‹ Considérations pratiques sur la venue du SeigneurChapitre 1 sur 6 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

On pourrait considérer la venue du Seigneur au point de vue doctrinal, mais ce n’est pas ce que je me propose de faire ici. Ce sujet est trop précieux pour le cœur, il a une portée trop pratique, il apporte trop de fraîcheur à l’âme, pour qu’on le fasse descendre sur le terrain plus ou moins desséchant d’un simple enseignement. La venue du Seigneur est une espérance, l'espérance chrétienne elle-même. Elle exerce une influence vivifiante sur l’âme qui la possède, et sanctifie toute notre conduite. La description de la venue du Seigneur n’occupera donc que peu de place dans ces pages. Les lignes qui suivent suffiront pour éviter . les malentendus que la lecture de ces articles pourrait faire naître. CORRE

La venue ou Parousie (rapourle ) du Seigneur est sa seconde venue (Actes I, 11)‘, la première em-

i Je me borne à citer un très petit nombre de passages que le lecteur, familier avec ce sujet, pourra compléter aisément.

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brassant la vie de Jésus ici-bas. Cette seconde venue est un des grands sujets dont parle le Nouveau Testament. Elle se compose de deux actes, séparés par l'intervalle de temps plus ou moins long compris entre le IV et le XIX®® chap. de l’Apocalypse.

Le premier acte est la venue du Seigneur pour

les siens. À ce moment, tous les saints endormis depuis Adam seront ressuscités !, et les saints vivants appartenant à l’Église seront transmués, pour être enlevés tous ensemble à la rencontre du Seigneur dans les nuées, en l’air. C’est ainsi que le Seigneur les recevra pour les introduire avec lui dans sa gloire céleste. (1 Thess. I, 10; IV, 15-18; 1 Cor. XV, 51-54; Jean XIV, 1-3; Hébr. IX, 28.) , Le second acte est la venue du Seigneur avec les siens. Ils seront alors manifestés avec lui en ‘ gloire devant le monde qui l’a rejeté. Il continuera à les manifester dans son royaume et durant l’éternité. (Col. III, 4; 2 Thess. I, 10; 1 Jean III, 2; Apoc. XXI.)

Le premier acte n’a que les saints pour témoins et pour objets. C’est un acte de pure et entière grâce. (Jean XIV, 1-3.)

Le second acte, qui se lie à l'exécution du juge-

ment contre le monde, a le monde pour témoin. (Apoc. I, 7.) Ce jugement est celui des vivants,

1 C'est la résurrection d'entre les morts. La résurrection des morts pour le jugement n'aura lieu qu’ après le règne de mille ans. (Apoc. XX, 7, 135)

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qui précède le règne de mille ans. Il a un côté guerrier et un côté judiciaire. (Apoc. XIX, 11-16; 2 Thess. I, 7-10; Apoc. XX, 4; Matth. XXV, 31- 46.) Les saints ÿ sont toujours associés. (1 Cor. VI, 2.) Le jugement des morts n’a pas de relation directe * avec ce second acte ; il suit le règne de mille ans après la révolte finale de « Gog et Magog » et le jugement de Satan. (Apoc. XX, 7-15.) C’est alors que seront introduits les nouveaux cieux et la nouvelle terre, en un mot les temps éternels. (Apoc. XX, 11; XXI, 1.)

La résurrection des méchants a lieu en vue du jugement des morts, tandis que la « première résurrection » commence à la résurrection de Christ, ‘«les prémices, » se-continue par la résurrection et la transmutation de « ceux qui sont de Christ » à sa venue, et se termine par la résurrection des saints qui ont été mis à mort par «la Bête, » dans la période qui précède le millénium. (1 Cor. XV, 20-23 ; Apoc. XI, 11-12: XX, 4-6.)

C’est encore au second acte de la venue du Seigneur sans que le moment en soit spécifié, que se lie l’importante question de la responsabilité des saints dans leur conduite. Alors ils recevront la récompense de leur service ; alors ils éprouveront la perte résultant de lèur infidélité. En un mot, c’est à ce second acte que se lie ce que j'appelle-

1:Tl en a une indirecte. en tant que «le jour du Seigneur » ne se conclut qu'à l'établissement des temps éternels. (2 Pierre III, 10.)

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rais Les promotions célestes. (Matth. XXV, 14-30; 2 Cor. V, 9-10.)

