IV
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On ne peut contester l’analogie qui existe entre la nature des intermittentes et celle des rémittentes ; leur différence consiste , comme on l’a remarqué , dans la plus ou moins grande activité de la cause identique qui leur donne naissance.
Mais vouloir déterminer ce que c’est
la nature des fièvres , n’est-ce pas se jeter h corps perdu dans le labyrinthe d’hypo- * thèses ? Certainement rien n’est aussi obscure, et tellement obscure, jenecrainds pas de le dire , qu’elle sera peut-être un éternel objet de vaines discussions. Que de théories ténébreuses relativement à ce sujet ne voit-on pas répandues dans un grand nombre de livres !
Cullen voit dans la fièvre intermittente , premièrement un état de faiblesse générale , produite par des causes qui ont porté une impression débilitante sur le système nerveux ; et comme la faiblesse , le froid et le chaud se succèdent dans un ordre régulier et constant , il est à supposer , dit-il , qu’ils sont liés entre eux par des rapports de cause et d’effet. Il n’est pas difficile peut-être d’expliquer, ajoute-t-il, comment l’état de débilité produit quelques-uns des symptômes de l’état de froid: mais on ne peut concevoir comment ce dernier produit tout le reste
qu’en remontant à une loi générale de Téconomie animale , par laquelle tout ce qui tend à nuire ou à détruire le corps humain, excite à l’intérieur des mouvemens dont le but est de s’opposer aux effets de ces agens pernicieux, ce qu’on appelle force médicatrice de la nature.
Ensuite Cullen fait obseryer que pendant l’état de froid de la fièvre, il paraît y avoir un spasme aux extrémités des ar-* tères , surtout de celles qui rampent à la surface du corps, et il cite à l’appui de son opinion la suppression des excrétions et le resserrement de toutes les parties externes. L’idée qu’on peut se faire de la fièvre est donc, remarque ce médecin célèbre , qu’un spasme des extrémités des vaisseaux, de quelque manière qu’il ait lieu , devient un moy en indirect d’irritation pour le coeur et les artères , et que celleci dure jusqu’à ce que ce spasme soit relâché et vaincu. Et la cause de ce spasme , il croit pouvoir l’attribuer à la
force médicatrice de la nature (a). Cette opinion de Çullen a été embrassée par une quantité de médecins. En effet , il paraît hors de doute que les causes déterminantes des intermittentes causent d’abord une impression débilitante sur le système nerveux ; mais comme on peut objecter que tant d’autres causes affaiblissent le système nerveux sans occasionner de fièvre intermittente , il faut donc admettre une action affaiblissante spécifique , d’où résulte un spasme général des vaisseaux capillaires , qui parvenu â un certain degré, fait naître la période du froid , par laquelle l’incitabilité est accumulée à un haut degré, de sorte que la chaleur du lit, la température dans laquelle le malade se trouve, les mouvemens qu’il se donne , etc. produisent sur lui une action stimulante ; et de là doit nécessairement provenir une réaction extraordinaire , cause directe de la pé-
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(«) Médecine pratique, t. i.
riode du chaud («). Celle-ci ayant duré quelque temps , l’excitement augmenté par le calorique retenu sous la peau par le spasme, doit être succédé naturellement du relâchement, suite inséparable du surcroît d’excitation ; la sueur s’établit , l’excès du calorique retenu se dégage , et le malade devient apyrectique. Mais je m’apperçois que je m’engage dans un vaste champ de discussions, que je m’arrête à des hypothèses, que j’excède les bornes que je me suis prescrites : d’ailleurs quand Pierre Franck , Reil et tant d’autres savans praticiens de notre époque ont craint d’aborder un point aussi obscure de la pathologie, et qu’ils ont jugé dans leur sagesse de ne tenter aucune explication à cet égard, pourquoi donc aller m’égarer dans cette inépuisable source de décisions arbitraires?
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(a) Lorsqu’un homme transi de froid passe dans une température chaude , n'observe-t-on pas pareille réaction ? * ;
Toutefois je ne peux passer sous silence la théorie sur les fièvres établie par la doctrine médico-physiologique 5 doctrine dont on ne peut pas s’empêcher de parler quand on écrit sur Part de guérir, auquel elle a, sans contredit, rendu d’éminens services, qui assurent à m.
