OBSERVATION XXXIX
Népbrite chronique ayant succédé à un érysipèle de la face et amené la mort par urémie,
PI... (Adorateur), vingt-sept ans, cocher livreur chez un glacier. Entré le 17 juillet 1889, salle Rayer, n° 38,
Antécédents héréditaires. — Nuls. Toute sa famille est bien portante ; son père et sa mère sont encore vivants,
Antécédents personnels. — N'avait jamais élé malade jusque il y a cinq ans, époque à laquelle il contracta un érisypèle de la face assez grave.
Il resta quinze jours à l'hôpital, et se souvint d’avoir entendu dire qu'il y avait de l’albumine dans son urine à ce moment-là. Sa santé avait été bonne néanmoins depuis cette époque. Il y a quelques mois, à la suite d'un refroidissement, il fut pris de frissons, d’étouffements et de toux qui le forcèrent d'entrer de nouveau à l'hôpital. On trouva alors de l’albumine en grande quantité dans son urine, et, depuis lors, son état est toujours allé s’aggravant. Sorti de Broussais, il est obligé, au bout de quelques jours, de solliciter son admission à l'hôpital, et il entre, le 17 juillet 1879, dans le service de M. Audhoui, à la Pitié.
A l'examen, on trouve les membres inférieurs. fortement augmentés de volume. La peau est distendue par un œdème considérable et garde facilement l'empreinte du doigt. Le malade accuse à ce niveau des douleurs qu’il compare à des coups de bâton.La face est bouffie et pâle. Pas de trouble de de la vue ni de douleur lombaire.
Les fonctions digestives sont régulières et le malade accuse un appétit plutôt exagéré. Pl... se sent tourmenté par une oppression continuelle, augmentant aux moindres efforts et que redoublent de fréquentes quintes de toux. On trouve aux deux bases, et surtout à gauche, côté sur lequel se couche
habituellement le malade, de la submatité et des ràles souscrépitants, indices d’un œædème pulmonaire assez étendu. On perçoit également au cœur un bruit de galop très net. L’urine est excrétée en assez grande abondance (1,750 grammes). Sa
coloration est légèrement rougeätre. Elle contient 3gr.50 d’albumine par litre. Dans les sédiments, on trouve'des globules de sang, des cylindres hyalins et des cylindres épithéliaux.
Pendant les jours qui suivent, malgré le régime lacté, que le malade supporte impatiemment, l’œdème fait des progrès et envahit les organes génitaux et la partie inférieure de l'abdomen.
1% août. — Rougeur légère et diffuse du membre inférieur droit, qui disparait spontanément au bout de trois ou quatre jours. L’œdème fait des progrès; eschares aux malléoles et au gland, dues à la distension œdémateuse. OEdème pulmonaire considérable, joint à une dyspnée considérable, maintenant constamment le malade en imminence de suffocation.
Autopsie.
À l'ouverture de la cage thoracique, une assez grande quantité de liquide séreux contenu dans les plèvres s'écoule. Les poumons sont fortement œdématiés principalement aux bases. Par pression, on peut faire suinter sur une coupe une grande quantité de liquide.
Le péricarde contient également une grande quantité de sérosité. Le ventricule gauche est manifestement épaissi; les valvules auriculo-ventriculaires et artérielles sont suffisantes et normales.
Rate, pancréas, estomac, intestin : normaux.
Le foie est volumineux et présente à un faible degré l’apparence de foie muscade liée à la congestion sus-hépatique.
Les reins sont volumineux, se décortiquent difficilement. Ils sont fortement décolorés et présentent le type décrit sous le nom gros rein blanc.
Sur une coupe, les rayons médullaires semblent normaux ; mais la substance corticale est manifestement augmentée de volume et de consistance. La coupe des artères de la voûte cortico-médullaire est normale,
Rien à signaler du côté de l’encéphale.
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