CHAPITRE II
GUERRE DES ASIESNTIS (1873-1874)
Climatologie. — Le royaume des Ashanlis esl situé dans la zone torride au nord de l'Equateur entre le 3° et le 8° de latitude nord, entre le 2° et le 3° de longitude ouest. On y rencontre, très accentués, tous les caractères .météorologiques du climat torride, élévation extrême et constante de la température avec abaissement brusque pendant la nuit, humidité excessive, grande tension électrique. L'année est partagée en quatre saisons : une grande saison des pluies, d'avril à août, avec coups de vents et tornades, une petite saison sèche d’août à octobre, une petite saison des pluies d'octobre à décembre, cl une grande saison sèche de décembre a avril pendant laquelle régnent des vents d’E.-N.-E. et N.-L , cependant les saisons dites sèches ne le sont que relativement. l/insalubrité du sol est extrême surtout près de la côte ; l’humidité si grande du sol et île l'atmosphère, en favorisant la flore magnilique de ce pays, et de toute la Guinée, favorise également le développement des germes ' telluriques. C'est un foyer de paludisme des plus intenses qui soient au monde.
GUERRE DES ASHANTIS (1873-1874) 37
On y observe, en temps ordinaire, les formes les plus graves de la malaria ; on y rencontre aussi la dysenterie, l’hépatite, la fièvre hématurique, la variole ; eniin la terre des Àshantis a été visitée plusieurs fois par la lièvre jaune. A ces graves dangers qui menacent les Européens, en temps normal, dans ce pays viennent s’ajouter, pour un corps expéditionnaire, les mauvaises conditions créées par les agglomérations humaines, les fatigues des travaux et de la marche à exécuter à travers un pays sans route, très boisé et accidenté.
Une expédition militaire qui veut atteindre Coomassie, la ville sainte, centre de vie de toute la nation, doit parcourir 270 kilomètres environ. Sur ce long parcours le terrain1 est partagé en deux parties de longueur à peu près égale mais dissemblables.
Dans la lrc partie, de Cape CoastCastlc à Prasu, on traverse un sol ondulé formé d'une terre rouge, argileuse, ferrugineuse, contenant des pierres de quartz aux angles aigus et coupants; il existe un chemin étroit pierreux et en très mauvais état. Le sol est couvert de broussailles, il y a peu d’arbres ; mais la brise de mer s’y fait sentir assez loin. — On rencontre quelques arbres à partir d’inquabim, et on entre dans la forêt à Dunqua. Là on chemine sous de grands arbres qui forment une voûte épaisse de verdure ; mais il faut traverser des ruisseaux très nombreux, des fondrières, des marécages, et on ne trouve que des ponts en bambous. Il est impossible d’y installer une voie ferrée en raison des mouvements du sol. Il faut construire une route pour permettre la marche de l’armée et le ravitaillement en arrière. A mesure qu’on s’avance vers l’intérieur, le pays s’élève par ondulations successives qui ont des altitudes de 300, 400
1. Expédition contre les Ashantis, Hevue militaire clc l'étranger (juillet 18% .
l'expédition de madagascak
et oOO mètres jusqu’à la Prah qui sert de limite au nord du territoire anglais. A partir de ce point jusqu'au pied du mont Kong, le terrain s’élève progressivement formant un plateau d une altitude moyenne de 450 à 600 mètres.
Dans la seconde partie, de Prasu à Coomassie on ne trouve plus qu’une piste à peine visible pour les indigènes, son tracé est sinueux et elle est encombrée par une grande quantité de troncs d'arbres renversés par le vent. On a à traverser des ruisseaux, des marécages, des rivières- Ces rivières sont généralement guéables.
11 faut franchir la chaîne des monts Adansi. d'une hauteur variant de 300 à 500 mètres, coupés de défilés faciles a défendre ; toute cette région est couverte d'une forêt fit s. épaisse jusqu à trois kilomètres de Coomassie. A partir de ce point la marche s'effectue à travers des herbes hautes de deux à trois mètres. Sur tout le parcours on ne trouve aucune ressource en vivres. L'armée doit tout porter avec elle. Enfin le plateau sur lequel est Coomassie est plus salubre que la côte qui est basse et très malsaine.
Des trois points principaux que les Anglais possèdent sur la côte de Guinée : Sierra Leone, Gambie et Cape Coast, cette station est réputée la moins insalubre. — 11 ne faudrait point cependant la considérer comme peu dangereuse puisque l’on a pu dire que Cape Coast avait toujours deux gouverneurs, l’un mourant, l'autre en route pour sucrée ei au premier. Mais le pays commandé par celle forteresse est certainement l’un des plus malsains de la en e occidentale d’Afrique, et ce n'est pas peu dire!
beau potable est rare à Cape Coast : on y boit l’eau des puits ou des citernes. La température niovenne du .tour sur ce point de la côte en décembre 1873 a été de ' 1 1 * Dmsion de la vapeur d'eau a été de 07'uu' 133 soit une humidité relative de 89 centièmes.