Broussais, auteur de cette doctrine, un rang distingué dans les annales de la postérité *
Les partisans de cette nouvelle doctrine admettent qu’il n’y a pas des fièvres essentielles , que toutes celles désignées sous ce nom , ne sont que des gastro-entérites. Mais comment faire l’application de leur système de localisation aux intermittentes? Si celles-ci étaient des gastro-entérites , régneraientelles aus§i exclusivement dans les localités marécageuses? elles seraient plus générales , et on ne verrait pas tant de contrées entièrement exemptes de ces fièvres; le traitement débilitant, surtout les émissions sanguines, condamnées avec
raison comme presque toujours contraires dans les intermittentes , par un si grand nombre de praticiens éclairés , devraient produire de bons effets* cependant il n’en est pas ainsi; je puis attester en toute sûreté de conscience que j’ai généralement observé qu’elles sont presque toujours nuisibles dans là curation de ces fièvres. Une autre remarque, qui non-seulement jette la plus grande incertitude sur l’opinion des partisans du système médico-physiologique relative aux intermittentes , mais qui , ce me semble , la détruit complètement , c’est qu’il n’est pas possible de concilier l’inflammation avec l’intermittence; caries phénomènes résultant de l’inflammation sont continus. Je suis toutefois bien loin de contester la puissante influence sympathique du tube digestif sur toute la machine ; je n’ignore pas non plus qu’une affection locale peut développer une maladie générale; je sais aussi que dans certains cas et ch ex des sujets sanguins, l’intermittente, quoique déterminée par des causes débilitantes, peut
offrir un état inflammatoire, par suite d’une très-forte réaction , mais cet état est secondaire et jamais idiopathique ; il doit être considéré comme effet et non pas comme cause.
Les fièvres intermittentes peuvent exister avec un caractère inflammatoire, ou gastrique, ou nerveux.
La quotidienne et quelquefois la tierce sont susceptibles de prendre le caractère inflammatoire chez de jeunes gens pléthoriques , durant l’hiver ou au commencement du printems. Mais on peut avancer hardiment que le caractère inflammatoire est extrêmement rare dans les intermittentes, et qu’il ne se fait jamais observer, pendant l’automne , dans celles qui régnent , dans les contrées humides et marécageuses, où, par rapport à la constitution médicale* le génie de ces fièvres est presque constamment asthénique. Je puis dire que, dans le courant de ma pratique, je n’ai encore rencontré que trois cas présentant le caractère inflammatoire.
L’intermittente inflammatoire sc distingue par un frisson succédé d’une chaleur âcre et ardente , pendant laquelle la conjonctive est comme injectée de sang, la tête fortement affectée , l’urine rouge et
brûlante, la soif inextinguible, etc. 5 et
il y a, durant l’accès du chaud , insomnie et délire. Cet état est ordinairement accompagné d’un éréthisme pulmonaire.
Pendant l’intermission le pouls conserve une certaine dureté et plénitude; la chaleur mordante de la péau, la soif‘ et l’affection de la tête ne se dissipent pas entièrement. — Plus les intermittentes s’approchent du génie inflammatoire , plus leur marche est rapide et leur guérison certaine.
Les intermittentes gastriques , $e distinguant par un état de gast'ricité, sont certainement les plus communes. Elles montrent surtout dans les lieux marécageux , sous l’influence d’un climat chaud et humide et pendant l’automne , s’il a été précédé d’un été chaud.
On reconnaît l’intermittente nerveuse a ba grande asthénie par laquelle elle débute , à l’atteinte portée sur le système nerveux par laquelle elle se caractérise. La lace est décomposée , le pouls inégal , les lèvres et la langue, qui quelquefois se couvre d’aphthes , sont sèches et souvent fuligineuses. Elle se distingue encore des intermittentes ordinaires en ce que les trois temps du paroxysme s’exécutent avec discordance. Elle a une grande tendance à changer son type en rémittent et continu. Après la sueur, le pouls est irrégulier; des symptômes nerveux, tels que somnolence , vertiges, vomituration , douleur de tète et un certain état de stupeur, persistent. Elle ne paraît se manifester que durant l’automne lorsque l’atmosphère est chaude et humide ; du moins ce n’est qu’alors et sous une telle constitution atmosphérique que je l’ai observée.
