‹ Considérations Philosophiques Sur Les Fleurs DoublesChapitre 3 sur 3 · X. XIX. (SÉANCES · texte numérisé non relu

X. XIX. (SÉANCES

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Donc, dans cette manière de voir, les inflorescences des Synanihérées et des Ombellifères rentreraient natuieüeinenl dans la classe des fleurs antliodées proprement dites, comme les fleurs anomales des Drnssica Napus, Nolana, Lythrum, Orcitis ustuluta, Althœa rosea, etc., dont nous venons de parler.

M. Chalin dit que le calicule des Rosacées résulte évidemment de la réunion de pièces stipulaires, en raison du nombre variable des pièces qui les constituent, et qui varie selon que celte réunion s’est ou ne s’est pas opérée. Il n’accepte pas non plus les opinions de M. Fermond sur le calicule des Malvacées.

M. Duchartre, à l’appui de ce que vient de dire M. Chatin, rappelle qu’il s’est occupé de l'organogénie des Malvacées, et qu’il a vu dans le calice et dans le caliculo de ces plantes des organes se développant d’une manière comidélemenl indépendante et distincte. M. Ducbarire cite en outre un fait de duplicature fort curieux que vient de présenter une 0/ cbidée, le Cypripedilon Veitchinmim hort., dans les serres de M. Goibcrl, à Passy. Un pied de cette espèce ayant été subdivisé en cinij pieds distincts, l’un de ceux-ci reproduisit le C. Veitchianum normal, un autre des fleurs comj)létement dépourvues de labelles, et les trois autres, notablement plus petits, deux labelles, renfermés l’un dans l’autre.

M. Germain de Saint-Pierre présente les observations suivantes :

Je ne répéterai pas ce que j’ai dit tout à l’heure, pour démontrer que l’étamine représente une feuille, et ne représente pas un rameau; la démonstration de ce fait résulte non-seulement du passage insensible que l’on observe si souvent de l’un à l'autre de ces deux organes, mais aussi de la situation que l’étamine occupe dans les tours de spirale décrits par l’insertion des divers organes fdiaires ([iii constituent essentiellement la fleur.

Mais je dois insister sur la distinction, gén'râlement admise par les tératologistes et qui doit être maintenue, enii e les fleurs doubles par transformation d’organes, et certaines fleurs proliférés. —Une fleur double peut résulter de la multiplication, par dédoublement ou partition, des pièces des divers verlicilles floraux; elle peut résulter ausside rallongement de l’axe central qui, dans certains cas, produit, en s’allongeant, une spirale indéfinie d’organes foliaires pétaloïdes (c’est le cas de la Giroflée à fleurs doubles, il s’observe aussi quelquefois chez les Roses); beaucoup plus fréquemment, chez les fleurs à étamines en nombre indéfini, la duplication de la fleur (l’augmentation du nombre des pétales) résulte de la modification ou transformation des étamines en pétales: c’est ce qui a lieu chez les 31alvacées, chez les Pavots, et, très-généralement,.

chez la Rose, regardée avec raison comme le type le plus complet et le plus élégant de la fleur double.

Quant aux fleurs qui présentent à l’aisselle de leurs bractées, de leurs sépales, de leurs péiales (ou autres pièces des vert ici Iles floraux), des bourgeons qui se développent en petites fleurs surnuméraires, elles coiiititueni, dans la série des anomalies végétales, la classe ou catégorie des fcelmss pkolifèhes

PAH DÊVELOPPLMENT DE BOURGEONS LATERAUX AXILLAIRES ; UUe étamine

peut, à son aissi-lle, produire ainsi un bourgeon floral, mais, dans aucun cas, l'étamine elle-même ne se transforme en un rameau floral.

M. Fermond répond en ces termes :

Bien que je n’aie rien affirmé touchant la duplicature du calice des Fragariacées et des Malvacées, je dirai, néanmoins., que dans l’objection de M. Chaiin je ne vois rien qui contredise ma manière de voir, dont la preuve au contraire m’a été fournie par l’exemple anomal du calice double du Poirier signalé. D’ailleurs, quelle que soit l’origine du calicule, Mirbel a eu une idée analogue à la mienne quand il a dit : « Lorsque Yinoolucre, qui est une des enveloppes accessoires des fleurs^ n’en contient qu’une, et que cet involucre adhère a la base du calice, comme dans ['Hibiscus, alors on le nomme calicule, parce qu’en elfet il représente un second calice. »

D’un autre coté, (|uand on admet que les corolles doublent ou se multiplient par la transformation des étamines ou des carpelles, est-il donc défendu d’admettre que le calice se double, soit par les bractées et ses stipules (IWalvacécs), .soit par les stipules seules des .sépales (Fragariacées) — ce qui |x)urtant n’a pas lieu dans" un grand nombre d autres Rosacées, — soit par des bractéc.s .seules {l*olygala,iX\\[cis), soit enfui par un véritable calice extérieur ou calicule dans les Lythrum ? El l’on ne saurait ici invoquer la pré.sence de bractées ou de stipules dans la formation de ce second calice. Donc, quelle que soit la manière dont ait été formé le calicule, le calice se montre double exactement ci mine une corolle se montre double par la transformation de ses étamines en pétales ; c’e t ce que j’ai voulu dire, et pas autre chose.