G L'EU R K DES ASIIANTIS (1873-1874)
Préliminaires y préparatifs de l'expédition. — Ce court aperçu de la topographie et de la climatologie du pays fait déjà pressentir les plus graves obstacles à la bonne exécution d’une entreprise militaire. Le souvenir des précédentes expéditions tentées par les Anglais en 1822, 1825 et 1833 dans ces mêmes parages aggravait encore les préoccupations : en effet, dans l une de ces expéditions, les Anglais, ignorant la climatologie et les conditions particulières, commencèrent la campagne pendant la mauvaise saison ; ils furent décimés par la maladie et ramenés par les Ashantis sous les murs de Cape Coast. Sur un million d’habitants qui couvrent ce pays il y en a un cinquième composé de guerriers.
En possession de ces données le gouvernement anglais prit des dispositions pour faire l’expédition dans les conditions hygiéniques les meilleures, et faciliter la marche de l’armée par des travaux préparatoires exécutés en temps opportun. Ainsique Lord Derby le disait, il fallait faire une guerre d’ingénieurs et de médecins (an engineer’s and doctor’s vvar).
A la suite d’un traité .les Hollandais avaient abandonné aux Anglais leurs établissements de la cède d’Or. Les Fantees, protégés des Anglais, et placés entre les territoires anglais et les Ashantis dont ils étaient autrefois tributaires, furent attaqués par eux et vaincus. A la suite de ces succès les Ashantis avaient envahi le territoire du protectorat anglais de la cède d’Or en décembre 1872 '. En mars ils avaient occupé les environs d’El-
1. Ces renseignements sont empruntés, pour la plus grande partie, à l'excellent ouvrage du colonel Scptans : « Les expéditions anglaises en AIVi<|ue 18% », et à l'étude de l'expédition des Ashantis par 10. Itoclie" fort Archives de méd. fia»., I. XXI, 1894). Ces ouvrages ont clé éerils d'après des documents puisés aux meilleures sources. Nous n'en ferons qu'un résumé succinct, nous bornant aux questions qui intéressent l’hygiène.
L’EXPÉDITION de MADAGASCAR
mina. Au mois d’avril le gouverneur local réussit à arrêter un moment la marche en avant des Ashautis avec une petite troupe formée d Haoussas, de volontaires de Cape Coast, et avec le concours des Fantees 7 à 14 avril 1873).
En présence de ces événements il fallait agir avec ra- ' pidité pour parer aux premiers besoins et préparer ensuite une expédition complète, qui aurait lieu au moment de la bonne saison. •
Le « Colonial office » demande au « War office » l'envoi d’hommes du West India et des officiers sans troupe de ce régiment L 11 demande le 12 mai à l'amirauté de renforcer l’escadre actuellement au Gold-Coast et d'envoyer immédiatement une certaine force d'infanterie et d’artillerie.
48 heures après, l'amirauté répondit au Colonial office que le Valorous , parti la veille (13 mai pour Lisbonne, emportait 110 marins. Le Baracouta les prit à Lisbonne, et arriva à Cape Coast le 7 juin. 2 médecins étaient expédiés par une autre voie. Toutes ces demandes cl, ces ordres furent expédiés quelques heures après la réception du courrier qui avait annoncé les premiers événements.
Les premières troupes de secours furent débarquées le 0 juin et commencèrent les opérations le 13 par une marche sur Elmina, marche très pénible à travers des fourrés et dans des marécages où les hommes enfonçaient jusqu’aux genoux.
C'élaiten pleine saison des pluies, qui fut celle année
1. Le West-India comptait autrefois deux régiments. Il n’a aujourd'hui qu un régiment de deux bataillons et un dépôt à Kingston (300 h. : un bataillon fait le serv ice sur la rôle occidentale d’Afrique, avec état-major 912 b. à Sierra-Leone, l’autre est à la Jamaïque il. OU b.)
G l'Eri RE DES ASÜANTIS (1873-1874)
] » 1 u s mauvaise que dans les années précédentes. Les vivres étaient insuffisants, des viandes salées, du riz, du pain furent distribués en attendant les services de l'intendance qui n’arrivèrent que trois semaines plus tard. L'eau filtrée était en quantité très minime. De plus deux navires chargés de matériel de vivres et de médicaments se perdirent en route : cet accident aggrava encore la situation du petit corps de troupes cantonné dans les forts de Cape Coast. Les troupes blanches étaient décidâmes par la dysenterie et la fièvre rémittente.
A la date du 8 juillet, il y avait au Gold Coast :
573 marins (y compris les marins débarqués des navires de la station) ;
260 West India ; —
200 Haoussas.
Les pluies tombant abondamment, l'état sanitaire devient de plus en plus mauvais : sur 27 officiers et 721 hommes on compte 102 malades. Sur 110 marins débarqués le 9 juin (6 officiers et 104 hommes), du liurracouta , il n’y a plus que 44 disponibles. Le colonel Harley en renvoie 89 en Angleterre par Y Himalaya . 12 moururent en route, 77 débarquèrent à Portsmouth, le 20 août (78 jours après leur débarquement en Afrique) ; 21 (dont 4 officiers) purent être conservés ; 58 entrèrent à l’hôpital à leur arrivée.