il me sçmblc qu’il faut rapporter à
l’intermittente nerveuse, les intermittentes auxquelles on a consacré la dénomination de Jièvres pernicieuses intermittentes , ainsi nommées quand elles se signalent, durant le paroxysme, par un symptôme majeur et prédominant, ou pour mieux dire quand elles marchent avec un appareil de symptômes graves et rapidement funestes, et différant en outre des intermittentes ordinaires par l’irrégularité et la non-uniformité qu’elles présentent dans la marche des trois périodes du paroxysme , associé à une prostration extraordinaire des forces. Pendant l’intermission ou l’apyrexie des pernicieuses, le malade est toujours dans un grand abattement , son pouls est faible et petit $ l’urine claire , d’autres fois rouge épaisse et ordinairement d’une odeur très-rebutante. Les pernicieuses suivent communément le type tierce, et elles sont sujettes à changer en rémittentes et en continues , ce qui augmente à un haut degré leur danger.
Parmi le grand nombre d’intermitten® tes pernicieuses , je rapporterai celles qui sont les plus notoires et que j’ai eu occasion de voir , telles sont la syncopale , la soporeuse , la cholérique , la suda toire , la diarrhéique , la pleurétique OU péripneumonique , V asthmatique , la rhumatismale , la céphalalgique , la car dialgique , V algide ? V ictérique , la co/zvulsive.
Dans la syncopale , une prostration universelle des forces est associée à des défaillances , qui sont ici un symptôme essentiel et primitif. Le moindre mouvement ou changement de place dans le lit paraît provoquer des lypothymies. Si la syncopale n’est pas arrêtée , le malade succombe à la fin du troisième ou, au plus tard , au cinquième paroxysme.
La soporeuse tire son nom de l’assoupissement dans lequel le malade tombe, tantôt au commencement et tantôt dans
l’augmentation du paroxysme. Cet assoupissement est accompagné d’une profonde atteinte portée sur la sensibilité et la contractilité ; atteinte qui ordinairement continue d’exister plus ou moins avec une propension au sommeil, pendant l’intermission. La mort survient à la fin du troisième accès , quelquefois au quatrième et très-rarement le malade va jusqu’au cinquième ( a ).
La cholérique se caractérise "par de violentes déjections périodiques par le haut et par le bas , avec des anxiétés et des ardeurs dans la région précordiale; hoquet; prostration générale des forces; la langue est sèche, la voix changée, la figure grippée , les yeux sont caves , les extrémités glaciales , il y a sueur froide , respiration pénible et halétante , etc. La mort
(a) Les pernicieuses intermittentes que j’ai vues le plus souvent à Anvers, sont la soporeuse et la syncopale.
survient le plus ordinairement au deuxième ou troisième paroxysme. Pendant Pautomne de 1819, qui futprécédée d’excessives chaleurs d’été , on a eu occasion de voir dans la garnison d’Anvers plusieurs cas de cette variété de pernicieuses.
La sudatoire en se manifestant ne présente pas une apparence grave. Le frisson est suivi de la chaleur et de sueurs précoces , visqueuses et quelquefois froides. Ces sueurs, qui vont toujours en augmentant, produisent une extrême faiblesse , et elles deviennent des plus copieuses : elles jettent le malade dans l’anéantissement.
La diarrhéique se signale, pendant le paroxysme, par des déjections alvines , copieuses et fréquentes , et souvent accompagnées de colique. Ce flux de ventre jette le malade d’une manière rapidexlans le plus grand épuisement. Le pouls est petit et irrégulier, la voix est comme
éteinte, les extrémités sont froides. J’ai vu plusieurs cas de cette variété de pernicieuses à Anvers, pendant l’automne de 1819. :
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La pleurétique ou péripneumonique se distingue, pendant le paroxysme, par une douleur dans la région de la plèvre et des poumons ; douleur qui est accompagnée d’unerespiration gênée. Augmentation des symptômes dans les paroxysmes suivans.
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L’ asthmatique se fait reconnaître par les symptômes suivans, qui accompagnent le paroxysme: anxiété avec étouffement, quintes de toux , voix rauque et faible , figure plombée , expectoration nulle , pâleur et froid des extrémités , prostration générale des forces , sueur froide et visqueuse.
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La rhumatismale se caractérise , pendant le paroxysme , par une douleur fixe
ou ambulante dans les membres , anxiété , pouls petit et irrégulier, respiration difficile , soif inextinguible , prostration générale des forces.
La céphalalgique se fait reconnaître par une douleur périodique très-vive à la tête et une prostration universelle des forces. Dans l’intermission la tête continue à être plus ou moins douloureuse.
