. Une seule chose est certaine, c’est leur influence sur les organes de la vie ; influence que tous n’ont cessé de reconnaître, et journellement encore constatée et approfondie par la pratique des médecins. Les passions agissent, ou subitement , avec plus ou moins d’énergie, ou lentement. Subitement, elles déterminent la mort, ou bien, sans épuiser lom-à-fait le prmcipe de vie, celui-ci cherche à vaincre le mal par les larmes , lescns, les vomissemens, les convulsions, etc. Si les propriétés yitales prennent le flessiis, ces aceidens se calment promptement;.

mais quand elles ont été trop affaiblies, les organes s’altèrent dans leur structure, le malade devient cataleptique, maniaque , mélancolique, etc. Une femme vit son enfant tomber dans une rivière : l’effroi que lui causa la vue de ce petit être Iquant en vain contre la mort la paralysa d’un bras pour toute sa^yie. Si au contraire elles agissent leniemeüt , elles consument peu à peu , et entraînent

infailiibieméht ati'iombèau. , ^ -, - , ; - -

Maintenant nb^^ trou vons amenés à parler des pa ssions comme

causes dé maladie^,'ou comme complication des maladies. Nous allons successivement les considérer sous ce double point Se vue.

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En jetant un coup-d’oeil rapide sur les causes nombreuses des maladies cÂronitjfues ou aiguës ^ nous voyons presque toujours au milieu d’elles les passions jouer un rôle principal. Tantôt ; c’estle système circulatoire , quelquefois les viscères appartenant aux sécrélipns êt par suite la nutrition , qui en reçoivent les pénibles influences; tantôt elles déterminent un trouble plus ou moins grand dans tout le système cérébral, et dans les facultés de rentëndèment. Ainsi lâ colère et les passions fougueuses peuvent faire dévèlopper comme subitement des fièvres inflammatoires, des érysipèles^ des, flux.dé saiîg par l’anus, la pbrénésie et autres affections'aiguës, M, le professeur rapporte, d’après HoJj^Tnann ^ qu’un bonimé

de beaucoup d’embonppintétirès-plétborique, aynnt pris ùn yerre ffeau-de^vie bprès ,nri fort mouvemerît dè colère , fut saisi quelque temps' après d’bbrfïpilaiion et de yojniSsement ; une cb^éur Irêsiniense occupa bientôt la têteet troubla le sommeil de la nuit, au point d’amCner.le délire. Le lendemain, tumeur remarquable à l’aine , avec cbaleur., Le troisiçmé jourrougeur et. chaîêur affectant toute la cuisse et la jàmbe,\ Le sixième jour, la c^uléur d^ pied passe du brun aff noiiv;^^; 1^^ tuméfie j .çl se^ colore eh

rougej déjections ipyôîôhtairès, mort. Les passions rives et subites peuyent encore amener la péritonite, la métrite, chez les nouvelles accoucbées; Les: passions tristes, au Contraire, la crainte,

Passions corn»

me causes des maladies >

le noir chagrin, influent à un lel point sur les organes sécrétoires, que ceux-ci, en quelque sorte ' paralysés dans leurs fonctions, cessent de confectionner les sucs qui doivent servir à la réparation dés tfssus , où d’éliminer du torrent circulatoire ceux dont l’essence rnalfaisante ne fait qii’oppôSèr de nouvelles entraves à la sa;nté. Il se développé au foie^ à la rate, etc., deS aïïections chroniques signalées par une pesanteur incommode, sourde, quelquefois lancinante dans l’organe même ; la bile n’est plus '^séérëtée , l’appétit et lé sommeil se perdent; l’estomac totnbe dans l’àfoniè; lest digestions sont pénibles , les. intestins flàtueùx; il survient des constipations ou des diarrhées opiniâtres , etc. Mais c’est sumoiit àans les airections mëiitalés, la irhéîancoîie , l’hypocbondrié et les diverses vésanies , que l’on rénôùntre pour principe des çbagrins vivement sentis : tantôt c’est Un dérangement dahs lés affairés domestiques ; tantôt c’est Un èspôir rrbiùpe, une place dont on est frustré ; lè plus soùvëiît, dânS ïà jeùnéssè ', c’est un amour contrarié, ou la perte d’uii Objèt ébéri. ILés fémnxéS , que là pudeur et les bienséances empêchent d’obéir au'i féùx 'de î’àmbur^ sont sujettes à loùtés ces espèces d’affections, ‘surtout à l’hystérie, à la nymphomanie, maladies ëntreténues pâr les écarts d’ûné imagination hrùîànté el désordonnée. Toute la clàsse nombreuse deis névroses énfinpéut recoiinaitrê poùr cauisesi deS peinés, dés passions vives et subites; l’épilepsiè , là catalepsie, peuvent 'être oc-î casionnées par une vivè frayeur, Un 'cbàgriuex^céssif ét ihàttefadù ; l’apoplexie , par un accès de colère ; 4à paralysie , par la crainte èt l’effroi^ etc. Il y a ifiaintenant Un homme dans une dés éallèà dé l’Hospice clinîqùé , qui, arrêté dàUs*Une diligénce pa des bri^ gands, éprouva sul)itéinént Ùne vidîénre colère mêlée d’éffrOÎ.

