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Dans la série des Pélécypodes, il n'y a pas, ainsi que nous l'avons vu dans le chapitre VI, de torsion autour de Faxe du corps, puisque tous les phénomènes de croissance se passent dans le plan sagiltal, il ÿ a cependant rotation des points caractéristiques de la coquille (charnière, crochets, etc.). Le phénomène est variable dans les différents types et nous trouvons toute une série intermédiaire avant d'arriver au cas de la Tridacne, où la rotation atteint environ une demi-cireonférence, soit 1800.
Il doit en être, probablement, de même dans la larve du Gastéropode, et si nous observons un déplacement de la région anale de 1800; l'estomac ainsi que le montre la position des lobes droit et gauche du foie (fig. 17, p. 60) ne tourne que d’un beaucoup plus petit nombre de degrés.
Il n'y à donc rien d'étonnant à ce que la torsion proprement dite, qui porte sur la région œsophagienne, puisse s’effectuer sans exagérer outre mesure la rotation de la région anale. L
La raison visible de cet accroissement considérable par place de certaines régions du corps, avec ralentissement de croissance sur d'autres points, qui conditionne le phénomène dans les deux cas, n'est-il pas d'amener l'anus, le complexe anal et la cavité palléale sur la face dorsale du corps ?
Les: accroissements qui amènent la torsion du corps, soit dans la partie abdominale seulement, soit dans la partie abdominale et œsophagienne, doivent s’harmoniser pour produire, dans les deux cas, le résultat cherché : l'anus dorsal.
Cependant, il est probable, que dans beaucoup de cas, la torsion de la portion œæsophagienne du corps fait réellement sentir son action, par une rotation plus accentuée de Panus.
Une observation de Gurartr, m'incite à le croire.
€ Il suffit, dit l’auteur (49, p. 187), de se reporter aux dessins donnés par les différents auteurs qui se sont occupés
du développement des Opistobranches pour constater lexacli-
tude de la torsion (1), torsion portant également sur la - coquille et les organes qu’elle renferme. Toutefois, nous devons indiquer que jamais nous n'avons vu la portion renflée de la coquille se porter entièrement ventralement. Elle reste toujours un peu à gauche, au niveau du gros sac nourricier, de l'orifice gauche du foie qui est logé dans le renflement (chez les Opistobranches). »
Cette observation est très intéressante. Elle tend à montrer que l'absence de torsion proprement dite diminue la rotation du tortillon. Nous pouvons observer le même fait dans la rotation anale de la Philine, l'anus n'arrive pas à la ligne médio-dorsale et reste dorsalement et à droite (fig. 16, p. 58). Je crois que des observations attentives sur les larves de Prosobranches, montreraient dans bien des cas, le phénomène inverse (2).
En résumé : la comparaison de la rolation de Ïà région anale et du tortillon de la coquille larvaire, d’une part, avec la torsion proprement dite, d'autre part, montre que si le résultat en gros est le mème : Torsion d'une partie du corps de l'embryon de droite à gauche, il y a lieu cependant de distinguer les deux phénomènes, parce qu'ils intéressent deux parties différentes du corps :
1° La torsion proprement dite, agissant sur la portion æsophagienne, qui se-tord autour de l’axe longitudinal et entraine dans ce mouvement la portion inférieure du corps qui subit passivement les effets de cette torsion ; |
20 La rotation de la région Te et du tortillon de la coquille larvaire agissant, au contraire, sur la portion abdominale seule.
Ce deuxième phénomène est général chez tous les Gastéropodes, tandis que le premier s’observe seulement chez les Prosobranches et une partie des Opistobranches.
(1) Gurarr, bien entendu, ne fail aucune dislinclion entre la rolalion larvaire du point caractéristique de la coquille et de la région anale et la torsion proprement dite.
(2) Ce qui expliquerait le cas observé à propos du muscle columellaire des Prosobranches (Ch. IX, p. 82).