TRAITEMENT
Dans les unes «et les autres formes de la fièvre vitulaire, — sauf quänd l'animal est relativement calme — dans la station debout, — je procède de force sur la vache couchée en decubitus latéral complet. Un aide maintient solidement la tête par les cornes et les naseaux, une corde est placée sur le canon du membre postérieur superficiel et porté en arrière, pour éviter les réactions et supprimer la compression de ce membre sur la mamelle. La traite complète étant pratiquée, les trayons sont lavés soigneusement, surtout aux orifices, lesquels sont souvent obstrués par des croûtes d’excréments ou autres.
J'utilise la soufflerie de l'appareil d’Evers sans l’ampoule ; une sonde trayeuse de 10 centimètres est adaptée au tube de caoutchouc.
La sonde flambée au préalable est introduite dans l'orifice du trayon et poussée prudemment jusque dans le sinus galactophore. La main gauche saisit le trayon contenant la sonde et comprime légèrement le tout, afin d'empêcher l’air de s'échapper et la sonde d’être refoulée. La main droite tient la poire et procède à l’insufflation; de temps à autre elle laisse
D: RM
la poire pour effectuer des massages vigoureux sur le quartier injecté, afin de faire pénétrer l'air dans toute la glande. Quand la réplétion et la distension est poussée à l'extrême, je ligature fortement le trayon dans son milieu à l’aide d’un large ruban (genre séton) pour empêcher l'air de s'échapper.
Je débute par l’insufflation des trayons inférieurs. Il arrive quelquefois, sous l’action de l’air sous pression, une rupture des acinés glandulaires, provoquant un emphysème sous-cutané plus ou moins étendu, vers le périnée, sans gravité d’ailleurs, l’'emphysème se résorbe en quelques jours.
Je laisse les ligatures en place invariablement pendant cinq à six heures, même si la malade se relève avant ce laps de temps, ceci pour éviter les rechutes. Au bout de ce délai, on procède à des traites fréquentes afin de ramener la lactation par la gymnastique de la mamelle.
Il est rare qu'au bout de cinq à six heures l’animal n'ait retrouvé tous les signes de la santé,
J'ai observé néanmoins un certain nombre de malades, atteintes surtout de la forme paraplégique, réfractaires à plusieurs interventions. La paraplégie se prolongeait durant quatre à dix jours.
Les animaux font des efforts pour se relever, sans résultat, ils se traînent, changent de decubitus sternal. Mais le train postérieur ne peut les supporter.
Néanmoins, je n'ai jamais constaté de mortalité
dans cette forme.