Dans Yictérique , une couleur jaune se répand sur toute la surface du corps pendant le paroxysme , et elle disparaît à l’intermission. J’ai vu trois cas de cette variété dans le courant de l’automne de 1819 , pendant laquelle il y eut dans la garnison d’Anvers un très-grand nombre de pernicieuses intermittentes.
Ces cas suivaient le type tierce et étaient caractérisés, durant le paroxysme, par une jaunisse universelle , un abattement extrême, une excrétion d’urines scif raflées , un pouls petit et irrégulier et un certain état comateux.
Dans la cardialgique , il y a , pendant ' le paroxysme, douleur violente au cardia , défaillances et autres symptômes nerveux, nausées ou vomissement , face pâle et égarée , pouls irrégulier et presque imperceptible,
Dans 1’ algide , il y a, pendant la plus grande partie du paroxysme , froid glacial, grande anxiété, soif, enrouement, aspect cadavéreux , prostration universelle des forces. La mort survient au troisième ou quatrième paroxysme, et rarement le malade arrive au cinquième.
Dans la convulsive , il se manifeste , pendant le paroxysme , des convulsions avec une prostration générale des forces. Je n’ai vu que deux cas de cette variété , heureusement guéris par l’usage du quinquina: l’un suivait le type quotidien et l’autre tierce. Les paroxysmes se signalaient par des mouvemens convulsifs universels, accompagnés du trisme, delà
dilatation de la pupille , d’un froid glacial des extrémités, d’un pouls petit et intermittent , etc.
Les intermittentes régnent principalement en printemps et en automne, ce qui paraît tenir à ce que pendant ces saisons , les variations de l’atmosphère sont les plus fréquentes. Elles sont endémiques dans les endroits humides et marécageux. Leur retour fixe dans ces endroits pendant l’automne et le printemps , prouve la grande influence qu’exerce le climat sur leur naissance et leur développement ; et on peut dire que les autres causes à l’égard de ces maladies sont seulement dans le rapport de cinq à cent. Dans les lieux où la constitution humide de l’atmosphère est perpétuelle , elles se font observer toute l’année , et dans d’autres , elles reviennent
Vf,
aux époques où la constitution humide de l’atmosphère renaît (a).
Les intermittentes sont susceptibles de régner épidémiquement, ce qui les a fait regarder par plusieurs auteurs comme contagieuses ; mais il est heureux pour le genre humain que cette contagion n’existe que dans leurs livres.
C’est un fait qu’on ne peut révoquer en doute, que l’habitation dans un terrain marécageux est la plus puissante cause déterminante des fièvres intermittentes.
Mais quelle est la nature des émanations marécageuses? De quelle manière agis*-
(#) à Anvers, les intermittentes régnent principalement dans les mois d’avril et de mai, et dans les mois d’août , de septembre et d’octobre: l’hiver, surtout la gelée semble les enchaîner. Les personnes qui ont eu la lièvre à Anvers pendant l’automne , sont sujettes aux rechutes pendant le prinlems.
sent— elles ? Plusieurs médecins ont prétendu que l’action délétère des exhalaisons des marais était due à une prédominance d’azote et d’hydrogène carburé ; c’est à cela qu’ils attribuent l’existence des intermittentes dans les marécages. Mais on peut objecter qu’on voit des domestiques coucher habituellement dans des écuries où ces mêmes gaz sont abondans , et néanmoins se porter bien et ne jamais contracter de fièvres intermittentes: de plus ces gaz n’y donnent pas naissance dans leur état de pureté et ne produisent que des accidens momentanés comme gaz non-respirabies. 11 faut donc chercher une autre cause productrice des effets morbifiques de l’air des marécages. Lorsqu’un terrain quelconque laisse à découvert une vase chargée de matières animales et végétales , l’eau qu’elle contient se décompose , il s’opère une véritable fermentation putride pour vu que la température atmosphérique 11e l’empêche ? décomposition qui se fait
d’autant plus facilement que l’atmosphère est plus chaude ; alors les gaz produits par cette décomposition entraînent avec eux des parties des substances putrifiées , d’où résultent les effets pernicieux des émanations marécageuses sur l’organisme (a).
