Rapport officiel
2. Ces pièces restèrent inutiles à Suberbievillc, ainsi que le La on captif. Il eût bien mieux valu consacrer au transport des médicaments, des abris, du vin, les moyens et le temps consacrés au transport de cet attirail de guerre si peu nécessaire et si coûteux, et qui a imposé de si grands efforts aux troupes
MAUVAIS ÉTAT SANITAIRE
acharné pendant quatre jours, de toutes les troupes des deux brigades !
Depuis le 4 août, l’état-major recherchait les moyens de constituer une colonne légère, qui, suivie d’un convoi formé exclusivement d'animaux de bât , traverserait rapidement les 200 kilomètres qui séparent Andriba de Tananarive. L’impossibilité de pousser la construction de la route au delà d’Andriba était enfin démontrée.
La possibilité de marcher rapidement et sans avoir besoin de routes et de voitures, allait être prouvée dans la suite.
Le 40° chasseurs comptait déjà 173 malades à son arrivée à Ambato. Le 9 juin, à Suberbieville, ce bataillon
n avait plus que très peu d'hommes indemnes de la fièvre ; 30 0/0 de l’effectif était hors d’état de mar-
cher. Si, au milieu du mois d août, il avait encore, sur le papier, un efiectif de 330 hommes, en réalité, sur ce chiffre, il y avait 130 non-valeurs, propres à être évacuées. L’état sanitaire de ce bataillon était tel, à ce moment, qu il fut laissé sur la ligne d’étapes.
Le 3° bataillon d’infanterie de marine, parti de Majunga avec un effectif de 799 hommes, ne possède plus, le 10 août, que 492 hommes, parmi lesquets il y en a une trentaine que leur énergie seule soutient encore.
Les hôpitaux furent rapidement encombrées, et regorgèrent de malades1. Après le rapatriement de 3.000 malades, il restait encore, le 25 septembre , 3.470 ma-
1. Dès le mois de juin, ils étaient encombrés: le Shamrock a 4C0 malades et va en recevoir davantage, si c’est possible. Les hôpitaux d’Ankaboka et de Majunga ont doublé et triplé leur effectif normal. Des installations sommaires sont créées. Le sanatorium de Nosi- Comba est comble. Les malades, ne trouvant plus place dans les hôpitaux, couchaient sous les manguiers, dans les fossés. La campagne est commencée depuis 45 'jours.
lades répartis dans les principales formations sanitaires . sans compter les hommes dispersés dans les infirmeries, dépôts provisoires, les détachements laissés a 1 arriéré des colonnes, regagnant, quand et comme ils pouvaient, une formation sanitaire.
Le chiffre global des malades existant à ce moment dans le corps expéditionnaire, était estime, par une autorité compétente, à 8.000 hommes. — On est loin du
12 0/0 de morbidité prévue.
La mortalité avait été de 25 hommes pendant le premier mois, sur un effectif de 2.500 hommes que comprenait l’avant-garde. Elle s’accrut très rapidement. Elle était, aux mois de : mars, de 1 homme par jour , avril, de 2 hommes; mai, de 4 hommes; juin, de 8 hommes; et à l’époque des travaux intensifs de terrassement exécutés par les troupes blanches des deux brigades, elle était, au mois de juillet, de 12 hommes, et au commencement d’août, de 24 hommes par jour ; au milieu d’août, de 34 hommes par jour ; à la fin d août, de 40 hommes ; en septembre et octobre, de 45 hommes.
1. A celte date, l'effectif présent dans les hôpitaux est le suivant Sanatorium de Nossi-Comba, 450,
Hôpital de Nossi-Bé, 100,
Vinh-Hong, 350,
Hôpital de Majunga, 890,
Dépôt des convalescents, 400,
Dépôt des isolés des 1" et 2' brigades, 480,
Hôpital de Mevarana, 200,
Hôpital d’Ankaboka, 900,
Hôpital d’Ambato, 250,
Hôpital de Marololo, 500,
Hôpital de Subcrbieville, 050,
Hôpital d’Andriba, 300.
(Dr Jean Lérnure, loc. cil.)