‹ Considérations générales sur les voies lacrymales, recherches anatomiques sur les dimensions du canal nasal, et modifications importantes à apporter au modèle de la canule à demeure, dite de M. DupuytrenChapitre 4 sur 9 · LA CANULE DE M. OUPTJÏTREN · texte numérisé non relu

LA CANULE DE M. OUPTJÏTREN

pourtour du conduit osséo-membraneux , 11’est retenu que parle bourrelet qui circonscrit l’orifice supérieur de la canule, et ce bourrelet ne fait que poser sans y être enclavé sur le bord osseux. Cela rapelle exactement l’état vacillant d’un clou à tête plate , qui a été ébranlé par la tenaille et le marteau, et qui dépasse du côté inverse à celui par lequel il a pénétré dans une planche de bois tendre; s’il tient encore, c’est sa tête plate qui l’empêche de passer de part en part , la tige du clou étant libre de toute pression. C’est exactement ce qui arrive au modèle de canule , dit du professeur Dupuytren , et affermie dans le canal qu’elle parcourt , mais ’ :11e 11c remnlit dans aucun point de son

étendue ( V. fig. irc en C. ). Celte canule tend toujours, par les mouvcmens de totalité de la tête , dans l’action , de se moucher et d’éternuer, soit à remonter et à se présenter sous la peau en haut du sac, pour ne plus servir alors d’infundibulurn aux larmes, soit si le bourrelet est luimême d’une mesure trop étroite , à descendre par le canal osseux , et à offenser de sa pointe la concavité du cornet intérieur, soit si elle porte plus bas à toucher le plancher des fosses nasales, et à le perforer à la longue, comme nous en avons vu déjà plusieurs exemples , circonstance qui exige une exérése tort pénible ; vient encore s’y joindre le danger plus grand de la chute instantanée et inattendue de la canule , car elle peut alors pénétrer par surprise dans les voies respiratoires ou digestives , et y occasioner de graves accidens.

Si le calibre de ces canules est aussi trop petit, et qu’il offre , comme cela a lieu dans le modèle adopté, moins d’un quart de ligne à son orifice inférieur , on comprend combien facilement il se bouche par du mucus épaissi, mê.é à des poudres , à des matières lithiques , à de la poudre de tabac. La canule dans ces cas n’agit plus comme moyen de dilatation permanente , ni comme canal artificiel; elle n’a plus que les inconvéniens d’un corps étranger , incommode par ses déplacemens , et qui par son bourrelet rend même alors tout à fait impossible l’écoulement des larmes , en dehors de la canule , entre elle et les parois osséo-fibreuses (i).

Mais ne devait-on pas chercher à améliorer une méthode , qui , par cela même qu’elle se trouve adoptée par un grand nombre de praticiens, et à cause de sa facile exécution, ne pouvait ne pas avoir de nombreux revers.

Pour les éviter, il fallait rendre à la canule sa propriété de corps dilatant à demeure fixe , et sa propriété de canal artificiel.

Pour cela , il fallait donner à la canule des rapports exacts avec le canal osseux lui-même . rendre égaux les deux calibres du canal naturel et du canal artificiel.

Un calibre étroit , uni à une longueur considérable , était une condition d’obstruction; il était urgent, d’y obvier.

Il (allait donc ôter à la canule, ainsi modifiée, selon son diamètre , une longueur trop considérable, et la proportionner à là longueur véritable du canal osseux qu’elle ne devait pas dépasser.

11 fallait que la valvule membraneuse , si importante au mécanisme de l’écoulement des larmes, et à leur descente, ne fût pas rendue inutile ; elle ne pouvait rester libre dans son action qu’avec une canule assez courte, pour que son orifice restât supérieur au bord llottant de la valvule ( y . fig. ir<!, V. 11. ).

(i) One femme vient rie se présenter à l’Hôtel-Dieu ; elle a long-temps porte une ennuie qui, s’étant bouchée, a amené d'autres abcès; enfin, celle-ci étant tombée dans les voies "olfactives, elle l’a crachée. La canule était obstruée par une matière concrète très putride.

Chez un autre malade, je suis pirvenu i déboucher la canule ellc-mcme, au moyeu d'un stylet de Giraud ; mais pour cela, il a l'.dlu pratiquer une incision comme pour l'application primitive.