. Quelque Jouis après, if cômïiîença à sentir deda douleur dànslés pieds et les jambes ; il y éprouvait p'arfoi's uiie sorte dé toépéur. Quelque temps après, ilperdir une plaée ; des Cbàgrins qu’il éu ressentit vinrent àùgmènter les âccidens à tel point, que, quinze jours après ce dernier èH éhendem, ses jambes 4éébissant sous lui .

et ne pouvant plas^ faire un pas, il entra à l’hospice pour faire usage des fumigations sulfureuses. On â vu des femmes très-irritables être saisies, à la suite d’un accès de colère, de douleurs articulairesde spasmes d’estomac, (Tiléus nerveux, etc. D’autres, dans un mouvement d’indignation,, ont éj)rouvé subitement unpoint de côté comme pleurétique , une toux convulsive,, etc. Nous voyons également les affections concentrées, les chagrins profonds , être causes des maladies chroniques compliquées de lésions des organes intérieurs; L’impression vive ressentie au pylore dans les fortes émotions, le sentiment dè constriction dans toute la région de l’estomac , les vomissemens spasmodiques qui : surviennent tout; .àeoup à Ja nouvellé d’un accident funeste, font que cet organe en. conserve quelquefois l’empreinie ineffaçable , qu’il se déclare îles squirrhes au pylore ^, des affections cancéreuses de l’éstomae, zsaladies affreuses dont la terminaison toujours funeste atteste rinsu^saiiee de nos moyens et fait lé désespoir de là médecine.

Combien encore, depuis ces derniers temps de calamités où les passions, la crainte, la tristesse avaient banni la paix de l’âme, ; où ; les intérêts de chacun n’ont cessé ; d’être froissés j jeombien , ; dis-je, ne voit-on pas se-succéder journeilement dans les hospicesles maladies organiques ^ du cœur ou =dés; gi^os vaisseaux ! Tant de ^ causes dans la vie peuvent: en précipiterj où ralentir les mouvemens j r tant d’agens sont pour nous , à chaque; heure du jour , une source d’nmotions si variées ! La rencontre imprévue d’objets j même les plus ordinaires ; la crainte , l’espérance , etc; , agitant notre âmè, y déterminent un ébranlement plus ou moins vif, resserrent ou épanouissent les veniricules du cœur , etc. Que sera-ce;enfinquand l’homme sç trouve • dans ces pénibles momens où l’âme nè cesse d’être morcèlée par un chagrin rongeur?... La vie semble entravée dans sa source, un-poids énorme pèse sur le cœur, et déjà ôet organe reçoit l’empreinte funeste d’une maladie qni> chaque jour, fait des progrèsdeniS| mais inévitables. Pent-être, dit Pinel,