Le premier acte est appelé plus spécialement la venue, la Parousie (1 Thess. IV, 15; Jacq. V, 7, 8; Apoc. III, 11; XXII, 20), la bienheureuse espérance. (Tite IT, 18.)

Le second acte est appelé son apparition, son Épiphanie (2 Tim. IV, 1, 8), l'apparition de sa gloire (Tite II, 13), l'apparition de sa venue ( Thess. II, 8), la révélation du Seigneur Jésus. (1 Cor. I, 7; 2 Thess. I, 7), sa manifestation (Col. IL, 4), la venue du Fils de l’homme (Mare XIII, 26), le jour de Christ (Phil. I, 10), enfin le jour du Seigneur. (1 Thess. V,2 ) Ce: jour du Seigneur qui commence par la venue du Fils de l’homme en jugement (Mare XIII, 26), et qui vient comme un voleur (2 Pierre III, 10), se termine après le règne de mille ans, quand Jésus aura remis le royaume à Dieu le Père, par la destruction des cieux et de la terre actuels. (2 Pierre III, 10.) Ce jour fera place au jour de Dieu avec de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habite. (2 Pierre III, 12-18.)

Ces quelques mots, bien incomplets, sans doute, suffiront pour donner un aperçu doctrinal de notre sujet.

T° MÉDITATION La conduite chrétienne et le royaume.

(2 Pierre I, 3-18.)

Au début de ce chapitre, l’apôtre nous montre que la « divine puissance nous a donné fout ce qui regarde la wie et la piété.» L'activité de la vie chrétienne consiste à joindre les uns aux autres ces dons infiniment précieux que nous tenons de Dieu. Si nous désirons le glorifier, notre conduite doit être la manifestation non interrompue des choses qui regardent la vie et la piété. C’est une chaîne à laquelle aucun anneau ne peut manquer, sous peine de voir notre course interrompue avant que le but soit atteint.

© Hélas ! cela n’est arrivé que trop souvent dans la vie des hommes de Dieu. Plusieurs d’entre eux, s'étant arrêtés avant la fin, ont cessé de joindre ces choses l’une à l’autre, et, au lieu de fournir toute leur carrière, n’en ont couru qu’une partie. Un seul, « le Chef et le consommateur de la foi, » l’a courue d’une manière parfaite ; mais nous, . pourquoi ne le suivrions-nous pas «sans faillir jamais ?» N’avons-nous pas reçu «de sa divine puissance » la force nécessaire pour accomplir cela?

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« Ÿ apportant tout empressement, » nous avons

à «joindre» ces choses : À la foi envers Dieu, la vertu, ou l'énergie spirituelle qui nous sépare du mal, pour atteindre le but coûte que coûte ; la connaissance, ou l'intelligence des pensées divines, quant au chemin à suivre; la tempérance quant à nous-mêmes, la patience quant aux difficultés, la piété — qui vit dans la communion de Dieu et cherche en toutes choses sa gloire — quant à nos relations avec Dieu et à la vie de nos âmes; l’affection fraternelle quant aux rapports avec la famille de Dieu, l'amour quant aux rapports d’intimité avec le Père et le Fils.

J’ai dit que les hommes de foi, et souvent les plus éminents, ont vu leur carrière brisée pour n'avoir pas «joint» ces choses. Ainsi le juste

. Lot-manqua de vertu dès le début de sa carrière ; . Noé, David, de tempérance ; Moïse, Élie, de patience; Salomon, de piété. On pourrait en multi- ‘plier les exemples. Quel fut-pour ces croyants le résultat du manque d’empressement à « joindre » ces choses ? Lot fut sauvé comme à travers Le feu, Noé perdit son titre de chef de la création renouvelée, l'épée ne s’éloigna plus de la maison de David, et ses dernières paroles furent : « Quoique ma maison ne soit pas ainsi avec Dieu. » (2 Sam. XXIIT, 5.) Moïse n’entra pas dans la terre promise, Élie dut oindre Élisée comme prophète à sa place, et Salomon fut la cause de la division et de la ruine de son royaume,

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Est-ce donc que ces hommes de Dieu ne furent pas sauvés ? Certes, ils le furent, car on voit apparaître Moïse et Élie sur la sainte montagne, dans la même gloire que le fils de l’homme, mais tous ont failli. Quelques-uns d’entre eux ont, sans doute, été restaurés par la discipline, mais l’infidélité des autres les a privés de leur couronne.

