INTRODUCTION
Désigné pour nous rendre au Sénégal au commencement du mois de juin 1888, nous embarquions le 20 du même mois sur le « Niger », paquebot des Messageries Maritimes, et, après une traversée de huit Jours, nous arrivions à Dakar le 29; dès le lendemain de notre arrivée, nous partions pour Saint-Louis. Après un séjour d’un mois dans cette ville, nous étions envoyé au poste de M’Pal pour y être chargé du service médical : outre le poste de M’Pal, nous devions visiter deux fois par semaine le poste de Louga, situé à environ quarante kilomètres de M’Pal dans la direction du sud et se trouvant comme ce dernier sur le trajet de la voie ferrée qui relie Saint-Louis à Dakar.
Notre séjour au Sénégal fut de deux ans. Sur ces deux ans, nous avons passé vingt-trois mois dans les postes de M'Pal et Louga. Ce sont les observations médicales que nous avons pu recueillir dans ces deux postes, principalement à M’Pal, durant cette période, que nous venons présenter ici. Malheureusement le temps de remettre en ordre ces observations nous est, par suite des circonstances, parcimonieusement compté, c’est pourquoi nous nous permettons de réclamer l’indulgence pour ce travail forcément incomplet.
Nous faisons précéder nos considérations pathologiques d’une notice sur le pays etses habitants.
Au point de vue climatologique, nous nous verrons obligé de rester
dans les généralités, nos observations météorologiques ayant été ré-
gulièrement adressées à Saint-Louis, sans que nous en ayons conservé un double et sans qu'il nous ait été possible plus tard de nous en procurer une copie.
Quant à la pathologie des postes de M’Pal et Louga, nous n'avons eu en vue que de faire connaître les cas que nous avons observés et d'en tirer les enseignements que pourrait nous suggérer notre pratique médicale au Sénégal. Ces observations porteront en grande partie, sinon exclusivement, sur des cas qui se sont produits au poste de M’Pal, où nous résidions. Ne visitant ordinairement le poste de Louga que deux fois par semaine, on comprendra facilement que chaque fois qu'un homme de ce poste présentait une affection de la moindre gravité, nous nous empressions de l’évacuer sur l’hôpital maritime de Saint-Louis, par suite de l'impossibilité absolue où nous nous trou-
vions de veiller sur lui d’une façon constante.
de M'PAL et LOUGA (Sénégal)