‹ Considérations pathogéniques et anatomo-pathologiques sur l'érysipèle ses formes et ses complications essais sur la virulence du streptocoqueChapitre 70 sur 123 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Érysipèle de la face. — Mentonintéressé par le processus. — Diarrhée abondante. — Au moment de la desquamation, apparition de phlyctènes purulentes dues au streptocoque, au niveau de la face palmaire du médius gauche.

K.... (Louise), 23 ans, domestique.

Entrée le 18 avril 4890, salle Grisolle, n° 30, dans le service de M. Troisier.

La malade n'a jamais été antérieurement atteinte d'érysipèle. Elle n’est malade que depuis la veille. Elle n’a ressenti qu'un violent frisson, ainsi qu'une douleur assez intense aux ailes du nez, qui sont rouges et douloureuses. Les phénomènes locaux sont absolument circonserits à ce niveau au moment de l'entrée. Néanmoins, les phénomènes généraux sont assez marqués. La température dépasse 40 degrés. Il y a un peu d’albumine dans l'urine. La malade se plaint d’une céphalalgie violente, mais ne délire pas.

49 avril. — La face est prise en sa totalité, ainsi qu'une partie du cuir chevelu. La malade s’est plainte d’une diarrhée assez abondante ; le foie est légèrement douloureux ; il existe une légère teinte subictérique des conjonctives.

20 avril. — Le menton, qui était resté indemne, est intéressé par le processus. Le cuir chevelu est pris en entier. Les ganglions sous-maxillaires sont volumineux et douloureux; il n'y a pas d’angine. La diarrhée continue. L’albumine persiste en petite quantité. Il n'y a pas de pigment biliaire dans l'urine.

24 avril. — La température est tombée brusquement à 37°,6 le matin. Néanmoins, la rougeur persiste aux points intéressés. Le soir, la température remonte à 40°,5, après un léger frisson. L'érysipèle continue sa marche progressive et envahit le dos et la poitrine en respectant les membres supérieurs, formant une sorte de chasuble. La diarrhée diminue.

Les jours suivants, les phénomènes locaux s’amendent peu à peu. Après quelques grandes oscillations, la température tend à revenir à la normale. La diarrhée a complètement cessé. L’albuminurie a disparu.

La desquamation des parties atteintes se fait normalement.

25 avril. — La malade s'aperçoit qu’elle a, au niveau du médius gauche, un vaste décollement épidermique qui s’est formé sans douleur pendant la nuit. L'épiderme résistant de la face palmaire est soulevé dans sa totalité par une sérosité louche, formant une sorte de vaste bulle purulente. La bulle est incisée dans toute sa longueur et montre au-dessous une surface rouge recouverte déjà d'un revêtement épidermique peu épais, qui reprend au bout de trois jours l’apparence de la peau normale. Les lambeaux épidermiques collés se dessèchent et tombent en quelques jours.

A mai. — La malade sort, complètement guérie.

Recherches bactériologiques.

Scarification au niveau de l’érysipèle du dos. Cultures discrètes de streptocoque pur.

Ensemencement du liquide purulent de la bulle. Cultures abondantes d'un streptocoque doué d’une grande puissance végétative, mais d’une virulence faible.

Ensemencement et inoculation des squames. Résultat négatif.

Ensemencement de l'urine au moment de l’albuminurie, Résultat négatif.

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