En «joignant» fidèlement ces choses, nous

‘«affermissons notre vocation et notre élection, »

non pas dans le cœur de Dieu, cela va sans dire, mais. d’abord dans notre propre cœur, puis aussi dans celui de nos frères, comme on le voit en 1 Thess. I, 3-4 : « Nous souvenant sans cesse de votre œuvre de foi, de votre travail d'amour, et de votre patience d’espérance de notre Seigneur

Jésus-Christ, devant notre Dieu et Père, sachant.

frères bien aimés de Dieu, votre élection.» Quiconque «joint» ces choses, marchera en avant

‘ avec la conscience bénie de la certitude de ses pri-

vilèges. |

Ces réflexions nous amènent au sujet spécial sur lequel je désire insister aujourd’hui. Les chrétiens auxquels l’apôtre s’adresse, avaient à vivre en vue de l'entrée dans le royaume. Dieu leur avait donné une espérance qui devait puissamment influer sur leur marche et les remplir d’em-

pressement à bien faire. « En faisant ces choses, »

dit l’apôtre, « vous ne faillirez jamais ; car ainsi l'entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ vous sera riche-

ment donnée. » Le royaume éternel était la fin de leur course; ils devaient le partager avec Christ. Lorsque le Nouveau Testament nous parle de responsabilité dans le service, il nous présente toujours comme but de notre course, la venue du Seigneur avec les siens dans son royaume, et non sa venue pour les saints.

Remarquons cette parole : « Pitié vous sera richement donnée. » Telle est la fin d’une marche fidèle. L’entrée est donnée à tous, mais non pas à tous « richement. » Le chrétien peut avoir une riche ou une pauvre entrée. Cette dernière expression dépeint bien ce que notre infidélité nous fait perdre. Avons-nous l'espérance d’être sauvés . comme à travers le feu, ou bien de trouver grande ouverte, au bout de notre course, la porte qui donne accès dans la gloire du royaume ? :

Ces choses avaient une très grande importance aux yeux de l’apôtre; car il dit : « C’est pourquoi je m’appliquerai à vous faire souvenir toujours de ces choses, quoique vous les connaissiez, et que vous soyez affermis dans la vérité présente.» Mais les chrétiens auxquels il s’adressait, comme nous hélas ! étaient en danger de les oublier et de se laisser aller à l’assoupissement spirituel. Leur activité avait perdu son premier élan : et leur espérance sa saveur. Aussi ajoute-t-il : « J’estime qu’il est juste, tant que je suis dans cette tente, de vous réveiller en rappelant ces choses à votre mémoire. » Et plns loin ;: « Je m’étu-

dierai à ce qu'après mon départ vous puissiez aussi en fout temps vous rappeler ces choses. » Puis il ajoute : Quiant à moi, jai vu ce royaume de mes propres yeux. J’ai assisté sur la sainte montagne à la puissance et à la venue de notre Seigneur Jésus-Christ. J’ai contemplé d’avance ‘sa majesté future. Eh bien ! le Seigneur lui-même l’a eue, cette riche entrée ! « Il a reçu de Dieu le Père honneur et gloire, lorsqu'une telle voix lui fut adressée par la gloire magnifique : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ! » Dieu l’a salué, moi l’entendant, du nom de Bien-aimé, objet de ses délices.

.: Telle est l'entrée du Seigneur Jésus dans son royaume. Toute puissance lui est donnée, dans le ciel et sur la terre, en vertu de son obéissance. Le témoin fidèle, le Chef et le consommateur de la foi, a « joint ces choses » d’une manière parfaite, et jusqu’au bout ; il sera acclamé avec les paroles du Psaume KXIV : « Portes, élevez vos têtes ! et élevez-vous, portails éternels, et le roi de gloire entrera. Qui est ce roi de gloire ? L’Éternel fort et puissant, l'Éternel puissant dans la bataille. Portes élevez vos têtes ! et élevez-vous, portails éternels, et le roi de gloire entrera. Qui est-il, ce roi de gloire ? L'Éternel des armées, lui, est le roi de gloire. » C’est à lui que s adréesent encore les les paroles du Psaume XLV : « Ceins ton épée sur ton côté, homme vaillant, dans ta majesté ot ta magnificence ; et, prospérant dans ta magni-

ficence, mène en avant ton char, & cause de la parole de la vérité et de la débonnaireté et de la justice : et ta droite t’enseignera des choses terri-

bles. Ton trône, à Dieu, est pour toujours et à

perpétuité; c’est un sceptre de droiture que le

sceptre de ton: règne. Tu as aimé la justice et haï

la méchanceté; c'est pourquoi Dieu, ton Dieu, ta

oïnt d’une huile de joie au-dessus de tes com-

pagnons. » ‘ .

