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élaboration nouvelle de substances toxiques dans la mamelle à la faveur de la réapparition de la sécrétion lactée ?
Ou bien à une insuffisante phagocytose chez certaines latières, lors de la première atteinte, permettant ainsi la rechute par une nouvelle sécrétion toxique ? Comment attribuer les rechutes à lhypoglycémie ? Quant aux phénomènes intimes däu mode d'action sur les centres nerveux des substances toxiques dans les rechutes chez certains malades, ils restent obscurs.
Pourquoi certaines laitières atteintes de la forme comateuse de la fièvre vitulaire guérissent ellesmêmes à la deuxième rechute, et d’autres manifestent-elles des symptômes plus graves et succombent à cette affection ?
Le traitement des rechutes est le même que celui déjà décrit antérieurement : injection d'air dans la mamelle jusqu’à distension de celle-ci, ligature des trayons au moins pendant cinq à six heures, révulsifs et toniques cardiaques. Le collargol en injection intra-musculaire m’a donné quelquefois de bons résultats. Voici énumérées quelques observations sur les rechutes :
12 avril 1919, chez M. S... à G., vache normande âgée de 8 ans, forte laitière, guérie depuis deux jours d’une première atteinte de fièvre vitulaire, forme paraplégique, soignée par le propriétaire. Je la trouve en décubitus
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latéral complet, plongée dans un profond sommeil, aucune réaction de la tête ni des membres. Ceux-ci sont froids, agalaxie complète, les fonctions générales sont nulles.
L'injection d’air, les révulsifs et les injections stimulantes (caféine) amènent une amélioration dans la journée et une guérison complète le lendemain.
22 mai 1919, chez M. R.., à R., vache normande âgée de 7 ans, atteinte de la fièvre vitulaire le 20 mai, sous forme paraplégique, traitée par moi-même et guérie dans la journée avec toutes les apparences de la santé. Selon les déclarations du propriétaire, le 21, cette vache, quoique debout n'était pas dans son état normal, elle était triste, l’appétit capricieux, souvent couchée et somnolente. |
Appelé le 22, je trouve la malade en décubitus latéral complet, très agitée, relevant souvent la tête et la laissant retomber brusquement sur le sol. Les mouvements des membres sont désordonnés. Le faciès est anxieux; légère salivation, la respiration est accélérée et le pouls irrégulier et fort. Température 39°5. Pas de défécation ni de miction. Malgré plusieurs injections d’air, les révulsifs, les réfrigérents céphaliques, injections de caféine et collargol, je n’obtiens aucun résultat. Le lendemain, l’état général est plus alarmant. L’animal meurt le 24, après une pénible agonie.
Le 20 juin, chez M. B..., à M., vache normande en bon état d’embonpoint, vêlée depuis 24 heures et guérie d’une première atteinte de fièvre vitulaire, forme paraplégique, traitée par moi-même, s’est relevée 5 heures après l’injec-
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tion d’air. Elle retrouve toutes les fonctions générales pendant 24 heures. Le propriétaire la trouve le matin du troisième jour en décubitus latéral complet, dans un état d’agitation extrême. Appelé d'urgence, je procède au traitement énergique comme à l’ordinaire.
Les symptômes graves persistent pendant 3 jours encore, sans s’améliorer, au contraire, On décide l’abattage pour la boucherie.
Le 10 février 1920, chez M. V..., à M., vache normande âgée de 9 ans, excellente laitière, guérie d’une première atteinte de fièvre vitulaire, forme paraplégique, soignée par moi-même. Après toutes les apparences de la santé (retour de l’appétit, du péristaltisme intestinal, défécation et miction), cette vache présente brusquement une démarche titubante, ne tarde pas à se coucher et à s’étaler en -décubitus latéral complet, sans agitation, elle tombe dans un profond sommeil, complètement prostrée.
Appelé d'urgence, je procède au traitement habituel; la guérison survient progressivement au bout de 12 heures environ.
Le 20 mars 1920, chez M..., à M., vache normande, 7 ans, guérie d’une première atteinte paraplégique, soignée par le propriétaire. Appelé d'urgence, je constate une rechute de la fièvre vitulaire, forme comatense, sans localisation méningée. Après une injection énergique d'air dans la mamelle, la guérison survient le lendemain et la vache retrouve son état de santé antérieur.
Le 18 mai 1921; chez M. P..., à P. Vache normande
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âgée de 9 ans, excellente laitière, guérie d’une première atteinte paraplégique, soignée par moi-même, est trouvée le lendemain de sa guérison dans un état alarmant, en decubitus latéral complet, la tête étendue sur l’encolure, incapable d’aucune réaction; la respiration est très faible, à peine 8 à la minute, le pouls imperceptible, l’œil miclos, le réflexe palpébral à peine appréciable, Les extrémités froides. Température 36°3. Une nouvelle injection d’air dans la mamelle, les révulsifs et les stimulants amènent une amélioration au bout de deux heures environ, la vache relève la tête, finit par se placer en decubitus sterno-abdominal, pour se relever une dizaine d'heures après et retrouver tous les signes de la santé.