Ce qui précède me semble répondre à l’observation de M. Duchartre, car il est évident que les étamines et surtout les carpelles ont organogéniqoemenl un développement comp'élement indépendant et distinct de celui des pétales, et ccjîetidaut la corolle n’en est pas moins consiilérée comme doublée ou multipliée par le fait de la métamorphose des étamines ou des carpelles on pétales.

Je n’ignore pas qtie la plupart des bolani.>les adtnettenl que l’étamine représente une feuille ; mais si le pas.sage insendble de l’étamine en pétale ou vice-versâ s’observe souvent; si la situation que l’étamine occupe dans les tours d’hélices décrits par l’exsertion des divers organes foliaires qui constitue la fleur est observée; si en un mot, à bien des points de vue, l’étamine paraît

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êlre de nature appendiculaire, sous d’autres rapports on ne doit pas se dissimuler qu’elle se comporte comme un organe de nature axile, et c’est pourquoi quelques botanistes, avec Agardii et Endlicher, penchent plutôt vers l’idée d’un organe axile. Les considérations que je dois développer ici, à cause de l’importance de l’objection de M. Germain de Saint-Pierre, vont me conduire, je l’espère, à démontrer comment les botanistes sont en désaccord sur ce point, quoique pouvant avoir raison les uns et les autres.

Et d’abord établissons ces deux points principaux en faveur de la nature axile de l’étamine. 1“ Tous les auteurs sont d’accord pour reconnaître la transformation de l’étamine en pistil dans les Papaver. Je dis pistil et non carpelle, ce qui est très-différent pour le sujet qui nous occupe. En effet, le carpelle est une feuille, par conséquent de nature appendiculaire; mais l’ensemble des carpelles, ou si l’on veut l’axe qui supporte les carpelles est évidemment de nature axile. Or, si dans les Pavots l’étamine se transforme en petites têtes de pavots ou pistils, il est indiscutable que le pédoncule est un axe ; donc dans ce cas l’étamine est de nature axile, et jusqu’à ce jour il n’est aucun botaniste qui ait nié la transformation de l’étamine des Papaver en pistil.

2^* Originellement l’étamine est identique au bourgeon, c’est-à-dire que l’un et l’autre ne sont autre chose qu’un centre vital ou phytogène constitué par un amas de cellules à l’état naissant. La senle différence que l’on puisse alors y observer consiste en ce que chez la première sa position est latérale; et qu’elle est centrale dans le bourgeon, position défavorable ou favorable à la nutrition du phytogène.

Ce phytogène peut évoluer sans hécastosie; dans ce cas il s’allonge sans émettre d’organes appendiculaires, comme on le voit dans le phytogène qui forme la vrille des Cucurbitacées ou quelques épines des Gleditschia, etc. (1).

Lorsque, au contraire, les hécastosies se prononcent, le phytogène se compose de plusieurs autres phytogènes dont les circulaires vivant en commun par défaut dTiécastosie entrent dans la constitution des organes appendiculaires; tandis que le central, mieux nourri, se compose à son tour comme le précédent, et par son évolution donne lieu à un mérithalle et à de nouveaux organes appendiculaires, et ainsi de suite (2). Le plus souvent, les phytogènes circulaires ou périphériques, moins bien nourris que le central, ont une évolution limitée et très-circonscrite qui en fait des organes différents, surtout par la variété des défauts d’hécastosie, de l’axe qui continue à produire les phytogènes centraux successifs.

Mais il peut arriver que des conditions spéciales puissent faire évoluer un

(1) Phylogénie, 486 et 489.

(2) Disons que cette composition du phytogène, souvent fictive, se réalise toujours dans les végétaux dont les organes appendiculaires sont plus ou moins composés.

ou plusieurs des phylogènes circulaires, et alors au lieu d’évoluer eu un organe appendiculaire, ils peuvent évoluer en organeaxile, et c’est le casque présentent parfois certaines étamines. Donc, pour moi, l’étamine serait un petit axe d'origine appendiculaire comme dérivant d’un phytogène circulaire. {YoyeiPliytoyénie, p. 307, où la théorie phylogénique de la formation de l’étamine est donnée.)

Cela posé, examinons l’hypothèse de sa transformation en pétale et celle de sa transformation en pistil et par suite en fleur.

