CHAPITRE XVIII
(14-30 septembre)
La brigade de marine, ayant pris la tête de la colonne, avait occupé Andriba le 22 août. La tête de la ligne d’étapes fut constituée à Mangasoavina, à 4 kilomètres au sud du « marché d’Andriba ». L’armée était enfin arrivée, après quatre mois d’efforts, à l’altitude qu’il eût fallu atteindre en un mois au plus pouréchapper aux influences pernicieuses des terres basses. En supposant que le cours de la Betsiboka eût été utilisé pour franchir les 180 premiers kilomètres jusqu’à Marololo ou Suberbieville, les 130 kilomètres qui séparent ce dernier point d’Andriba pouvaient être aisément parcourus en un mois, soit 4 à b kilomètres à peine par jour. Une avant-garde, suivie d'un train léger, pouvait mettre moins de temps encore. Dans tous les cas, le terrain, s’élevant rapidement de Suberbièville(20 mètres d’altitude) à Andgiégié (500 mètres d altitude), situé à 80 kilomètres du confluent, les troupes auraient atteint de bonne heure et en conservant un bon état sanitaire, des hauteurs où le paludisme est exceptionnel.
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Elles auraient attendu en toute sécurité, à Andriba, la constilution d’un .second centre de ravitaillement. Derrière elles, et sans danger pour elles, des coolies auraient fait la roule nécessaire au passage des voitures de ravitaillement. Au lieu de cette situation, qui n a rien de l’utopie, l’armée atteignait après quatre mois seulement, les hauteurs salubres, avec des effectifs réduits de plus de la moitié, et ce qui restait était composé d’hommes profondément impaludés.
L’impérieuse nécessité de changer de système est reconnue en ces termes parle rapport officiel : «Le général en chef, -frappé des difficultés chaque jour croissantes que présentait l'ouverture de la route carrossable , et qu’offrait journellement la marche des échelons de ravitaillement, avait, dès les premiers jours d’août, reconnu la nécessité d’abandonner à partir d’un point à déterminer enti e Andriba et Maharidaza, le système de marche suivi jusqu’alors, qui permettait à peine de progresser de 2 à 3 kilomètres par jour ; de former en ce point une colonne allégée, et d’en partir, suivi d'un convoi exclusivement constitué en animaux de bàt, pour arriver en Emyrne par une marche moyenne ininterrompue
de 11 à 13 kilomètres par jour 1 •
A la date du 17 août, considérant le déchet journalier considérable que subissaient les troupes, l’état de fatigue des conducteurs européens ou kabyles, ainsi que des animaux, la réduction croissante du rendement des échelons de ravitaillement, la date avancée de la saison, enfin la nécessité de brusquer un dénouement que les difficultés indiquées avaient déjà trop retardé, il denda de prendre la plaine d’ Andriba pour point de départ de la colonne ». On allait démontrer la possibilité d’exécuter la marche rapide qu’on aurait dû faire plus tût.