Le commandant des troupes n’avait plus à sa disposition que le 2e West India, les compagnies de débarquement des navires et la milice des Haoussas.
Sur ces entrefaites le général sir Carnet Wolseley avait été nommé gouverneur de la côte d’Or, commandant en chef du corps expéditionnaire et muni de pleins pouvoirs.
Tandis qu’on espérait encore arriver à une solution pacifique, le commodore Commérell, du llatlh'.su^kc,
42 le’xpédition de Madagascar
explorant l’embouchure de laPrah, fut accueilli par une vive fusillade.
Celte attaque mit fin aux hésitations du gouvernement et l’expédition fut résolue. Il fallait attendre l'époque favorable pour la faire, c’est-à-dire la saison sèche, de décembre à avril, et employer le temps à préparer l’expédition dans tousses détails.
Le ! I septembre, le général Wolseley quittait l'Angleterre. L’ordre avait été envoyé de suspendre toutes les opérations jusqu’à son arrivée. Il partait avec 40 officiers, dont la moitié appartenait aux armes spéciales. Avant son départ il avait arrêté les principales dispositions. Le War office lui avait donné comme instructions ce principe général : les soldats européens ne devaient jamais être soumis à V influence pernicieuse da climat toutes les fois que le service pouvait être fait par des Haoussas ou tout autre contingent indigène ; 1rs soldats européens ne devaient marcher que dans les cas graves ou quand l'opération devait être de courte durée.
En conséquence, si l’emploi d'Européens devenait nécessaire, tout devait être préparé d'avance, et aucune troupe européenne, ne devait débarquer avant le moment de l'action décisive. 11 était même nécessaire de les tenir éloignées de la cote jusqu'au moment même où elles devaient entrer en campagne, pour les soustraire aux émanations dangereuses.
Le général demandait : 2 bataillons d’infanterie européenne, I détachement d’artillerie et 4 olnisiers de montagne, 1 détachement d’ingénieurs et le personnel des différents services. 11 comptait se servir du concours de 10.000 guerriers auxiliaires dirigés par leurs rois.
Le capitaine (îlover, jouissant d'une grande autorité parmi les noirs, était arrivé depuis le 1 1 septembre pour organiser et armer des troupes indigènes auxiliaires.
GUEHKE DES ASUANTIS (1873-1874)
Organisation sanitaire. — Sir Garnet Wolseley avait consulté le rapport adressé au War office par le D'Home, chirurgien général adjoint, qui dirigeait depuis plusieurs mois le service médical de la côte d’Or. Ce médecin, d’une- grande expérience acquise dans les campagnes de Crimée, de l’Inde, de la Nouvelle-Zélande, avait minutieusement indiqué les précautions à prendre pour la marche en avant ;
Les hommes de la colonne s’avanceront jusqu’à la Prah, en s’arrêtant chaque jour dans des camps fixes, bien placés, où seront édifiées des baraques en bois démontables, à faire venir d’Angleterre. Le sol du campement fraîchement remué doit être exposé au soleil.
Des gîtes d’étapes seront choisis comme stations-hôpitaux, on les échelonnera à 20 ou 30 kilomètres de distance : c’est le voyage d’un jour d’un malade en hamac. D’autres gîtes seront construits pour le jour ou la nuit, dans le but d’assurer une évacuation rapide.
On emploiera les teides de cipayes de l’Inde, plus transportables que les lourdes et incommodes tenteshôpitaux, plus spacieuses et plus fraîches que les tentes en forme de cloche.
Les hommes devront porter des vêtements de serge, avec flanelle en dessous. En marche, quand le soleil commence à se faire sentir, ils enlèveront leurs vêtements de serge et les porteront roulés; à l’arrivée au Camp, ils enlèveront la chemise et la flanelle mouillées, et les feront sécher au soleil.
Chaque homme aura un liltre à charbon. Des hommes bien choisis et bien nourris, pourront exécuter chaque jour une marche de DI kilomètres.
Le Dr Home estimait que, quant au chiffre probable des malades, une troupe européenne choisie, débarquée seulement le jour de la mise en marche, et vis-à-vis de
laquelle loutes les précautions sanitaires connues auront été prises, et opérant dans ce pays pendant six semaines ou deux mois, peut compter au bout de cette période sur 30 à 4.0 p. 100 d’indisponibles, à l'exclusion des blessés.
Pour diminuer la mortalité probable, par dysenterie ou fièvre rémittente bilieuse, il faut assurer une évacuation rapide des malades.
Quel est le mode de transport préférable pour les malades ? il est réglé par la façon de voyager dans ce pays ; on emploiera des hamacs, avec couvertures et rideaux, suspendus à des bambous et portés à tête d’hommes.