A. Comme phytogène circulaire d’un protophytogène-fleur, ce phytogène a une évolution nécessairement très-limitée. Dans quelques cas, il se compose une fois seulement, et ses phylogènes périphériques, évoluant ensemble par défaut d’hécastosie, donnent lieu à un organe plan qui n’est autre qu’un pétale, produit soit à la manière des feuilles de IMonocolylédones {loc. cit. p. 111), soit à la manière des feuilles opposées (p. 112), mais dont une des feuilles avorterait. Dans ce cas, le phytogène central avortant, on a un seul organe appendiculaire surmontant un petit axe plus ou moins dilaté représenté par l’onglet, et comme l’organe appendiculaire seul est apparent, les botanistes ont r|uelques droits à soutenir la nature appendiculaire de l’étamine.

B. Mais il peut arriver que le phytogène circulaire d’un protophytogènefleur soit suffisamment nourri et qu’aloi s il évolue à la manière d’un phytogène central. Dans ce cas, il se compose en un protophytogène dont les phylogènes circulaires évolueront en organes appendiculaires constituant les carpelles qui forment le pistil dans les Papaver et dont le support ou pédoncule sera un axe.

C. Or, en admettant un excès de nutrition, de cet état à celui d’évolution qui en fait une fleur, la dilTérence n’est pas si grande que tous les esprits ne puissent bien la concevoir. Dans ces conditions les botanistes sont en droit de dire que l’étamine appartient à l’ordre des organes axiles. Mais la vérité est que l’étamine doit être regardée comme un axe qui lire son origine d’un organe appendiculaire, puisqu’il provient d’un phytogène périphérique ; et jusqu’à ce que l’on m’ait démontré, mieux qu’on n’a pu le faire, l’existence de ces prétendus bourgeons à l’aisselle d’une étamine, je crois être en droit, surtout d’après ce que je viens de dire, et en me basant sur une foule d’exemples que je ne puis reproduire ici. de soutenir que l’étamine s’est transformée en fleur dans les exemples que j’ai cités. D’ailleurs la théorie des axes est bien plus favorable à l’explication de la formation des étamines composées et formant cyclochorises comme dans les Hypeincum et les Melaleuca, que l’idée qui consisterait à supjwser qu’un Iwurgeon naît à l’aisselle d’une étamine |X)ur produire l’étamine composée.

fleurs prolifères

développement de bourgeons

latéraux axillaires que nous pouvons admettre sans inconvénients pour notre manière de voir, elles se rapprochent en quelques points de nos fleurs

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doubles anthodées, avec celte différence que dans les fleurs prolifères le phénomène (Vauthosantliie n’est (pie partiel, tandis que dans les exemples de fleurs doubles anihodées (jue nous avons cités le phénomène est général et se retrouve le même dans tous hs points de la périphérie de la fleur. La fleur prolifère ne serait qu’un acheminement vers la fleur double anthodée. Quoi qu’il en soit, les objections qui m’ont été faites ne me semblent pas de nature à détruire les idées ([ui conduisent à la classification que j’ai proposée pour distinguer la nature des fleurs doubles.

M. Cornu fait à la Société la communication suivante :

AFFINITÉ DES MYXOMYCÈTES ET DES CHYTRIDINÉES, par II. Max. CORNÎU.

Amené, au milieu d’une autre série de recherches, à m’occuper incidemment des Chytridinées et de leur développement, j’ai cru trouver chez ces Champignons un ensemble de détails d’organisation qui se retrouvent chez les Myxomycètes. On peut ainsi rattacher ces derniers, productions ambiguës à affinités incertaines jusqu’ici, au reste du règne végétal, et en particulier à plusieurs groupes élevés de la mycologie.

Le fait caractéristique de l’histoire des Myxomycètes est l’absence de membrane pendant une partie de leur existence. Constitués par du plasma doué de mouvements contractiles, ils s’étalent en un lacis de filaments anastomosés, à l’aide desquels ils absorbent la substance nutritive du substratum poreux (tan, vieux bois), qu’ils imprègnent, pour ainsi dire. Ou appelle cet état, l’état de plasmodium. La membrane n’apparaît qu’à l’époque de la reproduction. La masse entière se résout alors en un nombre considérable de spores renfermée dans une enveloppe générale. Ces spores entrent eu germination à l’aide de l’eau, et émettent des zoospores munies d’un cil unique et douées d’un mouvement de reptation amiboïde, M. de Bary a été jusqu’à proposer de ranger les Myxomycètes dans le règne ^animal, sous le nom de Mycozouires ou de Alycétozoaires.

Les Chytridinées sont de véritables Champignons ; cela n’est pas contestable aujourd'hui, et, parmi les plantes de ce groupe, on doit ranger certains parasites des Saprolégniées pris par M. Pringsbeim pour des organes sexuels de la plante nourricière (1).

Ces parasites des Saprolégniées sont compris dans trois groupes, dont je forme trois genres nouveaux, parallèles à trois groupes de Chytridinées vivant sur des plantes aériennes.

Le premier genre {Olpidiopsis) correspond aux Olpidium de M. Al. Braun.

(1) Jahrbuech. fuer leiss. Bot, t. II. Une étude complète de ces parasites paraîtra dans quelques mois (^Inn. des sc. nat. 5® série, t. XV].

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