* Quant à nous, bien-aimés, nous ne pouvons en-

trer dans son royaume comme lui, maïs nous pou-

vons y entrer avec lui. Il n’y entrera pas seul.

Pierre l’avait vu sur la sainte montagne dans le

caractère qu’il aura lorsqu'il reviendra. Il l’avait

vu avec Moïse et Élie pour compagnons, types des

saints ressuscités et des saints transmués, qui for-

meront son cortège au jour de son royaume éter-. nel. Si nous sommes fidèles, si nous « joignons

ces choses » en vue de son apparition, les portails : éternels qui s’élèveront pour lui ne s’abaisseront

pas pour nous, et nous serons salués à notre arri-

vée par ces mots : « Bien, bon et fidèle esclave... entre dans la joie de ton maître ! »

Ifme. MÉDITATION Le royaume et l'Étoile du matin.

(2 Pierre I, 16-20; Apoc. IT, 26-28; Apoc. XXII.)

Sur la sainte montagne, Pierre avait eu la merveilleuse vision du « fils de l’homme venant dans son royaume. ». (Matth. XVI, 28.) C’est là que les gloires qui devaient accompagner cette venue, lui avaient été révélées ; elles étaient restées gravées dans son cœur jusqu’au moment de déposer : sa tente. D’abord il avait contemplé la majesté du fils de l’homme, déclaré Fils de Diew par la « gloire magnifique. » Il avait vu son visage resplendissant comme le soleil et ses vêtements blancs comme la lumière. Ses regards s'étaient arrêtés ensuite sur les saints célestes qui l’accompagnaient. Il avait été témoin des entretiens que l’on a dans la gloire et s'était familiarisé avec eux. De ses propres oreilles'il avait entendu la voix du: Père lui parler du Fils de son amour. Ses compagnons et lui, représentant pour ainsi dire la scène inférieure et terrestre du royaume, avaient été

illuminés des rayons du soleil de justice qui se levait sur la montagne.

Cette vision confirmait la prophétie tout entière, car le sujet auquel aboutit toute prophétie c'est le royaume du Christ et surtout dans sa partie terrestre. En mentionnant la parole prophéti- . que, l’apôtre ajoute : « À laquelle vous faites bien d’être attentifs, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur.» La prophétie, dans sa portée pour nos consciences, est une chose très importante et très négligée. Tout en nous parlant du royaume, elle nous renseigne sur la manière dont il sera établi. Il ne pourra l’être que par le juge- . ment. Pourquoi ? Parce que le monde est entièrement corrompu, et que ce n’est pas la corruption que le Seigneur prendra comme sphère de son royaume dans ce monde. Le monde est un «lieu obseur» et ténébreux ; la prophétie est une lampe qui nous permet de constater son état actuel et qui projette sa lumière sur la condition finale des hommes, lorsque le Seigneur viendra « et tous les saints avec lui. »

Les fidèles étaient en danger de se laisser gagner par le sommeil au milieu de ces ténèbres. La lampe prophétique leur en faisait voir l’horreur, et discerner les pièges cachés ; elle les séparait du monde par la crainte. Comment s'associer à ce qui allait être balayé par le jugement ? Comment faire des plans d'avenir dans un monde qui n’a pas d'avenir ? Comment s'établir dans un lieu

‘où tout allait être ébranlé et détruit ? Oui, nous « faisons bien d’y être attentifs, » et je crois que la négligence actuelle des chrétiens au sujet de la prophétie, a porté ses tristes fruits en abaissant les

©. barrières qui les séparaient autrefois du monde.