Dans cette région où les bêtes de somme meurent rapidement, où il n’existe point de route, mais seulement des sentiers étroits circulant à travers des fourrés impénétrables, on ne peut employer que des porteurs.
Le Dr Home demandait 12 hamacs pour 100 hommes d’effectif. Une partie des hamacs était affectée aux gîtes d’étapes ; une deuxième partie suivrait les corps de troupes ; la troisième partie était indisponible comme revenant de la base; au total il restait 6 hamacs disponibles pour 100 hommes... Il faut 4 porteurs par hamac pour ceux qui suivent la colonne, et (i porteurs par hamac au gîte d’étapes, ces porteurs, ayant à faire un trajet de 30 à 41) kilomètres pour aller au gite voisin. Enfin il faut tenir compte de la désertion des coolies et de la détérioration îles hamacs.
Le Dr Home ajoutait ce sage conseil, si souvent méconnu et dont la guerre récente de Madagascar a montré toute I importance : « L'expérience a montre que si le transport des malades n'est assuré qu’ accidentellement cl non d une façon spermie. , les malades sont sûrs d’être négligés : quand les besoins se font sentir, les munitions de guerre, et de bouche prennent la priorité ».
Le personnel réglementaire des hôpitaux doit être majoré d’un tiers, par suite des cas d'indisponibilité. Le Dr Home demandait 30 médecins dont 10 pour la colonne, 17 pour les hôpitaux et gîtes d’étapes, et 9 de majoration.
Si un transport-hôpital est prévu il sera nécessaire d’avoir un grand hôpital à Cape-Coast ou à Elmina, où les malades attendront le moment de l’embarquement, et des hôpitaux complets d’une moindre dimension dans 4 stations au moins de la ligne d'étapes. Il y en aura un à Prahsu,qui deviendra nécessairement la seconde base d’opérations.
Les stations-hôpitaux, simples abris passagers, établis tous les 30 kilomètres, compléteront le système des formations sanitaires de barrière.
Ils seront établis tous les 20 ou 25 milles ; la distance deCoomassie à la côte étant de 200 milles environ, on aura ainsi 10 hôpitaux ou stations qui partageront la route en 10 étapes.
Les communications entre la côte et le navire-hôpital seront assurées par des surf-boals spécialement emménagés pour l'embarquement des blessés.
Le général Wolseley approuva toutes les mesures proposées par le D‘ Home, pour l’évacuation des blessés, et les compléta mêm’e de façon à pouvoir faire face largement à tous les besoins et à toutes les éventualités.
Les hommes reçurent pour équipement un costume approprié au climat: tunique courte et ample en tlanelle ou serge grise, munie de larges poches de côté, un pantalon de même étoffe, serré sur la jambe par des molletières de toile écrue ; un casque léger à ventilation recouvert d'étoffe blanche : une pièce de toile imperméable feutrée pour couvrir le sol de la tente ;
Un petit filtre individuel en. pierre poreuse.
l’EXPÉDITION' DE MADAGASCAR
Régime alimentaire . — La ration des Européens comportait :
680 grammes pain ou biscuit :
68 grammes viande salée ou fraîche, ou 168 grammes viande de conserve désossée :
67 grammes riz ou pois, ou 116 grammes pommes de terre de conserve pu légumes;
16 grammes sel ;
0,79 poivre;
86 grammes sucre.
Du lime-juice et un supplément de sucre seraient distribués quatre fois par semaine ; quatre centres étaient désignés pour la fabrication du pain.
Tous les vivres à expédier furent mis en petites caisses alin d’être plus aisément transportables.
L’eau-de-vie fut remplacée par le thé froid . ainsi que sir Wolseley l’avait fait dans l’expédition de la rivière Rouge. Les boissons alcooliques ne devaient être distribuées aux hommes qu’en cas de nécessité reconnue par l’autorité médicale et sur sa proposition. Tous les matins, avant de se mettre en marche, les hommes prendraient du cacao, du biscuit et de la quinine.
En chacun des points de la roule désignés pour être un gîte d’étape, on construisit des baraques en bois, ou des huttes en bambous, avec des ütsde camp élevés au-dessus du sol, des hangars pour le matériel, et des magasins de vivres. Chaque gîte avait un tiltreCrease et un approvisionnement d’eau. Des hains étaient donnés dans tous les gîtes d’étapes. On y constituait des approvisionnements de bois il briller, pour sécheiTair etahsorber les miasmes.
La- propreté des camps serait faite chaque matin par des indigènes assistés et surveillés par des agents de police.
Transports. — On eut 1 idée d’établir une voie ferrée sur la ligne de ravitaillement, et le matériel fui transporté
GUERRE DES ASUANTIS (1873-1874) 47
jusqu’à Cape Coast ; mais, sur les lieux, la construction de ce chemin de fer fut reconnue impraticable, et aussitôt abandonnée. Cette dépense inutile fut plus tard reprochée .au général Wolseley. On se décida à recourir exclusivement aux porteurs pour tous les services.
