‹ Considérations Pathologiques Sur Les Postes De Mpal Et Louga (Sénégal) Précédées D'une Notice Géographique, Ethnographique Et ClimatologiqueChapitre 5 sur 12 · GÉOGRAPHIE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE

Le poste de M’Pal, situé à environ trente kilomètres à l'Est de Saint-Louis, sur le trajet de la voie ferrée, éloigné d’au moins quinze

kilomètres de tout cours d’eau ou marais, se trouve dans les conditions les plus avantageuses au point de vue sanitaire. Construit sur

une petite élévation dominant d'une dizaine de mètres les environs, le poste occupe un espace carré, y compris l’enceinte fortifiée, de cent

mètres de côté. Les bâtiments sont disposés en carré autour d’une

cour intérieure, et entourés eux-mêmes par les fortifications composées d’un parapet d'une hauteur d’un mètre cinquante centimètres et

d’un fossé de deux mètres de profondeur sur deux de largeur.

A effectif complet, le poste de M'Pal peut loger quatre-vingts hommes. Il se compose de six bâtiments principaux ; quatre d’entre eux servent de logement à la troupe, le cinquième est affecté exclusivement aux officiers et le sixième à linfirmerie. Ces six constructions sont en bois, recouvertes de briques, protégées de chaque bord par une vérandah etsurélevées de quinze à vingt centimètres au plus au-dessus du sol.

Les quatre façades du poste regardent les quatre points collatéraux ; l'entrée se trouve sur la face nord-ouest. Parallèlement à cette face s'élève l’une des constructions en bois énumérées plus haut, servant de logement aux hommes, et, de plus, le four à pain, le poste de police et les locaux disciplinaires. Le four et le bâtiment servant à la fois de poste de police et de local disciplinaire sont construits en briques du pays séchées au soleil.

Parallèlement à la façade sud-ouest s'élèvent encore des logements de la troupe comprenant deux bâtiments sur le prolongement l’un de l'autre. L’infirmerie regarde la façade sud-est ainsi que le quatrième bâtiment affecté à la troupe; à côté se trouve la cuisine des soldats. Le logement des officiers est parallèle à la face nord-est, la poudrière et le magasin à vivres se trouvent sur son prolongement et séparés de lui par un espace vide de ? ou 3 mètres seulement,

Ces constructions en bois, dans un climat comme celui du Sénégal, sont très défectueuses, elles protègent très mal contre la chaleur, les planches formant les cloisons sont mal jointes et laissent filtrer des rayons de soleil. Vers la fin de notre séjour, il est vrai, on avait cherché à remédier à cet inconvénient en clouant des liteaux au niveau des vides laissés entre chaque planche ; enfin, leur élévation audessus du sol n’est pas suffisante. Malgré toutes les précautions que l'on peut prendre, telles que briquage à sec des planchers, défense absolue de jeter de l’eau dans les chambres, rigoles établies le long des bâtiments pour l'écoulement des eaux de pluie, on n'empêchera jamais par les fortes pluies d’hivernage l’eau de s’écouler au-dessous des cases. Cette eau se mélange avec des détritus et des saletés de

SRE INOE toutes sortes qu'il est matériellement impossible d'enlever, vu le peu d’élévation des cases au-dessus du sol. Inutile d’insister sur ce point, on voit les inconvénients qui peuvent résulter d’un semblable état de choses.

À environ 500 mètres du poste, dans la direction du nord, s’èlèvent les premières cases du village noir de M’Pal. Il s’étend sur une longueur de près d’un kilomètre vers le nord-nord-ouest, avec une largeur assez difficile à apprécier, mais qui peut être évaluée en moyenne à 2 ou 300 mètres. Ce village n’est point formé, ainsi qu'on pourrait le croire et ainsi que cela a lieu le plus souvent, par une agglomération non interrompue de cases. Chaque famille a construit son carré à l'endroit qui lui a paru le plus favorable, de telle sorte qu'un espace non habité de 50, 60 mètres et quelquefois davantage Sépare chaque carré.

Dans ces conditions, le chiffre de la population est assez difficile à évaluer. Néanmoins, d’après les renseignements qui nous ont été fournis par les noirs eux-mêmes et d’après nos appréciations personnelles, reposant sur le nombre de carrés, ce chiffre doit être d’environ 1,500 habitants.