Mais déjà maintenant nous avons mieux que la lampe. L’apôtre ajoute : « J'usqu’à ce que le jour ait commencé à luire. » Nous sommes fils de la lumière, et fils du jour. Enfants du royaume, nous sommes rendus capables d’avoir part au lot des saints dans la lumière. En attendant, nous sommes déjà délivrés du pouvoir des ténèbres et, si nous n'avons pas encore été transportés dans le royaume du roi de justice, de paix et de gloire sur la terre, nous l’avons été dans un royaume infiniment plus grand et plus glorieux, dans le royaume céleste du Fils de son amour. Déjà nous jouissons en Christ des relations de fils et de tout l’amour du Père qui repose sur lui. Le jour se lèvera bientôt ; puissions-nous marcher comme des fils du jour !.

La prophétie éclaire la terre ruinée ; le soleil de justice éclairera la terre renouvelée. I} n’a pas encore paru ; cependant déjà nous en connaissons la splendeur, comme Pierre qui la contempla sur

la sainte montagne. Mais l’apôtre mentionne encore une autre lumière, celle de l’éfoile du matin: « Et que l'étoile du matin se soit levée dans vos cœurs. » Si le soleil éclaire la terre, l'étoile du matin a le ciel pour domaine, Elle attire les yeux

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vers elle-même et vers ces espaces infinis où brille sa pure lumière. L'étoile du matin est un astre gracieux et plein d’une fraîcheur merveilleuse. Il est levé bien avant l’aube, et celui qui veille toute la nuit a seul le privilège de le voir. L'étoile du . matin, c’est le Christ céleste quand il apparaîtra aux yeux des siens. Nous ne le voyons pas encore, mais nous sommes au moment précis où il va paraître ; car «la nuit est fort avancée, et le jour s’est approché. » (Rom. XIII, 12.) Déjà cette étoile s’est levée dans nos cœurs, déjà l’espérance céleste occupe nos pensées et remplit nos affec-: tions, et cette espérance c’est notre Sauveur en personne. | | Au chap. II, v. 26-28 de l’Apocalypse, nous trouvons de nouveau le royaume et l’étoile du matin réunis. Dans ce passage, le Saint-Esprit n’indique pas, comme en 2 Pierre I, à ceux qui réalisent pratiquement ici-bas la vie qu’ils ont reçue de Dieu, la porte d’entrée du royaume. Mais Jésus : lui-même offre à celui qui vaincra, une même part avec lui dans le gouvernement de son royaume. « Et celui qui vaincra et qui gardera mes œuvres jusqu’à la fin, — je lui donnerai autorité sur les nations, et il les paîtra avec une verge de fer, comme sont brisés les vases de poterie, selon que moi aussi j'ai reçu de mon Père. » C’est au Seigneur Jésus-Christ, au fils de l’homme, déclaré Fils de Dieu, que ces choses sont données au Ps. II: « Demande-moi, et je te donnerai les

nations pour héritage, et, pour ta possession, les bouts de la terre; tu les briseras avec un sceptre de fer, comme un vase de poterie, tu les mettras en pièces.» (Voyez Apoc. XIX, 15.) Nous partagerons son gouvernement; nous paîtrons les nations avec lui. Pas un homme n’osera s’élever contre le Christ, sans être immédiatement brisé par lui.

Le Seigneur ajoute : « Et je lui donnerai l’étoile du matin. » C’est là bien plus que le royaume et le gouvernement; bien plus même qu’une espérance céleste, que l'étoile «dans le cœur»: c’est l’astre, c’est l'étoile du matin, la personne elle-même; qu’on possède; comme si nous l’entendions nous

dire : Je me donnerai moi-même à vous dans le ciel, avec le même caractère dans lequel je suis venu, pour vous revêtir de ma grâce et de ma beauté célestes ; je serai votre part précieuse en haut, avant que je sois manifesté au monde !

Pour obtenir une telle part, ne vaut-il pas la peine de lutter sans cesse et de vaincre ; de contredire, sans nous lasser, par toute notre vie, les principes sataniques qui régissent le monde ? Cette part nous est présentée ici comme récompense. À ceux qui vaincront il donnera le royaume, mais ils l’auront Lui, lui-même, comme leur part spéciale dans le repos et dans la béatitude des lieux célestes !

Nous retrouvons une troisième fois le royaume et l'étoile du matin en Apoc. XXII, 16. [ci, nous voyobs les bénédictions s'étendre et s'élever en-

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