‹ Considérations pathogéniques et Traitement chirurgical de l'ÉléphantiasisChapitre 45 sur 89 · ÉLÉPHANTIASIS DU SCROTUM · texte numérisé non relu

ÉLÉPHANTIASIS DU SCROTUM

Les procédés proposés pour la cure de l’éléphantiasis du scrotum sont devenus pour la plupart d’un intérêt purement historique. S

Nous ne nous attarderons pas sur le procédé de Moxam- MED ALI BEY, qui consistait à tailler deux lambeaux scrotaux en transfixiant la base de la tumeur au moyen d’un couteau d’amputation.

Au préalable on avait soin de refouler les cordons et les testicules vers les anneaux inguinaux.

Un des inconvénients — entre autres — de ceite méthode était la blessure possible d’une anse intestinale située dans une hernie scrotale méconnue.

Pour éviter cet inconvénient, les auteurs par la suite, (SaBorA, DELPEcH, CLOT BEy, ABBcarp, Moxop et VAn- VERTS, LE Roy pes BARRES), pratiquèrent des incisions partant des orifices inguinaux pour permettre de dégaser les cordons et les testicules sous le contrôle de la vue.

Mais cette méthode avait un gros inconvénient. On était obligé d’inciser le tissu pathologique avant de trouver les testicules dans la profondeur.

La première méthode véritablement moderne fut proposée par GUYOMARCH EN 1910.

Celui-ci fend la tumeur en deux énormes valves par une incision antéro-postérieure suivant le raphé.

« La tumeur apparaît alors comme une énorme poire coupée en deux, et en examinant chaque moitié sur la tranche, on aperçoit le plus souvent le testicule recon-

Le +

Et LOUE

naissable à la teinte bleuâtre de ses vaisseaux « (Ouzrc- LEAU » 1913).

On isole le testicule et le cordon de chaque côté, et l’oschéotomie est ensuite facile à réaliser.

Cette technique a été appliquée par OuzirLrau, Caca- VELLI, LE BiIxan.

Elle nous à été communiquée par le Dr. P. Derom qui, dans un séjour au M'Bomou, l’a appliquée 24r fois.

TECHNIQUE DE GUYOMARCH'

Communiquée par le D' P. Derom

1” temps. — Pose d’un garrot de caoutchouc à la base de la tumeur ; tracé de l’incision médiane partant de l'orifice ou « vulve » et suivant la ligne médiane jusqu’à quelques centimètres du périnée (Fig. 1).

2° temps. — L'incision étant effectuée, la tumeur se trouve divisée en deux valves. Très souvent la verge se

trouve libérée et se reconstitue normalement (Fig. 2).

Dans les cas où la verge est enfouie, mais non atteinte par le processus éléphantiasique, l’incision sera continuée également médiane jusqu’au gland sur la partie inférieure du conduit formé par le retournement du revèétement cutané de la verge (Fig. 3).

À ce moment on peut introduire une bougie dans l’urèthre. Cette bougie permettra de repérer le canal, et on continuera à inciser la tumeur jusqu'au périnée, en prenant soin de ne pas blesser l’urèthre (Fig. 3).

3° temps. — Chaque surface de section présente deux zones très distinctes, l’une périphérique, dure et blanchâtre, véritable tumeur, l’autre centrale, molle et bleutée, contenant testicule et cordon. Il n’exise pas de plan de clivage entre ces deux zones.

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À la périphérie de la zone centrale bleutée, on trace avec la pointe du bistouri une incision comme l'indique le schéma (Fig. 4).

Puis avec le doigt plongé dans cette masse centrale au fond de laquelle il est fixé par le gubernaculum testis, on dégage le cordon et on sectionne le gubernaculum testis (Fig. 5)

Après avoir pratiqué d’un côté cette manœuvre, on la répète de l’autre côté.

4° temps. — On trace les incisions cutanées libérant les deux masses latérales (Fig. 6 et 7).

5° temps. —— On enlève le garrot et on pratique l’hémostase.

Dernier temps. — Se rapportant aux cas d’éléphantiasis du scrotum pur, dans lesquels la verge n’est pas enfouie ou s’est trouvée dégagée lors de l’hémisection de la tumeur.

Suture des tranches de section par des points séparés en commençant par la partie postérieure périnéale et en terminant sous la partie antérieure de la verge (Fig. 8 et 9).

Drainage filiforme.

Pansement maintenant le scrotum en position élevée.

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