M'Pal est pourvu d’une gare, éloignée du poste de ? kilomètres dans la direction de l'ouest. J'ignore quelles sont les raisons qui ont pu engager les ingénieurs de la voie ferrée à la placer à une distance relativement si considérable du poste, lequel existait déjà lorsque furent commencés les travaux du chemin de fer; en la plaçant, comme à Louga, dans le voisinage du poste, on aurait évité de nombreux eunuis ainsi que nous aurons l’occasion de le constater par la suite.

Autour de la gare s'est élevé un petit village composé principalement de baraquements en bois construits par les diverses maisons de commerce de Saint-Louis et servant à loger pendant une partie de l’année, c’est-à-dire pendant la saison de la traite, du mois de décembre au mois de mai, les employés chargés de venir trafiquer sur les lieux mêmes, acheter aux noirs leur mil et leurs arachides ek

\ ? Leu 7 à leur donner en échange de la poudre, de l'argent ou de la guinée. Il

rire

en est ainsi sur tout le parcours de la voie ferrée, de Dakar à Saint« Louis, chaque gare devient pendant la saison sèche le centre d’un commerce plus ou moins actif, suivant l'importance des villages

Voisins.

Le poste de Louga se trouve, comme celui de M’Pal, sur le trajet de la voie ferrée, mais plus favorisé que ce dernier, il est placé dans le voisinage de la gare. La distance qui sépare Louga de M’Pal est de 40 kilomètres dans la direction du sud. Le poste de Louga est également construit sur une petile éminence dominant la gare; il occupe un espace carré de 60 mètres de côté, et se trouve entouré d'un parapet et d’un fossé.

Les logements sont construits sur le même style que ceux du poste de M’'Pal, mais moins vastes, puisqu'ils ne peuvent loger d’effectif complet, que vingt hommes au lieu de quatre-vingt. [ls comprennent un bâtiment principal en planches, parallèle à la voie ferrée, sur la facade ouest; c’est le logement des hommes. La toiture en brique forme vérandah sur les deux façades principales et protège de la sorte en partie les murs en les empêchant d’être directement exposés aux rayons du soleil. D'ailleurs, toutes les remarques que nous avons faites pour M’Pal sur les défectuosités de ces constructions doivent étre appliquées à Louga.

Le logement du commandant du poste est construit moitié en pisé, moitié en planches, le parquet est au niveau du sol; ce bâtiment est parallèle au côté nord, linfirmerie est sur son prolongement et n’en est séparée que par un espace couvert servant de salle à manger. En face de l’infirmerie et du logement du commandant, parallèle au côté sud, se trouve une construction en pisé servant à la fois de magasin à vivres et de poudrière.

La cuisine des hommes est tout ce que l’on peut voir de plus sommaire : une toiture supportée par deux murs seulement; là-dessous quelques fourneaux et une cheminée, telle est la cuisine. Sans parler

AGE ER des inconvénients d’une installation si défectueuse au point de vue de la préparation des aliments, surtout les jours où souffle le vent d'est, qui soulève de vrais nuages de poussière, on voit combien les hommes chargés de faire la cuisine ont à souffrir, exposés à la chaleur du foyer et imparfaitement abrités contre la chaleur extérieure. De même qu'à M’Pal, des baraquements en bois ont été construits autour de la gare pour les traitants ; mais ces constructions, bien plus nombreuses qu'à M'Pal, forment un véritable village presque abandonné pendant l’hivernage, mais présentant une grande animation pendant toute la durée de la traite. Louga est en effet un des points les plus commerçants de la ligne : c’est le point où viennent en grande partie aboutir les caravanes rnaures chargées de gomme, qui n'ont point voulu échanger leur marchandise à Pador et à Dayana dans l'espoir, souvent déçu, d’en obtenir dans le bas fleuve un prix plus considérable; pour eux, en eflet, la hausse et la baisse, la baisse surtout, sont choses incompréhensibles; ils ne s'expliquent point pourquoi le kilogramme de gomme qui, l’année précédente, leur était payé à raison de trois francs, n’est plus échangé cette année que contre une valeur d’un franc à un franc cinquante; c’est pourquoi, le temps et la fatigue ne comptant nullement pour eux, ils n'hésitent point à descendre jusqu’à Louga ou Saint-Louis pour y faire des. échanges plus avantageux.

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