que, dans l’oppression que l’on ressent, le poumon se resserre spasmodiquement à l’approche du sang ; que celui.ci est refoulé dans les ventricules ; qu’il les dilate et porte une atteinte plus ou moins profonde à leur irritabilité. Mais pourquoi admettre, dans l’explication de cette maladie , plutôt une cause mécanique que vitale?, le cœur comme l’estomac sont soumis à l’influence nerveuse; or, par quel mécanisme expliquera-t-on les désordres èffrayans de ce dernier organe , désordres que nous rencontrons si évidemment dans certaines autopsies. Si nous passons aux maladies épidémiques, contagieuses, comme la peste, le typhus des prisons, des bâtimens , ou aux maladies simplement épidémiques, tenant à des constitutions de l’atmosphère , une économie débilitée, tant par des causes physiques que morales, ne laissera-t-elle pas beaucoup plus de prise aux miasmes délétères? ne sera-t-elle pas plus promptement domptée qu’une autre forte et vigoureuse ? Les gens peureux, dit Zimmermann , tombent plus facilement malades, parce que la peur, relâchant tout, facilite l’entrée de tous les principes hétérogènes dont l’air est chargé", et expose beaucoup plus aux maladies populaires. Tous les rapports faits sur les maladies contagieuses attestent cette vérité; et en parcourant Thistoire de la campagne de l’armée d’Orient, par M.le professeur Genettes, l’bn voit que tout soldat qui se laissait abattre à l’aspect des misères et des privations était sûr d’être affecté dès le premier moment qu’il s’exposait k la contagion, et même sans s’y exposer autrement qu’en plein air; et presque certain , dis-je j de succomber sous le faix accablant d’une maladie que l’inquiétude et mille peines morales rendent encore plus sûrement mortelle. Lorsque la peste régnait au Grand-Caire, un officier, alors soldat, m’a assuré qu’un de ses camarades, d’une constitution très-sensible et très-irritable., ayant reçu une forte réprimande sur un soupçon injustement dirigé contre lui, tomba de suite dans.un accablement moral dont rien ne pouvait le distraire, et le lendemain même il fut attaqué de la contagion. Il lui rendit des soins pendant deux jours, jusqu’à ce

qu'enfin un délire très-violent étant survenu au malade, avec un un bubon à l’aine, il soupçonna que ce pouvait être la maladie régnante , et le conduisit à l’hôpital, où il mourut trois jours après : l’autre n’a reçu aucune atteinte. Est-ce sa constitution forte et vigoureuse alors qui l’aura garanti, ou la, fraîcheur des nuits, qu’il préférait^ pour dormir, à l’atmosphère de sa caserne?, pu bien a-t-il dû. cet avantage à ce caractère ferme et joyeux que je lui ai vu déployer continuellement dans un dés temps les plus malheureux de sa vie (il était prisonnier de guerre sur un ponton en Angleterre)? Dans l’épidémie de Teklembourg, l’invasion de la maladie était toujours précédée par des causes débilitantes : tantôt c’étaient des saignées pratiquées hors de propos, tantôt une tristesse et une mélancolie profondes ; et celte invasion était très-souvent déterminée par un emportement de colère , une terreur ou la persévérance de la tristesse. (Nosogr. philos. ) Combien de fois, dans les hôpitaux militaires, n’avons-nous pas vu de jeunes infortunés, accablés par des idées tristes sur leurs familles, languir, malgré tous les secours de^ l’art, dans les salles de fiévreux, et subitement être enlevés par centaines, à l’apparition d’une épidémie dysentérique , celle de toutes qui y est la plus ordinaire ? Aussi jst-il généralement reconnu que, dans les hôpitaux militaires, la cause principale qui tend à rendre les maladies périlleuses, et à offrir de temps en temps des ravages* qui nous étonnent, est la tristesse , l’ennui qui régnent souvent dans ces lieux de désolation, et qui, pénétrant le cœur, ne font que l’accabler davantage par le poids énorme des chagrins qu’une imagination malade se plaît à enfanter.

Nous ne pouvons nous empêcher de jeter également, en passant, quelques considérations sur l’état de grossesse. Les passions alors agissent quelquefois tellement sur le système nerveux que l’organe chargé du fruit de la conception devient accessible à mille affections toutes plus ou moins dangereuses, et dont quelques-ünes vont même jusqu’à déterminer les plus graves accidens, l’avoriement,eic. D’autres fois la matrice, sympalhiquement excitée, exé-

cuie dans son parenchyme ceriains. mouyemen? spnsmodiqn.e& qui rompent quelquefois les radicules, artéi-ielles et yeineuses q^i l’unissent au placenta ; dés hémorrhagies foudi-oyantes se déclarent, et la femme périt victime, si l’on ne se hâte de terminer l’açcouchement. .