Le 22 décembre, grâce à la pression énergique exercée sur les rois et chefs indigènes delà côte par sir Wolseley, et après bien des difficultés causées par les désertions, le mauvais vouloir et la peur, 5.000 porteurs travaillaient entre Cape Coast et la Prah.
Le colonel Colley, qui avait l'expérience de la guerre des Cafres, avait la haute direction du servicedes transports.
Chaque unité de combat reçut un certain nombre de porteurs qui lui étaient spécialement alfectés.
Un bataillon d'infanterie anglaise, comprenant 30 ol'liciers et 630 hommes, reçoit 654 porteurs répartis ainsi qu’il suit :
1 porteur pour 3 hommes, soit.. . . 217 porteurs pour
1 porteur pour 1 officier, soit 30 porteurs pour
1 porteur pour gamelle de 3 officiers, soit 10 porteurs pour
4 porteurs pour tentes-abris 4 porteurs pour
1 porteur pour 1 caisse régimentaire, et munitions 70 porteurs pour
1 porteur pour 10 marmites de campagne, soit 9 porteurs pour
2 porteurs pour comptabilité régimentaire, soit 2 porteurs.
6 porteurs pour un cadre à 6 porteurs, soit 240 porteurs pour
2 porteurs-ordonnances pour 2 médecins, soit 2 porteurs.
1 porteur-chef pour 25 porteurs, et
3 disponibles „ 28 porteurs.
Porteurs pour combler les vides, à raison de G p. 0/0 38 porteurs.
650 hommes.
30 officiers.
30 officiers.
30 officiers.
70 caisses.
82 marmites.
40 cadres.
Total : 654 porteurs.
48 l’expédition de Madagascar
Chacun des régiments indigènes Wood et Russell reçut 200 porteurs.
Sur la ligne d’étapes, le moyen de transport était le hamac ou le cadre de marine suspendu à des bambous et* muni d’un léger châssis mobile en bois garni de rideaux pour préserver du soleil et de la pluie ; chaque hamac ou cadre avait G porteurs.
L’approvisionnement avait été fait à raison de 18 hamacs pour 100 hommes. Le transport se partageait en deux sections ayant chacune un rôle défini : une section marchait avec la colonne, et une section était chargée des étapes.
Chaque station ou gîte d’étape possédait 35 hamacs, de telle sorte qu’un gîte pouvait évacuer chaque matin 15 hommes vers la base, en laissant 5 hamacs disponibles. Les porteurs, partant chaque jour, devait revenir le jour suivant au gîte, en rapportant une charge légère de 12 kilos environ pour le service du cenlral-department.
Service de santé. — Aux 8 médecins qui assurent en temps ordinaire le service médical de la côte d'Ür, on avait adjoint un nombreux personnel : 50 médecins s’embarquèrent avec les troupes. Il faut joindre à ce nombre les 11 médecins attachés aux régiments anglais, e’t les médecins attachés aux régiments noirs : au lobai. 81 médecins militaires ont été employés ii la côte d’Or.
Le vaisseau il deux ponts Victor-Emmanuel, fut emménagé pour servir de navire-hôpital. Il partit le 30 novembre pour la côte d’Or où il arriva le 1er janvier. Il fut mouillé devant Cape Coastii un mille de la côte, il devait contenir au maximum 210 malades. On y réunit le plus grand confortable, les dispositions les plus heureuses pour assurer l’hygiène, et les soins les plus complets furent pris à bord de ce navire, qui reste encore un des modèles du genre.
GUERRE DES ASHANTIS (1873-1874) 49
Il faut remarquer que sur ce vaisseau à deux ponts, on estimait qu’on ne devait pas re A voir plus de 240 malades. Le Victor- Emmanuel servait, en outre, de magasin central pour tout le matériel du service médical; on y réunissait les réserves de literie, vêtements, médicaments, rafraîchissements nécessaires aux navires-hôpitaux voisins ou aux navires-transports chargés des rapatriements. Plusieurs embarcations d’un modèle particulier, appartenant au Victor- Emmanuel, servaient à transporter les malades de la terre à boj'd, ou du bord sur les transports. I n médecin du service du bord accompagnait les malades dans ces transbordements, et une machine spéciale servait à les hisser ou à les faire descendre sans secousses dans les embarcations.
Le service médical du bord était fait par des médecins de la Marine ; mais l'hôpital était sous le commandement exclusif du chirurgien-major de l’armée, ayant 8 médecins sous ses ordres. La Marine fournissait le logement, la nourriture et le transport ; le service médical de l’armée fournissait le reste.
Des instructions rédigées avec un grand soin par le Dr Muir, chirurgien général du service de santé de 'l’armée, réglait tous les détails du service de santé hospitalier.
Sur rade de Cape Coast, V Himalaya, le Sarmalian, le Tamar, utilisés comme casernes, étaient prêts à être transformés en bâtiments-hôpitaux annexes.
