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Considérations pratiques sur les névralgies de la face

Une maladie fort ^rave , et pourtant compatible avec toutes les apparences de la santé la plus florissante, qui n'a peut-être pas une seule fois causé directement la mort, mais qui l'a bien souvent fait désirer par les douleurs atroces qui l'accompagnent et le découragement moral qui la suit, la névralgie de la face n'a été depuis long-temps en France l'objet d'aucun travail particulier. On s'est occupé, il est vrai, de recherches sur les névralgies en général , sur le siège, la nature de ces affections, sur les moyens de vaincre leur opiniâtreté; mais, outre que le succès n'a pas toujours répondu aux efforts qu'on a faits pour l'atteindre, une connaissance même approfondie de cette classe de maladies ne saurait dispenser de faire une élude particulière d'un genre qui se distingue, sous bien des rapports, par les caractères différentiels les plus tranchés. L'une de ces circonstances, dans lesquelles le médecin , au bout des ressources

usuelles de sou art, est obligé trépuiser, conli e une maladie réfractaire, la série des expériences faites par ses prédécesseurs, nous ayant obligé à prendre connaissance de tout ce qui avait^té écrit sur la névralgie de la face, nous avons été frappé de la lacune que nous venons de signaler dans la littérature médicale française, et nous avons cru qu'il pouvait être aussi utile au public qu'il l'était à nous-même, de recueillir les documens relatifs à cette matière, qu'on trouve dispersés dans une foule d'opuscules et de journaux étrangers , et d'en présenter les résultats dans un mémoire de peu d'étendue.

Ce n'est point un livre que nous avons voulu faire. Nous n'avons ni traité toutes les questions qui se rattachaient au sujet, ni épuisé toutes celles que nous avons abordées. Les développemens que nous avons donnés àquelques unes, sont moins proportionnés à l'étendue qu'ils devraient avoir dans un ouvrage régulier , qu'au degré d'attention ou d'oubli dont elles avaient été jusqu'ici l'objet, et au plus ou moins d'intérêt des faits divers entre lesquels nous avions à choisir. Enfin, nous avons passé plus d'une fois légèrement sur des points qu'il pourrait être utile d'approfondir.

Plus libre de disposer d'un temps que nous

devions à d'aulres occupations, nous aurions mieux fait, sans doute, et cet opuscule aurait piî y gagner quelque agrément; mais ce n'est point à cela qu'il ose prétendre : nous voudrions seulement qu'il pût être de quelque utilité. Un mot sur le titre que nous lui avons donné : La maladie dont nous entreprenons de traiter, a été désignée par des dénominations fort diverses; il suffira d'indiquer les suivantes : Arétée en parle sous le titre de sTepoxpavia ; elle a été désignée en latin par les noms de trismus dolorijïcus , trismus arthrilicus , affectiis spasmodico-conviilsivus lahiorum; André lui donna celui de tic douloureux ;V\\\o\^ celui de inaladie de la face; Reil et Ploucquet, celui àe prosopalgia nervosa, d'après Fothergili, qui l'avait nommée painf'ul affection of theface. Les Anglais ont conservé cette manière de la désigner ; les Italiens Xdc^^^ewX, prosopalgia^ les Allemands Gesichtsschmerz, ce qui est précisément la même chose. Chaussier , ayant désigné les affections douloureuses des cordons nerveux par le nom de névralgies, n'eut qu'à ajouter une dénomination spécifique pour désigner le tic douloureux qui appartient évidemment à cette classe de maladies; il l'appela névralgie faciale. Nous aurions conservé ce nom, s'il n'avait l'inconvé-

nient de s'appliquer d'une manière particulière, et en quelque sorte exclusive, à la névralgie du nerf/acial, qui est bien loin d'être la plus commune. Nous présumons, qu'après la lecture de ce mémoire, on pensera que le seul nom qui puisse être conservé est celui auquel nous avons donné la préférence.

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