Ainsi l’observation a rendu constant que tout ce qui frappe vivement l’imagination de la mère est capable d’eiîtramer les suites les plus dangereuses. J^an-Swiéten?^zx\Q d’une femme grosse qni, ayant dormi toute la nuit pendant un incendie qui avait lieu à côté, de sa maison , avorta sur-le-champ , lorsque le iendemain sa, mère]; la félicita de ce .que le sommeil l’avait garantie de la peur. {Fodéré.} li est également incontestableyque les passions de la mère; n’influent d’une manière marquée sur l’économie générale du petit être renfermé dans son sein , et sur le. développement plus ou moins régulier de; ses parties. Immédiaiement lié à rorganisation: de la mère par le. cordon ombilical, qui rend leur.circulation commune , grêle, et frêle dans les premiers rtidimens de l’existence , l^mbryon, de texture, molle comme ralbumine , ressent-vivement les désordres de la circulation-de la mère ; chez lui son cours,, également suspendu ou. ra|enii, amène la mort ou diiférentes lér siohs organiques , ou bien,^ fortement émue., sa circulation pousse en. tous sens, et. d’une manièredésordonnée, les molécules orgar niques, corhmence ces. désordres physiques;qui réellement nous étonnent à la naissance ^ et. souvent encore imprègne cette frêle organisation des. germes de .maladies auxquelles la .mère même n’avait jamais été sujette. M. le professeur Pme/.cite .une. femme qui, dès son plus bas âge,, fut attaquée, d’épilepsie, parce que sa mère, quoique exempté de ceue maladie, avait éprouve de vivesi frayeurs avant d’accoucher d’elle. Il est également certain qu’une mène frappée d’une émotion.très-vive ne.peut donner Je sein à son enfant sans un véritable danger pour lui. Des observationa,, disent tous les auteurs de traités d’accouchemens, prouvent que des enfans ont été subitement atteints de convulsions pour avoie tété leurs noiirr

rices encore emues de frayeur, ou agitées des flots d’une colère récente.

§. IIL

Si rhomtne en santé doit redouter les efièts des passions ,* si . Passions comlorsqu’elles' sont portées à un certain excès , elles déterminent *

subitement chez lui des maladies plus ou moins graves, ou déposent dans son économie les germes cachés de mille affections diverses , à plus forte raison en supportera-t-il moins les pénibles influences, si déjà sa santé est compromise par une maladie quelconque, dont la cause n’aura , si l’on veut, nul- rapport avec les affections de l’âme. Un individu entre-t-il subitement en colère , ayant une plaie considérable, ou à une extrémité , ou sur la superficie du corps , le sâng, poussé avec rapidité , s’injecte dans la plaie , l’ensanglanie. L’asibénie passagère qui succède toujours à un mouvement de Colère , ramène les forces vers l’intérieur , les propriétés vitales de fuicère* changent, k suppuration se tarit, et, par une sorte de reflux, se porte souvent sur unxles organes les plus essentiels à la vie. « Qu’une cause quelconque , àh Bichatj exalte dans une plaie la force des absorbans , le pus est résorbé,

«£ l’ulcèi^e se dessèche , et dès-lors commence la série funeste des a symptômes de résorption. »

A rhôpital générai de Madrid, deux frères étaient blessés assez 'grièvement d’un coup de feu, l’ün à la poitrine , l’autre au genou droit, dans rarticulation même. Ils avaient été séparés à dessein, et placés dans deux salles qui s’avoisinaient. L’un, par suite de s'a -blessure , fut obligé de supporter l’amputation de la cuisse. La -suppuration s’établit, devint louable, assez ni ü’op abondante; tout -promettait enfin un heureux succès, quand un sot infirmier vint lui annoncer que , s’il Voulait voir encore son frère , il n’avait qu’à se dépêcher. Ue malhe areux fut pris à l’instan t d’un saisissément et d’un battement de ceeur inexprfmablés ; il répandit quelques larmes dans le jour , en appelant son frère ; et lorsqu’on vint le lendemain

malin pour faire le pansement, l’appareil se trouva sec; Ja plaie, blafarde, présentait quelques points noirâtres à sa surface ; le malade était extrêmement abattu , très-oppressé, et mourut le lendemain.

Amhroîse Pamraconte que , toutes les fois qu’dh tirait le canon, les blessés qui Feniendaient éprouvaientnn soubresaut, se plaignaient de vives douleurs à la tête; les chairs étaient blafardes, eii mauvais état , la fièvre survenait, et les malades périssaient. (Prix de l’Acâd; de Cbir.)

J’ai eu aussi occasion d’apprécier moi-raême celte observation à’^Ambroise Paré. A.\x s\é^e de Pampelune , en i8i5 , la garriisoli française, pendant quatre mois qu’elle résista, fut continüellement aux prises avec l’ennemi, avec le mauvais temps, et avec la faim.' Tous les jours beaucoup de soldats étaient blessés dans la plaine, en combattant pour arracher a l’ennemi quelques épis disséminés dans la campagne ; presque continuellement le canon tonnait sur lés remparts ; et j’ai remarqué , avec le chirurgien-major, que chez tous nos blessés auxquèls on pratiquait l’ampulalion , ou même chez ceux qui navaieiit que des blessures peu considérables, les plaies, qui prenaient un assez bon aspect pendant lès courts mdmens de relâche que la garnison ne sortait pas , revêtaient bientôt la plus mauvaise apparence avec le bruit continuel des fusils, du canon , et quelquefois des obus qui tombaient sur rhôpital.