Evacuation des malades sur H Europe. — On avait étudié soigneusement le meilleur moyen d’inslaller des lieux de convalescence, des sanatoria pour les malades ; et après examen des conditions présentées par l’Ascension, Sainte-Hélène, le Cap de Bonne-Espérance, les hauteurs du Cameroou, Madère et Saint-Vincent, on s’arrêta à la résolution d’évacuer les malades sur Saint-
Vincent ou sur Gibraltar ,où les paquebots réguliers les prendraient pour les trahsporter de là en Angleterre. Des dispositions furent prises à cet effet : le troop ship Simoon alla mouiller à Saint-Vincent pour y servir de dépôt et recevoir les malades en cours de transport : un bâtiment plus petit lui était annexé pour assurer ses approvisionnements et ses communications ; tous les dix jours après l'arrivée des troupes européennes, un steamer rapide et bien emménagé prenait les malades et les transportait à Saint-Vincent, touchant s'il était nécessaire à Sierra Leone, soit pour prendre, soit pour débarquer des malades.
Les paquebots de la ligne du Brésil, qui passent trois fois par mois à Saint-Vincent et au Cap de Bonne- Espérance, ramenaient les malades de Saint-Vincent à Southampton (Angleterre).
Un n eut pas besoin de se servir de Gibraltar. En cas de nécessité, les malades étaient évacués directement de Cape Coast en «Angleterre, par les steamers du commerce qui partaient deux fois par mois de Cape Coast pour Liverpool.
Les évacuations étaient assurées directement par la métropole, et -grâce a ce système la responsabilité du général en chef se trouvait allégée.
C était le médecin le plus ancien et le plus gradé qui ordonnait les rapatriements à effectuer et prescrivait les mesures nécessaires pour que ce rapatriement fût fait dans de bonnes conditions.
/‘rt'cuut ions sanitaires. — Un des médecins adjoints du I)' Home était spécialement chargé de veiller à l’état sanitaire du pays. Des mesures quarantenaires furent prises a I égard de toutes les provenances suspectes qui pouvaient lavoriser l'introduction de la lièvre jaune dans la colonie. Il fallait à tout prix se préserver de ce fléau
GUERRE DES ASHANTIS (1873-1874)
redoutable qui eût «mené des désastres. La ville de Cape Coast fut nettoyée, assainie, des hôpitaux furent aménagés ; on en lit autant à Sierra Leone. Le paquebot qui amenait sir Wolseley lui-même, arrivé le 28 septembre avec des lièvres suspectes à bord, fut mis en quarantaine.
Une épidémie de variole décimait les indigènes; le service médical demanda de grandes quantités de vaccin et le répandit à profusion.
Tandis qu'il présidait sur place, avec tant de prévoyance, à cette organisation dont les premières lignes avaient été arrêtées avant son départ d’Angleterre, le général Wolseley préparait avec non moins de soin le succès des opérations militaires proprement dites. Dès son arrivée il voulut refouler les Ashantis loin de la côte, où ils avaient enserré les forces anglaises. Après des marches et des combats exécutés par les troupes dont il disposait, le général parvint à dégager Cape Coast, et s’installa fortement sur les positions conquises.
Un retour offensif des Ashantis contre une des positions occupées fut repoussé par le général qui put poursuivre l’ennemi et se rendit maître du terrain jusqu’au cours supérieur de la Prah. Les forces minimes dont il disposait ne lui permettaient pas d’aller plus loin. On était alors aux premiers jours de novembre, la mauvaise saison persistait, et l’état sanitaire des troupes laissait à. désirer. Les Ashantis eux- mêmes avaient beaucoup de malades qu’ils abandonnaient derrière eux ; aussi fut-il recommanda aux commandants des colonnes anglaises de ne pus bivouaquer sur les camps de l'ennemi ou sur les champs de bataille. i
Les malades furent embarqués sur le Simoon qui alla à Sainte-Hélène, dans la région des vents alizés, pour hâter leur rétablissement.
Les auxiliaires indigènes, qui avaient montré dans les combats leur peu de valeur militaire, furent désarmés et employés au service des transports et à la construction de la route et des camps.
Le général avait fait commencer une route partant de Cape Coast et allant vers Coomassie en passant par Dunquah et Mansuh. A partir de Dunquah, la construction de ceLte route rencontra les plus sérieuses difficultés ; il fallait franchir des marais et des rivières, construire des ponts, traverser des forêts; 20IJ auxiliaires du génie y travaillèrent ; 300 autres mettaient en étal de défense le fort Cambridge. — Le 27 octobre, à l’exception de quelques points à terminer, la route était finie jusqu’à Mansuh. Sur ce parcours on construisait de distance en distance des gîtes d’étapes. A Inquabim on installe un camp-modèle. On avait choisi un terrain élevé, fait de granit -désagrégé ; un filtre Crease est disposé dans une source d’eau qui fut creusée. En même temps on édifie huit baraques (pouvant contenir 50 hommes chacune) construites avec des claies de bambous, couvertes de feuilles de palmier, et mesurant 20 mètres de longueur sur Ode large. Sur chaque cédé de la salle court un lit de camp élevé à 60 centimètres au-dessus du sol, et fait avec des bambous ou des tiges de palmier.