OSERVATION N° 7
Le 12 avril 1922, chez M. D..., à St-M. Vache normande âgée de 8 ans, vêlée depuis deux jours, excellente laitière, guérie d’une première atteinte de fièvre vitulaire, forme : paraplégique; soignée par le propriétaire la vache se relève, selon les dires de celui-ci, deux heures après, l’appétit revient de même que les autres fonctions. Le deuxième jour qui suit cette guérison, je suis appelé et trouve cette vache en decubitus latéral complet, légèrement agitée, mais la respiration accélérée, par suite des efforts que fait l’animal pour se relever. Toutes les. fonctions générales sont abolies. Le propriétaire ayant procédé à une nouvelle injection d’air, je la juge insuffisante et procède à une insufflation vigoureuse; je préconise ensuite les révulsifs, les stimulants par voie souscutanée, et les douches froides sur la tête. Aucune amélioration le lendemain,
Les symptômes alarmants ayant persisté pendant 3 jours, j’ai conseillé l’abattage pour la boucherie.
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Le 30 juin 1922, chez M. C..., à St-S. Vache normande, 8 ans, guérie d’une première atteinte de fièvre vitulaire, forme paraplégique, présente, 24 heures après, une rechute sous la forme comateuse. La sécrétion lactée est revenue, ainsi que l’appétit, la rumination et la défécation, Dans l’espace de quelques heures toutes ces fonctions disparaissent, l’animai chancelle et ne tarde pas à se coucher et à s’étaler sur le sol, plongé dans un profond sommeil, insensible à aucune excitation, indifférent à tout ce qui l'entoure, même son veau; la respiration devient lente, le pouls filant et imperceptible. Température 36°. Les extrémités sont froides, par moment on croirait l’animal mort, si le réflexe palpébral n’était perceptible.
Le traitement énergiquement appliqué amène la guérison progressivement le lendemain, et la vache recouvre son état général antérieur.
Le:15 septembre 1922, chez-M, Cala P Vache normande, 8 ans, traitée par le propriétaire pour fièvre vitulaire, forme paraplégique, guérie depuis 36 heures, est trouvée le matin en decubitus latéral complet avec symptômes méningés. Appelé d'urgence, je constate que la malade est en proie à une agitation extrême, les membres sont en mouvements désordonnés, la malade frappe sa tête contre le sol sans que la douleur de ces chocs atténuent ses mouvements; la respiration du fait est accélérée et les battements cardiaques violents. Toutes les fonctions digestives sont nulles, pas de miction. Température 37°.
Malgré une nouvelle injection d’air, renouvelée le lendemain, les réfrigérants et les injections intra-muscu-
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laires de collargol et de caféine, je n’obtiens aucun : résultat. L'animal meurt le quatrième jour dans le coma.
Le 20 août 1923, chez Mme Vve B..., à B. Vache normande, 8 ans, excellente laitière, soignée par moi-même pour une première atteinte de fièvre vitulaire, forme paraplégique, et guérie le jour même. Deux jours après, réapparition de nouveaux symptômes de fièvre vitulaire, plus alarmants cette fois. Après le decubitus sternoabdominal, l’animal s’étale en decubitus latéral complet, avec météorisation par suite de la fermentation d’aliments absorbés; la tête est lourde, mais non agitée, paupières mi-closes, et la respiration est plaintive par suite du ballonnement. Je procède à une nouvelle injection d’air dans la mamelle et au cathétérisme de l’œsophage. La malade redresse la tête au bout de quelques heures, pour se relever dans la soirée.
Le 28 mars 1924, chez M. L..…., à C. Vache normande âgée de 9 ans, excellente laitière, soignée par moi-même pour une première atteinte de fièvre vitulaire et guérie, est trouvée le troisième jour après avec de nouveaux symptômes de fièvre vitulaire, forme paraplégique, abattement, somnolence, arrêt des fonctions digestives. Une nouvelle injection d’air et les révulsifs arrivent à bout de cette nouvelle rechute. Deux mois après, je suis appelé de nouveau pour cette même vache qui a eu de grandes difficultés à rentrer à l’étable, elle titubait et tremblait et n’a pas tardé à se coucher dans l’étable avec impossibilité de se relever; faciès anxieux et port caractéristique de l’encolure, agalaxie complète. Je procède à une injection d’air dans la mamelle; quelques heures après, une
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amélioration se produit et la malade ne tarde pas à se relever et à recouvrer tous les signes de la santé.
Le 20 septembre 1924, chez M.…, à B. Vache normande, 8 ans, guérie une première fois de la fièvre vitulaire, traitée par moi-même, la vache se relève dans la journée. Je suis appelé le lendemain soir pour la même vache qui, après une sécrétion lactée ordinaire, présentait dé nouveau des symptômes de fièvre de lait, et cette fois plus alarmants que la veille : la vache est en decubitus latéral complet, plongée dans un profond sommeil, la respiration est lente et les battements cardiaques très faibles, agalaxie, Le traitement ordinaire institué, la guérison survient le lendemain.
RÉCIDIVES l
J'ai constaté qu'une vache guérie d'une ou de plusieurs atteintes de fièvre vitulaire reste susceptible de la même affection une ou plusieurs années de suite. La pratique de certains éleveurs, pour éviter ces récidives, qui consiste dans la saignée quelques jours avant le part, ou la diète hydrique, restent sans effets appréciables.
Le tarissement artificiel pratiqué sur une vache encore en lactation vers la fin de la gestation favoriserait la récidive.
Les traites complètes et renouvelées faites après le part n’ont aucun effet sur l’éclosion de la fièvre vitulaire, ni sur les récidives.
Le seul fait, quand ïl est possible de laisser à la belle saison les parturiantes véler aux pâturages, en compagnie de leurs veaux, et éviter de la sorte les perturbations morales, empêche presque toujours les récidives.