Revenons encore aux’ plàies. Quelles circonstances dangereuses n’entraînent-elles pas à leur suite! Combien ne doit-on pas s’observer dans le prognostic, lorsque, par le caractère même de la blessure , l’homme, faible quelquefois , va s’abreuver de peines et de mélancolie î M. /l/c/ïèrÀ/zd parle d’un homme à qui ramputation du pénis avait été faite , qui mourut de chagrin par suite de l’emporiement,de sà femme et des injures dont elle l’avait accablé:

Quelquefois ^ dans les fièvres intermittentes ou toute autre qui porte un caractère chronique , on voit certaines passions être suivies d’un heureux effet^ par l’activité ou la secousse^ qu’elles pro-

ciireni à tousles systèmes. Cependant, indépendamment des passions tristes , qni ne font qu’énerver davantage, les ressources de la nature dans ces maladies , on voit quelquefois aussi la colère et autres passions vives avoir des suites si funestes , que souvent,, ainsi que nous l’avons dit plus haut, les forces déjà chancelantes s^éîjuisènt subitement, et le malade tombe dans une syncope qui amène la mort. A plus forte raison, si le malade est atteint d’une fièvre inflamimatoire J car l’excitabilité générale qui accompagne ces maladies , jointe à un commencement de congestion cérébrale , rendent encore les efiets de là colère plus promptement pernicieux. Dans les phlegmasies, dont la marche sagement dirigée par le médecin doit tendre d’une manière naturelle et plus ou moins prompte à la guérison , ne voit-on pas quelquefois ces maladies entravées par les passions vives et subites, surtout par les affections tristes et concentréès, dépasser, sans qu’on sache pourquoi, leur terme ordinaire, et ne fournir que d.es crises incomplètes ? La nature paraît céder à une puissance inconnue qui l’éloigne dé plus en plus du but vei% lequel elle tendait. Elles revêtent bientôt le caractère cbronique , et s’enveloppent promptement d’uji appareil sinistre et de symptômes d’autant plus alarmans , quedeur cause est (^chée. Presquè constamment alors le malade sera en proie à quelque sollicitude; son cœur aura été douloureusement aBcclé , soit par une mauvaise nouvelle, soit par des questions indiscrètes ou mal ordonnées qui auront laissé un nuage dans son âme ; l’imagination inquiète sfen sera avidement repue. Depuis ce jour, fuyant toute communitsation avec ce qui l’entoure , il craint dé se distraire , se renferme -dans ses:rideaux, s’enfonce sous ses couvertures, et semble redouter même que quelqu’un s’aperçoive de ses maux. Combien alors il est important de lès deviner et de le secourir !

Gomme nous avons jeté plus haut quelques données sûr i’influênce dés passiofts sur îa gestation , nOus terminerons également cette secondp section, en dîsantqnê, lorsqu’une femme est accouebèe, ttn libre accès auprès d’elle , des entretiens suivis àvec ses proches

ou ses amis, les commotions de la joie ou d’une entière sécurité, des contrariétés ou des affections morales tri tes , rendent quelquefois très-dangereuses les suites de la délivrance , et font qu’on ne peut entourer de trop d’égards une nouvelle acouchéfe. « Une « femrfie, nous a dit, dans son cours d’accouchement, M. Lebre- «f ton fils, avait prédit qu’elle mourrait de chagrin, si elle n’accou- « cbait pas d^’un fils, pour-complaire a son mari, qui lui avait « dit imprudèmmént un-jour qu’il ne pourraitqamais aimer une fille comme il aimerait uU petit garçon. Après l’accouchement, » elle ri’eut rien de plus pressé que de demander le sexe de l’enfant: » on fit la haute sottise de le lui dire ; elle laissa échapper unsoupir « de regret, et mourut le lendemain. »;

Mille observations de tous genres de maladies tirées des auteurs ne feraient que sancifonner de plus en plusdes: idéesique nous avons émises ici; nous regardons comme inutile-de les rapporter. Renvoyant donc, pour de plus amples explications; aux auteurs qui ont traité ces matières ex prqfesso, nous tâcherons, dans notre troisième section , de développer des idées générales de thérapeutique, avec un léger exposé de la conduite du médecin dans les maladies suscite'es ou éntr^enues par des affections dc) Mme.

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