Ces lits laissaient encore, au centre, un passage de’ plus de 1 m. 20. D’autres baraques plus petites pouvaient recevoir i officiers ; plus loin se trouvaient une baraque pour l'hôpital et une autre en planches servant de magasin : enfin un hangar-lavabo contenait des auges. Le fourré était rasé à cent mètres environ autour de la station.
I n détail montrera jusqu’à quel point était poussé le souci du commandant en chef, d'assurer aux malades tout le bien-être possible : le 1)' Home ayant montré la
nécessité de pourvoir les baraques des gîtes d’étapes de rideaux, le commodore donna l’ordre de couper à cet effet les voiles bonnettes de V Active, du Drind et de Y Ecounteur.
Operations. — Le 1er décembre, le général Wolsclcy, à la tète de 500 hommes des marines, parLit pour inspecter la route et l’état d’avancement des travaux. Les porteurs désertaient, les travailleurs indigènes s’avançaient avec crainte à travers cette région couverte de fourrés épais où ils pouvaient être fusillés par les Ashantis. Les hommes du 2° régiment noir West India, très fatigués par ces travaux, comptaient parmi eux alors 10 ou 50 malades, atteints de dysenterie grave, qu’on envoya à Sierra-Leone. Le général fit exercer une pression énergique sur les chefs indigènes qui avaient promis leur concours, et obtint d’eux des auxiliaires qui furent employés comme porteurs et travailleurs, ne pouvant pas être utilement employés comme soldats. Il eut bientôt 0.000 de ces auxiliaires employés sur la roule à divers services.
11 était de retour à, Cape Coast le 8 décembre. A ce moment arrivaient les troupes envoyées d’Angleterre. h' Himalaya arriva dans la nuit du 9 décembre, avec le 2e bataillon de la rifle brigade (600 hommes); le Tamar le 12 décembre, avec le 2e bataillon du 23° régiment Welsh fusiliers ; puis le Dromadary avec 000 hommes, et enfin le Sarmatian , portant le. 42° highlanders ( la garde noire), le 17 décembre.
Il y a lieu de remarquer le pelil nombre d’hommes embarqué sur chaque navire; cette mesure avait pour but d’éviter toute maladie pouvant naître de l’encombrement, et en effet tous ces.bateaux, parfaitement disposés pour le transport des troupes, firent feur traversée dans de très bonnes conditions, à l’exception du Dromadary.
Mais la saison des pluies persistait: les travaux de la route n’étaient pas suffisamment avancés, et le général avait par suite résolu de ne commencer les opérations sur le territoire des Ashantis, que dans le courant du mois de janvier. En attendant cette époque, et voulant soustraire les troupes blanches aux influencer, climatériques, encore mauvaises, il ordonna aux navires de garder leurs troupes à bord, et les envoya croiser au large, dans la zone des vents alizés, jusqu'à la fin décembre.
De toutes les troupes européennes il ne laisse débarquer que les officiers généraux, les colonels, les officiers du spécial service, un officier par régiment, des médecins et des détachements du génie de « l'army service corps ».
Ces dispositions prises, sir Wolseley se porte de nouveau à l’avanl avec les 700 hommes des compagnies de débarquement constituées en brigade navale. Il arriva ainsi à la Prah le 25 décembre.
Les Ashantis avaient repassé la Prah à la suite d'engagements avec les troupes d’avant-garde. Un pont fut établi cl fortifié. A ce moment, le capitaine Glover. avec un corps d indigènes armés et instruits par lui. mais dont le nombre avait été réduit par les désertions, marchait par le Voila sur Coomassie. Alors le général donna l’ordre de débarquer les troupes. Les carabiniers débarquèrent le lor janvier, le 12° régiment débarqua -le d. le 2,‘P le i. — Le Maniloban , arrivé le 20 décembre de la Barbade, débarqua en même temps le Pr régiment des Antilles (lor West India).
Le commandant en chef disposait alors, en fait de I coupes régulières, de : 121 officiers et 2.0d7 hommes, auxquels il faut ajouter le West India déjà dans la colonie, et les ileux régiments Busse! et Wood.soil I.OL't indigènes.
GUERRE DES ASIIANTIS (1873-1874) 55
Le 3 janvier, au matin, la marche en avant fut commencée ; le 10, sir Garnet Wolseley franchit la Prah. La marche était éclairée par une troupe d’irréguliers. Des colonnes commandées par le capitaine Glover d'un côté et le capitaine ButUer de l’autre, convergeaient en même temps sur Coomassie.
