FRERES
Je n'ai pas cru devoir faire entrer le mot forsion dans la désignation du phénomène général parce que, quoiqu'il y ait torsion de la portion abdominale du corps, 11 ÿ a seulement rotation et non torsion de la région anale.
La région anale se comporte d’une facon différente de celle de l'æsophage, parce que l'æsophage forme l'axe de Ta partie moyenne du corps et se confond, si je puis m'exprimer ainsi, avec l'axe longitudinal de l'embryon; tandis que l'anus et la partie intestinale qui prend naissance à ses dépens, font partie de la zine périphérique (fig. 23).
Pour se rendre un compte exact du phénomène, il faut done comparer le déplacement de Fanus, non pas à celui de l'æsophage, mais à celui des régions épidermiques qui vont
donner naissance aux ganglions de la Streptoneurie.
On peut s'étonner que, lorsque la torsion larvaire proprement dite vient s'ajouter à la rolation larvaire du tortillon et de la région anale, elle ne produise pas, finalement, une torsion beaucoup plus considérable du corps de l'embryon.
Théoriquement, si la rotation larvaire de la région anale amène l'anus dorsalement, elle correspond à une rotation sur une demi-circonférence, mesurée par un angle de 180.
La torsion proprement dite devrait produire une nouvelle rotation, dans le mème sens, d’une demi-circonférence ; d’où un nouvel angle de 1800 et l'anus devrait se retrouver sur la face ventrale, après une rotation complèle sur la circonférence toute entière (fig. 23).
Cette objection, qui ne laisse pas d’être embarrassante au premier abord, est en réalité paradoxale parce qu'elle n’est vraie que pour des objets mécaniques el rigides et non pour les objets vivants.
Les différentes parties de l'embryon ne sont pas rigidement soudées entre elles et l'accroissement relatif des parties peut varier dans des limites étendues.
L'exemple du Pélécypode, que nous avons cité précédem-
ment, peut nous venir en aide encore une fois.