Le mode d’agir de ces émanations est encore très-obscure. Je suis bien porté à croire qu’elles appartiennent à la classe des causes débilitantes, mais comment expliquer leur véritable mode d’action pour donner naissance à la forme des intermittentes ? Nous voyons des puissances affaiblissantes causer tant de maladies asthéniques sans jamais offrir un paroxysme de fièvre intermittente. D’après cela ne doit-on pas conclure que les exhalaisons marécageuses produisent sur le sys-
(u) Voyez ma Dissertation sur Pair atmosphérique et son influence sur l’économie animale. édition, iS^4j p. 65 et 66.
ième nerveux une action débilitante spécifique? Je sais que la dénomination de faiblesse spécifique est vague, mais je n’en trouve point d’autre plus exacte pour exprimer mon idée.
L’état chaud et humide de l’atmosphère paraît être le plus propre à développer et à aggraver les intermittentes. On sait que les terrains marécageux ne sont jamais plus funestes à la santé de l’homme , plus favorables à la production des intermittentes pernicieuses que lorsque l’ardeur du soleil agit directement sur la vase des marais, et lorsque des pluies surviennent, pendant une grande sécheresse , lors d’excessives chaleurs. Aussis dans les contrées humides et marécageuses, ces maladies se font-elles remarquer, d’une manière considérable pendant, l’automne si elle a été précédée de fortes chaleurs d’été («). Je me souviens qu’en 1819,
(a) Il est à remarquer qu’à Anvers , a Amsterdam^
dans la Zélande, etc., quand l’été est froid et fourni»
année remarquable par ses chaleurs accablantes d’été et la longue durée du vent d’est et du sud, les intermittentes ont régné à Anvers épidémiquement dans l’automne , qui fut variable et pluvieuse ; elles existèrent principalement parmi les militaires de la garnison. Ceux-ci, pour la plupart peu ou point accoutumés au climat de cette ville, en furent presque tous indistinctement attaqués ; et chez eux elles présentaient généralement le caractère gastrique ou gastrico-nerveux : dès le début elles étaient associées à une prostration universelle des forces plus ou
moins prononcée. Il ne sera pas déplacé
ici d’ajouter que ce qui a beaucoup contribué , en 1819, à rendre les intermittentes si générales parmi les troupes de la garnison d’Anvers , ce fut le service trop fatigant qu’elles avaient à faire ; ce service
mide, il y a peu de fièvres intermittentes en automne. Durant l’automne dernière , qui fut précédée d'un été froid et humide, on a pu se convaincre de ce que j’avance.
fut tellement considérable que le soldat n’avait qu’une et rarement deux nuits dans les huit jours. Les militaires logés a la citadelle , autrefois surnommée le tombeau des soldats , endroit humide , situé sur les bords de l’Escaut, peu ballayé par les vents et entourré de fossés , qui furent a sec tout l’ete, ont le plus souffert de ces fièvres. Dans le mois d octobre on observait déjà beaucoup de pernicieuses , mais leur nombre augmenta prodigieusement dans le mois de novembre : les pluies abondantes qui , dans ce mois , tombèrent plusieurs jours de suite avec un vent de sud et de sud-est , eurent une influence très-marquante sur le caractère des intermittentes, qui devint tellement grave que toutes celles qui , à cette époque, se manifestaient à la citadelle, offraient en général un appareil de symptômes de malignité. À cette même époque, j’ai vu trois cas remarquables., trois hommes bien portans en apparence sont pris tout-
à-coup par des fièvres pernicieuses et succombent à la fin du premier paroxysme : chez deux de ces individus , il se présenta les phénomènes de la soporeuse et chez l’autre ceux de la cholérique .
Enfin revenons aux causes déterminantes des lièvres intermittentes. Nous avons établi que les émanations marécageuses doivent être considérées comme la cause la plus puissante ; il reste encore à remarquer que l’usage d’une nourriture peu fortifiante ou de difficile digestion, la disette, la peur, les affections morales désagréables , les fatigues , le froid , l’humidité, un habillement trop léger(a), l’enervation par les plaisirs vénériens, enfin toutes les causes d’une nature débilitante , favorisent singulièrement le développement des fièvres intermittentes ;
( a ) J’ai eu souvent occasion d'observer à Anvers, pendant 1 automne et le printemps, que des
personnes bien portantes allant se promener le
soir à l’escaut, sans avoir la précaution de se couvrir chaudement , rentraient avec la fièvre.
ët ces mêmes causes sont susceptibles dé
leur donner quelquefois naissance.