Le 29, le village de Borumassie fut enlevé ; le 31 , après .un vigoureux combat, on s’empara d’Armoaful. On était arrivé sur le plateau où se trouve la capitale. Il fallait avancer la hache à la main, pour se frayer un passage à travers lesfourrés. Les troupes étaient formées en carré. Le 1er février l'armée atteignait Agemmin. Là ordre fui donné de laisser les tentes, les sacs et les bagages. Le 1, après avoir passé l'Ordah, repoussé un retour offensif des Ashanlis,on s’approcha de Coomassie. Dans ces cinq jours dç combat les Anglais perdirent 4 officiers et 136 soldats atteints parle fende l’ennemi.
Le général entra à Coomassie le 3 février et fit informer le roi Koffi qu'il était prêt à examiner les propositions de paix que ce roi lui avait fait porter deux fois pendant la marche. Leroi s’était retiré dans les bois avec quelques troupes fidèles, et ses envoyés cherchaient à tromper les Anglais. Le temps pressait, car il fallait, sans tarder, regagner la côte avant la fin de la saison sèche, et réembarquer.
Le 6 février au matin, après avoir fait sauter le palais du roi et livré Coomassie aux llarnmes, les régiments européens commencèrent leur mouvement rétrograde.
Le général s’arrêta le 14 à Foomanah, pour signer le traité de paix qu'il avait fait accepter par les envoyés du roi ; il leur imposait entre autres clauses le retrait des troupes ashantis des districts de la côte, l’ ouverture il’unr roule entre la Prah et Coomassie , l’abolition des coutumes sanglantes, une indemnité de guerre et la liberté
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du commerce. Le 16 février, sir Wolseley était de retour à Prahsu. Dès le 22 février les troupes s embarquèrent : le 23° régiment, les blessés et le «Royal marine arlillery » sur le Tmnar ; le 2e rifle sur Y Himalaya. Le 12e highlanders embarqua le 26 février sur le Sannalian. Le même jour le Victor-Emmanuel quittait son mouillage de Cape Coast, et arrivait à Sierra Leone le 6 mars, pour y déposer les convalescents du West India et y prendre d’autres malades. Après avoir touché à Saint-Vincent le 14 mars, il revint lentement en Angleterre, suivant la route des navires à voiles, pour ménager à ses malades un passage gradué entre les zones chaudes et les zones froides, et arriva à Portsmoulh le 10 avril.
Statistiques. — Au départ de la cote d'Or ce navire avait 167 malades au cours de la traversée; il y eut 10 décès (3 officiers, 7 hommes) : pendant le cours de la campagne il avait reçu 565 hommes malades dont 3 moururent pendant le séjour à la côte. Sur ce chiffre il n’y eut que 5 blessés : 104 sont sortis guéris, 123 sont passés sur d’autres navires ou ont rejoint leurs corps ; 165 ont dû être rapatriés. Il a reçu en outre 55 officiers.
Le 4 mars sir G. Wolseley embarqua sur le Maniloban , et le 30 mars la reine d’Angleterre passait en revue, a Windsor, les troupes revenues de la cote d'Or.
L’expédition a coûté 22 millions et demi de francs. Les pertes d’Européens par le feu de l’ennemi s’élèvent ii 6 officiers et, 7 hommes ; les pertes d’hommes par maladies sont données par la statistique suivante :
Effectifs Entrées a l’Iiûp. Mcédés no » Ides*
Olliciers.
Européens
Monimcs
de troupe
Troupes de
■g. West india
combat ind.
Indigènes
( irréguliers. . .
Total 4 .1)31 2.917 91
Le pourcentage donne :
1° Une morbidité totale de 59,1 0/0 boni, de I effectil total,
— — 70 0/0 pour les officiers,
— — 58 0/0 pour les soldats européens,
— — 58 0/0 pour les soldats indigènes ;
2° Une mortalité totale de 18 0/00 hommes de l’effectif total,
— — 18,2 0/00 Européens,
— — 17,7 0/00 indigènes. •
Ces chiffres sonl suffisamment éloquents, et font le plus bel éloge du général et du gouvernement qui ont su préparer et conduire si avantageusement une expédition aussi difficile.
Le chiffre relativement élevé des malades et des morts parmi les officiers, s’explique par ce fait que les troupes indigènes étaient encadrées par des officiers européens et que ces troupes ont occupé le pays plus longtemps que les autres pendant la mauvaise saison, et qu'elles ont eu à exécuter les travaux de route et de construction. Les hommes du West India, en particulier, ont été très éprouvés dans la construction de la route jusqu’à la Prah. Ils fournissent la presque totalité de la mortalité des indigènes (41 sur 43). Il faut remarquer que les travaux pénibles ont été soigneusement épargnés aux troupes européennes. Les chiffres qui précèdent justifient toutes les mesures prisent, et en consacrent désormais la nécessité. Ces résultats, dus en grande partie à l’importance considérable accordée au service de santé dans cette expérience, sonl dus aussi au général qui a su allier la valeur militaire à la vraie notion des nécessités de l'hygiène. Il a su prouver que les intérêts de la santé et les intérêts militaires ne sont pas inconciliables ; bien plus, il a prouvé qu’ils sont toujours étroitement solidaires.
Il a donné à la science militaire coloniale un modèle qu'il faudra' toujours copier.