Un grand nombre de malades nous arrivent, cliez lesquels la canule de M. Ilupuslrmi cause des accidens au mut d’un temps plus

I Pour arriver à ces modifications , il fallait de nouveau s’assurer de la largeur du canal , non ' pour établir une règle invariable par une mensuration moyenne. Dans les cas de ce genre, on ne peut et on ne doit prendre que des mesures absolues et individuelles, et si nous ajoutons à ce mémoire une sorte de table , c’est plutôt pour dresser une échelle des variations que pour établir une moyenne. Cependant les limites ordinaires étant données , on peut approximativement juger de ce qui peut être dans le plus grand nombre des cas V. le tableau ci-annexé).

Le canal nasal , et le sac lacrymal qui lui est supérieur , peuvent être compris sous la dénomination unique du conduit des larmes, qui peut cependant arbitrairement se diviser en deux portions , formant ensemble deux portions de cônes tronqués, qui se rapprochent beaucoup d’un cylindre exact : l’une supérieure , comprend toute la gouttière lacrymale , et se termine un peu au dessous du bord orbitaire, au niveau du plancher de l’orbite. Cette portion n’a aucun rapport avec la longueur de la canule. Suivant les sujets, elle peut avoir de quatre à cinq lignes; c’est elle qui constitue la partie fibeuse du sac. La seconde portion ou inférieure , représente le véritable canal nasal ; elle se limite en haut , un peu au dessous du bord orbitaire, en bas, à l’évasement du canal osseux , qui a lieu au dessus de l’épine interne de l’apophyse montante qui donne attache au cornet ; ce point répond en dehors exactement à la terminaison supérieure de la ligne qui contourne l’aile du nez. C’est là aussi que s’attache la valvule flottante ( V.).

Cette portion du canal, qui est la seule à l’oblitération de laquelle la canule doive et puisse obvier, est aussi fréquemment sujette à des engorgemens et à des strictures; elle n’a jamais plus de cinq lignes jusqu’à la valvule flottante , et se limite le plus souvent entre trois et quatre lignes. Le diamètre varie enlre les n°* i et îo des sondes , pour le canal osseux à l’état sec , c’est-à-dire de trois quarts de ligne à trois lignes de diamètre, connue nous pouvons en produire des exemples , la canule du modèle actuel (C.), passe pour son tube dans le n" 3 du gradoniètre à bougie, c’est-à-d ire qii'iln’a qu’une ligne un quart, et le pavillon lui-même passe par le Irou n" 6, c’est-à-dire à deux lignes.

11 est facile de voir que lorsque le canal osseux aura une largeur supérieure au n° 3, il ne pourra maintenir ferme le corps de la canule , et que lorsque celui-ci présentera une largeur n° 6 ou deux lignes, le pavillon lui-même ne sera pas soutenu , et que la sonde tout entière pourra descendre dans le nez.

Mais le canal osseux, en lui donnant 1 extension la plus longue, au delà même de son évasement , n’a que de trois à cinq lignes au plus : ce sera donc une faute que de mettre une canule de huit , neuf à dix lignes du modèle actuel, et ce sera sous peine d’avoir une canule vacillante ( F. C’. ) et de voir une pointe inflexible reprépenléc par le biseau du bec inférieur , capable de perforer le plancher des fosses nasales qu’il vient rencontrer, nous venons d’en voir coup sur coup deux cas très remarquables : chez un malade qui vint, il y a peu de jours, (aire extraire une canule qui descendait de quatre «

palais; chez une femme qui s’était présentée peu de temps avant , la pointe métallique taisait encore à peine saillie, cependant elle était visible.

D’après tout ce que nous venons de dire , il est facile de trouver les causes des reproches faits justement à la canule de M. Dupuytren , et d’y obvier. Nous avons cherché anatomiquement le compas et le gradométre à bougies à la main, et nous avons compris qu’il fallait: i° diminuer la longueur de la canule; dans quelle limite? dans celle du canal osseux , c’est-à-dire de quatre lignes à cinq lignes et demie.

Cette longueur doit être ainsi partagée : une ligne à une ligne et demie appartiendra à la portion du conduit qui se trouve dans le sac; elle sera taillée en biseau , lequel restera dans le sac dont il servira à distendre les parois, en formant infundibulum pour les fluides ; l’autre portion de la canule légèrement conique remplira la portion qui forme le canal osseux.

Le bec de flûte supérieur sera taillé aux dépens de la convexité très peu sentie de la canule pour s’accommoder à la courbure légère du canal nasal. Le sinus de la courbure ne dépassera jamais un tiers de ligne.

La canule que nous proposons variera du n° i au n° 9 de trois quarts de ligne à deux lignes trois quarts de diamètre [ y. fig. 4, 5,6, 7,8,9). La longueur reste fixée à quatre lignes et demie, y compris la portion en biseau.

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