OBSERVATION DIX-NEUVIEME
Névralgie du Nerf facial.
Une dame de trente-sept ans , d'une constitution faible et très nerveuse , après deux années d'une santé languissante , éprouva , au commencement de 1821 , des douleurs vagues , tantôt au ventre, tantôt à la poitrine ; l'appétit diminua ; elle perdit le sommeil et tomba dans l'amaigrissement. Vers le milieu de cette même année , elle ressentit , par accès irréguliers et éloignés, des douleurs vives dans les mâchoires, que l'on attribua à des maux de dents. Bientôt ces douleurs se concentrèrent sur le nerf facial du côté droit ; elles reparurent tous les jours à des heures indéterminées , et finirent ensuite par revenir à peu près à une heure fixe. Elles commençaient de six à huit heures du soir, et se prolongeaient jusqu'à deux ou trois heures du matin. Ces douleurs étaient déchirantes : elles ne tardèrent pas à porter leurs effets sur les voies digestives, et donnèrent lieu à des vomissemens violens. La malade en vint au point de ne pouvoir plus rien supporter dans l'estomac, même entre les accès.
« Cet état des organes digestifs ( dit l'observateur) n'était que sympathique; car le point de départ des douleurs éîait bien au nerf facial. La sensation douloureuse commençait à la sortie de ce nerf par le trou stylo-mastoïdien , et se prolongeait à la région temporale , à la joue , aux lèvres et k la
(81) partie supérieure du cou : la bouche était un peu tournée du côté malade. » Après avoir tenté inutilement un grand nombre de moyens contre cette névralgie , on mit en usage le sulfate de quinine , et en peu de temps la malade fut guérie (i).
Nous ne donnons les observations qui vont suivre que comme des exemples probables de névralgie du nerf facial.